Epoch Times Paris n°200 16 mai 2011
Epoch Times Paris n°200 16 mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°200 de 16 mai 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : NTD, la diffusion en Chine d'une télévision indépendante menacée.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 Chine www.lagrandeepoque.com 16 – 31 MAI 2011 ● La Grande Époque Quand les riches fuient la Chine Une étude China Private Wealth 2011 publiée par la China Merchants Bank et le cabinet de conseil en stratégie Bain & Company a beaucoup fait parler d'elle sur Sina Weibo et ailleurs. Parmi les découvertes les plus controversées révélées par cette étude, sur les plus de 20.000 multimillionnaires chinois possédant plus de 15 millions de dollars en avoir individuels, 27% ont déjà émigré à l'étranger, et environ 60% de ceux possédant plus d'1,5 million USD en avoirs, soit 960.000 personnes, sont déjà partis ou prévoient de le faire. D'après certaines informations, cet « exode des riches » aurait débuté en 2009. « Un jour, quelqu'un a dit de d'abord laisser quelques personnes s'enrichir et qu'ensuite elles viendraient en aide aux autres. Eh bien, j'attends. Sauf que ceux qui se sont enrichis en premier ont choisi d'investir à l'étranger et sont partis. Qui va donc m'aider ? » « La société chinoise a besoin que les ‘super riches’guident tout le monde dans la construction du pays et l'élaboration d'un futur meilleur. Mais jusqu'à maintenant, ce dont la Chine a encore plus besoin, c'est de personnes qui par leurs pensées et leurs actions, amélioreront les standards moraux du peuple chinois. Cependant, ces personnes qui font le choix d'émigrer ne font pas grand chose qui aille dans ce sens. À quoi bon nous culpabiliser, les implorer de rester ou les fustiger si ils partent ? » « Un de mes amis possède un appartement, dans lequel il vit, et répète à tout va qu'il espère voir sa valeur augmenter. Je lui ai demandé : ‘Tu vis dans la seule propriété que tu possèdes, quelle différence cela fera-t-il pour toi si le prix de l'immobilier continue d'augmenter ? Si l'immobilier augmente, celui des biens de consommation augmentera aussi, ne devrais-tu pas plutôt espérer que l'immobilier baisse ?’Il m'a répondu : ‘Tout ce que je veux, c'est que le prix de l'appartement augmente assez pour couvrir mes frais d'immigration, je pourrai ensuite le revendre immédiatement et faire les premières démarches d'investissement-immigration. À ce moment-là, le prix des biens de consommation n'aura aucune importance’. » « Un journaliste m'a demandé ce que je pensais au sujet de l'investissement immigration. Je lui ai répondu : ‘l'émigration est, pour certains Chinois, la réponse à leur sentiment Neuvième commentaire Merci et au revoir. 4. La carotte et le bâton – de l’octroi de la « liberté » à l’escalade de la répression d'insécurité, mais honnêtement, la population chinoise est bien trop nombreuse, l'immigration ne résoudra pas les problèmes de chacun. J'espère simplement que les élites chinoises seront assez responsables pour ne pas chercher simplement une solution à leurs problèmes, mais travailleront également à résoudre ceux de la majorité des Chinois. S'ils se projettent dans le futur, ils verront que résoudre les problèmes de la majorité résoudra également les leurs.’ » « Cette fuite des riches vaut la peine d'être soulignée. Selon des chiffres publiés par le Département d'État des États-Unis, au cours de l'année fi scale d'octobre 2008 à septembre 2009, le nombre de visas d'immigration (investissement) EB-5 délivrés a augmenté de 1.443 par rapport à l'année précédente, pour un total de 4.218 dont 70% ont été délivrés à des Chinois. Les statistiques de l'immigration canadienne montrent qu'en 2009, 2.055 personnes ont été admises via le procédé d'immigration investissement, dont environ 1.000 viennent de la Chine continentale. » « Ces personnes ont énormément contribué au développement de l'économie chinoise, mais en même temps ont en été largement bénéfi ciaires, devenant le groupe tirant les meilleurs bénéfi ces des politiques de réforme et d'ouverture de la Chine. Maintenant ces ÉDITORIAL NEUF COMMENTAIRES Beaucoup de Chinois ont l’impression qu’ils jouissent de plus de « liberté » maintenant que par le passé et ils gardent ainsi l’espoir d’une perspective d’amélioration du PCC. En réalité, le degré de liberté qui est « accordé » aux gens dépend largement de l’appréhension de l’état de crise par le PCC. Le PCC entreprendra tout pour conserver les intérêts collectifs du Parti, y compris en accordant aux gens de prétendus démocratie, liberté ou droits de l’homme. Toutefois sous la direction du PCC, la prétendue « liberté » accordée n’était protégée par aucune loi. Une telle « liberté » est purement un instrument pour engourdir et contrôler les gens à sa guise en suivant la tendance internationale vers la démocratie. Par essence, cette « liberté » est en confl it irréconciliable avec la dictature du PCC. Dès qu’un tel confl it dépasse le seuil de tolérance du PCC, le PCC retire instantanément toute « liberté ». Dans l’histoire du PCC, il y a eu plusieurs périodes pendant lesquelles les discours étaient relativement libres, elles ont toutes été suivies par une période de contrôle resserré. Ces modèles d’événements cycliques sont nombreux dans l’histoire du PCC, ce qui démontre sa nature inique. Dans l’ère Internet actuelle, si vous visitez le site offi ciel de Xinhua ou celui du People’s Daily vous découvrirez qu’il y a en réalité un certain nombre de nouvelles qui contiennent des informations négatives sur la Chine. C’est parce que, premièrement il y a un trop grand nombre de nouvelles négatives en circulation en Chine en ce moment et que l’agence d’information doit rapporter ces nouvelles pour rester crédible. Deuxièmement le point de vue de tels reportages se conforme aux intérêts du PCC, par exemple « de petites critiques aident beaucoup ». Dans ces reportages on attribue toujours la faute à des individus qui n’ont rien à voir avec le Parti et on renforce la crédibilité du PCC pour trouver une solution. Le PCC contrôle habilement tout ce qui doit être rapporté et ce qui ne doit pas l’être, jusqu’à quel point il faut le rapporter et si ce sont les médias chinois ou les médias étrangers contrôlés par le PCC qui doivent le rapporter. Le PCC est expert dans la manipulation des mauvaises nouvelles en quelque chose qui puisse lui permettre d’atteindre le but de gagner le cœur des gens. Beaucoup de jeunes en Chine ont l’impression que le PCC offre maintenant un bon degré de liberté de parole, ils ont donc de l’espoir et apprécient le PCC. Ils sont victimes des stratégies « raffi - MIKE CLARKE/AFP/Getty Images personnes ont choisi l'investissement immigration. En parlant strictement de l'importance de tout ceci, la richesse globale de la Chine va certainement connaître un déclin, personnellement, je ne pense pas que nous devrions dire au revoir à ces investissements émigrants alors qu'ils quittent la Chine. » L'étude a également fait place à de nombreuses discussions ici et là ; celle-ci initiée par l'utilisateur de Sina Weibo « Christopher Gold » est l'une des plus actives, et démarre ainsi : « En théorie, la croissance économique chinoise a besoin que cette richesse et ces talents restent en Chine. C'est faux. Il y a maintenant des gens du monde entier qui viennent en Chine à la recherche d'opportunités et de trésors, pendant ce temps, 60% des multimillionnaires [en RMB] chinois ont émigré ou sont en train de le faire. L'année 2009 a vu une augmentation de 45% par rapport à 2008 des personnes parties aux États-Unis grâce à l'immigration investissement. Ces porcs sont-ils si gros qu'ils craignent l'abattoir ou la corruption pour transférer ainsi leurs richesses, et trouvent-ils la pollution tellement présente qu'ils ne supportent plus de rester, ou sentent-ils que le déclin de la Chine est imminent, ce qui signifi e qu'ils parient sur une future ‘Grande fuite de la Chine’ ? C'est incroyable ! » GlobalVoicesonline.fr nées » des médias iniques contrôlés par l’État. De plus, en créant une situation chaotique dans la société chinoise puis en lui donnant une certaine couverture médiatique, le PCC peut menacer les gens en prétendant que seul le PCC peut contrôler une société si chaotique et il peut fi nalement forcer les gens à approuver la domination du PCC. Aussi nous ne devrions pas penser par erreur que le PCC s’est de luimême changé même si nous voyons des signes d’amélioration dans le domaine des droits de l’homme. Historiquement, lorsque le PCC s’est battu pour renverser le gouvernement du Kuomintang, il a prétendu se battre pour la démocratie de la nation. La nature malfaisante du PCC infère qu’aucune de ses promesses n’est digne de confi ance. V. Divers aspects de la nature sans scrupules du PCC Vendre par vanité la terre de la nation et trahir le pays au nom de « l’unité nationale » « Libérer Taïwan » et « unifi er Taïwan » ont été les slogans de la propagande du PCC durant les dernières décennies. Par le biais de cette propagande, le PCC a agi comme un nationaliste et un patriote. Est-ce que le PCC se soucie vraiment de l’intégrité de son territoire national ? Pas du tout. Taïwan n’est qu’un problème historique né de la bataille entre le PCC et le KMT et c’est le moyen utilisé par le PCC pour attaquer son opposant et gagner le soutien de la population. Pendant les premières années, lorsque le PCC a mis en place le « Soviet chinois » pendant le règne du KMT, l’article 14 de sa Constitution stipulait que « tout groupe ethnique ou toute province en Chine peut revendiquer son indépendance ». Dans le but de se conformer à l’Union soviétique, le slogan du PCC de cette époque était « protéger le Soviet ». Durant la guerre sino-japonaise, le but suprême du PCC était de profi ter de l’opportunité pour s’agrandir plutôt que de combattre les assaillants japonais. En 1945, l’armée rouge de l’Union soviétique est entrée au Nord-Est de la Chine et a commis des vols, des meurtres et des viols, mais le PCC n’a pas manifesté une seule fois son désaccord. De même, lorsque l’Union Soviétique a soutenu l’indépendance de la Mongolie extérieure qui voulait se séparer de la Chine, le PCC est une fois de plus resté silencieux. Fin 1999, le PCC et la Russie ont signé l’accord sino-russe de surveillance frontalière, dans lequel le PCC acceptait tous les accords inéquitables conclus une centaine d’années auparavant entre la dynastie Qing et la Russie, vendant plus d’un million de kilomètres carrés de terre La femme et le fils de Hada offi ciellement arrêtés depuis janvier 2011 Reporters sans frontières condamne avec fermeté l’inculpation, le 17 janvier 2011, de Xinna et Uiles, épouse et fils du militant des droits de l’homme, Hada, respectivement pour « commerce illégal » et « possession de drogue ». Ils sont détenus depuis les 4 et 5 décembre 2010. Leur seul véritable tort a été de soutenir le cyberdissident dans sa lutte pour les droits fondamentaux. Une interview de la belle-sœur de Hada, Naraa, accordée à l’ONG Southern Mongolian Human Rights Information Center (SMHRIC), le 4 mai, confirme que Hada et sa famille ne sont pas libres et ne se reposent pas dans un hôtel de luxe, comme l’affirmaient les autorités chinoises, mais sont bel et bien emprisonnés. Uiles aurait dû comparaître devant un tribunal fi n avril, mais son procès a été repoussé à une date inconnue. Dans son entretien, Naraa explique que Hada et sa famille ne seront libérés qu’après avoir accepté de signer l’engagement d’abandonner leurs activités. Option qu’ils ont, jusqu’à présent, refusée. Pour protester contre ses conditions de détention et celles de sa famille, Hada a entrepris de nombreuses grèves de la faim. Sa santé s’est dégradée et son état est maintenant préoccupant. Les informations sur le sort des trois détenus n’arrivent qu’au compte-goutte, et avec plusieurs mois de retard. Les déplacements et les communications des proches de la famille sont étroitement surveillés. Leurs téléphones ont été confi squés, ainsi que leurs ordinateurs. Reporters sans frontières appelle les autorités chinoises à relâcher immédiatement et sans condition Hada et sa famille, et à abandonner la surveillance de leurs proches. L’organisation réclame également des nouvelles précises de Govruud Huuchinhuu, disparue depuis le 27 janvier, date de sa sortie de l’hôpital, après qu’elle a demandé, en ligne, la libération de Hada. Reporters sans frontières Chronologie – 4 et 5 décembre 2010, arrestation de Xinna et Uiles, la femme et le fils de Hada. – 10 décembre 2010, à la date prévue pour sa libération, Hada est transféré dans une prison en Mongolie Intérieure. – 11 décembre 2010, des photos de la famille sont publiées sur Internet avec la mention « réunion de famille ». – 14 décembre 2010, Naraa, la belle-sœur de Hada, est informée par les autorités de la présence de sa famille dans un hôtel de luxe 5 étoiles, où ils se « reposent ». – 17 janvier 2011, arrestation offi cielle de Xinna et Uiles. – 25 janvier 2011, une vidéo anonyme, postée en ligne, montre la rencontre entre Hada et son oncle, Hashuluu. – Du 1er au 4 février 2011, les autorités demandent à la famille de signer un engagement à ne pas persévérer dans leurs opinions. – 6 février 2011, Xinna et Uiles sont emmenés dans des prisons différentes après avoir refusé de signer cet engagement. 95 077 493 de Chinois ont démissionné du Parti après avoir lu les Neuf commentaires sur le Parti Communiste. Ce mouvement de démissions reste pour le peuple un moyen d’expression non violent, apolitique et sans précédent dans la société chinoise. La Grande Époque publie un extrait traduit de cette série éditoriale chinoise dans chacun de ses numéros. à la Russie – une surface équivalent à plus de douze fois Taïwan. En 2004, le PCC et la Russie ont signé des accords sino-russes supplémentaires de surveillance frontalière à l’est. En conséquence, la Chine a de nouveau perdu en faveur de la Russie la souveraineté sur la moitié de l’île de Heixiazi dans la province de Heilongjiang. Concernant d’autres problématiques frontalières telles que les îles de Nansha et Diaoyu, le PCC ne se sent pas concerné, car ces problématiques n’ont pas d’impact sur le pouvoir du PCC. Le PCC a clamé haut et fort « unifi er Taïwan », ce n’était purement qu’un écran de fumée et des méthodes détournées pour attiser le patriotisme aveugle et détourner l’attention du public des confl its domestiques. Des politiciens scélérats dénués de moralité Un gouvernement devrait toujours être surveillé. Dans les pays démocratiques, la séparation des pouvoirs, ajoutée à la liberté d’expression et de la presse sont de bons mécanismes de surveillance. La croyance religieuse amène un surcroît de modération morale. Le PCC favorise l’athéisme, par conséquent, aucune nature divine n’est là pour restreindre moralement son comportement. Le PCC est une dictature, par conséquent il n’y a pas de loi pour le restreindre politiquement. Il en résulte que le PCC est totalement irréfl échi et sans contraintes lorsqu’il exprime sa nature tyrannique et malfaisante. Selon le PCC, qui le surveille ? « Le PCC se surveille lui-même ! » C’est le slogan qu’il a utilisé pour tromper la population pendant des décennies. Dans les premiers temps, cela était appelé « autocritique », puis « auto-surveillance » et « auto-perfectionnement du gouvernement du Parti » et récemment « auto-amélioration de la capacité à gouverner du Parti ». Le PCC met l’accent sur sa prétendue capacité à « l’auto- amélioration ». Le PCC ne se contente pas de le dire mais entreprend réellement des actions telles qu’établir « le comité central d’inspection disciplinaire », « le bureau d’appel » et d’autres bureaux semblables. Ces organisations peuvent être attrayantes mais elles sont aussi inutiles que des « pots de fl eur » pour brouiller et tromper les gens. Pour en savoir plus : Les neuf commentaires sur www.lagrandeepoque.com
La Grande Époque ● 16 – 31 MAI 2011 + 2,1% www.lagrandeepoque.com Économie C’est l’infl ation française sur un an. La hausse de l’indice des prix à la consommation s’est établie à 0,3% en avril, selon les chiffres publiés par l’Insee. Pour avril la progression de l’infl ation résulte à la fois de l’augmentation des prix des produits manufacturés et des fortes hausses de prix des produits énergétiques (+1% en avril et +17,9% sur un an) et alimentaires (+0,2% en avril et +0,6% sur un an). Vers un nouveau modèle de développement économique : « Faire plus avec moins » Le rapport du PNUE souligne qu’il est urgent de repenser les liens entre l'utilisation des ressources naturelles et la prospérité économique. Le nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le quatrième de la série, a été rendu public ce jeudi 12 mai au cours d’une conférence de presse au siège des Nations unies à New York, lors de la XIX e session de la Commission du développement durable. Dans le rapport intitulé Dissocier l’utilisation des ressources naturelles et leur impact sur l’environnement de la croissance économique, les experts du PNUE sonnent l’alarme sur la consommation mondiale exponentielle des ressources naturelles et appellent à un « découplage » de la consommation des ressources du taux de croissance économique. « Le taux de croissance économique en augmentation ne doit pas être proportionnel au taux de consommation des ressources naturelles ». Le « découplage » consiste à « réduire le volume des ressources telles que l’eau ou les combustibles fossiles utilisés pour produire la croissance économique et dissocier le développement économique de la détérioration environnementale », explique Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations unies et directeur exécutif du PNUE, dans la préface du rapport. Selon les estimations, le volume de consommation annuelle des ressources naturelles, telles que minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse, pourrait tripler d’ici à 2050, pouvant atteindre 140 milliards de tonnes, si rien n’est fait, ce qui amènerait à leur épuisement total. D'après ce rapport, rédigé par le Panel international des ressources du PNUE, dans un monde peuplé par sept milliards de personnes aujourd’hui et qui devrait voir la population grimper à environ neuf Le texte interdit l’utilisation de la technique de fracturation hydraulique, mais permet l’exploitation de cette source d’énergie non conventionnelle. Après une séance de nuit marathon et malgré la présence de manifestants résolument contre l’exploitation des réserves de gaz de schiste, l’Assemblée nationale a fi nalement adopté ce mercredi 11 mai la proposition de loi présentée par le député de la 4 e circonscription de Seine-et-Marne, Christian Jacob, et soutenue par la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Le texte, qui a été approuvé par 287 voix contre 186, interdit l’utilisation de la technique de fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste en France. L’opposition espérait un texte interdisant complètement l’exploitation de cette source d’énergie non conventionnelle ainsi que l’abrogation totale de tous les permis d’exploration déjà délivrés, et n’a donc fi nalement pas rallié la majorité. Le texte sera ensuite soumis à l’approbation du Sénat le 1er juin prochain. Une croissance exponentielle du marché Il faut dire que le marché des gaz de schistes est en croissance exponentielle aux États-Unis et que les estimations de milliards dans 40 ans, pour éviter la pauvreté et générer de l’emploi, un nouveau modèle de développement économique avec une utilisation effi cace des ressources s’impose. « L’humanité peut faire plus avec moins des ressources », préconise le PNUE. Les ressources naturelles sont limitées Le rapport souligne que « la réduction du taux de consommation de ressources et ses conséquences sont théoriquement possibles si le développement économique du pays n'est pas simplement conçu en termes de croissance matérielle ». « L'heure est venue de reconnaître que les ressources naturelles nécessaires au développement et à la croissance économique sont limitées », rappellent les auteurs. En effet, le développement économique du dernier siècle a été associé à une hausse de la consommation des ressources naturelles. Durant cette période, le rythme de consommation des matériaux de construction a augmenté de 34 fois, celle des minéraux de 27 fois et celle des carburants fossiles de 12 fois. Les gisements de certaines ressources naturelles telles que le pétrole, l’or et le cuivre s’épuisent déjà et on constate des diffi cultés croissantes dans leur approvisionnement à des prix bon marché. En plus, leur extraction est devenue plus complexe, car de plus en plus inaccessible, et demande plus de moyens en eau douce et en combustibles. Selon le rapport, dans les décennies à venir le niveau de consommation des ressources naturelles devrait diminuer vers 5-6 tonnes par individu. Dans les pays développés ce niveau s’élève aujourd’hui à 16 tonnes par habitant par an en moyenne, avec des différences signifi catives entre les pays comme par exemple au Canada où la consommation est de 25 tonnes. À titre de comparaison avec les pays émergents comme l’Inde, cette consommation réserves effectuées par l’Energy Information Administration (EIA) s’avèrent très prometteuses : au niveau mondial, elles seraient de 185.000 milliards de m 3 environ, donc à peu près égales aux réserves de gaz naturel. Les gisements les plus importants seraient en Chine (35.000 milliards m 3), aux États-Unis (24.000), en Argentine (21.000) et au Mexique (19.000). En Europe, la Pologne (5.000) et la France (5.000) auraient les deux gisements les plus importants, ce qui leur permettrait d’espérer une « Les gens croient que les nuisances écologiques sont le prix à payer pour les bienfaits économiques. Nous ne pouvons pas et n’avons pas à continuer à nous comporter comme si ce compromis était inévitable » Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE. est de 4 tonnes par individu. Trois scénarios peu optimistes Les auteurs du rapport ont dressé trois types de scénarios qui s’offrent à notre humanité sur la question des ressources naturelles. Le premier consiste à maintenir le statu quo dans les pays développés avec convergence des autres pays. Ce schéma conduirait à une consommation annuelle de 140 milliards de tonnes, soit 16 tonnes par habitant pour une population mondiale de 9 milliards de personnes en 2050. D’après le rapport, il s’agit d’un « scénario insoutenable » pour la planète. Une autre option envisagée est la contraction de moitié de la consommation des pays développés avec convergence des autres pays. Dans ce cas la consommation totale à l’échelle mondiale s’élèverait à 70 milliards de tonnes de ressources d’ici à 2050, soit 40% de plus que leur volume annuel des ressources extraites enregistré en 2000. « Ce scénario suppose d'importants changements structurels qui conduiraient à de nouveaux modes de production industrielle et de consommation, différant sensiblement du modèle industriel occidental traditionnel, gros consommateur de ressources », souligne le rapport. Le dernier scénario est une contraction de deux tiers de la consommation dans les pays développés, les autres pays demeurant à leur niveau actuel. La consommation totale mondiale serait de près de 50 Gaz de schiste : le « Non, mais… » des députés français A. Charpentier Des militants de nombreuses associations contre la loi sur le gaz de schiste à Paris devant l’Assemblée nationale le 10 mai 2011. Sean Gallup/Getty Images Dans les pays développés, la consommation annuelle des ressources naturelles s’élève à 16 tonnes par habitant. Sur la photo la mine de charbon Welzow près de Drebkau en Allemagne qui devrait être transformée en lacs pour le développement du tourisme. indépendance énergétique complète pendant de nombreuses années. L’occasion étant inespérée, trois permis d’exploiter des gisements de gaz de schiste dans les régions les plus prometteuses, celles du bassin parisien et de Montélimar, ont donc été accordés en mars 2010 par l’ancien ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo, et sans susciter le moindre débat public ni la moindre controverse depuis 2007, année du dépôt des demandes d’autorisation. Fin 2010 cependant, l’évaluation faite par l’Environmental Protection Agency (EPA) aux États-Unis met en cause la technique de « fracturation hydraulique » en arguant de dégâts environnementaux importants sur certains gisements américains, en raison notamment d’un pompage d’eau potable en quantités considérables, d’un traitement insuffi sant des eaux rejetées, et de remontées de gaz dans des habitations après la fermeture des puits. Il a donc fallu attendre fi n 2010 et que la presse se fasse l’écho du rapport de l’EPA pour que les élus locaux français exigent plus de transparence sur ce dossier de la part du gouvernement. Une technique d’exploitation à risque En effet, pour libérer les gaz et huiles emprisonnés dans les roches de schistes situées entre 1.000 et 2.000 mètres de profondeur, les industriels utilisent actuellement cette technique, dont les risques environnementaux peuvent être considérables. La technique consiste à forer un grand nombre de puits sur la zone prospectée, puis à provoquer des explosions afi n de provoquer un grand nombre de micro-fractures permettant la libération des gaz emprisonnés tout en injectant un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques sous très forte pression, afi n de maintenir les fi s- surations ouvertes et faire remonter le mélange obtenu via les puits. Une fois à la surface, il faut ensuite extraire le gaz, puis épurer les eaux chargées de 7 milliards de tonnes, un niveau que les scientifi ques jugent encore insoutenable. Cette option repose par ailleurs sur tant de restrictions qu’il « peut diffi cilement être envisagé comme un objectif stratégique potentiel », reconnaissent les auteurs. À la lumière du rapport, on comprend donc qu’une surexploitation insoutenable des ressources risque de perdurer encore longtemps, et que pour l’instant la hausse des prix de nombreuses ressources sera le seul facteur d’ajustement pour diminuer la consommation. LAUREN SMITH produits chimiques avant leur rejet dans l’environnement. Enfin, lorsque les puits ne produisent plus de gaz, il est nécessaire de les cimenter sur toute leur longueur pour éviter les remontées inopinées de gaz résiduel. À ces dégâts directs s’ajoute le risque de renforcement du réchauffement climatique, non seulement par la combustion du gaz qui émet du CO 2, mais aussi par les migrations de gaz en surface des gisements, dont le méthane qui est un gaz très puissant sur l’effet de serre. En fermant la porte à la technique de fracturation hydraulique mais sans supprimer formellement les permis d’exploration déjà accordés, et en laissant la porte ouverte à de nouvelles techniques d’extraction plus « propres », la loi votée par les députés est donc un compromis, permettant de satisfaire une grande partie de l’opinion par l’utilisation du principe de précaution, tout en essayant d’encadrer les industriels vers l’utilisation de techniques moins nocives pour l’environnement. Christophe de Margerie, le président de Total, l’a très bien compris, lorsqu’il a confirmé que son groupe espérait pouvoir bientôt exploiter « proprement » les réserves de gaz de schiste. Il reste que, même propre, leur exploitation n’est pas une bonne nouvelle pour le réchauffement climatique, ni pour les économies d’énergie, ni pour les énergies renouvelables, dont le développement risque d’être fortement ralenti. CHARLES CALLEWAERT



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