Epoch Times Paris n°237 1er jan 2013
Epoch Times Paris n°237 1er jan 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°237 de 1er jan 2013

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (350 x 510) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : nouvelles génération Y, d'autres attentes, d'autres défis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 Voyage 1– 15 JANVIER 2013 Chaque chambre d’écluse nécessite 101.000 m 3 d’eau et il faut à peine 8 minutes pour la remplir. Panama City, le rêve américain. Connue dans le monde entier pour son canal, la capitale du Panama l’est beaucoup moins pour son patrimoine touristique et encore moins pour le cocktail urbain étonnant qu’elle propose dans un labyrinthe de quartiers métissés où fleurissent des gratte-ciel rutilants érigés le long d’avenues larges comme des autoroutes. Panama City, le rêve américain Mahaux Photography CHRISTIANE GOOR CHARLES MAHAUX Celui qui découvre pour la première fois la capitale du Panama reste bouche bée face à la densité des gratte-ciels scintillants qui barrent l’horizon. Tous les clichés imprimés dans notre subconscient sur les mégapoles latines explosent. Avec ses tours vertigineuses qui se serrent les unes contre les autres comme pour mieux se mirer dans les eaux bleues de la baie, Panama City se donne des airs de grande dame américaine. C’est que la métropole affiche fièrement son excellente santé économique, alimentée par la gigantesque manne de revenus que procure le canal depuis que celui-ci a été rétrocédé aux Panaméens fin 1999. Les investisseurs ne s’y trompent pas, ils affluent dans les multiples banques qui ont ici pignon sur rue. Même les riches retraités s’y expatrient, séduits par la sécurité géologique et climatique de l’isthme. En effet, le Panama semble échapper aux secousses sismiques comme aux terribles ouragans qui sévissent régulièrement dans cette partie du monde. Ville de contrastes Surnommée la Manhattan du Pacifique ou la Hong Kong des Caraïbes, la capitale panaméenne n’a pas son équivalent en Amérique Centrale. Ce qui ne l’empêche pas d’être une ville riche en histoire. Le site archéologique de Panama Viejo permet de fouler le sol de ce que fut le premier centre européen sur la côte pacifique du Nouveau Monde. Pillée et incendiée en 1671 par le célèbre flibustier Henry Morgan, la cité n’a laissé à l’histoire que quelques ruines, vestiges émouvants d’une époque révolue. L’héritage colonial de la capitale réside essentiellement dans le Casco Viejo, installé sur une presqu’île. Les bâtisses colorées de style baroque et néoclassique s’étirent le long de Mahaux Photography Charme du centre historique de Panama : pas étonnant que le Casco Antiguo soit inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. venelles pavées pittoresques ou encadrent de jolies places animées. Sur l’élégante Plaza de Francia se dresse un obélisque surmonté d’un fier coq gaulois élevé à la mémoire des 22.000 ouvriers français morts lors de la construction du canal. À deux pas, s’ouvre un charmant chemin de ronde surplombant les anciennes murailles. Rendezvous incontournable des amoureux, cette promenade offre de superbes perspectives sur le Casco Antiguo avec, en arrièreplan, les gratte-ciels de la ville moderne. Un autre point de vue exceptionnel sur la ligne d’horizon hérissée de tours d’acier et de verre est à saisir sur la Calzada Amador, une longue langue de terre arborée qui relie aujourd’hui le continent à trois îles jadis inhabitées. Cette jetée de 2 kilomètres a été créée en utilisant les terres extraites de l’isthme lors de la construction du canal. C’est ici aussi, face au ballet incessant des gigantesques paquebots qui s’apprêtent à emprunter le canal que Frank Gehry, le fameux architecte des Guggenheim, termine la construction d’un musée dédié à la biodiversité du pays, musée qui devrait être inauguré en 2013. Avec son design tourmenté, le bâtiment semble évoquer les forces telluriques qui firent jaillir des océans cette terre qui forme un pont naturel entre les deux continents américains. Ville cosmopolite Avec sa pépinière de banques internationales, une zone de commerce hors taxe, la seconde du monde en chiffres d’affaires après la zone franche de Hong Kong, un transit permanent de paquebots via son canal qui charrie des flots de dollars, la monnaie de référence du pays, Panama City est devenue le rendez-vous incontournable pour les armateurs, les congressistes, les banquiers et les hommes d’affaires de tout poil. Par ailleurs, grâce à sa situation géographique privilégiée, la ville accueille depuis des années des étrangers venus de partout dans le monde à la recherche d’un eldorado né des opportunités de travail et de la qualité de vie proposée. Il faut savoir que le Panama offre à tout étranger qui pénètre dans le pays via son aéroport international un service d’assurance gratuit pendant le premier mois du séjour pour tout problème de santé ou éventuel accident survenus dans le pays. Aujourd’hui, sous le soleil des tropiques, les rues et les habitants de la métropole exhibent un contraste unique : des descendants des Espagnols, des métis et des indigènes sont absorbés dans une population bigarrée composée de natifs nord et sudaméricains, européens, indiens, chinois et arabes. Cette diversité ethnique qui surprend même les Panaméens de souche a favorisé un grand brassage culturel avec Contraste saisissant entre les deux visages de Panama City. l’implantation de bars et de restaurants aux saveurs plurielles. Le touriste qui se contente d’un city-trip de quelques jours sera bien en peine de raconter la cuisine panaméenne tant l’offre gastronomique est variée. Tout au plus appréciera-t-il la fraîcheur incontestable des produits de la mer et des fruits tropicaux. Le plus beau raccourci du monde En 1881, sous l’impulsion de Ferdinand de Lesseps, promoteur du canal de Suez, débutent les travaux du creusement d’un canal coupant le Panama en deux pour relier l’océan Atlantique au Pacifique. Une entreprise monumentale à l’époque qui, avant de faire gagner des milliers de miles aux paquebots internationaux, a coûté des milliers de vies aux ouvriers décimés par le paludisme actif dans cette zone inondée. Lourd tribut payé à la nature avant qu’elle n’accepte de s’ouvrir entre les deux mers. Au terme de multiples péripéties, l’inauguration du canal eut lieu en août 1914 et il fallut attendre l’aube du second millénaire pour que l’administration totale du canal fût transférée à la République du Panama. Cet ouvrage longtemps considéré comme une des huitièmes merveilles du monde tant l’entreprise paraissait démesurée pour l’époque est un petit bijou d’ingénierie. Au-delà du percement d’une tranchée colossale de 80 kilomètres de long, il fallut aussi élaborer trois doubles écluses pour compenser les différences de niveaux, élever des barrages pour les alimenter, lancer une ligne de chemin de fer le long du tracé et éliminer des milliers de tonnes de terre extraites. Aujourd’hui le canal arrive à saturation bien qu’il soit actif 24h/24 et des travaux titanesques ont été entrepris dès 2007 pour construire une troisième voie d’eau, plus importante encore, qui devrait être opérationnelle à l’occasion du centenaire du canal, en 2014. La visite du site est incontournable et idéale au départ de l’écluse de Miraflores où un balcon d’observation aménagé à quelques mètres à peine du canal permet d’admirer le passage des paquebots et autres goélettes. Des locomotives électriques, qui semblent bien dérisoires à côté des énormes bateaux, se mettent en mouvement pour haler et stabiliser les navires à l’intérieur du sas. Lors de chaque passage, les écluses se remplissent et se vident en évacuant des milliers de litres d’eau douce provenant d’un lac artificiel créé à cette intention pour éviter l’eau de mer dont le sel pourrait corroder les mécanismes des écluses. Le ballet incessant des navires donne le vertige, davantage encore quand on sait que le montant de la taxe payée pour le passage est lié au poids et à la taille des vaisseaux, soit une manne considérable… Pour les inconditionnels du programme sea, sun, sand Au Panama, on n’est jamais loin de la mer. C’est même un des rares pays où on peut se prélasser au soleil sur une plage blonde du Pacifique et, quelques heures plus tard, vivre un coucher de soleil romantique en se laissant porter par les rythmes nonchalants d’une musique afro-caribéenne. 2.500 kilomètres de côtes baignées par des mers chaudes et une température tropicale tout aussi chaude durant toute l’année. Proches de la capitale, les plages de la baie de Panama s’étirent sur le littoral pacifique. Refuge des citadins durant le week-end, la côte offre d’immenses plages sauvages qui s’allongent en pente douce vers la mer. Certaines, bordées de luxueux complexes hôteliers ou de jolies villas cernées de jardins fleuris, sont d’accès plus difficile ; d’autres, comme la playa Santa Clara ou la playa Blanca, déploient une langue de sable nacré sur plusieurs kilomètres. Site idéal pour y lézarder, le regard ébloui par l’infini de l’horizon et les pieds caressés par les vagues qui mouillent le sable. Mahaux Photography Infos pratiques Il n’y a pas d’office de tourisme du Panama toutefois le site http://ambafrance-pa. org/de l’ambassade de France au Panama offre des infos précieuses. Un site touristique incontournable : www.visitpanama.com Argent : L’unité monétaire est le dollar américain, du moins pour les billets, car on peut vous remettre également des balboas qui ont le même cours que le dollar. Les cartes de crédit sont acceptées partout mais les achats auprès des communautés indigènes se paient en argent liquide. Se loger : Le Panama propose de tout en terme de logement et à tous les prix. A Panama City, n’hésitez pas à vous offrir l’hôtel boutique Deville Hotel www.devillehotel.com.pa, un havre de paix et de confort dans le quartier des banques, à deux pas de la Cinta Costera. Une manière de replonger dans l’histoire du canal à l’époque de sa construction sous la houlette de Ferdinand de Lesseps. Chaque suite est décorée avec des meubles importés des colonies françaises. Sur la côte Pacifique, l’hôtel Bristol Buenaventura qui fait partie de la chaîne des Plus Beaux hôtels du Monde (Leading Hotels of the World) offre un confort exceptionnel dans un décor de rêve qui rime avec élégance, luxe et raffinement. www.thebristol.com/buenaventura. Moins spectaculaire mais également confortable l’hôtel de Royalton à Playa Blanca www.royaltonresorts.com. Se restaurer : Panama City est une ville tellement cosmopolite que le touriste qui se contente d’un city-trip de quelques jours sera bien en peine de raconter la cuisine panaméenne tant l’offre gastronomique est variée. Tout au plus appréciera-t-il la fraîcheur incontestable des produits de la mer et des fruits tropicaux. Si vous aimez la viande, laissezvous tenter par Os Segredos da Carne www.ossegredosdacarne.com, et si vous préférez le poisson, vous apprécierez le 7 Mares.
Cinéma 1– 15 JANVIER 2013 13 Renoir ou la transmission de l’amour MICHAL BLEIBTREU NEEMAN Encore un bout de chemin. Accompagnés d’une jeune fille à la chevelure rousse, nous nous approchons d’un grand portail grillagé. Et voilà que les battants s’ouvrent sur un jardin boisé. Elle y est, elle franchit le seuil et pénètre dans ce nouveau domaine qui va changer sa vie. La voilà dans le monde de Renoir. Elle s’appelle Andrée. Andrée Heuschling a été le dernier modèle de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). Elle apparaît dans sa vie en 1915. Après la mort de sa femme, l’absence de ses deux fils blessés à la guerre et la maladie qui envahit son corps et le paralyse. C’est elle qui redonnera au vieux peintre l’envie de peindre, donc de vivre. C’est à cette période que le film Renoir nous conduit, à la découverte du peintre et de sa palette vivante : sa famille, ses trois enfants, Pierre l’acteur, Jean le cinéaste et Claude, Coco comme tout le monde le nomme, qui deviendra comme son père au début de sa carrière céramiste (avec un jeu remarquable du jeune Thomas Doret). La palette comprend aussi ce monde de femmes qui l’entourent et le soignent avec un amour maternel, ses « domestiquesmodèles » et comme dira l’une d’elles à son dernier modèle : « Ici, tous les modèles finissent par être domestiques et les domestiques, modèles ». À la rencontre d’un monde de couleurs Le spectateur entre dans ce film, réalisé d’après le roman de Jacques Renoir, l’arrière-petit-fils du peintre, Les tableaux amoureux – comme dans un conte de fées, un tableau magique. À partir de là, il rencontrera un monde de couleurs, de lumière et de chair. Partout se trouve la beauté : dans la couleur diluée dans un verre d’eau, dansant se dilatant, changeant de formes, se cachant dans les fruits croqués par les femmes, rouges, oranges, verts, dans l’herbe cambrée par le vent, dans les feuillages brillants aux derniers rayons du jour ; aubes ou crépuscules la lumière change, se reflète dans l’eau comme des rayures argentées, elle pénètre par les branches des oliviers pour animer les visages, baigner les corps nus, se faufilant par les dentèles des rideaux : douce ou éblouissante, joyeuse ou menaçante. Renoir est le peintre amoureux de la lumière. La vraie lumière, car il refuse de peindre à la lumière artificielle. Mais la beauté est aussi dans le poisson éventré, le lapin suspendu dans les pots en terre cuite ou dans un citron posé sur la table - nature morte. Or, à cette époque, Renoir est surtout le peintre des femmes, « moi il me faut du vivant », dit-il, « j’aime le velouté de la peau d’une jeune femme » : des femmes rondes, jeunes ou âgées, rousses ou brunes, à la peau nacrée, veloutée, habillées ou nues. Et par-dessus les mouvements longs et lents de la caméra, telle la caresse du pinceau sur la toile, il restitue un bonheur fluide et sensuel. Cela fait penser à une des phrases de Renoir qui d’ailleurs parmi d’autres ornent l’espace Renoir à Essoyes : « Quand le modèle est installé, je tourne autour et je m’arrête sur un point de vue que je n’avais pas prévu ». Et puis il y a aussi la magnifique musique d’Alexandre Desplat, ne laissant pas une chance au spectateur d’oublier que malgré les belles images, la maladie ronge le peintre de l’intérieur et la guerre dévore le pays à l’extérieur. Un hommage à la transmission Et voici que quelques temps après, Jean, le deuxième fils du peintre, rentre, blessé de guerre. Il passera par ce même grand portail à deux battants et tombera amoureux d’Andrée, aimée également par le peintre. Commence alors le trio à huis-clos. Jean, qui a selon le film un caractère assez fragile et incohérent, comme en témoignera Sophie Renoir l’arrière-petite-fille de Renoir, devien- Michal Bleibtreu Neeman/Epoch Times L’atelier de Renoir dans sa maison à Essoyes. Un hommage à la transmission, celle de la peinture au cinéma, mais aussi de l’amour ducotedesrenoir dra le cinéaste que l’on connaît afin de réaliser le rêve d’Andrée de devenir une star. Le film sera donc également un hommage à Jean Renoir dont le film Le Fleuve (1951), a beaucoup marqué Gilles Bourdos, le metteur en scène. Un hommage au père, un hommage au fils et à la femme entre les deux : cette femme qui a inspiré l’un à la fin de sa vie et a poussé l’autre au début de sa carrière. Et surtout un hommage à la transmission, celle de la peinture au cinéma, mais aussi de l’amour pour une femme, pour la beauté, pour l’art. Renoir est un joli film ancré dans un paysage méditerranéen qui veut s’inscrire dans la lignée des films biographiques sur les artistes, sans s’engager dans les détails (La Vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956), de Vincente Minnelli par exemple). Cela explique aussi le fait que le magnifique cadre du tournage, le domaine du Rayol, inclut une vue sur la mer alors que les témoins diront que le domaine des Collettes à Cagnes-sur-Mer n’avait pourtant pas de vue. – et d’ailleurs comme disait l’ami de Renoir, l’artiste Pierre Bonnard : « Renoir peignait avant tout des Renoirs, il avait souvent des modèles qui avaient une peau grise, qui n’était pas nacrée, mais il les peignait nacrées ». Bourdos aussi revendique le droit à la liberté de laisser son empreinte sur les faits réels. Malgré l’intrigue portée sur le drame autour du modèle, le film ne prétend pas donner une analyse psychologique, ni porter un message, ni chercher des vérités profondes, il veut juste être aimable. Peut-être suit-il ainsi le souhait d’Auguste Renoir qui disait que les intellectuels « ne savent ni voir, ni écouter, ni toucher et que finalement un tableau doit être « une chose aimable et heureuse ». Le film est nominé parmi les dix meilleurs films européens. Un film de Gilles Bourdos avec Michel Bouquet (dans le rôle du peintre), Christal Théret (Andrée) ducotedesrenoir Bien que paralysé par la maladie, le peintre capte toujours merveilleusement la beauté des choses dans ses oeuvres. et Vincent Rottiers (Jean Renoir) à partir du 2 janvier 2013 au cinéma. Propos de Gilles Bourdos recueillis lors de l’avant-première du film à Essoyes La maladie paralyse le peintre. Pourtant, ses peintures ne captent que la beauté des choses. Comment l’expliquez-vous ? Renoir ne peignait qu’à la lumière du jour paraît-il. Dès que la peinture disparaissait, c’est le monde de la douleur qui envahissait le monde de la nuit. Je voulais montrer dans ce film cette dialectique entre les forces négatives qui sont à l’œuvre dans son corps, dans sa chair, dans le monde, et ce désir de beauté permanent : ce désir de préserver la beauté et c’est pour cela que Renoir, pour moi, est un peintre éblouissant. Pourquoi faire ce film maintenant ? Il y a eu trois ou quatre films sur Van Gogh, alors qu’il n’y avait jamais rien eu de fait sur Renoir. Donc cela me semblait déjà incroyable. Ce qui m’a intéressé, parce que c’est toujours compliqué de faire des biographies officielles – ce qui m’a plu, c’est de pouvoir entrer dans le monde de Renoir à travers cette jeune-femme Andrée Heuschling. Et c’est la situation entre un père, un fils et cette jeune-femme. Ce qui s’est réellement passé entre eux reste vague et flou historiquement. Et puis, j’aime Auguste, particulièrement cette période qui a été très peu aimée et puis la Méditerranée… Il y a un travail de la caméra qui rappelle le pinceau du peintre. Comment l’avezvous imaginé ? La caméra est constamment en mouvement mais un mouvement très lent, très voluptueux qui caresse les choses. Et c’est vrai que l’on peut ressentir l’acte de peindre. Mais c’est essentiellement mon ressenti sur le film qui m’a amené à travailler avec un mouvement de caméra très précis, très lent, tout le temps en mouvement mais sans rien brusquer, que tout soit extrêmement fluide et léger. C’est vrai, que regarder la peinture d’Auguste m’a beaucoup servi. Mais une autre chose qui curieusement m’a beaucoup servi, c’est un film de Jean qui s’appelle Le Fleuve, où il y a un travail de coloris absolument extraordinaire et j’avais une intuition un peu diffuse, un peu vague, que Le Fleuve avait avoir avec Les Collettes : c’est une sensation que j’ai eue. Comment expliquer qu’un peintre impressionniste retourne vers les grands maitres italiens ? Renoir adorait la peinture du XVIII e : de Boucher de Watteau et d’ailleurs il disait toujours « moi j’appartiens à cette école francaise de la peinture », il a fait un voyage en Italie, le voyage des maîtres. C’est un homme qui a une profonde connaissance de la peinture et comme tous les grands, il se posait en héritier de l’histoire de la peinture. Ce n’est pas quelqu’un qui était dans la logique de la table rase : de la rupture, contrairement à ce que l’on pourrait croire. C’était quelqu’un qui était très attaché à l’idée de transmission, d’héritage, de filiation.



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