Époque Times Montréal n°300 15 mars 2011
Époque Times Montréal n°300 15 mars 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°300 de 15 mars 2011

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : La Grande Époque Inc.

  • Format : (320 x 540) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 6,3 Mo

  • Dans ce numéro : Séoul peut-elle agiter efficacement carotte et bâton devant Pyongyang ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Voyage La Hollande, printemps de l’Europe Christiane Goor Pourquoi ne pas s’offrir une échappée de quelques jours en Hollande ? Avec le printemps la fête a déjà commencé là-bas. Dès le mois de mars, le Westland se couvre de fleurs. L’air est un bouquet et chacun succombe à la poésie des paysages hollandais sillonnés de canaux et de moulins, de pâturages et de champs de tulipes. Cent millions de fleurs Sur le bord de la route, des étals proposent des brassées de fleurs multicolores. Sur plus de 3000 hectares, de La Haye à Haarlem, des langues de terre se parent de jaune ou de vermillon. Le polder découpé par l’échiquier des étroits canaux est un tapis bigarré : nappes jaune or, rouge feu, blanc de neige et, parfois, sur un fil d’eau invisible, glisse une barque. Il est vrai que, sablonneuse et légère, la limoneuse terre des polders se prête à merveille à la culture des oignons à fleurs. On y mûrit et on y sélectionne les bulbes destinés à l’exportation : jacinthes et narcisses, crocus et jonquilles, et bien sûr les tulipes. Il est d’ailleurs interdit de cueillir et de vendre une seule des fleurs qui croissent sur le sol du Westland. Avant même d’avoir épanoui toute leur beauté, la plupart d’entre elles sont sacrifiées, décapitées afin de ne pas épuiser les oignons. Fin août ceux-ci sont déterrés, séchés et ensachés avant d’être expédiés dans le monde entier. Les fleurs coupées vendues le long des routes viennent d’autres contrées ou tout simplement d’Aalsmeer, le marché aux fleurs le plus important au monde. L’apothéose de la visite, c’est évidemment Keukenhof, le plus célèbre parc floral du pays. À peine le portail franchi, le parfum devient enivrant. Quelques pas suffisent pour embrasser du regard un panorama multicolore, unique parce qu’éphémère. En face, à gauche, à droite, le spectacle est grandiose. Les allées dessinent des perspectives matérialisées par des alignements d’arbres plus que centenaires et, surtout, par des parterres couverts de fleurs. Ce domaine de 32 hectares déroule chaque année pendant huit semaines un tapis de millions de fleurs. Six millions de bulbes dessinent une mer chatoyante sous l’ombrage d’arbres centenaires qui rappellent qu’autrefois se dressait ici le château de Teilingen. La légende raconte qu’on y cueillait des herbes pour les cuisines du château et c’est ainsi que le site porte le nom de « cour des cuisines », Keukenhof. Le parc actuel a été imaginé au XIX e siècle. Jets d’eau, bassins et canaux campent le décor de ce spectacle coloré. En bordure de pièces d’eau appréciées par les cygnes et les canards ou au sommet de petites buttes, la vision des fleurs ne lasse pas, d’autant que le cadre naturel évolue sans cesse au fil de la promenade. Les arbres le plus souvent majestueux modifient ainsi les perspectives et créent des ambiances diversifiées. La tulipe, originaire du Caucase C’est la tulipe qui règne en maître depuis son introduction en 1593 au pied des moulins à vent. Cette fleur déclinée en une multitude de tons n’est en effet pas originaire des Pays- Bas. Elle provient d’une région montagneuse du Caucase qui faisait alors partie de l’Empire ottoman. Cultivée déjà en l’an 1000, la tulipe n’est donc arrivée en Europe qu’à la fin du XVI e siècle où elle valait un prix d’or. Aujourd’hui encore, la tulipe est une des richesses et des fiertés de la Hollande. Elle fait partie des clichés, à l’instar des sabots ou du fromage. Les bataves sont devenus les plus grands producteurs de fleurs à bulbes avec 20 000 hectares de champs. Les tulipes, mais aussi les lys, les glaïeuls, les narcisses ou encore les jacinthes, colorent certaines campagnes. Keukenhof, c’est en quelque sorte la vitrine de ce savoir-faire. Une centaine d’entreprises auréolées de l’appellation enviée « Fournisseurs de la Cour » livrent leurs bulbes qui sont plantés par millions entre la fin septembre et les premières gelées, de manière à offrir un spectacle haut en couleur de mars à mai. Pour rendre encore plus féérique ce magnifique parc arboré, les dizaines de jardiniers recourent à la technique de plantation en étages. En pratique, les bulbes sont plantés les uns au-dessus des autres. Les tulipes tardives sont placées le plus en profondeur, sous les tulipes précoces et les crocus. De quoi renouveler les parterres qui jalonnent la promenade dans ce site historique. C’est au maire de Lisse, la bourgade toute proche qu’est revenue l’initiative de lancer ce jardin d’agrément en 1949 avec la collaboration de professionnels de l’horticulture. Depuis lors, le succès ne se dément pas. Keukenhof accueille bon an mal an 800 000 à 900 000 visiteurs du monde entier et plus de 18 sortes d’oiseaux migrateurs… La capitale du fromage Chaque vendredi matin, d’avril à septembre, un pittoresque marché au fromage se tient à Alkmaar, sur la place du Poids Public. Le matin, dès 7h, des centaines de boules de fromage de Gouda et d’Edam s’empilent en longues rangées étalées sur la place, à même le sol. À 10h, apparaissent les commerçants et les acheteurs qui évaluent d’abord la qualité du fromage. Sous le regard des nombreux badauds, ils circulent entre les rangées, enfonçant parfois une sonde dans une boule pour mieux goûter la pâte. Ils l’émiettent entre leurs doigts, en apprécient la fermeté, le moelleux et l’odeur. L’affaire conclue, les porteurs s’animent. Vêtus de toile blanche et coiffés de canotiers de paille verte, rouge, bleue ou jaune selon la compagnie qu’ils représentent, ils entassent en pyramide plusieurs boules de fromage sur des traîneaux en bois suspendus à leurs épaules par des lanières de cuir. La cargaison est pesée au poids public et marquée d’un cachet avant de repartir vers les carrioles. À midi, le marché se termine et, pour une semaine, la petite ville retrouve son charme provincial et discret. Alkmaar affiche tous les signes d’une cité typiquement hollandaise. Un canal circulaire, jadis fortifié, enserre le centreville quadrillé de chenaux ombragés de tilleuls et enjambés de multiples ponts. Les venelles résonnent du tintement des sonnettes de vélos et débouchent sur de petites places envahies par des terrasses. Les façades en brique s’ouvrent sur de larges baies où les plantes vertes alignées tiennent lieu de rideaux. Le soir, les lampes s’allument et dévoilent de charmantes intimités familiales qui laissent tout un chacun indifférent. Delft, au cœur d’une importante zone industrielle, à la croisée des autoroutes entre La Haye et Rotterdam, a miraculeusement préservé son cachet de ville médiévale et romantique, telle que l’a décrite le peintre Vermeer dans la plupart de ses toiles. Un royaume d’ombre et de lumière danse sur les canaux, miroirs magiques de la ville. Les riches maisons patriciennes projetées sur la surface grise de l’eau fendue par un couple de canards esquissent un tableau surréaliste. Les fenêtres à carreaux, les cours pavées, les placettes ombragées, la tour penchée de la vieille église, le flamboyant hôtel de ville, les jardins paisibles, le mausolée de marbre de Guillaume d’Orange, le père de la patrie, tout à Delft invite à la flânerie. On voudrait s’arrêter ici, pousser la porte d’une de ces maisons qui bordent les quais et se perdre parmi les livres, les tableaux et les porcelaines bleues. Un millier de moulins Au-delà de Rotterdam, la campagne s’étire et se perd à l’horizon. Les pistes cyclables courent le long de la route comme une fillette qui tient les jupes de sa mère. Les églises et les maisons sont de la même brique rouge, lisse et nette. Partout, des bordures de fleurs, des haies de buis taillées, des palissades fraîchement peintes donnent à ce pays un air ingénu et flambant neuf. Les grandes bâtisses de fermes s’ornent de volets peints, rouges et blancs. Les villages fleuris et pimpants flânent au bord des petites routes. Devant les portes, le vélo est appuyé contre le canot à rames, près d’un petit pont à bascule qui se hisse en tirant sur un anneau de fer quand passe une barque qui, de loin, semble voguer sur l’herbe des pâturages. 15 au 21 mars 2011 ÉpoqueTimes Les prés, découpés en lanières, n’ont pour seule clôture que les ruelles d’eau dissimulées derrière des rideaux de joncs ou une rangée de saules. Au printemps, les prairies verdissent et donnent une herbe succulente que paissent des troupeaux panachés de vaches noires et blanches. Un treillage serré de canaux draine constamment le sol où l’humidité ne cesse de suinter. Jadis, des chaînes de moulins à vent aspiraient l’eau des polders, la chassant de vannes en écluses jusqu’à la mer. Aujourd’hui, ce sont des pompes électriques qui assèchent le terrain. Cependant, le soleil du matin sèche encore le pays, comme une lessive étendue, en soulevant sur les prés une buée opaline qui noie les contours du paysage. Les bras en croix, immobiles, les moulins aujourd’hui inutiles ressemblent à des sentinelles statufiées au bord d’un canal. À Kinderkijk, ils sont 19 encore, alignés sur plusieurs rangs le long de canaux de drainage, silhouettes paisibles qui se découpent sur le ciel nu. À eux seuls, ils sont toute la poésie de ce pays lacustre immensément plat. Pour en savoir davantage : www.holland.com. Cette année, le parc de Keukenhof est ouvert jusqu’au 20 mai www.keukenhof.nl. Circuler en Hollande : Une règle d’or, respecter les limitations de vitesse sous peine d’une amende ! Par ailleurs, le GPS est bienvenu pour trouver son chemin en dehors des autoroutes qui sillonnent le pays. Enfin, sachez que les centres-villes sont interdits aux véhicules et il faut utiliser les stationnements de dissuasion à l’entrée des sites. Se nourrir : La Hollande n’a pas la réputation d’être une étape gastronomique. Pourtant, fiez-vous aux hôteliers, ils connaissent toujours de bonnes adresses où les asperges servies avec une sauce hollandaise sont fondantes à souhait ! Collaboration spéciale Inscrivez-vous pour recevoir Époque Times en format PDF dans votre boîte courriel. www.epoquetimes.com Rotterdam. Jadis, des chaînes de moulins à vent aspiraient l’eau des polders, la chassant de vannes en écluses jusqu’à la mer. EN FORMAT PDF Mahaux Photography



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