Époque Times Montréal n°314 12 sep 2011
Époque Times Montréal n°314 12 sep 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°314 de 12 sep 2011

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 5,8 Mo

  • Dans ce numéro : l'altruisme comme remède aux traumatismes du 11 septembre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Voyage Les Cantons de l’Est de la Belgique Christiane Goor Trop souvent, on réduit les Cantons de l’Est (Belgique) aux Hautes Fagnes, ces vastes étendues herbeuses et marécageuses difficiles d’accès en dehors des sentiers balisés. Cependant, l’eau qui imbibe le plateau est aussi le fil conducteur d’un itinéraire de vacances au cœur d’une étonnante mosaïque de paysages : le cours paisible de la vallée de l’Our, les nombreux biefs alimentant d’anciens moulins, une cascade, la plus haute de Belgique, se jetant dans le lac de Robertville au pied du château de Reinhardstein, sans oublier la dégustation de bières de pays qui trouvent leur incomparable saveur dans l’eau pure des Ardennes. C’était un arrêt de bus scolaire, aujourd’hui c’est le plus petit musée du monde : un espace mural de quelque 10 m² refermé sur un lieu exigu. À l’occasion des festivités artistiques qui célèbrent Luxembourg comme capitale européenne de la culture, le photographe belge Willi Filz a tapissé le site de centaines de photographies construites sur la même argumentation : des individus tour à tour saisis debout sur un cube blanc posé sur les berges de l’Our. Une entreprise insolite dans un décor tout aussi inattendu, à Welchenhausen, sur les rives de l’Our, à deux pas de la Belgique, le temps de traverser un petit pont encadré par deux drapeaux qui rappellent la présence d’une limite territoriale. Le pays des sources Sur près de 30 kilomètres, le cours sinueux de l’Our caresse la frontière entre la Belgique et l’Allemagne avant de poursuivre sa route au Grand-duché de Luxembourg. Il creuse, en Belgique, une joyeuse vallée champêtre, bordée de prairies, de taillis et de forêts, et parsemée de hameaux dont les maisons crépies et colorées se serrent autour d’une église à clocher bulbeux. Manderfeld, dont les premières fortifications datent de Pépin le Bref qui aimait y séjourner pour chasser ; Schönberg, où l’Our dessine de larges méandres qui ralentissent son cours et permettent de transformer ses rives en plages herbeuses ; Burg Reuland, qui s’articule autour d’un éperon rocheux dominé par les ruines romantiques d’un château médiéval ; Ouren, la dernière halte belge de l’Our avant son périple au Luxembourg. Loin des grandes villes, au cœur d’une région dont le paysage escarpé et boisé ne permet guère l’exploitation agricole, la rivière a préservé une vie riche dans ses eaux limpides et le long de ses berges, pour le plus grand plaisir des promeneurs. Ombragée par les saules, elle s’écoule, fraîche et cristalline sur un lit de cailloux rebondis, glissant entre les racines des arbres. Le regard s’égare entre les frondaisons et découvre alors d’infimes détails qui peuplent le sous-bois, comme cette toile aussi légère qu’un voile de mariée, tissée entre les feuillages par une multitude de petites araignées, ou encore les grappes dorées d’un champignon qui fleurit sous une souche. Plus au nord, le plateau des Hautes Fagnes, couvert de forêts denses, de landes humides et de zones tourbeuses, étire à l’infini ses 4500 hectares de réserve naturelle, délimitant à près de 700 mètres d’altitude le toit de la Belgique. Réserve d’eau pure, mais aussi refuge pour les amoureux de solitude et d’espace, les Fagnes permettent de vivre l’expérience d’une nature encore vierge. Aux premières lueurs de l’aube, un brouillard diaphane noie le paysage dans un cocon ouaté qui laisse à peine percevoir les silhouettes des arbres. Quand le sentier en caillebotis s’enfonce dans la brume, le silence devient intense, pour mieux entendre le mouvement furtif d’un animal terré au cœur des linaigrettes neigeuses ou encore le vent qui soupire entre les bourrelets mouvants de mousse et les champs d’airelles ou de bruyère. Peu à peu, la brume s’effiloche sous la chaleur diffuse du soleil et ouvre des pans de ciel bleu sur un horizon illimité qui conjugue toutes les gammes de jaune et de vert pour tendre une toile infinie, balayée par le vent. Au centre des Cantons de l’Est, Malmedy a hérité du titre prestigieux de capitale de ce pays d’accueil. Blottie dans un écrin de verdure, elle a gagné ses titres de noblesse en exploitant la force des eaux qui la baignent : la Warche et la Warchenne. Les anciens moulins exploités par des drapiers, des tanneurs et des papetiers ont été reconvertis, mais ils s’intègrent encore entre les maisons habillées de bardages en bois ou en ardoise. Les étages dessinent de légers dépassements en encorbellement qui soulignent l’habitat d’un trait élégant. Annexée à la Prusse pendant près d’un siècle, Malmedy n’a jamais renié ses origines wallonnes qui s’inscrivent encore aujourd’hui sur les plaques des noms des rues et alimentent un carnaval bigarré et populaire qui se distancie des joyeuses festivités rhénanes qui animent les autres entités des Cantons de l’Est. Réservoir de passions D’un village à l’autre, l’impression est la même, et au fil de la découverte elle s’impose comme une évidence : il fait bon vivre dans le Far East de la Belgique. Dès le mois de mai, les jardins explosent de couleurs et les fenêtres se garnissent de jardinières multicolores. Même les parterres des hameaux s’ornent de massifs fleuris et il n’est pas rare d’y rencontrer des villageoises, sécateurs en mains, entretenir les jardins publics. Les cimetières ne sont pas en reste, ils invitent à la flânerie entre les allées bordées de tombes richement fleuries. Ce souci n’est que le reflet d’un caractère foncièrement optimiste qui invite à faire la nique à la pluie qui arrose trop souvent cette région. Sans aucun doute, c’est ce même enthousiasme qui a dû soutenir la dizaine d’apprentis mineurs qui durant dix ans ont consacré leur samedi à restaurer sur 400 mètres la galerie inférieure de la mine de pierre bleue de Recht dont l’exploitation avait été abandonnée après la Première Guerre mondiale. Un travail titanesque qui débouche depuis cet été sur l’expérience émouvante et intéressante d’une visite touristique au cœur de la terre, jusque dans une impressionnante cathédrale souterraine. La passion est également le ciment de la détermination farouche qui anima le professeur Overloop sa vie durant lorsqu’il Le château de Reinhardstein se dresse sur un promontoire rocheux. entreprit en 1965 la reconstruction de l’ancien château de Reinhardstein. Édifiée au Moyen Âge sur un promontoire rocheux dominant la Warche, en aval du barrage du lac de Robertville, la forteresse connut une histoire mouvementée. Elle abrita, entre autres, les quatre fils Aymon et, plus tard, fut bien avant la lettre un haut lieu européen puisque, durant trois siècles, il appartint à la famille Metternich. Sait-on par ailleurs que celui qui fut le négociateur du traité de Vienne, qui partagea l’Europe au lendemain de la défaite de Napoléon à Waterloo, est aussi celui qui eut l’idée de mettre le vin en bouteille ? Vendu, le château fut alors démantelé et servit de carrière de pierre. Aujourd’hui, une visite à Reinhardstein, dont les salles et les appartements privés ont été superbement meublés, permet de remonter le temps et de se fondre dans un monde suranné et mystérieux qui renvoie à tous nos rêves d’enfant. Informations pratiques Le site des Cantons de l’Est www.eastbelgium.com est particulièrement complet, facile à parcourir et actualisé. On peut y trouver de nombreuses possibilités de découverte de la région, que ce soit à pied, en vélo, en voiture ou même à dos d’ânes. Toutes les formules de logement sont possibles depuis l’hôtel au camping en passant par les auberges, les gîtes et les chambres chez l’habitant. Se loger − Une adresse de charme à retenir, le Vieux Moulin à Weywertz (Bütgenbach) (www.levieuxmoulin.be) : un havre de paix au bord d’un étang et au cœur d’un ancien moulin remarquablement aménagé. Se restaurer − Pays d’accueil, les Cantons de l’Est sont parsemés de petits et grands restaurants. La nourriture y a, en général, une saveur bien germanique, avec des assiettes copieuses et savoureuses. Il faut goûter à Malmedy les fameux baisers, deux meringues unies l’une à l’autre par de la crème fouettée et donnant l’impression qu’elles s’embrassent. Les passionnés de whisky iront découvrir à Nidrum, au Vier Jahreszeiten (www.hotel4jahreszeiten.com) un des plus grands collectionneurs d’Europe qui propose également le gîte et le couvert. La bière de Bellevaux − À l’époque de la mondialisation de la bière, il faut souligner l’initiative de Wil, cet amoureux de bière qui a osé créer une microbrasserie dont les produits sont excellents. Avec l’aide de son épouse, ils brassent quatre bières qui trouvent toute leur saveur dans l’eau des Ardennes. Bières vivantes, non filtrées et non pasteurisées, elles se déclinent en multiple de B : bières blonde, brune, blanche ou black brassées à Bellevaux. À découvrir absolument www.brasseriebellevaux.be. Mahaux Photography 12 au 25 septembre 2011 ÉpoqueTimes Un ancien wagon fleuri rappelle que Recht a été un important centre minier. Une ruelle de Malmédy, toute intimiste La grand-place de Malmédy Une auberge de charme, le moulin de Weywertz. Mahaux Photography Mahaux Photography Mahaux Photography Mahaux Photography Mahaux Photography Le professeur Overloop a meublé le château avec les objets de sa collection personnelle.



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