Epoch Times Paris n°241 1er mar 2013
Epoch Times Paris n°241 1er mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°241 de 1er mar 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (350 x 510) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 14,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'immobilier et l'urbanisme en pleine mutation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Immobilier 1 – 15 MARS 2013 L’immobilier et l’urbanisme en pleine mutation Charles Callewaert Crise économique, mur de la dette, hausse de la pression fiscale, pénurie de logements, hausse des prix, … la morosité ambiante incite plus à l’immobilisation qu’au rêve. Pourtant, de façon imperceptible, l’environnement immédiat ne cesse de se transformer, de plus en plus vite. L’immobilier, acteur privilégié par son positionnement à la croisée de l’économie, la politique, la technologie, la finance, la sociologie, l’urbanisme et l’environnement, en est un exemple édifiant. Petite Poucette bouleverse le monde de l’entreprise Une métamorphose, dont on ne distingue que les prémices, se prépare dans l’univers du bureau, avec des conséquences importantes pour le logement et l’urbanisme. Dans une étude remarquable intitulée « Bureaux 2.0 » et publiée récemment, Jones Lang LaSalle (JLL), l’un des leaders mondiaux du conseil en immobilier, en décrit les raisons et en dresse les principales tendances. Le moteur principal de cette transformation est l’accélération technologique actuelle dans le domaine de l’information, que JLL qualifie de troisième révolution après celles de l’écrit et de l’imprimerie. Les jeunes adultes actuels, ceux que le philosophe Michel Serres appelle Petite Poucette et d’autres la génération Y, nés avec Internet, échangent des SMS et dialoguent sur les réseaux sociaux. Ces nouvelles façons de collaborer avec des appareils personnels, inconnus il y a 15 ans à peine, « remettent en cause les modes de communication traditionnels » et la hiérarchie des entreprises, lesquelles sont contraintes de s’y adapter rapidement pour préserver leur performance. Par ailleurs, la numérisation croissante des documents et l’apparition du Cloud Computing entraîneront une disparition progressive du papier et du câble dans les entreprises, ainsi que le développement du travail collaboratif en ligne : selon un sondage réalisé par Ricoh, « 59% des dirigeants pensent que d’ici 2020, l’information non digitalisée aura disparu des entreprises ». Le PC, hégémonique aujourd’hui, devrait bientôt être supplanté par les tablettes et leurs applications, dont la croissance du marché est fulgurante. L’industrie connaît une évolution Le quartier La Défense similaire, en particulier avec l’introduction progressive des puces RFID, des nanotechnologies, des robots, et de la biologie. L’immobilier et l’urbanisme, parties intégrantes de cette mutation Ces innovations touchent également les immeubles tertiaires : en intégrant ces nouveaux outils, le fonctionnement technique de l’immeuble s’adapte à l’occupation réelle des locaux, ce qui réduit sa consommation énergétique et son empreinte environnementale. Mais la mutation ne s’arrête pas là. Un nombre croissant de dirigeants pensent « que le bureau individuel est devenu obsolète et qu’il n’est économiquement plus viable » : les nouveaux projets de sièges sociaux prennent déjà pour Un nombre croissant de dirigeants pensent « que le bureau individuel est devenu obsolète et qu’il n’est économiquement plus viable » hypothèse réaliste qu’une moitié de la surface utile sera consacrée à des salles de réunions et espaces collaboratifs. Le bureau tend donc à se dématérialiser lui aussi. Parallèlement, on assiste à la création « d’hôtels d’entreprises » aux abords ou dans les villes, pourvus de toutes les facilités pour accueillir des salariés d’entreprises différentes travaillant en ligne, chacun sur son réseau informatique. De sorte que l’on peut facilement imaginer, dans un futur proche, un salarié beaucoup plus mobile qu’auparavant, partageant son temps de travail entre un hôtel d’entreprise, des visites de clients, des réunions au siège, voire des occupations plus personnelles. Cette transformation radicale de l’univers de travail n’est pas sans conséquences pour la vie quotidienne des gens, dont goodluz/Fotolia.com la mobilité sera renforcée. Cette métamorphose, qui touche la société dans son ensemble, doit être prise en compte par les autorités administratives dans l’élaboration de leurs plans d’urbanisme, afin d’accompagner le mouvement. C’est en effet indispensable si l’on veut favoriser les emplois dans les grandes agglomérations, et élaborer une politique du logement en cohérence. Les transports collectifs et infrastructures de communication et d’énergie, dont la mission sera de fluidifier au maximum les échanges humains et d’information, auront un impact majeur sur le bien-être de la collectivité. De même, la question du logement et du brassage des populations, qui est au cœur des préoccupations du gouvernement, doit être pleinement intégrée à cette réflexion pour prendre en compte la proximité des transports en commun, l’accès aux zones d’emplois, aux équipements collectifs, et aux lieux de loisirs. Ainsi que l’a rappelé cette semaine Bertrand de Feydeau lors du colloque de l’ORIE (Observatoire Régional de l’Immobilier d’Entreprise), on ne peut plus s’affranchir de la question du logement dans la conception des bureaux de demain, car les deux sujets sont étroitement liés. Les coûts indirects liés à l’éloignement croissant et aux transports entre les zones de logements et de bureaux en région parisienne sont devenus extrêmement élevés. Un impératif pour la France : réduire la complexité administrative Cependant, le monde de l’immobilier a pris l’habitude de raisonner « en silos » et localement, en considérant le marché du logement indépendamment de celui du tertiaire, voire en se focalisant sur certains sous-marchés. Par ailleurs, avec le maintien de la délivrance par les mairies des permis de construire, les préoccupations urbanistiques restent centrées sur l’aménagement d’un quartier et Pixel & Création/fotolia.com peu ouvertes aux réflexions globales. La France est très fière de ses 36.700 communes, un nombre quasiment inchangé depuis la Révolution et fait unique en Europe. Or, tous les pays européens ont considérablement réduit le nombre de leurs communes à partir de 1950. L’Allemagne compte actuellement environ 12.200 communes, l’Italie 8.100 et le Royaume-Uni 440 seulement ! Cette extrême diversité, qui peut être une richesse lorsque l’on parle de tourisme, devient a contrario une entrave pour le développement économique d’une région ou d’une agglomération urbaine. En effet, l’émiettement territorial et politique qui en résulte favorise plus l’esprit de clocher et le clientélisme politique que le consensus pour le développement économique et la compétition internationale. Par ailleurs, comme le dénonce l’ex-PDG d’Unibail-Rodamco, Guillaume Poitrinal, dans son livre Plus vite ! La France malade de son temps, la France croule sous les normes : « le code de l’urbanisme comprend 3.000 pages et s’enrichit chaque année de 80 à 250 pages supplémentaires ; on compte jusqu’à 11 codes différents pouvant s’appliquer à un projet immobilier. Cette frénésie de normes finit par nuire à la qualité ». Enfin, l’empilement des autorités administratives ayant pouvoir de décision entraîne des allongements de délais trop importants : « la réalisation d’un projet immobilier en ville demande actuellement plus de dix ans », de sorte que le produit livré risque de ne plus répondre aux besoins du marché et coûte plus cher au final. La mobilité devenant une règle commune, l’immobilier dans son ensemble ne peut y échapper, logement compris. Au-delà de la question du financement de l’immobilier, qui reste cruciale, il devient urgent de réduire la complexité administrative française, tant au niveau politique que réglementaire.



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