Epoch Times Paris n°240 16 fév 2013
Epoch Times Paris n°240 16 fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°240 de 16 fév 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (350 x 510) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : des rythmes scolaires réellement adaptés ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 International 16 – 28 FÉVRIER 2013 Le journalisme d’investigation très efficace mais sous-financé Suite de la première page Drew Sullivan est un journaliste expérimenté et un spécialiste du développement des médias, ayant mis sur pied et dirigé le Center for Investigative Reporting (CIN) en Bosnie-Herzégovine, une organisation médiatique régionale indépendante. David Kaplan, un autre journaliste d’investigation expérimenté ayant également participé au forum, décrit le journalisme d’investigation comme étant « méthodique et en profondeur », utilisant normalement des « sources de première main », de la « recherche originale » et une « vérification rigoureuse des faits ». Il implique souvent la révélation de secrets et l’utilisation poussée des données. Il y a aussi une « longue tradition de se concentrer sur la justice sociale et la transparence », affirme-t-il. M. Kaplan est actuellement le directeur du Global Investigative Journalism Network (GIJN), une association de plus de 70 organisations dans 35 pays qui soutiennent le journalisme d’investigation. Les ONG augmentent leur soutien Les organisations de journalisme d’investigation à but non lucratif ont joué un rôle crucial dans le développement de ce type de journalisme partout dans le monde. En 2007, le GIJN a identifié 39 de ces organisations – des centres médiatiques, des instituts de formation, des associations professionnelles, des groupes offrant des subventions et des réseaux en ligne – dans 26 pays. En 2012, le nombre est passé à 106 dans 47 pays. Dans les années 1970, il y avait peut-être trois associations loi 1901 de ce genre. La première, le Fund for Investigative Journalism, a vu le jour en 1969. Elle finançait les journalistes locaux. Son premier bénéficiaire a été Seymour Hersh, qui a enquêté sur le massacre de My Lai au Vietnam et qui a remporté un prix Pulitzer pour son reportage. AFP PHOTO/KENZO TRIBOUILLARD Le journalisme d’investigation demande des normes très élevées en matière d’exactitude. Il ne reçoit que 2% des fonds destinés au développement des médias autour du globe. Ceux qui préfèrent le silence Selon Drew Sullivan, les associations loi 1901 qui tentent de faciliter le journalisme d’investigation au niveau local doivent faire face aux propriétaires de journaux qui ont leurs propres intérêts politiques. « Un nombre élevé de publications dans le monde ont des liens directs avec des organisations politiques ou criminelles, alors il y a peu de motivation [à aborder certains sujets]. » David Kaplan a écrit dans le rapport Empowering Independent Media que des enquêtes ont permis de découvrir que « la moitié des propriétaires de médias à Bucarest ont fait l’objet d’une enquête pour racket ou blanchiment d’argent ». Drew Sullivan lui a indiqué dans une entrevue que son centre en Bosnie avait documenté quelque chose de similaire. « Il est peu probable que de tels propriétaires soient disposés à commanditer des formations sur la manière d’enquêter sur le crime et la corruption ou de permettre à leurs rédacteurs de publier des articles percutants sur les abus de pouvoir au niveau local », écrit David Kaplan. Les journalistes d’investigation doivent également faire attention à leur sécurité et composer avec des questions légales. « Nous avons des journalistes qui ont été menacés [et suivis]. Parfois, nous avons dû faire sortir un journaliste d’un pays très rapidement », explique Drew Sullivan. Les organisations œuvrant dans le développement des médias doivent « comprendre le risque légal de publier quelque chose sur Internet et d’assumer la responsabilité légale envers 220 pays à travers le monde », mentionne M. Sullivan. Sheila Coronel, directrice du Stabile Center for Investigative Journalism à l’université Columbia, a cofondé le Philippine Center for Investigative Journalism (PCIJ) en 1989 avec quelques centaines de dollars et une machine à écrire, selon David Kaplan. Sous la direction de madame Coronel, le PCIJ est devenu « la norme à atteindre pour le journalisme d’investigation en Asie », écrit David Kaplan. Le PCIJ est surtout connu pour sa série de reportages sur la fortune cachée du président Joseph Estrada, qui a été écarté du pouvoir en raison de ses détournements de fonds. « Les instructeurs [du PCIJ] ont pratiquement, à eux seuls, formé une génération de journalistes d’investigation aux Philippines et ont diffusé leur savoir-faire à travers l’Asie », écrit David Kaplan. Madame Coronel a tenté d’expliquer, lors du forum, certaines des raisons expliquant les succès du PCIJ. « Pendant plus d’un an, nous n’avions pas de financement, mais nous avions du contenu et nous devions démontrer que ce contenu était efficace. » Elle a dit à David Kaplan que le journalisme devait atteindre des normes très élevées en matière d’exactitude. « Les articles passaient à travers plusieurs niveaux de révision. Nous avons attendu des mois juste pour obtenir l’autre version des faits, dont celle d’Estrada. » David Kaplan a cité une étude réalisée par Transparency International en 2011 pour démontrer le degré de confiance mondiale envers le journalisme d’investigation pour lutter contre la corruption. Dans 30 différents pays, 3.000 hommes d’affaires ont été sondés. Près de la moitié (49%) ont affirmé qu’il était efficace pour lutter contre la corruption dans le domaine privé. Pratiquement tous les pays ont exprimé une plus grande confiance envers le journalisme d’investigation qu’envers les lois anticorruption. Fonds de développement des médias Le journalisme d’investigation ne constitue qu’une seule forme de développement des médias. En général, le développement des médias cherche davantage à renforcer les médias dans certains pays en les aidant à devenir plus indépendants et professionnels. À l’échelle mondiale, près d’un demi-milliard de dollars (363 millions d’euros) ont été dépensés en aide internationale aux médias en 2010, dont 84% proviennent d’agences gouvernementales aux États-Unis et de l’Union européenne. Environ 9 millions d’euros, soit 2% du total, sont allés au développement du journalisme d’investigation, selon David Kaplan. Toutefois, indique Drew Sullivan, « les donateurs s’intéressent probablement plus que jamais au journalisme d’investigation. » Ils recherchent le meilleur retour sur leurs investissements et « le journalisme d’investigation est souvent le genre de journalisme qui peut générer des changements dans une culture ». Le New York Times victime de pirates informatiques chinois JACK PHILLIPS Le New York Times a révélé cette semaine que des pirates informatiques chinois avaient lancé des attaques contre ses réseaux au cours des quatre derniers mois, subtilisant les données et les mots de passe de journalistes et d'employés qui travaillent pour le quotidien. Le New York Times a indiqué qu'après avoir « traqué furtivement » les pirates pendant un certain temps, les experts en sécurité du quotidien ont établi une meilleure protection et ont finalement expulsé les pirates des réseaux. Le quotidien affirme que les comptes de ses abonnés n'ont pas été compromis, citant ses propres experts. Depuis des années, les pirates informatiques basés en Chine lancent des attaques contre des entreprises, des organisations et des agences gouvernementales. L'attaque contre le New York Times pourrait indiquer une nouvelle tendance où les pirates s'en prennent également aux médias occidentaux. Le jour suivant l'annonce du New York Times, le Wall Street Journal a annoncé être également victime de pirates chinois qui cherchent à surveiller comment le quotidien traite l’information sur la Chine. Avant de réussir à s'infiltrer dans les réseaux du New York Times, les pirates ont tenté de camoufler leurs actions en faisant passer leurs attaques par des universités américaines, selon Mandiant, une société engagée par le quotidien pour se pencher sur l'infraction. Mandiant, qui a souligné que des pirates chinois avaient utilisé cette tactique auparavant pour pénétrer dans les systèmes d'autres sociétés américaines, a indiqué que les ordinateurs des mêmes universités ont été utilisés dans le passé par l'armée chinoise pour pénétrer les réseaux de fournisseurs de l'armée américaine. Après avoir pénétré les réseaux du New York Times, les pirates ont installé des logiciels malveillants pour avoir accès à tous les ordinateurs du réseau. Ils ont ensuite volé les mots de passe corporatifs de tous les employés, puis ont utilisé cette information pour entrer dans les ordinateurs personnels de 53 employés. Les experts ont fait remarquer que ces logiciels malveillants avaient été utilisés par des pirates chinois dans le passé. Toutefois, on n'a pas encore trouvé comment les pirates informatiques ont initialement pénétré les réseaux du New York Times, affirme le quotidien. Des experts estiment qu'ils ont probablement utilisé une technique d'hameçonnage qui envoie des courriels aux employés avec des hyperliens ou des pièces jointes qui installent un outil permettant d'accéder à distance aux Le siège social du New York Times. ordinateurs. Le New York Times affirme que l'attaque a coïncidé avec la publication par le quotidien de reportages sur le patrimoine familial du Premier ministre chinois, Wen Jiabao, en octobre dernier. Toutefois, la rédactrice en chef du quotidien, Jill Abramson, a affirmé que « les experts en sécurité informatique n'ont trouvé aucune preuve que des courriels ou des fichiers sensibles reliés aux reportages sur la famille Wen n'ont été ouverts, téléchargés ou copiés ». Le quotidien a indiqué que les comptes courriel de David Barboza, le chef de bureau du New York Times à Shanghai et l'auteur des reportages sur Wen, ainsi que celui de Jim Yardley, le chef de bureau en Asie du Sud, ont été piratés. Le New York Times, qui utilise l'antivirus Symantec, affirme que le logiciel n'a trouvé qu'un cas de Timothy A. Clary/AFP/GettyImages maliciel installé par les pirates. En fait, ils ont installé plus de 45 « maliciels conçus sur mesure » dans les ordinateurs de la compagnie. Bloomberg News a également été victime d'une cyberattaque l'année dernière lorsque l'agence a publié un reportage sur la fortune accumulée par les proches de l'actuel dirigeant chinois, Xi Jinping. À l'époque, Xi attendait toujours son tour pour prendre les commandes du Parti communiste chinois. Graham Culey, qui rédige sur le blog Naked Security de la firme de sécurité Sophos, a écrit qu'il n'est pas encore clair que des agents du gouvernement chinois soient derrière les attaques, mais que c'est très probable. « Ne soyons pas trop naïfs », écrit-il. « Il est très probable que la conclusion du New York Times soit exacte et que cette attaque ait été autorisée par les autorités à de Pékin. » Quand le New York Times a publié ses reportages sur Wen Jiabao, les censeurs chinois ont bloqué le nom chinois du quotidien sur plusieurs sites de microblogs. Ils ont également censuré le site en chinois du quotidien, a rapporté le New York Times en octobre. « Ce n'est pas la fin de cette affaire », a indiqué au New York Times Richard Bejtlich, le chef de la sécurité chez Mandiant. « Lorsqu'ils prennent goût à une victime, ils ont tendance à récidiver. Ce n'est pas comme un cas de crime informatique où les intrus volent des trucs et ne reviennent plus. Cette instance nécessite un modèle de vigilance interne. » Le site Internet en chinois d'Epoch Times a également été victime de nombreuses attaques en août dernier lorsqu'il a traité en détail le scandale impliquant le responsable communiste déchu Bo Xilai.
16 – 28 FÉVRIER 2013 Europe 7 La pire situation pour les droits en Russie depuis l’ère soviétique JACK PHILLIPS La police russe arrête une manifestante le 15 décembre 2012 à Moscou. Depuis que les Russes ont manifesté dans les rues l’année dernière, en faveur de réformes politiques et contre l’homme fort Vladimir Poutine, la situation n’a fait que s’aggraver. En 2012, la Russie a connu sa pire année en matière des droits de la personne depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, selon Human Rights Watch (HRW). Durant l’année, les autorités russes ont adopté une série de mesures draconiennes, dont une qui permet au gouvernement de fermer des sites web jugés néfastes pour les enfants – mais qui, selon l’opposition, sera utilisée pour contrer ses activités sur Internet. Des mesures du genre ont contribué à restreindre les libertés dans le pays, selon HRW. Les législateurs russes ont également adopté une loi qui élargit la définition de haute trahison, pour inclure possiblement la criminalisation du travail au sein de certaines organisations internationales. « De mémoire récente, ce fut la pire année pour les droits de l’homme en Russie », affirme Hugh Williamson, directeur pour l’Europe et l’Asie centrale chez HRW. « La société civile russe reste forte, mais l’espace autour d’elle rétrécit rapidement et elle a plus que jamais besoin de soutien. » Les autorités russes ont également harcelé et intimidé les militants de l’opposition et se sont immiscées dans les affaires des organisations non gouvernementales. Une nouvelle mesure adoptée en juin dernier réduit la liberté de rassemblement et a fait augmenter le montant des amendes. Quand elle a été adoptée, il s’agissait d’un geste pour contrer les grandes manifestations anti-Poutine de l’opposition. En novembre dernier, Moscou a adopté une loi qui empêche les citoyens américains d’adopter des orphelins russes. Il s’agissait apparemment de représailles contre une loi passée au Congrès américain, le Magnitsky Act, qui inflige des sanctions aux fonctionnaires russes impliqués dans la torture ou dans des meurtres, explique HRW. « Des mesures pour intimider les détracteurs et museler la société civile russe dynamique ont atteint des niveaux sans précédent », ajoute M. Williamson. « La pression et les représailles contre les militants et les organisations non gouvernementales doivent cesser. » Durant les manifestations prodémocratie, Poutine a déclaré qu’elles étaient alimentées par les États-Unis. Simultanément, des campagnes dans les quotidiens et les chaînes officielles visaient à discréditer les militants d’opposition et les ONG. « Le Kremlin, de manière cynique, considère les appels au respect des droits de l’homme et de la primauté du droit comme une tentative de déstabiliser la souveraineté de la Russie », affirme M. Williamson, faisant référence aux déclarations de Moscou selon lesquelles les étrangers ne devraient pas s’immiscer dans les affaires internes du pays. « Mais les partenaires internationaux de la Russie ne devraient pas se faire intimider jusqu’au musellement. » Natalia Kolesnikova/Getty Images Human Rights Watch a soulevé le cas du militant russe Leonid Razvozzhayev, qui aurait été enlevé en octobre dernier par des agents de renseignements russes en Ukraine avant d’être privé de nourriture et de l’utilisation des toilettes pendant trois jours. Il s’est fait dire que sa famille serait tuée s’il ne signait pas leur déclaration. « Plutôt que d’enquêter réellement sur les violations des droits de la personne, le gouvernement gaspille son temps et son énergie à répliquer contre la société civile et la liberté d’expression », dénonce M. Williamson. « Ce dérapage de la Russie en matière des droits de la personne va complètement à l’encontre de son rôle de leader responsable dans un monde multipolaire. » Rio : tradition et haute technologie pour informer les touristes BRUNO MENEZES En vue des Jeux olympiques 2016 qu’elle accueillera, la capitale brésilienne a lancé une démarche ingénieuse pour aider les touristes à profiter au maximum de leur séjour : des codes QR en mosaïque sur les trottoirs des sites les plus connus de la ville. Le premier code QR était dévoilé sur la plage d’Arpoador au coucher du soleil le 25 janvier dernier. Le code marie tradition et technologie : traditionnellement les trottoirs de Rio sont composés de roches portugaises, et les premiers codes QR sont conçus à partir de ces mosaïques de pierre. En pointant simplement leur smartphone ou leur tablette pour lire l’image, les touristes accèdent instantanément à des informations précises sur le site, son histoire, les photos, les astuces et des événements captivants. La ville prévoit d’ici à fin 2013 d’équiper en tout 30 attractions touristiques de codes. Le projet QRIO est le fruit d’un partenariat public-privé entre le secrétariat des affaires municipales et les services publics, d’une part, et les entreprises de communications et de technologie qui sont membres du Grupo Máquina, d’autre part. Sidney Haddad, l’un des partenaires fondateurs de Zóio, une entreprise de technologie numérique, a expliqué que l’idée est venue suite à la conception de projets similaires existants à Lisbonne (Portugal) et à Barcelone (Espagne), qui ont déjà adopté le code de pierres portugaises. « Nous avons voulu créer quelque chose avec cette nature cosmopolite, mais avec de fortes racines culturelles », déclarait Haddad. « Nous cartographions la ville avec les codes QR. Ainsi, vous accédez aux informations sur l’endroit où vous êtes sans avoir besoin de panneaux ou de dépliants, mais grâce à votre appareil mobile ». Selon les données du ministère du Tourisme, environ 2 millions de touristes étrangers ont (Bruno Menezes/Epoch Times) Des codes QR en mosaïque de pierres portugaises sont installés dans les principaux centres d’attractions de Rio pour offrir aux visiteurs des informations sur les lieux. séjourné à Rio en 2012. Selon Marcus Belchior, le secrétaire des affaires municipales, ce chiffre devrait doubler cette année. Haddad est ravi de l’adoption rapide du projet. Il pense que le maire Eduardo Paes veut l’étendre à l’ensemble des 50 sites avant juillet 2014. De l’art derrière les codes Haddad reconnaît que créer le site web vers lequel les codes redirigent les visiteurs est une tâche ardue, car il faut « un contenu intéressant, rapide à charger et succinct ». Il a jeté son dévolu sur celui qui avait créé le code QR dans la pierre – un travail de grande précision également. Les codes QR représentent un défi plus grand que son autre projet, qui nécessitait de paver un trottoir dans le quartier de Vila Isabel avec des notes d’une chanson composée par Noel Rosa, le célèbre musicien brésilien. « C’était très laborieux, un vrai défi », admet Azevedo. « Chaque code QR a demandé sept jours de travail pour être achevé. Les pierres doivent mesurer 5.08 cm de côté, ni plus, ni moins. Sinon, le périphérique ne peut pas le lire », confie-t-il. « Le carioca [citoyen de Rio] est toujours pressé. Il cherche toujours les informations concernant les adresses ou les numéros sur les bâtiments, mais jamais au sol », déclare Azevedo. « Si vous commencez à regarder au sol, vous verrez que vous marchez sur les détails de ces belles mosaïques. C’est une superbe idée ». Norvège : des revenus minimum exigés pour se marier avec un étranger SUSANNE WILLGREN Une loi sur le revenu serait en train de séparer des familles en Europe du Nord. Des milliers de Norvégiens mariés à des étrangers ne sont pas autorisés à vivre avec leur conjoint en Norvège. Un Norvégien se mariant avec une personne d’un autre pays doit gagner au moins 242.440 couronnes norvégiennes par an (soit 33.000 euros) pour obtenir la résidence permanente de son conjoint en Norvège. Frid Alstad Gaare, présidente de l’ONG norvégienne Grenselos Kjærlighet (Amour sans frontières), dit que cette politique va à l’encontre de la convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et la convention européenne des droits de l’homme concernant le regroupement familial et l’expulsion. Cette année, le jour de la Saint-Valentin, Grenselos Kjærlighet tiendra à nouveau une manifestation à Oslo pour attirer l’attention sur cette question. « Nous pensons que c’est un problème que peu de personnes connaissent », explique Mme Alstad Gaare. « La plupart des gens en Norvège pensent que la réunification des familles est une chose élémentaire, et que c’est un droit accessible à tous. » Isaac Ashley Prenevost et Mathilde Hallingstad Prenevost ont été séparés par cette politique. Isaac, un Américain, a été contraint de retourner aux États-Unis début 2013 parce que les revenus de son épouse étaient insuffisants. Le couple s’était rencontré alors qu’ils faisaient tous deux leurs études en Chine. Isaac Prenevost a déclaré à la télévision d’État norvégienne (NRK) avoir été choqué par la décision, car d’une part, sa femme et sa fille vivent en Norvège, et d’autre part, ils sont, l’un et l’autre, prêts à travailler. Selon Mme Alstad Gaare, des milliers de familles en Norvège se voient refuser le droit de vivre ensemble. « Il est important d’examiner les conséquences que ces familles endurent quand les époux sont privées du droit de vivre ensemble en Norvège », a-t-elle dit. « Pour beaucoup d’entre eux, il n’est pas possible de vivre dans le pays du conjoint étranger, et leur seule alternative est donc de déménager en Suède ou dans d’autres pays de l’espace économique européen. » Epoch Times a demandé à Birgitte Magnus Weyde du ministère norvégien de la Justice et de la Sécurité publique d’expliquer le raisonnement motivant cette loi. Elle a cité une proposition du gouvernement de 2007, qui stipule que l’exigence de revenus encouragera les jeunes gens à assumer la responsabilité de leur situation financière et garantira que le conjoint étranger y contribue. Microsoft appelé à clarifier la confidentialité de son service Skype ALEX JOHNSTON Des organisations de défense des libertés civiles et de la vie privée ont adressé une lettre ouverte à Microsoft, propriétaire de Skype, pour lui demander de révéler quelle quantité d’informations son logiciel de communications transmet à des tierces parties, notamment aux différents gouvernements et au fournisseur chinois TOM Online. « Plusieurs utilisateurs de Skype lui font confiance pour communiquer de manière sécuritaire – qu’il s’agisse de militants dans des pays autoritaires, de journalistes qui communiquent avec des sources sensibles ou d’utilisateurs qui veulent échanger en confidence avec des partenaires d’affaires, la famille ou les amis », mentionne la lettre. Cette dernière a été signée par des dizaines d’organisations et d’individus, dont Reporters sans frontières, Electronic Frontier Foundation, Global Voices Advocacy et GreatFire.org. Les signataires demandent à Microsoft de révéler si des tierces parties peuvent intercepter les conversations sur Skype et ils veulent obtenir des précisions sur la manière dont le logiciel est affecté par les lois américaines sur l’écoute téléphonique. La lettre souligne que Skype, qui a été acquis par Microsoft en 2011, est utilisé par 600 millions de personnes, ce qui en fait l’une des plus importantes entreprises de télécommunications de la planète. « Il est dommage que ces utilisateurs, ainsi que ceux qui les conseillent sur les meilleures pratiques en matière de sécurité, se butent à des déclarations constamment obscures et déroutantes au sujet de la confidentialité des conversations sur Skype, en particulier à l’accès des gouvernements et autres tierces parties aux données sur des utilisateurs et leurs communications », indique la lettre. Les organisations demandent à Microsoft de publier régulièrement un rapport de transparence, dans la veine de ce que Google et Twitter ont fait ces dernières années. Le rapport devrait inclure « les données concernant la divulgation des informations sur les utilisateurs de Skype à des tierces parties en les divisant par les pays d’origine de la requête, y compris le nombre de requêtes effectuées par les gouvernements, le type de données demandées, la proportion de requêtes auxquelles on a répondu et la raison du rejet des requêtes auxquelles on n’a pas répondu ». Les auteurs souhaitent également connaître les détails de la relation entre Skype et TOM Online, une société chinoise qui offre la version de Skype autorisée par Pékin, craignant probablement que la société passe les données sur les utilisateurs aux autorités afin qu’elles puissent intercepter les communications. « TOM, comme tout autre fournisseur de services implanté en Chine, doit se plier aux lois locales afin de pouvoir faire des affaires en Chine », indique Skype sur son blog.



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