Epoch Times Paris n°199 1er mai 2011
Epoch Times Paris n°199 1er mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°199 de 1er mai 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : la culture pachtoune et l'insurrection afghane.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 International www.lagrandeepoque.com LIBYE Fuir la violence qui règne à Ajdabiya Suite de la première page Organisations caritatives locales Le personnel bénévole des organisations caritatives qui ont vu le jour au cours des dernières semaines à Benghazi tente de répondre aux besoins des personnes déplacées originaires d’Ajdabiya et de Misrata. AbdiRahman Qwadir, l’un des membres fondateurs de l’organisme de charité Attaa (« Don »), basé à Benghazi et affi - lié au Croissant-Rouge libyen, travaillait auparavant comme enseignant. « Quand le confl it a commencé à dégénérer, quelques-uns d’entre nous se sont rendus sur la route d’Ajdabiya pour offrir de l’eau et de la nourriture aux personnes déplacées qui arrivaient à Benghazi », a-t-il dit. « Nous avons éventuellement décidé qu’il était tout à fait justifi é de créer une organisation », a-t-il ajouté. « Nous recevons environ 1.000 dollars par jour dans notre boîte de collecte, et cela nous permet d’acheter des articles et des médicaments pour ceux qui ont tout laissé derrière eux. Nous offrons également des conseils et plaçons une équipe de professionnels – médecins, avocats, enseignants – à la disposition des gens afi n de fournir une aide spécialisée en fonction de la situation. Les réactions sont très positives ». La veille, un homme est venu proposer sa voiture pour aider à transporter des vivres. « Les gens se montrent généralement très reconnaissants, même si certains disent qu’ils ont l’impression qu’ils ne devraient pas avoir à accepter la charité », a indiqué M. Qwadir. Aux abords de Benghazi, à quelques kilomètres de la route qui mène vers l’ouest, des familles déplacées d’Ajdabiya sont hébergées dans un ancien camp de construction. Le site est géré par l’Association du 17 février, l’une des premières associations bénévoles créées à Benghazi à la suite de la révolution. Au total, 55 familles d’Ajdabiya vivent sur le site et dorment dans des habitations mobiles sur des matelas donnés et dans des lits superposés. « Nous leur fournissons des vivres, des médicaments, des couvertures et des lits et nous assurons la coordination avec d’autres organisations non gouvernementales (ONG) qui répondent aux besoins chirurgicaux des personnes déplacées », a dit Nasser Busneneh, qui dirige l’association. « Nous commençons également à offrir des services de psychiatrie et de conseil », a ajouté M. Busneneh. « Les Libyens n’ont cependant pas l’habitude de rechercher BANGKOK – Selon les estimations du Thailand Burma Border Consortium (TBBC) un groupe d’organisations non gouvernementales internationales (ONGI) opérant le long de la frontière, qui s’étend sur 1.800 kilomètres, environ 142.000 réfugiés birmans vivent dans neuf camps gérés par le gouvernement. « Prévoir de fermer ces camps maintenant serait prématuré », a dit à IRIN Jack Dunford, directeur exécutif du TBBC, le 11 avril ; le TBBC fournit des vivres et des abris aux réfugiés dans les camps. « Nous voulons tous que les camps ferment et que les réfugiés retournent chez eux. Mais cela ne pourra arriver que lorsque la situation aura changé en Birmanie, ce qui permettra aux réfugiés de rentrer dans leur pays en sécurité et avec dignité. » Un avis partagé par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui a offi ciellement inscrit sur ses registres environ 100.000 réfugiés birmans en Thaïlande. « Les camps fermeront à l’avenir, c’est logique ; mais pour cela, les conditions doivent être réunies de l’autre côté », a estimé Kitty McKinsey, porte-parole de l’organisme. Leurs commentaires faisaient suite à l’annonce, dans les médias le 10 avril, que Bangkok entendait fermer les camps après le transfert de pouvoir récent au nouveau gouvernement birman. « Ils [les réfugiés birmans] sont en Thaïlande depuis plus de 20 ans Un rebelle libyen passe devant un tank détruit à Ajdabiya. ce genre d’aide ; certaines femmes qui ont été agressées sexuellement se montrent réticentes à parler de ce qu’elles ont vécu. C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers des professionnels internationaux ». Le fi nancement provient du Conseil national de transition intérimaire, basé à Benghazi, et de plus petites organisations des quatre coins du globe. Des fournitures médicales ont été données par un groupe de médecins britanniques et par des groupes de bénévoles du Caire. M. Busneneh a dit que le camp était d’abord géré par des bénévoles. « Lorsqu’il est devenu plus diffi cile de gérer le site, j’ai demandé à ma femme et à mes sœurs de venir nous donner un coup de main », a-t-il dit. « Elles ont accepté, et d’autres bénévoles ont commencé à amener les femmes de leur famille. » « L’atmosphère a changé du jour au lendemain. Au début, les familles étaient si traumatisées qu’elles se montraient réticentes à parler aux bénévoles masculins. Lorsque les femmes sont arrivées, la morale s’est améliorée et les familles ont commencé à se sentir plus à l’aise », a-t-il ajouté. THAÏLANDE La fermeture prévue des camps de réfugiés inquiète PORNCHAI KITTIWONGSAKUL/AFP/Getty Images Des gardes-frontières thaïlandais surveillent les réfugiés birmans dans un camp frontalier. et ils sont devenus un fardeau pour nous car nous sommes obligés de nous occuper d’eux », aurait déclaré Tawin Pleansri, chef du Conseil de MARWAN NAAMANI/AFP/Getty Images 1 – 15 MAI 2011 ● La Grande Époque Présence de blessés Parmi ceux qui sont arrivés sur le site, certains étaient blessés, et deux patients ont subi une opération chirurgicale à l’hôpital Al Hawari de Benghazi depuis. Une semaine après son arrivée depuis Ajdabiya, Asma, 27 ans, a donné naissance à son premier enfant, Taheri, dans ce même hôpital. « Je pensais que j’allais devoir accoucher à l’hôpital d’Ajdabiya », a dit Asma. « Cela n’aurait pas été facile. Les médecins là-bas étaient débordés de travail avec tous les blessés qui arrivaient. J’ai eu de la chance d’avoir mon enfant à Benghazi. » Bulkasim, un électricien d’Ajdabiya, est arrivé avec sa famille la semaine dernière. « Nous avons quitté Ajdabiya quand les tirs d’artillerie sont devenus vraiment intenses », a-t-il dit. « Je ne me doutais pas que cela se passerait comme ainsi. Nous avons d’abord fui dans le désert, où nous avons dormi à la belle étoile et où nous avons dû extraire notre eau des puits que nous trouvions. Les enfants ont attrapé des petits rhumes, mais ils s’en sont bien sortis. Nous sommes restés là pendant un mois ». « Puis, mon cousin m’a dit qu’il y avait un endroit sûr à Benghazi », a-t-il expliqué. « À notre arrivée, nous avons retrouvé de nombreux membres de notre famille. J’étais stupéfait. Je me disais que certains d’entre eux avaient peut-être été blessés ou tués, mais nous nous sommes tous retrouvés au même endroit par pur hasard ». Selon des travailleurs humanitaires, les tirs d’artillerie se poursuivent à Ajdabiya, et les habitants ne se sentent pas suffi samment en sécurité pour y retourner. Des médecins libyens basés à Ajdabiya ont dit à IRIN que l’hôpital principal était le seul endroit où régnait une certaine activité dans l’ensemble de la ville. L’hôpital dispose de vastes stocks de fournitures médicales, même si les seuls patients qui s’y présentent ces jours-ci sont des combattants rebelles qui ont été blessés au front. Irin News sécurité national. « Je ne peux pas dire quand nous fermerons les camps, mais nous comptons le faire », a-t-il dit à la suite d’une réunion du Conseil de sécurité, présidée par le Premier ministre Abhisit Vejjajiva. « Le dialogue est en cours avec le gouvernement birman », a-t-il expliqué. Selon les estimations du HCR, la Thaïlande compte environ 100.000 réfugiés inscrits sur les registres, et quelque 9.000 demandeurs d’asile. La plupart des réfugiés sont issus de minorités ethniques birmanes, essentiellement des ethnies des Karen et des Karenni. Dans les camps, la majeure partie de l’aide reçue par les réfugiés est assurée par les ONG, tandis que le HCR s’efforce de mener des activités et des programmes de protection afi n d’assurer leur sécurité. L’organisme recommande également d’accorder une plus grande liberté de circulation aux réfugiés pour leur permettre de sortir des camps, en particulier pour travailler, dans une économie thaïlandaise qui manque de main-d’œuvre. Depuis le lancement, en 2005, du programme de réinstallation dans un pays tiers, plus de 58.000 réfugiés birmans ont été réinstallés hors des camps, principalement aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. La réinstallation est un des principaux volets du plan stratégique défi ni par le HCR en vue d’aider les Birmans réfugiés en Thaïlande. Irin News Je m’intéresse au monde, je lis La Grande Époque Abonnez-vous dès aujourd'hui en remplissant le bulletin d'abonnement page 15 33 PAYS 17 LANGUES 1 JOURNAL La Grande Époque The Epoch Times
La Grande Époque ● 1 – 15 MAI 2011 www.lagrandeepoque.com 3 Les Pachtounes d'hier régnaient sur l'Afghanistan. Ceux d'aujourd'hui constituent la plus grande partie des talibans et sont également majoritaires au sein du gouvernement afghan. La guerre en Afghanistan, bien que contenant un élément religieux pour les locaux, n'est pas limitée à cette dimension. Pour les Pachtounes, il s'agit d'une guerre ethnique, d'une guerre de revanche, contre les tribus rivales et l'invasion étrangère. La dynamique tribale complexe en Afghanistan rend la tâche ardue aux forces de la coalition et demeurera une des facettes les plus importantes de la vie afghane lorsque ces forces auront quitté le pays. Parmi les Pachtounes, un sentiment de suspicion est généralisé : les tribus rivales collaborent avec les forces étrangères afi n de les détruire. Selon le journaliste Jere Van Dyk, des Pachtounes de tous niveaux ou classes sociales lui ont exprimé cette croyance. « Les Pachtounes ont le sentiment d'être assiégés », indique M. Van Dyk en entrevue. Jere Van Dyk a vécu auprès des moudjahidines dans les années 1980 et il demeure à ce jour en contact avec des hauts responsables afghans. En 2008, il a tenté de se fondre dans la culture pachtoune et d'infi l- trer les talibans, mais il s'est fait capturer. Il a raconté son expérience dans son livre Captive, My Time As a Prisoner of the Taliban. Les Pachtounes représentent l'ethnie principale en Afghanistan, soit environ 42% de la population. Outre les forces de la coalition, il y a trois acteurs importants dans le confl it afghan : les Tadjiks du nord de l'Afghanistan, les Pundjabis au Pakistan et les Pachtounes, dont la région tribale se trouve en grande partie dans le sud et s'étend ensuite une centaine de kilomètres au Pakistan. Alors que la quasi-majorité des insurgés talibans sont de l'ethnie pachtoune, les offi - ciers de l'armée afghane sont principalement de l'ethnie tadjik, tandis que près de 80% de l'armée pakistanaise est pundjabie. « De bien des façons il s'agit d'une guerre ethnique entre les Pundjabis, qui contrôlent la bureaucratie et l'armée au Pakistan, et les Pachtounes des régions tribales », estime M. Van Dyk. « Si vous parlez à n'importe quel Pachtoune le long de la ceinture tribale des deux côtés de la frontière, il vous dira que le Pakistan tente d'instiguer le chaos, ou au moins l'impression du chaos, afi n de soutirer des fonds aux États-Unis », poursuit M. Van Dyk. « Les Tadjiks s'étaient alignés avec l'Alliance du Nord. Une coalition souple de groupes principalement non pachtounes et les États-Unis, afi n de mettre en déroute les talibans au début du confl it », explique M. Van Dyk. Les États-Unis commettent également une erreur en donnant à leurs opérations dans le sud afghan des noms en langue tadjik, soit le dialecte perse dari. « C'est comme dire à tous les Pachtounes que les États-Unis se sont alliés avec les Tadjiks », ajoute M. Van Dyk. Où trouver La Grande Époque à Paris ? Quelques adresses : Hôtel Mansart, 5 rue des Capucines, 75001 Paris Théâtre Le Dejazet, 41, boulevard du Temple, 75003 Paris Boulangerie Vitry d'Aubigny, 133, rue Sèvres, 75006 Paris Brasserie Lutetia, 23, rue de Sèvres, 75006 Paris Les Deux Magots, 6, place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris Café de Flore, 172, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris Le Bonaparte, 42, rue Bonaparte, 75006 Paris Restaurant François Coppée, 1, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris Boulangerie Délices de Sèvres, 70, rue de Sèvres, 75007 Paris Boulangerie Malo, 54, rue de Sèvres, 75007 Paris Les Vins du Terroir, 34, avenue Duquesne, 75007 Paris Le Concorde, 239, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris À La Dauphine, 237, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris Café Le Bourbon, place du Palais Bourbon, 75007 Paris Hotel Fouquet’s Barrière, 46 avenue George V, 75008 Paris Plaza Athenee, 25 Avenue Montaigne, 75008 Paris Le Paris London, 16, place de la Madeleine, 75008 Paris Restaurant Hédiard, 21, place de la Madeleine, 75008 Paris La Grande Époque, 83, rue du Château des Rentiers, 75013 Paris Maroquinerie Mozart, 13, avenue Mozart, 75016 Paris Le cercle de la vengeance Dans la culture pachtoune, la revanche n'est pas simplement motivée par les émotions. La revanche, ou badal, est plutôt une responsabilité prescrite par le code d'honneur, pachtounewali. Ce concept est une des forces principales alimentant l'insurrection afghane. « L'insurrection, qui implique presque exclusivement des membres de l'ethnie pachtoune, est plus vigoureuse dans les régions pachtounes du sud et du sud-est du pays », indique un rapport de l'International Institute for Strategic Studies (IISS). « De nombreux ‘fantassins’talibans sont de jeunes hommes qui combattent à temps partiel. Ils sont peut-être davantage motivés par le désir de venger des amis et des proches tués dans les combats que par l'idéologie », indique le rapport de l'IISS. Jere Van Dyk affirme avoir pu constater cela de ses propres yeux. « Selon mes expériences, on m'a dit et j'ai vu que plusieurs jeunes hommes avaient rejoint les talibans pas pour l'argent, mais parce que quelque chose était arrivé à leur famille, et que c'était une question de badal : ‘J’ai une obligation en raison de ce que vous m'avez fait.’ » Afi n de contrer l'insurrection en Afghanistan, les forces de la coalition ont adopté un programme visant à conquérir les « cœurs et les esprits ». Cette stratégie vise à instaurer la sécurité en chassant les insurgés d'un endroit, conserver le terrain, développer l'infrastructure et établir la gouvernance. Cependant, la gouvernance à l'occidental cadre mal avec la loi pachtoune. D'un point de vue occidental, les régions pachtounes sont anarchiques, mais cela ne tient pas compte du code d'honneur enraciné dans une culture vieille de milliers d'années. Dans une culture où l'honneur d'un homme détermine sa place dans la société, respecter le code d'honneur est d'une importance primordiale. Ainsi, le besoin d'appliquer le badal a entraîné les Pachtounes dans des cycles de confl its récurrents à travers l'histoire. Les Pachtounes sont divisés en plusieurs tribus et clans, et le gouvernement adopte la forme des jirgas, les conseils tribaux qui requièrent le consensus afi n de prendre une décision. Toutefois, l'absence de consensus dans les jirgas peut entraîner une guerre tribale pratiquement perpétuelle en raison du badal et de l'honneur, selon un rapport du Tribal Analysis Center. « Afi n qu'il y ait un gagnant, il doit y avoir des perdants, et ces individus et leurs loyaux sujets vont normalement prendre les armes afi n de restaurer leur honneur », indique le rapport. International La culture pachtoune et l’insurrection afghane Code d’honneur et rivalités tribales sont au cœur du confl it Un responsable tribal pachtoune. Chris Hondros/Getty Images Puisque de nombreux combattants talibans ont pris les armes au nom du badal, le retrait prévu des troupes américaines en 2014 pourrait atténuer l'insurrection, selon Jere Van Dyk. Cependant, ce que les forces de la coalition laissent derrière, soit un gouvernement pseudo-démocratique centralisé et corrompu, devrait demeurer une cible des insurgés. Sous le régime islamique des talibans majoritairement pachtounes, il n'y avait pas de séparation entre la religion et le gouvernement, ce qui peut indiquer comment les Pachtounes perçoivent l'importation de la démocratie. « Les talibans qualifi ent la démocratie de religion occidentale », souligne M. Van Dyk. Le droit de gouverner Les Pachtounes sont d'avis qu'il leur revient de gouverner le pays. Ils « se voient comme l'Afghanistan », ajoute M. Van Dyk. Leur concept de « droit de gouverner » découle de leur majorité en Afghanistan et d'avoir gouverné le pays depuis sa fondation, sauf à quelques exceptions, selon un récent rapport du Congressional Research Service (CRS). Cette dynamique se refl ète dans l'actuel gouvernement afghan, dirigé par le président Hamid Karzaï. « Karzaï est un pachtoune durrani, et son Cabinet et son proche entourage sont de plus en plus dominés par des Pachtounes », indique le rapport. « Toutefois, même les groupes pachtounes rivaux luttent pour le pouvoir, chacun d'eux voulant diriger le pays », explique M. Van Dyk. Selon lui, un retrait du pays, en ce moment, des troupes de la coalition plongerait le pays dans une guerre civile. JOSHUA PHILIPP



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