Epoch Times Paris n°199 1er mai 2011
Epoch Times Paris n°199 1er mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°199 de 1er mai 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : la culture pachtoune et l'insurrection afghane.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Chine www.lagrandeepoque.com 1 – 15 MAI 2011 ● La Grande Époque Chine : 130 000 cybercafés fermés en 6 ans Selon le Rapport sur le marché des cybercafés 2010 publié par le ministère chinois de la Culture le 17 mars 2011, plus de 130 000 cybercafés sans licence ont été fermés ces six dernières années. Outre des sanctions contre les cybercafés illégaux, le gouvernement a aussi pris de nouvelles mesures de régulation et imposé une pénalité sévère pour éliminer du marché les petits cybercafés afi n de créer un espace pour les grandes chaînes de cybercafés. En réponse à ce brutal ajustement, la taille du marché des cybercafés s’est réduit de 12,96%, de 88,6 milliards de yuans [1 yuan=0,11 €, environ] en 2009 à 77,12 milliards de yuans en 2010, une diminution de plus de 10 milliards de yuans en terme de valeur monétaire. Le nombre total de cybercafé en 2010 était de 144 000 avec 14,28 millions de terminaux informatiques. 30% des cybercafés font partie de chaînes franchisées (via people.com). La promotion apportée par la franchise consiste à faciliter la procédure d’enregistrement de l’identité des clients dans les cybercafés : on leur demande de s’identifi er avant d’aller en ligne. De plus, les mineurs ne sont pas autorisés à entrer dans les cybercafés. En 2011, le ministère s’engage à étendre la répression des cybercafés illégaux des zones urbaines aux zones rurales. NTD Les études universitaires sont un temps d’apprentissage essentiel pour une jeune personne. Mais en Chine, confrontés au système de censure contrôlé par le régime chinois, la plupart des étudiants sont limités dans ce qu’ils sont autorisés à connaître. Un exemple notoire : la répression des manifestations étudiantes pro-démocratie de la place Tiananmen en 1989. Toute référence à cette époque est censurée sur la toile chinoise et ne se trouve Neuvième commentaire Un cybercafé à Pékin. nulle part au sein des pages de l’histoire chinoise. Alors, l’étudiant universitaire d’aujourd’hui se tourne vers les logiciels anti-censure pour obtenir l’information dont il a besoin. Jing, étudiante universitaire chinoise a dit : « Mes amis utilisent un logiciel anticensure pour consulter les sites de média sociaux outre-mer. Si vous voulez être au courant des choses, il faut consulter les sites à l’étranger. C’est bon d’en savoir ÉDITORIAL NEUF COMMENTAIRES Le nouveau complot sinistre employé par le PCC est d’utiliser un simulacre de « relâchement dans la parole » pour dissimuler son travail massif de surveillance et de contrôle. Les Chinois semblent maintenant s’exprimer plus librement et Internet a fait que les nouvelles circulent plus rapidement. Ainsi le PCC annonce ouvertement qu’il autorise maintenant la liberté de parole et nombreux semblent le croire. Mais tout cela n’est que mensonge. Ce n’est pas que le PCC soit devenu bienveillant, mais plutôt que le Parti ne pouvait pas empêcher le développement social et les avancées technologiques. Voyons le rôle que joue le PCC en matière d’Internet : il bloque certains sites Internet, filtre l’information, surveille les échanges sur les sites de discussions, contrôle les e-mails et condamne certains internautes à de lourdes peines. Tout ce qu’il entreprend est de nature régressive. Aujourd’hui, avec l’aide de capitalistes qui ne se soucient ni des droits de l’homme ni de leur propre conscience, la police du PCC s’est équipée d’appareils de haute technologie pour surveiller depuis des voitures de patrouille tout ce que font les internautes. Lorsque nous examinons la dégénérescence du PCC – qui commet des actes pervers à la lumière du jour – dans le contexte d’un mouvement global vers la liberté démocratique, comment pouvons-nous espérer le voir faire des progrès en matière de droits de l’homme ? Le PCC a de lui-même résumé la situation en ces termes : « il y a du relâchement vers l’extérieur, mais on ressert l’étau à l’intérieur ». La nature peu scrupuleuse du PCC n’a jamais changé. En 2004, afin de créer une image qui lui soit favorable lors de la commission des droits de l’homme des Nations Unies, le PCC a mis en scène une série d’évènements pour punir sévèrement ceux qui ont commis des abus en matière de droits de l’homme. Ces événements n’étaient toutefois destinés à être vus que par les étrangers et n’avaient aucune substance. La raison est que le plus grand coupable des effractions commises dans le domaine des droits de l’homme est le PCC lui-même, ainsi que Jiang Zemin son ancien secrétaire général, Luo Gan ancien secrétaire de la commission politique et judiciaire, le ministre Zhou Yongkang et le vice-ministre Lui Jing du ministère de la Sécurité publique. Faire confiance à ces personnes pour punir les abus en matière des droits de l’homme revient à demander à un bandit de capturer des voleurs. Une analogie pourrait être faite avec un violeur en série qui, lorsqu’il est à l’abri du regard d’autrui, a pour habitude d’agresser dix femmes par jour. Puis, parce qu’il y a trop de monde autour LIU JIN/AFP/Getty Images plus ». Chen Xi, militant pour la démocratie chinoise, affirme que les étudiants veulent avoir accès à des informations fi ables. « Ils sont à la recherche de la vérité, en attente de voir un monde plus authentique. Ils ne veulent plus ni se faire duper par les outils de propagande du régime communiste chinois, ni continuer à vivre dans le mensonge », a-t-il expliqué. Wang un autre étudiant, qui doit encore de lui, il ne peut agresser qu’une seule femme dans la foule. Est-ce qu’on peut dire du violeur qu’il a évolué positivement ? Le fait qu’il passe de l’agression cachée à une agression visible au public démontre plutôt que le violeur est plus vil et plus impudique qu’il ne l’était auparavant. La nature du violeur en série n’a pas changé du tout. Ce qui a changé est qu’il ne lui est plus aussi facile de commettre des crimes. Le PCC n’est pas différent du violeur en série. Sa nature dictatoriale et sa peur instinctive de perdre le pouvoir font qu’il ne peut absolument pas respecter les droits de l’homme. Les ressources humaines, matérielles et financières utilisées pour camoufler ses antécédents en matière de droits de l’homme ont largement dépassé ses efforts véritables pour améliorer la situation des droits de l’homme. Le plus grand malheur du peuple chinois a été la brutalité du PCC dans les massacres et les persécutions cruelles qui ont ravagé la Chine. Se déguiser pour commettre des actes pervers en se retranchant derrière la loi Pour protéger les profits de certains groupes d’intérêt, le PCC a, d’une part, éliminé sa façade précédente et complètement abandonné les travailleurs, les paysans et le peuple pour, d’autre part recourir à des moyens malhonnêtes et crapuleux alors que de plus en plus d’abus des droits de l’homme commis par le PCC sont exposés à la communauté internationale. Le PCC a utilisé un vocabulaire populaire tel que « l’autorité de la loi », « le marché », « pour le peuple » et « réforme » afin de semer la confusion dans l’esprit des gens. Le PCC ne peut pas changer sa nature perverse, même s’il revêt un « costume occidental ». Une telle image est simplement plus trompeuse que le PCC en « costume Mao ». Dans la ferme de George Orwell (1945), les cochons ont commencé à apprendre à se lever et à marcher sur deux pattes. Ce talent acquis leur a conféré une nouvelle image, mais ils ont gardé leur nature de cochon. A. Créer des lois et des règlements qui violent la Constitution chinoise Des lois et des règlements qui violent la Constitution sont transmis au personnel du maintien de l’ordre à divers niveaux comme « base légale », afin de miner les efforts des gens qui luttent contre les persécutions, défendent les libertés et les droits de l’homme. Manifestation contre une centrale d’incinération de déchets en Chine orientale Des milliers de personnes ont manifesté devant la centrale électrique de l’agglomération de Huangtutang dans la ville de Wuxi, afi n d’arrêter le lancement d'une centrale d'incinération de déchets. Un habitant de la région de Huangtutang a dit : « Maintenant, nous montons des tentes devant les grilles de l'usine. Quelques hommes et femmes âgés se trouvent ici pour empêcher les déchets d’entrer dans l'usine. Nous attendons une réponse claire du gouvernement. Les gens ne veulent pas que les déchets soient brûlés ici ». La centrale est située dans une région densément peuplée de Huangtutang. Les habitants affirment qu'une dizaine d'écoles se trouve dans un rayon de cinq kilomètres autour de l'usine. Ils craignent que le processus d'incinération ne libère des produits chimiques nocifs comme la dioxine. « Oui, ils disent cela, mais les gens n’ont plus confi ance dans le gouvernement. Car il affirme que ce n’est pas toxique et qu'il s'agit d'un projet de haute technologie. Mais nous avons déjà senti les mauvaises fumées et certaines personnes ont vomi. C'est pourquoi nous résistons, parce que le gouvernement ment », a déclaré un habitant de la région Huangtutang. Wu Lihong, un environnementaliste basé à Wuxi, a déclaré à la Radio Free Asia qu’il doutait que les autorités puissent garantir que la fumée dégagée par l’usine soit inoffensive. Il explique que les lois environnementales ne sont souvent pas appliquées et qu'il est compliqué de séparer les déchets dangereux avant le processus de combustion. Les centrales d'incinération de déchets sont considérées comme une alternative « propre » aux combustibles fossiles. En Chine, les autorités locales peuvent bénéfi cier d'importantes subventions pour la construction de l'une de ces centrales. Les autorités ont mobilisé la police pour disperser les manifestants, mais les policiers ont été forcés de battre en retraite lorsque plus de gens se sont joints à la manifestation. NTD Les étudiants chinois se tournent vers les logiciels anti-censure contourner la censure des sites web, pense que c’est une bonne idée de pouvoir accéder à des informations non censurées. « Je pense qu’il vaut mieux que les gens connaissent la vérité. Il n’est pas bon de fi l- trer l’information en direction du public. Je suis pour que les gens aient connaissance des choses telles qu’elles sont. Ne cachez rien. Personnellement, je soutiens l’usage des logiciels anti-censure », a-t-il déclaré. L’an dernier, l’internaute chinois Jason Ng a effectué un sondage auprès des usagers de logiciels anti-censure en Chine. Selon les résultats, 86% des 5300 personnes à avoir répondu possèdent un diplôme universitaire ou supérieur. La plupart utilisent des outils gratuits pour contourner la « Grande Muraille » informatique, comme le programme Freegate, développé par des ressortissants chinois outre-mer. NTD 94 164 493 de Chinois ont démissionné du Parti après avoir lu les Neuf commentaires sur le Parti Communiste. Ce mouvement de démissions reste pour le peuple un moyen d’expression non violent, apolitique et sans précédent dans la société chinoise. La Grande Époque publie un extrait traduit de cette série éditoriale chinoise dans chacun de ses numéros. B. Les problèmes d’ordre non-politique sont traités par des méthodes politiques Un problème social ordinaire sera transformé en « combat contre le Parti pour les masses », « causer la disparition du Parti et du pays », en « insurrection » et en « forces ennemies ». Un problème non politique sera intentionnellement politisé de telle sorte que le PCC pourra utiliser son mouvement politique comme machine de propagande pour inciter les gens à la haine.C. Les problèmes politiques sont traités par des méthodes non-politiques La dernière intrigue du PCC pour attaquer les citoyens démocrates et les intellectuels à la pensée indépendante est de poser des « pièges » pour les emprisonner. De tels « pièges » comprennent de fausses accusations d’infraction à la loi civile telles que la prostitution et la fraude fiscale. Les agresseurs gardent un profil bas pour éviter la condamnation par des groupes externes. Ces crimes, qui sont suffisants pour ruiner la réputation des accusés, sont aussi utilisés pour humilier les victimes en public. S’il y a eu changement dans la nature peu scrupuleuse du PCC, c’est qu’il est devenu plus affreux et plus inhumain encore. D. Le PCC tient plus d’un milliard de personnes en otage sous sa logique perverse Imaginez qu’un criminel sans foi ni loi pénètre dans la maison d’une femme et la viole. Lors du jugement, le violeur se défend en argumentant qu’il n’a pas tué la victime, il l’a seulement violée. Parce que tuer est plus grave que violer il soutient qu’il est innocent et qu’il devrait être relâché immédiatement. Il dit que les gens devraient aussi le féliciter de n’avoir que violé mais pas tué. Pour en savoir plus : Les neuf commentaires sur www.lagrandeepoque.com
La Grande Époque ● 1 – 15 MAI 2011 Gouvernance économique : les députés demandent plus de sanctions en cas de déficit public excessif Malgré une fragile reprise économique au cours des derniers mois, les députés européens n'oublient pas que la crise a laissé des séquelles. Ils travaillent maintenant sur des règles s'attaquant à ses racines : les déséquilibres macroéconomiques en Europe et la propension des gouvernements à s'endetter. Six propositions législatives de la Commission européenne ont été adoptées - et amendées - en commission parlementaire le 19 avril. Les députés européens de la commission des affaires économiques et monétaires ont demandé des sanctions importantes et semi-automatiques pour les États ayant des défi cits excessifs. Ce faisant, et après le dépôt de plus de 2.000 amendements, ils vont au-delà de ce que la Commission européenne avait recommandé dans ses six propositions initiales. Des amendes dissuasives Si un pays est pris à trafi quer ses comptes publics, il devra payer une amende d'un montant équivalent à 0,5% de son Produit intérieur brut (PIB). S'il ne prend pas de mesures suffi santes pour lutter contre les déséquilibres macroéconomiques, il s'exposera à une sanction équivalente à 0,1% de son PIB, et 0,3% si la situation se prolonge. Les sanctions devraient être semi-automatiques : il faudrait le vote d'une majorité qualifiée d'États membres pour les rejeter. Actuellement, c'est l'inverse qui se produit : il faut que les États votent les sanctions, ce qui a peu de chances de se produire. Par ailleurs, les députés appellent de leur vœux un renforcement du rôle de surveillance de la Commission européenne afi n de diminuer la marge de manœuvre des États, juges et partis dans l'affaire. Ils veulent également que les votes sur les sanctions au sein du Conseil (rassemblant les États membres) soient rendus publics, à l'exception des périodes de crise. Enfin, la limitation de la dette publique à 60% du PIB sera plus contraignante. Aujourd'hui, l'accent est mis sur le défi - cit annuel qui ne doit pas dépasser 3% du PIB. A l'avenir, les États auront à la réduire de 5% par an jusqu'à ce qu'elle passe sous la barre des 60% du PIB. Inquiétude pour la croissance et l'emploi Le vote en commission parlementaire n'a cependant pas été unanime. L'atmosphère s'est révélée hautement émotionnelle et l'issue incertaine. Les groupes politiques divergeaient sur l'importance à accorder aux plans d'austérité budgétaire. Les socialistes, par exemple, craignent que les mesures proposées handicapent la reprise économique et minent l'emploi. Risques de catastrophes : la Représentante spéciale appelle à agir La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU pour la réduction des risques de catastrophe, Margareta Wahlström, a mis en garde vendredi contre ce type de risques qui représentent, selon elle, « un défi majeur que les gouvernements et les collectivités locales doivent relever de toute urgence pour éviter de payer un prix plus élevé encore à l'avenir ». « Nous sommes dans un véhicule qui se dirige à une vitesse effrénée droit dans le mur. Nous devons agir », a-t-elle mis en garde. Des villes et collectivités du Japon, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, du Brésil, du Pakistan et d'ailleurs ont été récemment affectées par des séismes, des inondations et des coulées de boue et continuent de payer un prix élevé aujourd'hui en termes de pertes économiques. La Troisième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe qui se tiendra au Centre international de conférences de Genève du 10 au 13 mai est, pour les dirigeants du monde entier, une opportunité unique de rencontre, de discussion et de décision sur les engagements nécessaires et les actions immédiates. La Plate-forme est la plus grande assemblée de parties prenantes engagées à réduire les risques de catastrophes et à développer la résilience des collectivités et des nations. Cette année, le thème sera : « Investir aujourd'hui pour des lendemains plus sûrs : Plus d'investissements dans l'action locale ». Ce forum attend plus de 2.000 représentants de gouvernements, d'organisations non gouvernementales, de la société civile et du secteur privé, pour débattre de la manière dont les actions internationales et nationales peuvent aider les collectivités locales à réduire les risques de catastrophe. Parallèlement se déroulera la Conférence mondiale pour la reconstruction, organisée par la Banque mondiale et les Nations Unies, qui se tiendra dans les mêmes locaux, et constitue un des principaux piliers de la Plate-forme mondiale. « Une expérience récente, par exemple Haïti après le séisme de 2010, montre qu'en AFP dépit de la bonne volonté et des efforts collectifs, il faut améliorer le fonctionnement de l'aide du système international de relèvement et de reconstruction », explique Selina Jackson, Représentante spéciale de la Banque mondiale aux Nations Unies et à l'OMC. « Si cela est effectué correctement, une situation de crise peut être synonyme d'opportunité. Par conséquent, il est approprié et opportun que nous tenions maintenant la première Conférence mondiale pour la reconstruction, portant le thème Repenser la reconstruction pour un avenir plus sûr ». La Plate-forme mondiale sera ouverte par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Kimoon, mardi 10 mai. Le Secrétaire général lancera un rapport majeur, le « Rapport d'évaluation mondial 2011 sur la réduction des risques de catastrophe – Identifi er les risques, redéfi nir le développement ». La Plate-forme mondiale a été établie en 2007 comme forum biennal pour l'échange d'informations et le développement d'un partenariat à travers les secteurs afi n d'améliorer la concrétisation de la réduction des risques de catastrophe grâce à une meilleure communication et coordination des parties prenantes. Centre d’actualités de l’ONU Ils souhaitent que l'accent soit mis sur les investissements destinés à stimuler la croissance. www.lagrandeepoque.com BCE et Parlement vs. États membres ? Dans la négociation qui s'engage sur ce paquet législatif, la Banque centrale européenne (BCE) compte sur le soutien des députés européens. Les États membres sont en effet réticents à l'idée de sanctions semi-automatiques et à l'augmentation du rôle de la Commission européenne. Les raisons de la crise : déséquilibres macroéconomiques et explosion de la dette publique D'un côté, les États ont dépensé de façon imprudente. L'exemple de la Grèce est éloquent. Le défi cit public se creusant, l'État a fait appel aux banques pour lui prêter de l'argent. Or celles-ci, à partir d'un certain moment, ont eu peur que l'État ne soit plus en mesure de les rembourser. Elles ont donc refusé des prêts supplémentaires et l'Union européenne a dû intervenir avec une aide d'urgence. Par ailleurs, certains pays ont des surplus commerciaux (Allemagne) quand d'autres sont largement défi citaires (Grèce, Portugal). Les pays en défi cit empruntent donc de ceux qui sont en surplus. Cela passe par les banques et fi nance ainsi des bulles immobilières (Irlande, Espagne). Quand ces bulles s'effondrent, les gouvernements doivent sauver les banques, et creusent dangereusement leur dette : l'UE doit alors intervenir. Sur les marchés fi nanciers, la plupart des investisseurs gagnent de l'argent en misant sur l'augmentation de la valeur des actions ou obligations qu'ils achètent. Mais certains font l'inverse en pariant sur la baisse de certains titres : ces « vendeurs à découverts » ont été accusés de profi ter du malheur des autres et d'augmenter le coût des emprunts pour les gouvernements. Le Vert français Pascal Canfi n souhaite que ces activités soient plus encadrées pour diminuer les risques sur les marchés. « Avec la crise fi nancière, nous avons vu ce que coûte d'avoir un système fi nancier autorégulé. Je n'ai pas été élu pour permettre que cela se reproduise », martèle Pascal Canfin. L'écologiste français est l'auteur d'un rapport sur les ventes à découvert et les contrats d'échanges sur défaut (Credit default swap, CDS en anglais). Il s'agit de mieux réguler ces instruments fi nanciers complexes aux effets potentiellement pervers : chute des cours de la Bourse, instabilité, hausse du coût des prêts pour les Etats endettés. Une meilleure régulation des marchés fi nanciers européens permettrait d'éviter de tels risques et briser le cercle vicieux et l'engrenage fi nancier qui a conduit à la crise récente. Néanmoins, dans une économie mondialisée, il est diffi cile de légiférer sans prendre en compte ce qui se fait en dehors de ses frontières : les institutions fi nancières risquent-elles de quitter le Vieux continent si les règles du jeu leur paraissent trop contraignantes ? Pascal Canfi n balaie d'un revers de la main cette éventualité. Les charges administratives sont plus élevées aux Etats-Unis, par exemple. « Le risque réside plutôt dans la concurrence déloyale que se livrent les places boursières européennes. Nous avons besoin d'une Autorité européenne des marchés fi nanciers (ESMA) forte pour que les règles soient appliquées de façon uniformes dans l'UE », précise-t-il. La vente à découvert ou comment parier sur les difficultés d'une entreprise La stratégie de vente à découvert permet de miser sur la baisse d'un titre et non sur sa hausse. Si vous estimez que l'action d'une entreprise va baisser, vous en empruntez 1000 au prix, disons, de 10 euros pièce. Vous les revendez dans la foulée - sans les posséder mais en vous engageant à les fournir au jour prévu de livraison. Vous encaissez ainsi 10 000 €. Quelques temps après, l'action tombe à 9 €. Vous achetez alors les 1000 actions (que vous aviez précédemment empruntées) pour seulement 9 000 € avant de les transmettre à votre acquéreur… Et vous encaissez la différence, à savoir 1000 euros. C'est ce qui s'est massivement passé aux Etats-Unis aux premiers symptômes de la crise. Si, de façon générale, ces pratiques peuvent permettre d'augmenter l'effi cacité et la fluidité des marchés fi nanciers, elles conduisent également à la chute des cours, propageant l'instabilité aux premiers signes de panique. « Ces produits augmentent la volatilité et les réactions exagérées des marchés », déplore Pascal Canfin, dont le rapport vise à identifi er les « risques potentiels dans le système fi nancier, risques qui pourraient déclencher la prochaine crise ». Économie 7 Photos.com Pour devenir la position offi cielle du Parlement, les rapports devront être votés en séance plénière. EuroparlVente à découvert : une pratique dangereuse, selon le Vert Pascal Canfin Assurer la maison de son voisin et y mettre le feu : le danger des CDS Les CDS sont des assurances qui permettent aux investisseurs de se prémunir contre le défaut de paiement des obligations qu'ils détiennent. Imaginons par exemple que vous achetiez des obligations d'une entreprise : si elle fait faillite, vous perdez tout. Vous pouvez donc acheter un CDS qui vous couvrira contre ce risque. Le problème, c'est que vous pouvez aussi acheter cette assurance sans même détenir l'obligation qui va avec (naked CDS en anglais). En somme, c'est comme acheter une assurance sur la maison de votre voisin, vous incitant à y mettre le feu pour toucher le pactole. Par le mécanisme de l'offre et de la demande, plus les CDS sont demandés et plus leur prix augmente, faisant croire que le risque à assurer est important. Pour un Etat en diffi culté, cela augmente le prix des emprunts par un phénomène d'emballement interne aux marchés fi nanciers mais non lié à la situation économique réelle. Au fi nal, c'est toute l'économie qui en souffre. Pascal Canfi n prône l'interdiction de telles pratiques à des fins purement spéculatives. « L'interdiction des CDS ne résoudra pas à elle seule les problèmes fi nanciers de la Grèce et de l'Irlande. Néanmoins, dans une telle situation, vous avez le choix entre jeter de l'huile ou de l'eau sur le feu », explique-t-il. On ne s'étonnera pas qu'il préfère la dernière option. EuroparlAFP



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