Epoch Times Paris n°240 16 fév 2013
Epoch Times Paris n°240 16 fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°240 de 16 fév 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (350 x 510) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : des rythmes scolaires réellement adaptés ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Art de vivre 16 – 28 FÉVRIER 2013 La concentration dans l’ère du numérique NATHAN HOLLIER PHILIPPE HUGUEN/AFP Un élève de CE1 écrit un message sur un téléphone portable lors d’une leçon sur le fonctionnement de Twitter, le 5 décembre 2011 dans une école privée de Seclin. Il y a un vieux dicton qui dit que l’anxiété est l’ennemi de la concentration. Un des meilleurs articles d’un journal sportif que j’ai lu a été écrit par Gene Tunney, champion du monde de boxe poids-lourds en 1926. Il explique la façon dont la lecture l’a aidé à rester calme et concentré pendant la préparation de son combat le plus célèbre contre l’ancien champion Jack Dempsey. Bien que les membres du camp Dempsey aient ridiculisé Tunney pour ses lectures, Tunney a gardé son calme et a gagné. Même si nous étions tous entraînés à pratiquer la boxe, la plupart d’entre nous se sentiraient stressés à l’idée de monter sur le ring. Les maladies liées au stress, en particulier la dépression, l’anxiété et les troubles de l’attention, sont de plus en plus répandues surtout dans les sociétés prospères. Selon la prévision de 2006 concernant la mortalité mondiale par Mathers and Loncar, d’ici à 2030, la dépression provoquera près de 40% de plus de cas de décès ou handicaps que les maladies cardiaques dans nos sociétés. Le stress peut bien sûr avoir de nombreuses causes, mais de manière générale, il appraraît en fonction de facteurs qui ont un impact négatif sur la concentration. Lorsque nous craignons une interruption ou un surplus de tâches, des responsabilités ou un choix à effectuer, cela accroît le niveau de stress. L’ère du numérique est propice aux distractions. La distraction est source de stress lorsqu’elle affaiblit la concentration. Comme le philosophe William James l’a expliqué en 1890 dans son œuvre Principes de psychologie, la concentration est l’élément le plus fondamental du développement intellectuel. Il a écrit : « La faculté de ramener volontairement une attention errante, encore et encore, est la racine même du jugement, le caractère, et la volonté... Une éducation qui tendrait à améliorer cette faculté serait l’éducation par excellence. » La concentration est également importante au niveau émotionnel. Ce fait est de plus en plus souligné par de nouvelles recherches sur l’attention et la méditation. L’incapacité à se concentrer est associée à la dépression et à l’anxiété et entre autres choses, à une sociabilité sous-développée. Des tests ont révélé que les gens ressentent un plus grand bonheur en étant plus attentifs à ce qu’ils font qu’en rêvassant, même sur des sujets agréables. En ce qui concerne la lecture, combien d’autobiographies contiennent les histoires d’un auteur lisant des livres en cachette à la lampe sous les couvertures ? Comme James Carroll l’a soutenu, la lecture est « l’occasion de la rencontre avec soi-même ». En d’autres termes, le but ultime de la lecture n’est pas de prendre des informations, mais de les absorber, y réfléchir et, dans le processus, nous l’espérons, constituer une version plus développée de sa propre identité ou de son être. Il semble probable que la concentration procurée par les livres soit extrêmement précieuse. Lire est bénéfique. Cela semble particulièrement vrai dans le cas des livres imprimés, où le lecteur est complètement libre de toute distraction. Les eBooks (livres électroniques), et les systèmes de lecture numérique, sont incontestablement une transformation dans les opportunités et les expériences qu’ils offrent aux lecteurs. De grands océans de connaissances, qu’on pouvait obtenir seulement par la traque des livres imprimés ou des archives physiques et des registres sont devenus disponibles et plus faciles à consulter. Les hyperliens signifient que les lecteurs n’ont plus à lire en ligne droite, pour ainsi dire, mais peuvent suivre d’innombrables chemins. Le Web 2.0 permet de répondre aux éditeurs et aux médias, de former des groupes de lecture ayant des intérêts communs, de partager facilement des fichiers et d’autres informations. Les histoires peuvent être enrichies par des graphiques animés et par des contenus interactifs, et ainsi de suite. Personne n’imagine que l’environnement de l’e-lecture peut ou devrait en quelque sorte faire machine arrière. Néanmoins, de par leur nature, les livres électroniques facilitent et encouragent inévitablement une constante distraction par l’examen d’autres options de lecture, plus ou moins instantanément accessibles. C’est probablement leur principal argument de vente. Maryanne Wolf, directrice du centre de lecture et recherche sur le langage à l’université Tufts, aux États-Unis, a même demandé : « Si l’hypothèse selon laquelle ‘plus’et ‘plus rapidement’ne sont pas nécessairement mieux, pourrait-il y avoir des conséquences radicales pouvant affecter la qualité de l’attention transformant un mot en une pensée et une pensée en un monde de possibilités insoupçonnées ? » Il est intéressant de considérer, à la lumière de cette possibilité, que le plus grand bénéfice de la lecture serait de contribuer au développement de l’attention et de la concentration. Le livre imprimé peut-il ou non être remplacé ? C’est, je crois, ce que le romancier, critique, linguiste, philosophe et historien, Umberto Eco explique quand il affirme : « Le livre est comme la cuillère, les ciseaux, le marteau, la roue. Une fois inventé, il ne peut pas être amélioré ».



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