Époque Times Montréal n°344 12 nov 2012
Époque Times Montréal n°344 12 nov 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°344 de 12 nov 2012

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 4,3 Mo

  • Dans ce numéro : Congrès du Parti communiste chinois... formalité rituelle d'une société secrète.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 International PLANÈTE QUESTION ET RÉPONSES De quelle invention le monde a-t-il besoin ? Une pile de cellulaire qui ne se décharge pas, un couteau-éplucheur de noix de coco et un outil pour nettoyer la planète, voilà certaines choses dont le monde a besoin. C’est ce que les journalistes d’Époque Times du Chili au Brésil ont découvert lorsqu’ils ont demandé aux habitants : De quelle invention le monde a-t-il besoin ? LIMA, PÉROU OSCAR NUNEZ, 64 ANS, COMPTABLE Q ET R PUERTO MONTT, CHILI KAREN VILLEGAS ASENCIO, 32 ANS, EMPLOYÉE DE BANQUE Dans ce monde, il semble que tout a déjà été inventé. On ne s’émerveille presque plus des nouveaux produits qui apparaissent. La science et la technologie sont tellement avancées et on se demande où on s’en va. La majorité [des inventions] peut nous aider dans nos vies, peut nous apporter du confort. Cependant, beaucoup d’entre elles polluent – la terre, l’eau et l’air – presque tout sur la terre est pollué. Selon moi, on devrait inventer des instruments et des machines qui peuvent nous aider à nettoyer la planète. MALMÖ, SUÈDE BENGT SJÖRIN, 70 ANS, SOLDAT DE L’ONU RETRAITÉ Je crois que le monde manque de bonnes choses. J’aimerais une invention qui soit un genre de grosse machine ou un gros laser qui puisse détruire toutes les armes sur la terre et, ensuite, qui puisse même s’autodétruire. Je ne crois pas que le monde manque d’inventions, puisqu’avec toute la technologie à ce jour, ça n’a rien donné de bon. Parfois des conflits sont générés entre des pays par l’entremise de différentes inventions qui sont développées pour voler les secrets entre gouvernements [...] Dans tous les cas, ce qui devrait être inventé c’est apprendre à s’aimer entre nous, à vivre en harmonie avec le monde. MEDELLIN, COLOMBIE CESAR AUGUSTO CORONEL ESPINOSA, 47 ANS, PENSIONNÉ À travers l’histoire, beaucoup de choses ont été inventées et beaucoup d’autres encore doivent l’être. Dans le domaine des fruits, beaucoup a été fait en ce qui a trait aux instruments, comme les éplucheurs d’orange, de pomme de terre, etc. Toutefois, les gens qui vivent de la noix de coco ou du cacao continuent de les peler comme ils le faisaient il y a des centaines d’années. Ce serait bien d’avoir un outil pour peler les noix de coco et le cacao. ITATIBA, BRÉSIL AGATHA FERNANDES, 15 ANS, ÉTUDIANTE Je crois que le monde a besoin d’une pile de cellulaire qui ne se décharge jamais. La pile de mon téléphone se décharge tout simplement trop rapidement. Les députés grecs ont voté en faveur de nouvelles mesures d’austérité la semaine dernière afin d’obtenir des milliards de dollars en aide financière de l’Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI). Ces mesures ont été adoptées en dépit des manifestations et des émeutes qui ont secoué le pays et d’un nouveau rapport indiquant que le quart de la population est sans travail. Le Parlement de 300 sièges a approuvé de justesse les mesures avec une majorité de 153 voix, selon Athen News. Les mesures comprennent des compressions budgétaires de 17 milliards de dollars à l’assistance sociale, aux pensions et aux salaires au cours des deux prochaines années pour obtenir le renflouage et gagner du temps, et espérer ainsi que la Grèce demeure dans la zone euro. « Le résultat du vote marque un grand pas décisif et encourageant vers la reprise économique et des jours meilleurs pour tout le pays », a déclaré le premier ministre grec, Antonis Samaras, selon Athen News. L’adoption des mesures envoie « un message fort » au FMI et à l’UE que « la Grèce a tourné la page », a ajouté M. Samaras. Pendant que les délibérations avaient cours à l’intérieur du parlement le 7 novembre, des manifestants à l’extérieur tentaient d’accéder au bâtiment. À l’intérieur, les membres opposés aux mesures ont critiqué la coalition au pouvoir, voyant d’un mauvais œil les 12 au 25 novembre 2012 ÉpoqueTimes La Grèce adopte de nouvelles mesures d’austérité Jack Phillips Époque Times Extrait des Neuf commentaires répercussions pour la Grèce. En fin de compte, 128 députés ont voté contre les mesures alors que près d’une vingtaine se sont abstenus. Les partis Nouvelle Démocratie et Pasok, qui forment la coalition au pouvoir, ont voté majoritairement en faveur des mesures. Sept députés des deux partis qui ont voté contre ont été immédiatement expulsés de leurs formations respectives pour n’avoir pas suivi la ligne. Même si M. Samaras a qualifié l’adoption des mesures de moment décisif pour le pays durant la crise financière, l’ambiance a été assombrie par les récents chiffres sur le chômage qui indiquent que plus d’un Grec sur quatre est sans travail, selon Athen News. Les plus récents chiffres du mois d’août placent le taux de chômage à 25,4%. Certains syndicats ont immédiatement réagi à l’adoption des mesures en annonçant des grèves. Environ 100 000 personnes ont convergé sur le parlement le 7 novembre, selon Euro News. Plusieurs ont été blessées et des dommages à la propriété ont été causés dans le centre-ville. Des incendies ont été déclenchés et des affrontements ont eu lieu avec la police. « Pourquoi ces politiciens ne se demandent-ils pas pourquoi ils ne se préoccupent que de leurs propres intérêts ? Leurs salaires, temps supplémentaires et bénéfices ne devraient-ils pas être réduits tout comme ceux des retraités comme moi et les autres ? Si vous voulez mon avis, c’est honteux », a déclaré un homme à Euro News. La coalition au pouvoir a insisté que les mesures d’austérité soient la seule manière d’obtenir la deuxième aide financière, qui s’élève à environ 40 milliards de dollars. Lousia Gouliamaki/AFP/Getty Images Manifestation devant le parlement grec le 7 novembre 2012 pour s’opposer à l’adoption de nouvelles mesures d’austérité. Depuis la publication des Neuf commentaires sur le Parti communiste en novembre 2004 par le Dajiyuan (édition chinoise d’Époque Times), plus de 127 300 000 personnes ont démissionné du Parti communiste chinois (PCC) et de ses organisations. Nous republions donc ces commentaires ayant déjà une portée historique. Leur intégralité est disponible sur le site [www.epoquetimes.com]. Septième commentaire L’HISTOIRE DES TUERIES DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS VI. LES SCHÉMAS DES MEURTRES ET LEURS CONSÉQUENCES 1. L’idéologie meurtrière du PCC Le PCC s’est toujours vanté d’être talentueux et créatif dans son développement du marxisme-léninisme, mais la vérité est que le PCC a fait preuve de créativité en déployant une perversité sans précédent dans l’histoire et même dans le monde. Il utilise l’idéologie communiste d’unité sociale pour tromper le public et les intellectuels. Il utilise la foi ébranlée par les sciences et les technologies pour promouvoir l’athéisme absolu. Il utilise le communisme pour rejeter la propriété privée et il invoque les théories et les pratiques de Lénine de révolution violente pour diriger le pays. Il a aussi utilisé et renforcé la plus mauvaise partie de la culture chinoise, celle qui va à l’encontre des traditions chinoises. Le PCC a inventé une théorie complète et une structure de « révolution » et de « révolution permanente » sous la dictature du prolétariat ; il a utilisé ce système pour changer la société et assurer la dictature du Parti. Sa théorie a deux composantes : une base économique et une superstructure sous la dictature du prolétariat. La base économique détermine la superstructure, alors que la superstructure agit à son tour sur la fondation économique. Afin de renforcer la superstructure, et tout particulièrement le pouvoir du Parti, il doit d’abord commencer la révolution de la fondation économique, ce qui implique : 1. Tuer les propriétaires terriens pour résoudre les relations de production 1 dans les campagnes. 2. Tuer les capitalistes pour résoudre les relations de production dans les villes. Au sein de la superstructure, tuer de manière répétée sert aussi à maintenir le contrôle absolu du Parti sur l’idéologie. Ceci comprend : 1. Résoudre le problème de l’attitude politique des intellectuels à l’égard du Parti Sur une longue période, le PCC a lancé de multiples campagnes destinées à réformer la pensée des intellectuels. Il a accusé les intellectuels d’individualisme bourgeois, d’idéologie bourgeoise, d’opinions apolitiques, d’idéologie « sans classes », de libéralisme, etc. Il a dépouillé les intellectuels de leur dignité en leur infligeant des lavages de cerveau et en détruisant leur conscience. Il a presque éliminé la libre pensée et d’autres qualités propres aux intellectuels, telles qu’élever la voix pour la justice et consacrer sa vie à la justice. Cette tradition enseigne à : « Ne pas abuser de la richesse et des honneurs. Ne pas perdre de vue sa raison d’être quand on est plongé dans la pauvreté, menacé par la violence, ne pas céder à la force... » 2 ; « être le premier à se préoccuper de l’avenir de la nation et le dernier à réclamer sa part de bonheur » 3 ; « chaque homme ordinaire devrait se sentir responsable du succès de la nation et de ses échecs » 4 et « un gentleman devrait faire le bien pour sa nation aux yeux de tous et dans l’ombre se perfectionner lui-même. » 5 2. Lancer une Révolution culturelle et tuer des gens pour obtenir le pouvoir politique et culturel absolu du PCC Le PCC a lancé des campagnes de masse à l’intérieur comme à l’extérieur du Parti et a commencé par tuer des gens dans les domaines de la littérature, des arts, du théâtre, de l’histoire et de l’éducation. Lors de ses premières attaques, le PCC a visé des gens connus tels que le « Village aux trois familles » 6, Liu Shaoqi, Lao She et Jian Bozan. Plus tard, les personnes tuées étaient un « petit groupe à l’intérieur du Parti » et « un petit groupe à l’intérieur de l’armée », et finalement le massacre s’est étendu de tous les individus à l’intérieur du Parti et de l’armée à tous les individus dans le pays. Les combats armés éliminaient les gens physiquement ; les attaques culturelles les tuaient mentalement. C’était une période extrêmement chaotique et violente sous le contrôle du PCC. Le côté malveillant de la nature humaine a été amplifié au maximum pour les besoins du Parti de renforcer son pouvoir au moyen de la crise. Chacun pouvait tuer arbitrairement au nom de la « révolution » et pour « défendre la ligne révolutionnaire du président Mao ». C’était une pratique nationale sans précédent qui consistait à éliminer la nature humaine. 1. Un des trois outils (moyens de production, modes de production et relations de production) que Marx utilisait pour analyser les classes sociales. Les relations de production se réfèrent aux relations entre les gens qui possèdent les outils de production et ceux qui ne les possèdent pas ; par exemple, la relation entre les propriétaires terriens et les cultivateurs ou la relation entre les capitalistes et les travailleurs. 2. De Mencius. Livre 3. Penguin Classics series, traduit par D.C. Lau. 3. Écrit par Fan Zhongyan (989- 1052), professeur chinois renommé, auteur et haut fonctionnaire sous la dynastie Song du Nord. La citation provient de son célèbre poème En grimpant la tour Yueyang. 4. Écrit par Gu Yanwu (1613-1682), célèbre érudit du début de la dynastie Qing. 5. De Mencius. Livre 7. Penguin Classics series, traduit par D.C. Lau. 6. « Le Village aux trois familles » est le nom de plume de trois écrivains des années 1960 : Deng Kuo, Wu Han et Liao Mosha. Wu est l’auteur d’une pièce de théâtre Hai Rui démissionne de son poste, que Mao considérait comme une satire politique de sa relation avec le maréchal Peng Dehuai.
ÉpoqueTimes 12 au 25 novembre 2012 International La lutte contre l’utilisation des enfants soldats reléguée au second plan IRIN News JOHANNESBOURG – La Loi sur la prévention de l’utilisation des enfants soldats (Child Soldiers Prevention Act, CSPA) est un bon exemple de législation bipartite en matière de droits de l’homme. Parrainée par des sénateurs démocrates et républicains et promulguée en 2008 par le président républicain George W. Bush, la loi est entrée en vigueur sous la présidence démocrate de Barack Obama. Malgré ce consensus politique toutefois, les États-Unis répugnent à appliquer strictement la loi et invoquent, pour se défendre, les intérêts sécuritaires nationaux. Richard Clarke, directeur de l’organisation non gouvernementale (ONG) Child Soldiers International, a dit à IRIN que la loi, qui interdit la fourniture d’une aide militaire et la vente d’armes aux gouvernements qui continuent d’utiliser des enfants soldats, pouvait offrir « un puissant levier ». « Depuis l’entrée en vigueur de la loi, il y a trois ans, le président a accordé des dérogations à certains pays afin de préserver les intérêts américains. L’impact potentiel de la CSPA est considérablement réduit par ces dérogations répétées, en particulier lorsque celles-ci sont perçues comme la règle plutôt que l’exception », a-t-il dit. Dérogations On peut lire, dans un mémorandum présidentiel daté de septembre 2012 : « Il est dans l’intérêt national des États- Unis de renoncer à l’application de l’interdiction de la CSPA […] en ce qui concerne la Libye, le Soudan du Sud et le Yémen ; et [...] de renoncer en partie à l’application de l’interdiction […] en ce qui concerne la République démocratique du Congo [RDC] afin de permettre la poursuite du Programme international d’éducation et d’entraînement militaire (IMET), la fourniture de surplus d’équipements militaires non létaux et l’octroi de licences pour la vente directe de matériel militaire fabriqué aux États-Unis. » En 2010, le Tchad, la RDC et le Yémen ont été dispensés d’appliquer la loi. Ces pays ont encore une fois échappé à toute sanction en 2011, tout comme le Soudan du Sud. Le directeur général des relations avec le gouvernement américain d’Amnesty International, Adotei Akwei, a écrit, dans un compte-rendu publié en octobre 2012 et intitulé Ending the Use of Child Soldiers : One Step Forward (Mettre fin à l’utilisation des enfants soldats : un pas en avant) : « L’argument de l’administration selon lequel le Soudan du Sud n’est pas techniquement assujetti à la CSPA parce qu’il n’était pas encore un pays quand la loi est entrée en vigueur est peut-être crédible d’un point de vue juridique, mais il n’apporte rien aux enfants du Soudan du Sud et ne contribue pas non plus à présenter les leaders américains sous un jour très positif. » Le gouvernement américain sait que ces pays continuent d’utiliser des enfants soldats. Dans son rapport 2012 sur la traite des personnes, le département d’État américain a indiqué que les Forces armées de la RDC (FARDC) continuaient de recruter de force des enfants et que « certains commandants de l’armée avaient, en toute impunité, activement saboté les efforts pour inspecter leurs unités respectives et démobiliser les enfants qui en faisaient partie ». En vertu de la loi, les pays qui recrutent ou utilisent des enfants soldats au sein de leurs forces armées ou de milices bénéficiant du soutien du gouvernement peuvent seulement obtenir de l’aide pour professionnaliser leur armée et ainsi mettre fin à l’exploitation des enfants qui figurent dans leurs rangs. Une loi affaiblie Le conseiller principal en matière de politiques pour la protection des enfants auprès de Vision du monde, Jesse Eaves, qui est basé aux États-Unis, a dit à IRIN que Washington avait resserré sa collaboration avec les pays dont les forces armées comptent des enfants dans leurs rangs, mais « n’exigeaient pas d’eux qu’ils se conforment aux dispositions de la Loi sur la prévention de l’utilisation des enfants soldat ». « En accordant une dérogation à un pays identifié dans le rapport du département d’État sur la traite des personnes comme recrutant des enfants au sein de son armée nationale, le gouvernement américain affaiblit l’autorité de la loi, car il n’exige pas que ce pays démobilise les enfants qui font partie de ses forces armées », a dit M. Eaves. Jo Becker, conseillère de la division Droits de l’enfant de Human Rights Watch (HRW), basée aux États-Unis, a dit à IRIN que les dérogations montraient que le pays avait d’autres priorités, « notamment les alliances militaires et les efforts de contre-terrorisme ». « Ce qu’il y a de positif toutefois, c’est que l’administration [Obama] a certainement renforcé son engagement diplomatique envers les pays qui utilisent des enfants soldats en soulevant la question à plusieurs reprises avec des haut placés », a-t-elle dit. « Cet engagement a poussé le Tchad et le Soudan du Sud à signer des plans d’action avec les Nations Unies pour mettre fin à l’exploitation des enfants soldats », a-t-elle ajouté. Utilisation des enfants soldats dans le monde La définition d’enfant soldat de la CSPA inclut les enfants recrutés comme combattants, mais aussi ceux qui « exercent d’autres fonctions, et notamment des rôles de soutien comme ceux de cuisinier, porteur, messager, infirmier, garde ou esclave sexuel ». « Depuis 2000, la participation d’enfants soldats a été rapportée dans la plupart des conflits armés et dans presque toutes les régions du monde. Même s’il n’existe pas de chiffres exacts et que leur nombre change constamment, on estime que des dizaines de milliers d’enfants de moins de 18 ans continuent de servir dans des forces gouvernementales ou des groupes d’opposition armés. Et parmi eux, certains ont moins de 10 ans », a indiqué l’organisation Child Soldiers International. « Depuis 2010, vingt États ont eu recours à des enfants soldats dans des conflits armés et de nombreux autres risquent de le faire », indique un rapport publié récemment par l’ONG. Les avantages de l’utilisation des enfants soldats sont multiples. Outre la facilité d’endoctrinement, fréquemment évoquée, on peut citer la capacité des enfants à utiliser et à entretenir les armes modernes, plus légères, et leurs besoins nutritionnels moins importants que ceux des adultes. « Un avantage additionnel réside dans la relative invisibilité des enfants lorsqu’il s’agit d’effectuer des reconnaissances d’un dispositif ennemi. Ainsi, en Ouganda : « Les adolescents soldats [de l’Armée de résistance nationale de Yoweri Museveni] ont joué un rôle significatif dans la prise de Kampala [en 1986]. Habillés en haillons, ils se promenaient librement autour des positions ennemies dans la capitale pour récolter des renseignements » », selon un rapport publié en 2011 dans la Revue internationale de la Croix-Rouge. Absence de lois nationales Dans la législation internationale en matière de droits de l’homme, le droit international humanitaire (DIH) et les protocoles internationaux, il existe de nombreuses dispositions interdisant l’utilisation d’enfants soldats. De la même façon, le recrutement de combattants de moins de 15 ans est considéré comme un crime de guerre. En règle générale toutefois, les lois nationales spécifiquement destinées à décourager le recours aux enfants soldats sont rares. D’après les informations obtenues par Child Soldiers International, seules la Suisse et la Belgique ont, comme les États-Unis, « promulgué des lois qui rendent les exportations d’armes conditionnelles à la renonciation du pays bénéficiaire au recrutement et à l’utilisation d’enfants soldats », a dit M. Clarke. En Suisse, l’Ordonnance de 1998 sur le matériel de guerre cite, parmi les critères d’autorisation pour les marchés passés avec l’étranger, « la situation qui prévaut dans le pays de destination ; il faut tenir compte du respect des droits de l’homme et de la renonciation à utiliser des enfants soldats ». Selon le rapport de Child Soldiers International toutefois, « on ignore si des transferts d’armes ont été refusés sur la base de ces dispositions et, si oui, à quels pays ». La Belgique a également promulgué une loi qui limite les exportations d’armes aux pays connus pour utiliser des enfants soldats, mais elle a aussi ses lacunes. « En excluant les groupes armés qui sont distincts des forces armées d’un État, la loi ne couvre pas ceux qui bénéficient de son soutien », indique le rapport de Child Soldiers International. « Par ailleurs, vu l’absence d’informations accessibles au public concernant le nombre de licences qui ont été refusées et à quels pays, l’impact concret de la loi belge ne peut être vérifié. » Selon M. Clarke, d’autres États – l’Allemagne, la Bulgarie, la Croatie, l’Espagne, la France, l’Irlande et le Royaume-Uni – affirment que leur législation, complète, ne permet pas les exportations d’armes aux pays qui ont recours aux enfants soldats. « D’autres, comme le Chili, Israël, l’Italie, la Moldavie, le Monténégro, la République de Corée, la Serbie, la Slovénie, la Suède et la Tanzanie, disent avoir des politiques ou des lois nationales interdisant la vente d’armes aux gouvernements responsables de violations des droits de l’homme ou, plus largement, aux pays 5 impliqués dans des situations de conflit armé. » Le pouvoir des dérogations partielles Les États-Unis semblent faire preuve d’une grande souplesse dans leur application de la CSPA. Or, même l’imposition partielle de la loi s’est révélée fructueuse. Les militants des droits de l’homme ont fait toutes sortes de suppositions quant aux conséquences potentielles de son application rigoureuse. Selon HRW toutefois, les dérogations partielles pourraient être utilisées plus efficacement. La dérogation partielle accordée à la RDC limitait le soutien des États-Unis à la formation militaire, et le montant de l’aide financière suspendue l’an dernier était estimé à 2,7 millions de dollars. « Nous avons été particulièrement déçus que Washington n’ait pas utilisé davantage les dérogations partielles », a dit M me Becker, de HRW. « Les États-Unis ont suspendu l’aide financière militaire accordée à la RDC pendant deux années consécutives et annoncé, en septembre [2012], qu’ils n’offriraient pas de formation militaire à un second bataillon tant que la RDC ne signerait pas un plan d’action avec les Nations Unies pour la démobilisation de ses enfants soldats. Après sept ans de tergiversations, le gouvernement a signé le plan d’action quelques jours après cette annonce. » Les États-Unis ont entraîné un bataillon des FARDC, ce qui leur a coûté environ 15 millions de dollars. L’entraînement avait notamment pour objectif d’instiller une culture de respect des droits de l’homme chez les membres de l’unité. Le bataillon, auparavant stationné à Dungu pour mener des opérations contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), a été redéployé à Goma, la capitale du Nord-Kivu. On s’attend à ce que l’unité, composée de 750 hommes, soit utilisée pour mener des opérations contre le groupe armé M23. Les deux groupes armés comptent beaucoup d’enfants soldats dans leurs rangs. « En privant les gouvernements d’une portion de l’aide militaire jusqu’à ce qu’ils cessent d’utiliser des enfants soldats, les États-Unis ne risquent pas de compromettre leurs relations avec ces pays et envoient un message fort selon lequel l’élimination du recours aux enfants soldats est une priorité pour les États-Unis », a dit M me Becker. Source : www.irinnews.org Sonia Rolley/AFP/Getty Images Un adolescent parmi l’armée nationale du Tchad en 2007. Des enfants sont utilisés dans beaucoup de conflits à travers le monde.



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