Époque Times Montréal n°347 7 jan 2013
Époque Times Montréal n°347 7 jan 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°347 de 7 jan 2013

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : les chefs d'Etat affluent sur Twitter.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 International 7 au 20 janvier 2013 ÉpoqueTimes 2012 une année meurtrière pour les journalistes à travers le monde PLANÈTE QUESTION ET RÉPONSES Q ET R Que souhaitez-vous le plus pour l’année 2013 ? Affaires-stratégiques.info Jamais depuis 1995 et la première publication du bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) une année fut si meurtrière pour les journalistes. Avec 88 journalistes tués de par le monde, 2012 est au sommet de ce triste classement. Si les nombreux conflits expliquent ce bilan, les arrestations, les menaces et les enlèvements n’ont pas non plus cessé pour autant. Pour Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, « le nombre historiquement élevé de journalistes tués en 2012 est principalement imputable au conflit en Syrie, au chaos en Somalie et à la violence des talibans au Pakistan. L’impunité dont jouissent les auteurs d’exactions encourage la poursuite des violations des droits de l’homme, en particulier de la liberté de l’information ». Les zones les plus touchées par ce fléau sont le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (26 morts), l’Asie (24 morts) et l’Afrique subsaharienne (21 morts). Les chiffres, arrêtés au 18 décembre, sont révélateurs de la tendance quant aux meurtres de journalistes : 88 morts cette année (66 en 2011, soit une augmentation de 33%), 879 journalistes arrêtés (contre 1044 en 2011, -16%), 1993 ont été agressés ou menacés (contre 1959, +2%), 38 enlevés (71 en 2011, - 46%), 73 ont fui le pays où ils se trouvaient (77 l’an passé, - 5%), 47 net-citoyens et citoyens-journalistes ont été abattus (5 l’an dernier, +840%) et 144 netcitoyens ont été arrêtés ou interpellés (199 en 2011, -27%). Cinq pays occupent le haut du « classement ». En premier lieu, la Syrie (17 journalistes, 44 citoyens-journalistes et 4 collaborateurs des médias tués) et la guerre civile qui y fait rage dévaste les rangs des journalistes, victimes des hommes du régime de Bachar al-Assad mais également, précise le rapport, des hommes de l’opposition, celle-ci se montrant de plus en plus intolérante à l’égard de toute critique. La Somalie (18 journalistes tués, principalement dans des assassinats ciblés et des attentats à la bombe). Ils sont également victimes des milices armées, les shebab, mais aussi des administrations locales qui tentent de museler les médias. Le Pakistan est troisième du funeste classement, puisque neuf journalistes et un collaborateur des médias ont été tués. Les menaces sont légions dans cette région du globe : violence endémique au Baloutchistan, représailles des talibans, etc. Les acteurs de l’information vivent sous le feu permanent des menaces terroristes, des violences policières, de l’abus de pouvoir de la part de potentats locaux, des dangers inhérents aux conflits dans les zones tribales, etc. Au quatrième rang arrive le Mexique, puisque six journalistes y ont perdu la vie pour avoir osé s’emparer des thèmes du narcotrafic, de la corruption, des infiltrations mafieuses au STR/AFP/Getty Images Le journaliste turc Cuneyt Unal est accueilli par sa famille à l’aéroport d’Ankara le 18 novembre 2012 après avoir été libéré par les forces du régime syrien. sein des autorités locales ou fédérales, et des violations des droits de l’homme. Toujours sur le continent américain, le Brésil et ses cinq journalistes tués ferment la marche. Le rapport indique que la main du narcotrafic à la frontière paraguayenne paraît directement à l’origine de deux des cinq assassinats recensés en lien direct avec la profession, les journalistes concernés ayant dénoncé l’emprise des cartels sur les secteurs politiques et économiques locaux. Si l’on devait retenir une donnée positive, ce serait la baisse relative des arrestations et des enlèvements de journalistes par rapport à 2011, sauf en Asie et dans les Amériques. Il s’agissait surtout en 2011 d’acteurs de l’information pris à partie sur la voie publique lors de la couverture des manifestations et mouvements de mobilisations. Ce phénomène s’est poursuivi en 2012, notamment en Syrie (au moins 51 arrestations, 30 agressions et 13 enlèvements de journalistes en 2012) et dans une moindre mesure au Bahreïn (18 arrestations et interpellations et 36 agressions). RSF souligne cependant qu’il est difficile d’établir des données précises en ce qui concerne les arrestations d’acteurs de l’information au milieu des rafles ou arrestations ciblées visant les populations civiles. Dans les Amériques, la répression s’est accrue depuis 2011 contre les blogueurs et journalistes dissidents. Une centaine d’agressions de journalistes ont été enregistrées au Pérou. Et on note une augmentation du phénomène en Argentine, au Brésil et au Mexique. Les « exactions » ont explosé en Asie, essentiellement en Inde, au Bangladesh, au Pakistan et au Népal. Au Sri Lanka, la presse est muselée. En Chine, le Congrès du Parti communiste chinois a été marqué par une recrudescence d’arrestations, d’agressions et d’actes de censures. RSF note que le sous-continent indien est la région d’Asie qui observe la plus forte dégradation en 2012. En Afrique, 2012 a été marquée par l’apparition de violations au Mali, en particulier dans le Nord, mais également dans la capitale, Bamako (13 arrestations/interpellations, 8 agressions/menaces, 2 enlèvements et au moins 4 médias censurés). La santé pour soi-même et les autres et des changements positifs dans la vie, voilà ce à quoi aspirent les gens de Hong Kong aux États- Unis pour l’année 2013. C’est ce qu’ont appris les journalistes d’Époque Times lorsqu’ils ont demandé aux habitants : Que souhaitez-vous le plus pour l’année 2013 ? HONG KONG, CHINE SING, 21 ANS, ÉTUDIANT AU BACCALAURÉAT Ce que je souhaite le plus dans l’année 2013, c’est d’être en bonne santé, je crois. Oui, être en santé est ce qu’il y a de plus important. Outre la santé, une vie de famille heureuse est aussi importante pour moi. C’est ce que je pense. De bonnes notes à l’école, c’est aussi important. SYDNEY, AUSTRALIE MARK RUSHTON, 50 ANS, ADMINISTRATION DES SPORTS La bonne santé pour moi-même et pour les personnes qui me sont chères, particulièrement les enfants autistes et le développement du programme. C’est ce à quoi j’aspire. Nous avons deux centres maintenant. Le programme est une forme de cricket pour les enfants autistes. C’est non compétitif et les gens participent pour avoir du plaisir. Ce n’est pas seulement pour les enfants, mais aussi pour leurs frères et sœurs, leurs parents et grands-parents. Ça dure environ deux heures au maximum le samedi après-midi. ATHÈNES, GRÈCE MAYSSA HLAIHEL, 32 ANS, PSYCHOLOGUE ET ENTREPRENEURE Dans la nouvelle année, j’aspire à pouvoir affecter mon environnement d’une manière la plus positive et créative possible, que ce soit mon jardin, ma cuisine, mon bureau ou mon entourage. Aussi, je veux m’accepter davantage et moins porter de jugements sur moi-même et les autres. Je souhaite la même chose aux autres également. SALVADOR DE BAHIA, BRÉSIL KEVIN ANDRADE, 27 ANS, CHANTEUR ET COMPOSITEUR En 2013, je veux le bonheur pour moi-même et tous les êtres humains. Je veux aussi voir avec mes yeux toutes les choses différemment. Je crois que c’est le bon chemin. OHIO, ÉTATS-UNIS EDITH BENSON, 90 ANS, SECRÉTAIRE À LA RETRAITE J’espère seulement qu’il n’y aura pas d’accident ou d’évènement fâcheux qui affectera ma famille. Je souhaite aussi la santé à moi-même, à ma famille et à mes amis. J’espère également que l’hiver sera assez doux. L’Europe n’est pas épargnée puisque 31 acteurs de l’information ont été interpellés au Bélarus (ce nombre est néanmoins en baisse par rapport à 2011). Les agressions, elles, augmentent en Ukraine. Enfin, 73 journalistes ont été contraints à l’exil cette année (77 l’an passé) à cause de la violence. Les acteurs de l’information syriens, victime de la répression du régime, sont les plus concernés (les journalistes iraniens étaient en tête en 2011). En Somalie, pour le seul mois de septembre, ils seraient plus d’une dizaine à avoir pris la route de l’exil. Extrait des Neuf commentaires Depuis la publication des Neuf commentaires sur le Parti communiste en novembre 2004 par le Dajiyuan (édition chinoise d’Époque Times), plus de 131 000 000 personnes ont démissionné du Parti communiste chinois (PCC) et de ses organisations. Nous republions donc ces commentaires ayant déjà une portée historique. Leur intégralité est disponible sur le site [www.epoquetimes.com]. Septième commentaire L’HISTOIRE DES TUERIES DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS VI. LES SCHÉMAS DES MEURTRES ET LEURS CONSÉQUENCES 2. Différentes approches pour tuer suivant les circonstances D. Tuer par alliance ou aliénation Pour tuer, le PCC manie la carotte et le bâton, tantôt se liant d’amitié avec ses victimes, tantôt s’en séparant. Le PCC essaie toujours d’attaquer une petite partie de la population, autour de 5%. Il considère que la majorité de la population est bonne et a juste besoin d’être « éduquée ». Il y a l’éducation par la terreur et l’éducation par la gentillesse. L’éducation par la terreur consiste à faire peur pour montrer aux gens que ceux qui s’opposent au PCC finissent mal. Les gens se tiennent ainsi à distance de ceux qui ont été auparavant attaqués par le Parti. L’éducation par la « gentillesse fait comprendre aux gens que s’ils parviennent à gagner la confiance du PCC et à s’allier avec lui ils ne seront pas seulement en sécurité, mais pourront aussi obtenir des promotions ou d’autres formes de bénéfices. Lin Biao 1 a dit : « Une petite partie (supprimée) aujourd’hui, et une autre demain, fera bientôt une grande partie au total. » Les personnes qui se sont réjouies d’avoir survécu à un mouvement sont souvent devenues les victimes du mouvement suivant. E. Écraser dans l’œuf les menaces potentielles et les meurtres extrajudiciaires secrets Récemment, le PCC a développé un modèle de meurtre consistant à écraser les problèmes dans l’œuf et à tuer en secret dans une totale illégalité. Par exemple, lorsque des travailleurs font la grève ou que les protestations des paysans se font plus pressantes, le PCC réprime les mouvements avant même qu’ils ne puissent grandir en arrêtant les « meneurs » et en les condamnant à de lourdes peines. Parce que la liberté et les droits de l’homme sont défendus dans le monde, le PCC n’a condamné aucun pratiquant de Falun Gong à la peine de mort. Toutefois, sous les ordres de Jiang Zemin qui a dit « vous ne serez pas tenus responsables si vous tuez un pratiquant de Falun Gong », il est courant de voir des pratiquants torturés et mourir d’une mort tragique à l’échelle du pays tout entier. Bien que la constitution chinoise garantisse le droit des citoyens à faire appel s’ils sont victimes d’une injustice, le PCC demande à des policiers en civil ou même à des criminels de stopper, arrêter et renvoyer chez eux ceux qui viennent faire appel, les jetant même parfois dans des camps de travail forcé. F. En tuer un pour mettre en garde les autres Les persécutions de Zhang Zhixin, Yu Kuoke et Kin Zhao en sont des illustrations. 2 G. Utiliser la répression pour dissimuler la vérité des meurtres Les gens célèbres qui ont une influence au niveau international sont généralement réprimés, mais pas tués. Le but est de dissimuler le meurtre de ceux qui n’ont ni influence ni pouvoir et dont la mort n’attirera pas l’attention du public. Par exemple, pendant la campagne de répression des réactionnaires, le PCC n’a pas tué des hauts fonctionnaires tels que Long Yun, Fu Zuoyi et Du Yuming, mais il a tué les simples officiers et soldats du Kuomintang. Le recours au meurtre par le PCC sur une période de temps prolongée a profondément dévoyé l’âme du peuple chinois. Actuellement, en Chine, beaucoup de gens ont tendance à tuer. Lorsque des terroristes ont attaqué les États-Unis le 11 septembre 2001, beaucoup de Chinois s’en sont réjouis sur des sites Internet en Chine continentale. On trouvait partout des partisans d’une « guerre totale ». 1. Lin Biao (1907-1971), un des hauts dirigeants du PCC. Il a servi sous Mao Zedong en tant que membre du Politburo chinois, en tant que vice-président (1958) et ministre de la Défense (1959). Lin est considéré comme l’architecte de la Grande Révolution culturelle de la Chine. Lin a été désigné comme successeur de Mao en 1966, mais il est tombé en disgrâce en 1970. Pressentant sa chute, Lin, selon la rumeur, s’est impliqué dans un coup d’État et a essayé de fuir vers l’URSS une fois le complot démasqué. Lors de sa tentative pour échapper aux poursuites judiciaires, son avion s’est écrasé en Mongolie, provoquant sa mort. 2. Yu Luoke était un penseur qui défendait les droits de l’homme, un militant qui a été tué par le PCC durant la Révolution culturelle. Son essai monumental Du passé de la famille, écrit le 18 janvier 1967, est l’un des essais qui a été le plus lu et le plus influent de tous les essais reflétant une pensée non conforme au Parti durant les années de la Révolution culturelle. Quant à Lin Zhao, c’était une diplômée en journalisme de l’Université de Pékin, qui a été classée parmi les droitiers en 1957 pour sa libre pensée et sa critique ouverte du mouvement communiste. Accusée de complot pour renverser la dictature démocratique du peuple, elle a été arrêtée en 1960. En 1962, elle a été condamnée à 20 ans de prison. Le 29 avril 1968, elle a été tuée par le PCC en tant que contrerévolutionnaire.
ÉpoqueTimes 7 au 20 janvier 2013 International 5 Les conséquences humanitaires d’une intervention armée au Mali IRIN News DAKAR – Selon les premières estimations des agences d’aide humanitaire, plus de 700 000 personnes pourraient être déplacées en cas d’intervention militaire dans le nord du Mali cette année. Le chiffre inclut environ 300 000 déplacés internes (ils sont 198 550 aujourd’hui, ce qui représente une augmentation importante) et 407 000 réfugiés (ils sont 156 819 aujourd’hui), dont une majorité se dirige vers la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et l’Algérie. Depuis quelques mois, les acteurs de l’aide humanitaire s’appuient sur des modèles de risques et de menaces ainsi que des scénarios de catastrophes probables pour planifier leur réponse – un exercice difficile en raison des incertitudes existantes. « Il est quasiment impossible de prédire ce qu’il va se passer, ni où et quand cela va se passer – les possibilités sont nombreuses », a dit Philippe Conraud, coordonnateur régional des opérations humanitaires d’Oxfamen Afrique de l’Ouest, qui opère au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso. Les équipes humanitaires de pays – qui incluent des agences des Nations Unies et des partenaires, comme les organisations non gouvernementales (ONG) et l’Organisation internationale des migrations (OIM) – ont élaboré un document présentant quatre scénarios potentiels, allant d’une dégradation progressive de la situation dans le nord et dans le sud du Mali sans intervention militaire à une intervention armée soutenue par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce dernier scénario est le plus probable. Le Conseil de sécurité des Nations Unies à autoriser une intervention militaire pour reprendre le nord du Mali contrôlé par des groupes islamistes, dont la milice Ansar Dine, le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Les conséquences humanitaires d’une intervention militaire sont les déplacements de masse, les violences intercommunales et/ou interethniques et la réactivation éventuelle de cellules terroristes dormantes dans le sud du Mali et dans la région. Une intervention militaire risque en outre de faire des morts et des blessés. Les violences intercommunales ne sont pas nouvelles dans le nord du Mali, qui abrite des groupes touaregs profondément divisés par de multiples tentatives de rébellion. Aujourd’hui, les milices prolifèrent dans le Nord et elles risquent de s’engager dans le conflit. En début d’année, trois groupes miliciens importants se sont unis pour former le Front de libération du Nord-Mali. Les autres conséquences d’une intervention militaire sont la destruction des infrastructures et la réduction des services de base dans le Sud et dans le Nord ; l’instabilité des prix sur les marchés ; l’accroissement des taux d’insécurité alimentaire et de malnutrition. Dans certaines zones du nord du Mali, les taux de malnutrition ont doublé cette année pour atteindre 13,5%, selon l’ONG Médecins du monde. Une intervention militaire pourrait également entraîner une restriction de l’accès humanitaire ; des manifestations hostiles à la CEDEAO ; des attaques terroristes dans les pays de la CEDEAO qui enverraient des troupes au Mali ; une montée de l’hostilité à l’égard des agences des Nations Unies – en fonction du rôle joué par l’organisation dans l’intervention militaire ; une prolifération des milices et des groupes de défense dans le Sud ; et la quasi-cessation des activités de développement. L’intervention militaire pourrait également entraîner une augmentation des violations des droits de l’homme ; les enfants seraient notamment particulièrement exposés au risque de recrutement et de séparation de leur famille. Du temps pour la planification ? Être informé de l’éventualité d’une intervention militaire veut dire que « nous avons du temps – beaucoup de temps pour nous préparer et au moins réduire au minimum les difficultés de dernière minute, qui sont inhérentes à une réponse réactive », a dit Allegra Baiocchi, directrice du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies en Afrique de l’Ouest (ROWCA). La planification permet aux agences d’informer les bailleurs de fonds de la nécessité éventuelle d’une intervention de grande ampleur dans le Sahel cette année ; l’attention des bailleurs de fonds pourrait se focaliser sur la crise au Mali, Jaspreet Kindra/IRIN Un réfugié malien au Niger. Advenant une intervention armée au Mali, le nombre déjà élevé de réfugiés maliens exploserait dans la région. un pays régulièrement secoué par des crises d’insécurité alimentaire et de malnutrition. Environ 18 millions de Sahéliens ont été touchés par l’insécurité alimentaire en 2012 et des millions de personnes seront toujours vulnérables en 2013, indiquent des experts de l’aide humanitaire. Un appel de fonds d’un montant de 1,6 milliard de dollars a été lancé le 18 décembre afin de répondre aux besoins humanitaires dans le Sahel en 2013. Quel avenir pour les enfants d’Al-Qaïda en Irak ? Les bailleurs de fonds préfèrent les certitudes Une fois les différents scénarios évoqués, les agences ont commencé à élaborer des réponses opérationnelles, qui doivent être alignées sur les programmes régionaux et nationaux. Il est cependant difficile de planifier une réponse basée sur un scénario éventuel, car les bailleurs de fonds refusent généralement de la financer. L’office d’aide humanitaire de l’Union européenne (UE), ECHO, est l’un des principaux organismes à avoir répondu à la crise de la malnutrition au Sahel cette année, mais il ne versera pas de fonds spécifiques pour préparer l’intervention militaire au Mali, a indiqué Cyprien Fabre, directeur d’ECHO en Afrique de l’Ouest. « Nous n’avons pas de fonds spécifiques pour préparer l’intervention militaire […] Nous essayons de renforcer la capacité pour répondre aux besoins qui ne sont pas satisfaits », a dit M. Fabre. L’ECHO vient d’octroyer des fonds supplémentaires d’un montant de 26 millions de dollars au Sahel. Certaines ONG bénéficient de fonds privés ; le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) au Mali disposent de fonds pour prépositionner des stocks pour l’année prochaine, « mais il est parfois difficile d’avoir la flexibilité nécessaire pour le faire », a dit M me Baiocchi. « Il est très difficile de se préparer », a dit Germain Mwehu, responsable de la coordination de la réponse au sein du Comité international de la Croix-Rouge au Mali et au Niger, « mais nous avons l’habitude de nous adapter à des situations en évolution […] Nous sommes aussi prêts que nous pouvons l’être en cas d’intervention ». Principes humanitaires Une inquiétude subsiste : qui sont les acteurs qui se préparent à répondre aux conséquences humanitaires de l’intervention ? Adrienne Yande Diop, commissaire en charge du développement humain et des questions de genre de la CEDEAO, a dit à IRIN : « Nous avons un mandat pour aider les personnes touchées avec une sorte d’assistance […] les priorités humanitaires seront la nourriture, la nutrition, l’eau, la santé et les abris […] Nous voulons être efficaces et atteindre les personnes dans le besoin. » Mais cela inquiète bon nombre d’acteurs humanitaires : selon eux, il faut dissocier intervention humanitaire et intervention militaire afin de préserver les principes humanitaires de neutralité et d’impartialité, et de ne pas mettre le personnel humanitaire – et les populations dans le besoin – en danger. « La capacité des acteurs humanitaires, et particulièrement des ONG, à rester sur place et à distribuer de l’aide dépend de leur acceptation par les communautés et les autorités locales. Il est essentiel qu’ils soient perçus comme des entités séparées et indépendantes de l’intervention militaire », a dit M me Baiocchi. « Comme nous l’avons constaté dans d’autres contextes, la manière dont nous réagissons en cas d’intervention militaire soutenue par la communauté internationale peut poser de sérieux dilemmes aux acteurs humanitaires. » Les interventions politiques vont en général du maintien de la paix à l’imposition de la paix, en passant par les combats – ces derniers mettent particulièrement en danger les principes humanitaires dans le cas de missions intégrées. Une majorité d’acteurs s’accordent sur la nécessité d’un renforcement du dialogue. « Si la CEDEAO planifie des interventions humanitaires, elle est dans son bon droit, mais c’est la modalité des interventions sur le terrain qui est en jeu et la nécessité de maintenir une séparation », a dit M. Fabre. Pour David Gressly, coordinateur humanitaire dans la région du Sahel, c’est une occasion de « tester nos systèmes ». Il a dit à IRIN : « Beaucoup de pays participent à la planification – se retrouver autour d’hypothèses opérationnelles représente un défi, mais avoir une vision claire de ce qui pourrait arriver en 2013 représente une opportunité. » Source : www.irinnews.org IRIN News BAQUBA – Amir, un garçon de six ans, joue au footballavec ses amis dans un bidonville de l’est de l’Irak, non loin d’un marécage dans lequel s’écoulent des eaux usées. Il n’est pas conscient de la menace qui pèse sur sa vie. Son père, qui a été tué quatre mois avant sa naissance, était un haut dirigeant d’Al-Qaïda. La naissance d’Amir, comme celle de dizaines d’autres enfants nés de l’union d’une Irakienne et d’un insurgé de la province de Diyala, n’a pas été enregistrée. Amir n’a pas de carte d’identité ni de nationalité, il n’a pas accès aux services publics et sa mère craint pour son futur. Diyala était l’une des zones les plus dangereuses du pays pendant la guerre civile de 2006-2007. Comme d’autres provinces du nord et de l’ouest de Bagdad, Diyala était sous le contrôle d’Al- Qaïda. Sous la pression des insurgés, certaines familles ont donné leur fille en mariage pendant la guerre ; d’autres l’ont fait en signe de gratitude envers les combattants étrangers venus défendre l’Irak contre les occupants. Ces mariages n’ont pas été enregistrés dans les tribunaux, mais sous la loi islamique, en présence d’un imam et de deux témoins seulement. (Au terme de la loi irakienne, il est nécessaire de présenter un extrait d’acte de mariage pour établir un acte de naissance.) Selon des membres de la société civile et des députés, le sort de plus de 70 enfants de Diyala, l’une des provinces les plus sévèrement affectées par le conflit, est en suspens. Aucune statistique nationale n’est disponible. Malédiction La mère d’Amir, qui est âgée de 28 ans, porte des vêtements noirs en signe de tristesse. Elle dit que sa famille l’a forcée à épouser un djihadiste syrien qui, selon ses propres termes, luttait contre les forces d’occupation : « Je n’ai pas pu choisir mon mari. » Cet homme dirigeait une cellule composée d’une dizaine de personnes avant d’être tué dans des combats avec l’armée américaine en 2006. Il était considéré comme un « prince », pour reprendre le vocabulaire d’Al-Qaïda, car il avait tué plus de dix personnes. Amir et sa mère ont déménagé à de multiples reprises pour échapper aux représailles entreprises par les familles des victimes de son père. Ils vivent désormais dans une petite maison construite avec de la boue, de l’étain et des tiges de palmier, qui comprend une pièce et une cuisine. « Il est entré dans ma vie comme une malédiction », a dit à IRIN la mère d’Amir. « La douleur ne m’a pas quittée, même depuis son décès. J’ai des difficultés à élever Amir, qui n’existe même pas aux yeux du monde, qui n’a pas d’identité. » Donner une légitimité aux fils d’Al- Qaïda ? Des députés essaient de faire évoluer la situation – ils font pression pour l’adoption d’une loi qui donnerait aux enfants des insurgés une légitimité en tant que citoyens irakiens. « Ce sont des victimes d’Al-Qaïda », a dit Hassan Sulaiman, membre d’Iraqiya, le plus important bloc politique irakien qui bénéficie du soutien des sunnites, à Diyala. Selon lui, bon nombre de femmes ont été obligées de se marier ; d’autres sont tombées dans l’oubli lorsque leur mari est mort ou a fui. « Nous essayons de trouver une solution à ce problème », a-t-il dit à IRIN. « [Ces enfants] seront considérés comme une menace plus tard. » Il a indiqué que les législateurs poursuivraient les débats jusqu’à ce que « nous trouvions une solution pour eux », et a laissé entendre que le placement en orphelinat était une solution. Les chiites, qui sont majoritaires au Parlement, ont rejeté l’idée de l’octroi de la nationalité, soutenant qu’Al-Qaïda – un groupe sunnite – a commis de nombreux crimes et tué bon nombre d’Irakiens innocents. « Nous ne pouvons pas l’accepter », a dit Hakim al-Zamili, un des leaders du mouvement chiite de Moqtada Sadr et un membre du comité de sécurité du Parlement. « Al-Qaïda a du sang irakien [sur les mains]. Nous ne leur accorderons rien. » L’organisation Al-Qaïda reconnaît l’existence du problème, selon un combattant de l’organisation, qui n’a donné que son surnom, Abu Yousif, pour des raisons de sécurité. Il y a quelques mois, a-t-il dit, Al- Qaïda a lancé une fatwa pour demander à ses membres qui n’étaient pas encore recherchés par le gouvernement d’épouser les femmes des combattants emprisonnés et d’apporter un soutien financier à leurs enfants. « Il faut assurer la sécurité des familles et éduquer leurs fils, car nous aurons besoin d’eux à l’avenir », a-t-il dit à IRIN. « Nous devons élever nos générations [correctement] pour que notre message soit entendu dans le monde entier. Notre guerre contre les infidèles vient de commencer et nous gagnons en puissance. » Une vie de dénuement Malgré cette rhétorique, certains segments de la société considèrent toujours ces enfants comme les conséquences de « viols non violents », et ils seraient destinés à mener une vie de dénuement. « Certaines veuves se prostituent, car elles veulent gagner de l’argent », a dit Haneen al-Salihy, une militante de la société civile de Diyala. « La société les rejette […] Même si les tribunaux commencent à les enregistrer et à leur accorder des cartes d’identité, les choses ne changeront pas pour elles. Les gens les ont abandonnés et leurs familles ont honte d’elles, même si elles étaient responsables des mariages [en premier lieu]. » Des enfants en âge d’aller à l’école se retrouvent désormais dans la rue au lieu d’aller en classe, ils ne reçoivent pas de soins de santé et ils n’auront aucune occasion de travail. Alia Talib, une chercheuse et militante de la société civile à la tête du magazine Nargis, dit que ce style de vie sera la cause de problèmes en Irak. « Nous aurons une génération d’analphabètes […] Les maintenir dans cette situation représente une grande menace pour le futur de la société, car ils risquent de devenir des criminels, des terroristes, des vendeurs de drogue et des assassins. « Ils seront le cœur d’Al-Qaïda », a-telle ajouté, « non pas parce qu’ils le souhaitent, mais parce que la société et le gouvernement les ont abandonnés. Ils ne leur laissent pas d’autre choix. » M me Talib a dit que le ministère de l’Éducation lui avait promis que la question serait abordée au Parlement, mais jusqu’à présent les discussions n’ont pas abouti « et je ne pense pas qu’elles mèneront à quoi que ce soit ». Entre-temps, ces enfants continuent de vivre dans le secret. Zaineb, sept ans, récupère des bouteilles en plastique dans une poubelle dans les environs de la capitale de Diyala, Baqubah. Son père, un leader saoudien d’Al-Qaïda, a été tué lors des affrontements avec l’armée américaine en 2005. Sa mère a réussi à obtenir de faux papiers d’identité pour elle, mais elle a tellement peur d’être arrêtée qu’elle ne les utilise pas. Zaineb ne connaît pas l’identité de son père et ne sait pas qu’il est mort ; elle croit qu’il est parti en voyage et ne pose jamais de questions à son sujet. « Dans ma vie, je n’ai connu que les armes et la guerre », a dit à IRIN sa mère, qui a 30 ans. « Je n’ai aucun espoir. J’aimerais mieux mourir, mais je ne peux pas laisser Zaineb toute seule. » Source : www.irinnews.org



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