Époque Times Montréal n°303 5 avr 2011
Époque Times Montréal n°303 5 avr 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°303 de 5 avr 2011

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (279 x 559) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 6,3 Mo

  • Dans ce numéro : le Sud-Soudan se dirige vers une sécession orageuse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 International Gao Zhisheng : Pékin dit à l’ONU de ne pas se mêler de ses affaires Gisela Sommer Époque Times Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a demandé à un groupe de travail des Nations Unis de ne pas se mêler de ses affaires en ce qui a trait à la détention de Gao Zhisheng, l’avocat chinois spécialiste des droits de la personne. Le groupe de défense des droits de l’homme Freedom Now a révélé la semaine dernière que le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire avait demandé la libération immédiate de Gao. Le Groupe de travail a déclaré que le régime communiste chinois contrevient au droit international en gardant Gao en détention et qu’il ne rencontre « même pas les standards internationaux minimums d’application régulière de la loi ». Une lettre du président du Groupe de travail demandant la libération immédiate de Gao avait été envoyée au régime chinois le 6 juillet 2010. Puisque Pékin n’a pas répondu à la lettre, le Groupe de travail de l’ONU a émis un avis sur le cas de Gao le 19 novembre 2010. L’avis indique : « À la lumière des allégations soulevées, le Groupe de travail aurait accueilli la coopération du gouvernement [chinois]. En l’absence de toute information du gouvernement, le Groupe de travail estime qu’il est en position d’émettre un avis sur les faits et circonstances entourant le cas, étant donné que les faits et allégations contenus dans la communication n’ont pas été contestés par le gouvernement. » L’avis poursuit : « La détention de M. Gao est arbitraire puisque le gouvernement n’a invoqué aucun fondement légal pour justifier sa privation de liberté. M. Gao n’a été formellement accusé d’aucune offense sous la loi criminelle ou autre loi chinoise. De plus, sa détention actuelle pourrait être reliée à des actions pour lesquelles il I. POURQUOI LE PCC A-T- IL VOULU DÉTRUIRE LA CULTURE CHINOISE ? 1. La longue tradition de la culture chinoise est basée sur la croyance et la vénération de la vertu (suite) Les croyances du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme ont offert au peuple chinois un système moral très stable, immuable, « aussi longtemps que le ciel demeure 1 ». Ce système éthique a donné la base d’une stabilité durable, de la paix et de l’harmonie dans la société. La moralité relève du monde spirituel, donc elle est souvent conceptuelle. La culture exprime un tel système abstrait de moralité en un langage qui peut être communément compris. Prenez par exemple les quatre classiques chinois, qui sont les quatre romans les plus connus de la culture chinoise. La Pérégrination vers l’Ouest 2 est un conte mythique. Le Rêve dans le pavillon rouge 3 commence avec un dialogue entre une roche vivante, la divinité de l’espace infini et le Tao du temps illimité, sur la falaise sans fond de la montagne de la Grande perte – ce dialogue donne les repères pour le drame humain qui se déroule dans le roman. Au bord de l’eau 4 commence avec un conte sur Hong Taiwei, responsable des affaires militaires, qui avait par mégarde a été précédemment détenu ; en particulier, son travail en faveur des groupes religieux persécutés. » Lors d’une conférence à Pékin le 29 mars 2011, la porteparole du ministère des Affaires étrangères, Jian Yu, a affirmé ne pas connaître les détails du cas de Gao Zhisheng et elle a averti l’ONU de ne pas s’ingérer. Jian Yu a déclaré que les rouages des droits de l’homme de l’ONU devraient « conserver une attitude objective et impartiale et respecter la souveraineté juridique de la Chine ». L’épouse de Gao, Geng He, et ses deux enfants ont fui la Chine en février 2009 et ont obtenu l’asile politique aux États- Unis. M me Geng a commenté les efforts du Groupe de travail visant à faire libérer son mari. « Cela fait environ un an que mon mari Gao Zhisheng est disparu à nouveau. Nous sommes très encouragés par le rapport de l’ONU. La Chine affirme qu’elle est aussi gouvernée par la loi, mais elle torture ou fait toujours disparaître des avocats comme mon mari qui veulent protéger la loi et lutter pour la justice et les droits de l’homme. J’espère que la communauté internationale pourra m’aider à rapatrier mon mari ! » Gao Zhisheng a été placé en résidence surveillée et en détention durant plusieurs années après avoir publié des lettres ouvertes qui critiquaient la persécution du Falun Gong par le régime chinois. Peu après avoir publié une lettre ouverte adressée au Congrès américain en septembre 2007 – qui dénonçait le régime chinois sous plusieurs angles, demandait la fin de la persécution du Falun Gong et appelait au boycott des Jeux de Pékin – Gao a été enlevé. Depuis, il a été détenu et libéré à plusieurs reprises, mais a passé la majorité du temps en détention. On est sans nouvelles de Gao depuis avril 2010. En février 2009, Gao a publié un article décrivant les 50 jours de torture qu’il a traversés en 2007. Le 10 janvier 2011, l’Associated Extrait des Neuf commentaires libéré 108 démons. Cette légende explique l’origine des 108 « militants des prouesses hors-la-loi ». Les Trois royaumes 5 commence avec un avertissement céleste à propos d’un désastre, laissant présager la conclusion inéluctable de la volonté divine : « Les affaires du monde affluent en un flot continu, un destin déterminé par le ciel, dont la portée infinie met fin à tout. » D’autres histoires célèbres, comme La romance des Zhou de l’Est 6 et L’histoire de Yue Fei 7, commencent avec des légendes similaires. L’utilisation des mythes par ces conteurs n’était pas une coïncidence, mais un reflet de la philosophie fondamentale des intellectuels chinois relevant de la nature et des humains – une contemplation de l’origine divine de la vie humaine. Ces contes ont eu une si profonde influence sur l’esprit chinois que leurs personnages ont été utilisés pour exprimer des caractéristiques de certaines valeurs morales. En parlant du concept de « droiture » par exemple, les gens pensent à Guang Yu (160- 219) des Trois royaumes. Ils pensent à la manière dont son sens de l’honnêteté a transcendé les nuages et atteint le ciel ; comment sa loyauté inébranlable envers son supérieur Liu Bei lui a valu le respect, même auprès de ses ennemis ; comment sa bravoure dans la bataille a prévalu dans les conditions les plus dangereuses, et même dans sa défaite finale dans une bataille près de la ville de Mai ; et finalement, devenu divinité, à l’entretien qu’il a eu avec son fils. En parlant de « loyauté », les gens pensent naturellement à Yue Fei (1103-1141), grand général de la dynastie Song qui servit son pays avec une intégrité et une loyauté sans réserve, et à Zhuge Liang (181-234), premier ministre de l’État de Shu durant la période des Trois royaumes, qui « se donna entièrement jusqu’à ce que son cœur cesse de battre ». Le panégyrique de la loyauté et de la droiture appartenant à la culture traditionnelle chinoise a été entièrement élaboré dans les histoires pittoresques de ces écrivains. Les valeurs morales abstraites qu’elles épousent ont été rendues spécifiques et se sont incarnées dans des expressions culturelles. 1. Dong Zhongshu (179-104 av. J.-C.), un penseur confucéen durant la dynastie Han, a mentionné dans son traité Trois façons d’harmoniser l’homme et le ciel (Tian Ren San Ce), « Si le ciel reste, le Tao ne change pas ». 2. Le singe pèlerin ou le pèlerinage d’Occident ou Le pèlerinage du Singe d’or, écrit par Wu Cheng-En (1506 ? - 1582 ?), est l’un des romans classiques chinois les plus connus. Il est basé sur l’histoire vraie d’un moine chinois célèbre de la dynastie Tang, Xuan Zang (602–664), qui a voyagé à pied vers ce qui est aujourd’hui l’Inde, lieu de naissance du bouddhisme, à la recherche des soutras. Dans le roman, le Bouddha avait arrangé que le Roi singe, Pigsy et Sandy deviennent disciples de Xuan Zang et l’escortent à l’Ouest pour trouver les soutras. Ils vont traverser 81 dangers et calamités avant d’arriver finalement à l’Ouest et obtenir le Fruit Juste. (Le singe pèlerin ou le pèlerinage d’Occident, éd. Payot, 17 mars 2004, Collection Petite Bibliothèque, ISBN : 2228896802) 3. Le rêve dans le pavillon rouge a été écrit par Cao Xueqin (1715 ? - 1763) au cours de la dynastie Qing. C’est une histoire d’amour tragique sur fond de déclin d’une famille aristocratique. Autour de ce thème central, le roman déploie un vaste et touchant panorama de l’histoire sociale. Il fait aussi défiler une distribution mémorable et éblouissante de personnages, les deux principaux étant Jia Baoyu et Lin Daiyu. Sa structure, à la fois étendue et méticuleuse avec ses qualités littéraires et son langage exquis, l’a fait universellement reconnaître comme étant la quintessence de l’art du roman classique en Chine. (Le rêve dans le pavillon rouge, éd. Gallimard, 12 novembre 1981, Collection bibliothèque de la Pléiade, ISBN : 2070110192) 4. Au bord de l’eau, un des grands romans classiques chinois, a été écrit au XIV e siècle par Shinai-Han. Quelque 108 hommes et femmes se liguent ensemble pour être les hors-la-loi des marais. Intrigue, aventure, meurtre, guerre et histoires romantiques sont racontés avec les rebondissements et le suspense propres au conte traditionnel. (Au bord de l’eau, éd. Gallimard, 2 mai 1997, Collection Folio, ISBN 2070402207) 5. Les Trois royaumes, un des romans classiques chinois les plus célèbres, écrit par Luo Guangzhong (1330 ? – 1400 ?) et basé sur l’histoire de la période des Trois royaumes (220- 5 au 11 avril 2011 ÉpoqueTimes Depuis la publication des Neuf commentaires sur le Parti communiste en novembre 2004 par le Dajiyuan (édition chinoise d’Époque Times), plus de 92 500 000 personnes ont démissionné du Parti communiste chinois (PCC) et de ses organisations. Nous republions donc chaque semaine une partie de ces commentaires ayant déjà une portée historique. Leur intégralité est disponible sur le site [www.epoquetimes.com]. Sixième commentaire COMMENT LE PARTI COMMUNISTE CHINOIS A DÉTRUIT LA CULTURE TRADITIONNELLE Recul dans les sondages de l’ex-président AlejandroToledo Élections au Pérou : le « Chavez péruvien » favori de la présidentielle Latin Reporters Press a publié un récit des souffrances de Gao, alors qu’il avait eu l’autorisation de s’entretenir avec l’agence de presse en avril 2010. Le 24 mars 2011, Gao a remporté le Bindmans Law and Campaigning Prize au Royaume-Uni. Ce prix reconnaît les « avocats et militants qui ont combattu la répression ou qui ont lutté pour contester les climats et les notions politiques », selon le site de Bindmans. Son épouse a accepté le prix en son nom. LIMA – Nationaliste de gauche et candidat à la présidence du Pérou comme en 2006, le commandant de l’armée à la retraite Ollanta Humala, 47 ans, secoue la campagne pour l’élection présidentielle du 10 avril. Il en est désormais le favori, ravissant la première place à l’ancien chef de l’État AlejandroToledo dans deux sondages diffusés le 27 mars, deux semaines à peine avant un scrutin qui sera aussi législatif. Depuis trois mois, tous les sondages précédents situaient en tête l’ex-président métis AlejandroToledo (2001-2006). Si ce centriste a parfois été surnommé « l’Indien qui croit au marché », Ollanta Humala, lui, a souvent été désigné par ses adversaires comme le « Chavez péruvien » pour ses liens personnels et idéologiques avec le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale en Amérique latine. En 2006, briguant pour la première fois la charge suprême, Ollanta Humala avait déjà surpris en remportant le premier tour de la présidentielle. Il s’était incliné au second tour, sur le score de 47,4%, devant le social-démocrate Alan Garcia (52,6%). Président sortant, Garcia ne peut pas briguer sa propre succession, car la Constitution péruvienne prohibe la réélection immédiate. AlejandroToledo est désormais dépassé non seulement par Ollanta Humala, mais aussi par la députée Keiko Fujimori, fille de l’ancien président populiste d’origine japonaise Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour crimes contre l’humanité et emprisonné à Lima. Effectué du 21 au 24 mars sur un échantillon de 4668 personnes dans 14 des 26 régions du Pérou, le sondage jouissant du plus grand écho médiatique, celui de la Compagnie péruvienne d’études de marché et d’opinion publique (CPI), octroie 21,2% des intentions de vote à Ollanta Humala, suivi de Keiko Fujimori (19%), AlejandroToledo (18,6%), l’ancien ministre de l’Économie PedroPablo Kuczynski (16,1%) et l’exmaire de Lima, Luis Castañeda (15,5%). Un autre sondage, de la société Ipsos Apoyo, aboutit au même classement, avec des pourcentages légèrement différents. Ollanta Humala (22,8%) devance à nouveau Keiko Fujimori (22,3%), AlejandroToledo (21,6%), PedroPablo Kuczynski (15,8%) et Luis Castañeda (15%). Pour ce sondage, 1986 personnes ont été interrogées dans 24 régions. Les tendances très mouvantes au sein de l’électorat et la marge relativement étroite qui sépare ces cinq candidats laissent à chacun d’eux la possibilité de survivre le 10 avril au premier tour de l’élection présidentielle. Les chances de cinq autres candidats paraissent insignifiantes. Parmi les vainqueurs potentiels de l’élection présidentielle, Ollanta Humala est le seul classé à gauche. Comme en 2006, cela compliquerait sa tâche lors d’un probable second tour. Le sondage de la CPI indique qu’il perdrait alors un duel avec n’importe lequel de ses quatre principaux adversaires actuels, à l’exception éventuelle de PedroPablo Kuczynski. Fondateur du Parti nationaliste péruvien (PNP), Ollanta Humala brigue la présidence sous la bannière de Gana Perú (Le Pérou gagne), coalition électorale unissant le PNP à d’autres partis de gauche, dont le Parti communiste du Pérou, le Parti socialiste et le Parti socialiste révolutionnaire. Raisons de la percée d’Ollanta Humala Pour expliquer l’ascension dans les sondages du « Chavez péruvien », les analystes notent que la gauche est absente du pouvoir national depuis 1990 au Pérou, ce qui peut renforcer l’aspiration à une véritable alternance, logique en politique. Toutefois, on souligne aussi la modération nouvelle du discours d’Ollanta Humala, qui a remplacé par une chemise blanche le polo rouge de 2006, et son image de père de famille de la classe moyenne, confortée par une troisième paternité récente et par la sympathie que suscite sa femme souriante, Nadine Heredia. Que Nadine soit péruvienne serait banal si Keiko Fujimori n’était pas d’origine japonaise, si la femme d’AlejandroToledo, Eliane Karp, n’était pas franco-belge et si ne venait pas des États-Unis Nancy AnnLange, l’épouse de PedroPablo Kuczynski, lui-même étant parfois jugé plus américain que péruvien. En campagne le 18 mars avec Nadine à Iquitos, dans l’Amazonie, Ollanta Humala a clamé que la première dame doit être péruvienne, lâchant ainsi contre ses adversaires une singulière bouffée électoraliste de ce nationalisme qu’exècre tant l’Hispano-Péruvien Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de littérature 2010. La percée d’Ollanta Humala attire sur lui les foudres de la majorité des médias péruviens. Ils présentent le candidat de la gauche comme un loup déguisé en agneau et qualifient son programme d’étatique et autoritaire. PedroPablo Kuczynski dit voir en Humala le tenant d’un autoritarisme similaire à celui d’Hugo Chavez. Keiko Fujimori prétend que le commandant à la retraite « a seulement enlevé son polo rouge » et qu’il faut douter de ses véritables intentions. Enfin, AlejandroToledo prie les électeurs de « ne pas sauter dans le vide » en votant pour le candidat nationaliste. Source : www.latinreporters.com 280). Il décrit les luttes complexes et intenses pour le trône parmi les trois forces politiques : Liu Bei, Cao Cao et Sun Quan, se focalisant sur divers grands talents et sur diverses stratégies hardies durant cette période. (Les Trois royaumes, éd. Flammarion, 8 janvier 1992, Collection Aspects de l’Asie, ISBN 2080662678) 6. La romance des Zhou de l’Est, un roman originellement écrit par Yu Shaoyu au cours de la dynastie Ming, révisé et réécrit par Feng Menglong à la fin de la dynastie Ming, et révisé à nouveau par Cai Yuanfang de la dynastie Qing. Il couvre une histoire de plus de 500 ans durant la période de Printemps et d’Automne (770-476 av. J.-C.) et la période des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.). 7. L’histoire de Yue Fei a été écrite par Qian Cai au cours de la dynastie Qing. Il décrit la vie de Yue Fei (1103-1142) de la dynastie Song du Sud, un des plus fameux généraux et héros patriotiques de l’histoire de la Chine. Le général Yue Fei s’est distingué au cours des batailles contre les envahisseurs du nord de la nation Jin. On l’a accusé de crimes qu’il n’avait pas commis, il a été envoyé en prison et exécuté, alors que le premier ministre Qin Hui essayait d’éliminer le parti en guerre. Yue Fei a par la suite été innocenté des accusations qui étaient sans fondements et on a construit un temple à sa mémoire. Quatre personnages coiffés de casques de fer ont été fabriqués pour sa tombe. Leurs poitrines nues, les mains derrière leurs dos et agenouillés devant sa tombe, représentent les gens qui ont été responsables de la mort de Yue Fei. Yu Fei est devenu dans la culture chinoise un modèle de loyauté à son pays.
ÉpoqueTimes 5 au 11 avril 2011 Au jeu comme à la vie Maya Mizrahi Époque Times « Le "go" est comme la vie », a dit Yasuda Yasutoshi. Yasuda Yasutoshi, ou Yasuda Sensai (en japonais, le professeur Yasuda) est au plus haut niveau du jeu de go (dan 9). Il est considéré comme l’un des meilleurs joueurs au monde. Il est surtout apprécié et reconnu pour « la méthode Yasuda » qu’il a développée dans le but d’utiliser le jeu comme moyen de communication et de tolérance dans la société. Grâce à ses bons résultats, la méthode a été adoptée par les pays occidentaux. Le go Le go est le jeu de table le plus ancien au monde, on estime qu’il existe depuis 4000 ans. Il vient de la Chine, où il est connu sous le nom de Weiqi. Il est dit que ce jeu avait une signification cosmique dans la Chine ancienne. Durant des générations, il était l’un des quatre arts que chaque homme cultivé devait acquérir avec la calligraphie, le dessin et la musique. Au V e siècle av. J.-C, la première mention écrite du jeu se trouve dans le livre Zuo Zhuan. C’est le premier livre d’histoire écrit en Chine. Il décrit la période allant du VIII e au V e siècle av. J.-C. De la Chine, le jeu s’est répandu dans toute l’Asie. Au VII e siècle, il est arrivé au Japon où il a reçu le nom de « go ». Au début, il était réservé à la cour royale. Il s’est propagé par la suite à un plus large public. En Chine, il est encore aujourd’hui considéré comme un jeu réservé à la haute société. En Occident, le go devient populaire au XIX e siècle. Même si le go est un jeu très ancien, les règles sont restées les mêmes, et leur simplicité fait la beauté de ce jeu. Avant que les deux joueurs ne commencent à jouer, ils se témoignent de la reconnaissance et se remercient mutuellement. « Le « go » est comme la vie », a dit Yasuda Yasutoshi. Entre eux, se trouve un tableau quadrillé en bois et à leur côté des pierres noires et blanches. Le but du jeu est d’encadrer les pierres de l’autre joueur et de conquérir le territoire. Des mondes se rencontrent « Le go est un jeu très intéressant, mais la raison pour laquelle j’ai commencé à l’enseigner était pour essayer de sauver des enfants », dit le Sensai. « Il y a 17 ans, j’ai lu un article sur un enfant âgé de 13 ans qui s’est suicidé, après avoir été victime d’abus à l’école », raconte Yasutoshi. « J’étais surpris et je me suis demandé comment un enfant peut arriver à une telle extrémité. J’ai décidé de mener une enquête. Après six mois, j’ai eu l’opportunité de lire les carnets personnels d’enfants qui s’étaient suicidés et presque tous ont terminé leur journal de la même façon : « Maman, Papa, je suis désolé, car vous ne pouvez plus m’élever. » J’ai alors réalisé que si un adulte ou un copain avait perçu la souffrance de l’enfant, probablement que celui-ci ne se serait pas suicidé. » M. Yasutoshi a pensé à un moyen pour aider ces enfants à établir une communication avec les autres. Il a décidé d’utiliser la chose qui lui était la plus familière : le go. Yasuda Yasutoshi explique que lorsqu’une communication verbale existe, notre capacité à transmettre nos idées aux autres est limitée ; un écart peut s’établir et un manque de compréhension et de la colère peut être ressenti. « Quand tu poses une pierre dans le jeu, tu reçois la réponse de la personne devant toi. La communication entre les êtres humains est la chose la plus importante. Quand tu joues avec quelqu’un, il t’écoute, tu l’écoutes », dit Yasutoshi Quand on regarde les enfants jouer, on peut réellement voir comment « l’écoute de l’autre » est le nom du jeu. Quand un enfant pense uniquement à conquérir l’autre sans considérer les mouvements de ce dernier, il va certainement perdre. Malgré la simplicité du jeu, les joueurs déclarent qu’il a une profondeur infinie. Il semble que cette profondeur trouve son expression dans le dialogue qui se crée entre les joueurs. « Pour améliorer la communication, il faut apprendre à mieux s’exprimer, mais savoir écouter est aussi très important. Quand on écoute, on communique mieux », dit Yasuda Yasutoshi Tolérance et destruction de préjugés Le professeur Yasuda commence sa leçon avec les enfants en discutant avec eux du Japon : « Si je veux juste enseigner le jeu du go, je ne dois rien expliquer, je vais juste enseigner la technique. Toutefois, c’est peut être la première fois que les enfants rencontrent quelqu’un qui vient du Japon. C’est important qu’ils comprennent la manière de penser des Japonais et leur sensibilité. » Ainsi, l’un des buts de l’enseignement du go est d’accepter l’autre et de casser les stéréotypes. Yasuda Yasutoshi enseigne non seulement dans les écoles mais aussi dans les maisons de retraite, les hôpitaux psychiatriques, les instituts d’handicapés, etc. De même, il organise des rencontres entre des personnes âgées et des enfants. « Il est important de comprendre que les gens sont différents de nous. Comme le visage, la pensée est aussi différente. Il est important de rencontrer l’autre. Pour éliminer les préjugés, il n’y a pas d’autres moyens ; le go est une opportunité pour créer cette communication directe, la rencontre. » Le gain dans la perte Les enfants n’aiment pas trop perdre et ce n’est pas toujours facile pour eux de le prendre à la légère. À la fin de la séance de go, le Sensai déclare les gagnants, et ce ne sont pas ceux qui ont le plus gagné mais ceux qui ont joué le plus. « La vie ne se passe pas toujours comme on le désire », dit Yasutoshi, « Personne n’aime perdre, mais c’est très important de savoir accepter de perdre. Après avoir perdu un certain nombre de fois, le visage d’un enfant commence à changer. Il ne le prend pas mal comme au début et, même s’il perd, il est content de jouer. » Ces dernières années, Yasuda Yasutoshi consacre son temps à promouvoir les relations de paix et d’amitié dans le monde entier à l’aide du jeu de go. En France, il existe une fédération de go très active, des compétitions et des rencontres de go ont lieu. Pour en savoir davantage : ffg.jeudego.org www.nominingue.com 1-866-910-1551 Uri Globus 3768235 Art de vivre Uri Globus, Yasuda Yasutoshi et le professeur Feuerstein, le fameux inventeur de la « méthode Feuerstein » qui aide à l’apprentissage. Conte Ne pas rechercher la vanité ni s’y complaire Radio Son de l’Espoir Qi Jiguang naquit lorsque son père, Qi Jingtong était âgé de 56 ans, un âge déjà bien avancé. Jiguang était le seul fils dans la famille et le père portait une affection particulière à l’enfant. Il enseigna personnellement à Qi Jiguang la lecture et la pratique des arts martiaux. Cependant, il se montrait très strict sur tout ce qui concernait le caractère moral et la conduite de Qi Jiguang. Un jour, alors que Qi Jiguang avait 13 ans, il portait une paire de chaussures de soie confectionnées à la main. Il en était très fier et allait et venait dans la cour. Son père le vit. Il l’appela dans la salle de lecture et le gronda avec colère : « Ayant de bonnes et belles chaussures, tu te mettras naturellement à rêver d’avoir de beaux vêtements. Quand tu auras de beaux vêtements, tu te mettras naturellement à rêver de manger de la bonne nourriture. Si à un si jeune âge, tu as développé la mentalité de jouir de la bonne nourriture et des beaux vêtements, ton avidité deviendra insatiable dans le futur. Lorsque tu grandiras, tu rechercheras les mets délicieux et les beaux vêtements. Si tu deviens un officier militaire, tu t’approprieras les salaires de tes soldats. Si tu continues ainsi, il te sera impossible de réussir dans les entreprises de tes aînés. » Qi Jingtong savait que les chaussures de soie étaient un cadeau du grand-père maternel de Qi Jiguang. Cependant, il lui ordonna : « Enlève les chaussures ! » Il les déchira instantanément en morceaux afin que Jiguang ne développe pas la mauvaise habitude de se complaire dans le luxe. Une fois, la famille Qi devait rénover une douzaine de leurs chambres qui tombaient en décrépitude. Qi Jingtong embaucha plusieurs artisans pour faire le travail. Parce que la famille avait besoin d’un endroit présentable pour recevoir les fonctionnaires de la cour royale, il demanda aux artisans : « Pouvez-vous installer quatre portes sculptées de motifs floraux dans le hall principal ? » Qi Jiguang assista à l’installation. Les artisans considéraient la famille Qi comme d’une grande noblesse et pensaient que cela semblerait trop simple de n’avoir 5 Uri Globus que quatre portes sculptées. Ils s’adressèrent à Qi Jiguang en privé : « Tes aînés sont des généraux. Pour une famille aussi noble et prospère, toutes les portes dans toute la maison devraient être sculptées et ornées de motifs floraux, ce qui au total ferait douze belles portes. Seul un tel décor conviendrait au statut social de votre famille. » Qi Jiguang pensa que leur suggestion était raisonnable et en parla à son père. Qi Jingtong le gronda sérieusement : « Tes idées sont ostentatoires et extravagantes ! » Il mit en garde Qi Jiguang : « Si tu recherches et te complais dans la vanité, tu ne seras pas capable d’accomplir de grandes choses en grandissant. » Qi Jiguang accepta la critique de son père et dit aux artisans : « Vous ne devez installer que quatre portes sculptées. » Qi Jingtong enseigna aussi à Qi Jiguang : « Le but de l’étude des arts libéraux et la pratique des arts martiaux ne visent pas la recherche du renom, de l’accomplissement ou de la richesse personnelle, mais plutôt le bien de la nation, de la société et du peuple. Par conséquent, nous devons prêter attention au caractère moral de « loyauté, en respectant les parents, droiture et intégrité » pour nous élever nous-mêmes. » Avec cet enseignement, la discipline et la conduite exemplaire de son père, Qi Jiguang ne cherchait pas l’extravagance et se contentait d’une nourriture modérée. Il était diligent et sérieux dans ses études et la pratique des arts martiaux. Par la suite, il devint un général fameux ainsi qu’un remarquable stratège de la dynastie Ming, et combattit contre l’invasion de minorités. C’est ce qui lui valut de voir son nom figurer dans l’histoire chinoise. Il avait appris que la vantardise, la complaisance, l’attachement à sa propre apparence, l’acquisition de richesses, les accomplissements et les statuts – ces attachements visent à rechercher la flatterie et les louanges d’autrui, et toutes sont des manifestations de la vanité. La racine de la vanité est l’attachement à son propre ego. Cela ruinera certainement une noble aspiration, et cette personne sera condamnée à échouer dans les entreprises majeures.



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