Epoch Times Paris n°198 16 avr 2011
Epoch Times Paris n°198 16 avr 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°198 de 16 avr 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : tentations populistes en Finlande.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Chine www.lagrandeepoque.com 16 – 30 AVRIL 2011 ● La Grande Époque Gao Zhisheng : Pékin dit à l’ONU de « ne pas se mêler de ses affaires » Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois a demandé à un groupe de travail des Nations unies de ne pas se mêler de ses affaires en ce qui a trait à la détention de Gao Zhisheng, l'avocat chinois spécialiste des droits de la personne. Le groupe de défense des droits de l'homme Freedom Now a révélé la semaine dernière que le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire avait demandé la libération immédiate de Me Gao. Le groupe de travail a déclaré que le régime communiste chinois contrevient au droit international en gardant Gao en détention et qu'il ne rencontre « même pas les standards internationaux minimum d'application régulière de la loi ». Une lettre du président du groupe de travail demandant la libération immédiate de Gao avait été envoyée au régime chinois le 6 juillet 2010. Puisque Pékin n'a pas répondu à la lettre, le groupe de travail de l'ONU a émis un avis sur le cas de Gao le 19 novembre 2010. L'avis indique : « À la lumière des allégations soulevées, le groupe de travail aurait accueilli la coopération du gouvernement [chinois]. En l'absence de toute information du gouvernement, le groupe de travail estime qu'il est en position d'émettre un avis sur les faits et circonstances entourant le cas, étant donné que les faits et allégations contenus dans la communication n'ont pas été contestés par le gouvernement ». L'avis poursuit : « La détention de Me Gao est arbitraire puisque le gouvernement n'a invoqué aucun fondement légal pour justifi er sa privation de liberté. Me Gao n'a été formellement accusé d'aucune offense sous la loi criminelle ou autre loi chinoise. De plus, sa détention actuelle pourrait être reliée à des actions pour lesquelles il a été précédemment détenu ; en particulier, son travail en faveur des groupes religieux persécutés ». Lors d'une conférence à Pékin le 29 mars 2011, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jian Yu, a affirmé ne pas connaître les détails du cas de Gao Zhisheng et elle a averti l'ONU de ne pas s'ingérer. Jian Yu a déclaré que les rouages des droits de l'homme de l'ONU devraient « conserver une attitude objective et impartiale et respecter la souveraineté juridique de la Chine ». L'épouse de Gao, Geng He, et ses deux enfants ont fui la Chine en février 2009 et ont obtenu l'asile politique aux États- Neuvième commentaire L’avocat Gao Zhisheng dans son bureau en 2005. ÉDITORIAL NEUF COMMENTAIRES IV. Le déguisement du PCC sur les droits de l’homme De l’usurpation de la démocratie pour s’emparer du pouvoir, au pouvoir despotique et au déguisement sur les droits de l’homme. « Dans une nation démocratique, la souveraineté devrait être aux mains du peuple, ce qui correspond aux principes du ciel et de la terre. Si une nation prétend être démocratique mais que sa souveraineté ne s’appuie pas sur sa population, c’est que la voie sur laquelle elle s’est engagée n’est pas la bonne et ne peut être considérée que comme une déviation, cette nation n’est donc pas une nation démocratique [...] comment une démocratie pourrait-elle être possible sans la fi n de la domination du Parti et sans élections populaires ? Redonnez au peuple les droits du peuple ! » Vous croirez peut-être que la citation ci-dessus provient d’un article écrit par des « ennemis étrangers » qui en veulent au PCC. En fait cette déclaration provient d’un article du Xinhua Daily, le journal offi ciel du PCC, datant du 27 septembre 1945. Le PCC qui a claironné au sujet « d’élections populaires » et demandé « le retour des droits du peuple au peuple » a considéré le « suffrage populaire » comme un tabou depuis qu’il a usurpé le pouvoir. Les gens qui sont supposés être « les maîtres et les propriétaires de l’Etat » n’ont pas du tout le droit de prendre leurs propres décisions. Les mots manquent pour décrire la nature sans scrupules du PCC. Vous vous trompez si vous êtes de ceux qui pensent que ce qui est fait est fait et que le culte pervers du PCC, qui a prospéré sur le meurtre et dirigé une nation par les mensonges, va maintenant commencer à se réformer, à vouloir bien faire et « redonner le droit du peuple au peuple ». Dans le People’s Daily, le porte-parole du PCC a dit, le 23 novembre 2004, 60 ans après la déclaration précédente : « Le contrôle résolu de l’idéologie est le fondement idéologique et politique essentiel du gouvernement du Parti. » AFP/Getty Images Unis. Madame Geng a commenté les efforts du groupe de travail visant à faire libérer son mari. « Cela fait environ un an que mon mari a disparu à nouveau. Nous sommes très encouragés par le rapport de l'ONU. La Chine affirme qu'elle est aussi gouvernée par la loi, mais elle torture ou fait toujours disparaître des avocats comme mon mari qui veulent protéger la loi et lutter pour la justice et les droits de l'homme. J'espère que la communauté internationale pourra m'aider à rapatrier mon mari ! » Gao Zhisheng a été placé en résidence surveillée et en détention durant plusieurs années après avoir publié des lettres ouvertes qui critiquaient la persécution du Falun Gong par le régime chinois. Peu après avoir publié une lettre ouverte adressée au Congrès américain en septembre 2007 qui dénonçait le régime chinois sous plusieurs angles, demandait la fi n de la persécution du Falun Gong et appelait au boycott des Jeux de Pékin, Gao a été enlevé. Depuis, il a été détenu et libéré à plusieurs reprises, mais a passé la majorité du temps en détention. On est sans nouvelles de Gao depuis avril 2010. En février 2009, Gao a publié un article décrivant les 50 jours de torture qu'il avait traversés en 2007. Le 10 janvier 2011, l'Associated Press a publié un récit des souffrances de Gao, alors qu'il avait eu l'autorisation de s'entretenir avec l'agence de presse en avril 2010. Le 24 mars 2011, Gao a remporté le Bindmans Law and Campaigning Prize au Royaume-Uni. Ce prix reconnaît les « avocats et militants qui ont combattu la répression ou qui ont lutté pour contester les climats et les notions politiques », selon le site de Bindmans. Son épouse a accepté le prix en son nom. GISELA SOMMER Récemment le PCC a proposé le « principe des (prétendus nouveaux) trois non » dont le premier est le « développement sans débat ». Le vrai but du PCC n’est pas le « développement » mais il veut insister sur « sans débat » établissant le principe de « une voix, une assemblée » comme véritable but du PCC. Interrogé en 2000 par Mike Wallace, le très médiatique correspondant de CBS, sur la question de savoir pourquoi la Chine n’avait pas organisé d’élections, Jiang Zemin a répondu que « la population chinoise est bien trop peu éduquée ». Pourtant, pas plus tard que le 25 février 1939, le PCC claironnait déjà dans son Xinhua Daily : « Ils (le Kuomintang) pensent que des politiques démocratiques en Chine ne sont pas réalisables aujourd’hui, mais seulement dans quelques années. Ils pensent que les politiques démocratiques devraient attendre que la connaissance et le niveau d’éducation des chinois atteignent ceux de la bourgeoisie démocratique des pays d’Europe et d’Amérique [...] mais, ce n’est que sous le système démocratique qu’il sera plus facile d’éduquer les gens et de les former. » C’est cette différence hypocrite entre ce que Xinhua a dit en 1939 et ce que Jiang Zemin a dit en 2000 qui est le véritable refl et de la nature inique du PCC. Après le massacre de la place Tiananmen en 1989, le PCC est réapparu sur la scène mondiale avec une réputation déplorable en matière des droits de l’homme. L’histoire a fourni au PCC une chance de choisir. Soit il apprenait à respecter sa population et à améliorer la situation des droits de l’homme, soit il continuait à refuser les droits de l’homme tout en prétendant les respecter face au monde extérieur afi n d’éviter la condamnation internationale. Malheureusement le PCC, en cohérence avec sa nature hypocrite, a, sans hésiter, choisi la deuxième voie. Il a soutenu et réuni dans un même panel un grand nombre de talents malhonnêtes dans les domaines scientifi ques et religieux et leur a donné pour mission de faire une propagande mensongère à l’étranger en claironnant que le PCC fait des progrès en matière des droits de l’homme. Il a Du porc contaminé dans la plus grande entreprise de conditionnement en Chine De la viande maigre de porc infectée avec de la poudre de viande toxique est de nouveau en vente à Nanjing dans l'est de la Chine, provoquant la peur et l'inquiétude des consommateurs. Henan Shuanghui est le premier transformateur de viande en Chine. Classé 160 e sur les 500 plus grandes entreprises du pays, le Groupe Shuanghui transforme 30 millions de porcs par an. C'est une marque populaire dont la capitalisation boursière est de 300 milliards de yuans soit environ 30 milliards d'euros. Cependant le 15 mars dernier, un reportage de Fazhi Evening News a révélé qu’un médicament animal interdit, un bétaagoniste, apparaissait dans les saucisses provenant de Shuanghui. Ces saucisses étaient fabriquées à base de « viande maigre » de porc. Le lendemain, le Peninsula Metropolitan News a mené son enquête dans les élevages de la ville de Mengzhou dans la province du Henan et déclare avoir trouvé des porc « maigres » dans chaque élevage. Afi n d'obtenir ces porcs « maigres », une substance poudreuse blanche est ajoutée à leur alimentation. Les animaux soumis à ce régime alimentaire ont des corps plus maigres et se vendent plus chers. Dans la ville voisine de Qinyang et dans le comté de Wen, les journalistes ont visité une douzaine d'élevages de porcs et on retrouvé ce médicament dans chacun d'eux. Certains des éleveurs reconnaissent qu'eux mêmes ne consommaient jamais la viande des animaux ainsi nourris. Le soi-disant « médicament » est un agoniste béta, la ractopamine, un agent de fragmentation qui accroît la synthèse des protéines. Le problème pour les consommateurs vient du fait que les porcs absorbent ce médicament seulement 28 jours avant d'être abattus alors, qu'à cette étape de leur développement, les animaux ne consomment pratiquement plus d'antibiotiques ni d'hormones de croissances. Un journaliste de The Epoch Times s'est fait passer pour un nouvel éleveur de porcs et a ainsi pu interroger une ferme d'élevage de porcs de Zhumadian, dans la province du Henan. Yang Li (un pseudonyme), directeur de la ferme, a assuré au journaliste que les éleveurs de porcs n'ont aucune inquiétude à vendre leur viande, car tant que les porcs atteignent le poids requis pour le marché, de nombreux transformateurs de viande sont prêts à les acheter. D'après un rapport 2010 de l’agence offi cielle Xinhua, plus de 70 habitants de Guangzhou sont tombés malades suite à la consommation de viande de porc infectée par « la poudre de viande maigre ». En septembre 2006, ce sont plus de 336 personnes provenant de neuf quartiers de Shanghai qui ont été intoxiquées avec du porc infecté à la poudre de viande maigre provenant de la province de Zhejiang. Le médicament utilisé est interdit en Europe, à Taiwan et, théoriquement, en Chine également. Le médicament est aussi en cause dans l'augmentation de paralysies des porcs. GAO ZITAN Des commerçants vendent de la viande de porc à Hefei. 92 852 493 de Chinois ont démissionné du Parti après avoir lu les Neuf commentaires sur le Parti Communiste. Ce mouvement de démissions reste pour le peuple un moyen d’expression non violent, apolitique et sans précédent dans la société chinoise. La Grande Époque publie un extrait traduit de cette série éditoriale chinoise dans chacun de ses numéros. concocté un ensemble de faux droits injustifi ables tels que « le droit à la survie » ou les droits à l’abri et à la nourriture. L’argument se développant ainsi : lorsque les gens ont faim, n’ont-ils pas le droit de s’exprimer ? Même si les affamés ne peuvent s’exprimer, serat-il permis à ceux qui ont rempli leur estomac de s’exprimer pour ceux qui sont affamés ? Le PCC a même essayé de tromper le peuple chinois et les démocraties occidentales en jouant avec les droits de l’homme, il a eu l’audace de dire : « La période actuelle est la meilleure en ce qui concerne les droits de l’homme ». L’article 35 de la Constitution chinoise stipule que les citoyens de la République Populaire de Chine ont droit à la liberté d’expression, de publication, d’assemblée, d’association, de protestation et de manifestation. Le PCC joue tout simplement sur les mots. Sous le règne du PCC, un nombre incalculable de gens ont été privés de leurs droits de conscience, de parole, de publication et d’assemblée. Le PCC a même déclaré qu’il est illégal pour certains groupes de faire appel auprès des autorités supérieures. En 2004, il est arrivé à plusieurs reprises que des groupes de civils aient fait la demande de pouvoir manifester à Pékin. Le gouvernement, au lieu de leur donner l’autorisation, les a arrêtés. La politique « un Etat, deux systèmes » pour Hong Kong, validée par la Constitution du PCC, est également un piège. Le PCC a prétendu qu’il ne changerait rien à Hong Kong pendant 50 ans et pourtant moins de 5 ans après que Hong Kong ait été rendu à la Chine il tente de réduire le double système à un seul par le biais d’une législation tyrannique, l’Article 23 de la loi cadre. Pour en savoir plus : Les neuf commentaires sur www.lagrandeepoque.com STR/Getty Images
La Grande Époque ● 16 – 30 AVRIL 2011 80 milliards www.lagrandeepoque.com Économie C’est le montant de l’aide internationale destinée à secourir le Portugal, d’après l’annonce des ministres européens des Finances réunis vendredi 8 avril à Budapest. Ce sauvetage fi nancier est lié à des mesures d’austérité que le gouvernement portugais doit entreprendre : des ajustements budgétaires, des réformes du marché du travail et des privatisations. CONFÉDÉRATION DES PATRONATS DU G8 « Les orientations à privilégier pour aboutir à une reprise économique génératrice d’emplois » Les représentants du patronat des grands pays membres du G8 se sont réunis à Paris sous l’égide de la présidente du Medef, Laurence Parisot, pour adresser une déclaration commune aux dirigeants des États. Les représentants des organisations patronales du G8 se sont réunis les 7 et 8 avril à Paris pour faire part de leur diagnostic sur la situation économique et soumettre des recommandations sur « les orientations à privilégier pour aboutir à une reprise économique génératrice d’emploi ». Initiées il y a quatre ans à Heiligendamm par Jürgen Thumann, représentant à l’époque du patronat allemand, ces réunions des « B8-Business Leaders » ont lieu en amont des réunions du G8 et visent à éclairer le dialogue des dirigeants des Etats. « L’économie mondiale est sur le chemin de la reconquête économique », a annoncé Laurence Parisot, présidente du Medef, l’organisme du patronat français. « Nous sommes clairement dans une situation d’embellie », a-t-elle poursuivi en réclamant aux gouvernements « une feuille de route claire et forte en faveur de la croissance ». « Il n’y aura pas de création d’emploi, il n’y aura pas de progrès en terme de niveau de vie s’il n’y a pas un soutien clair des gouvernements au travail mené par les entreprises », a fait valoir Laurence Parisot. Dans une déclaration commune, les responsables patronaux plaident la cause des entreprises et dressent trois « questions urgentes » aux gouvernements du G8. Assurer l’accès au financement à un coût raisonnable Le premier impératif est d’engager « la voie vers une reprise génératrice d’emploi pour nos économies », selon la déclaration. Les patrons ont exprimé la nécessité de mise en place « des règles appropriés en matière d’exigences de fonds propres et de liquidités » et « des mesures visant à stimuler les marchés de crédit ». « Nous sommes très attentif aux réformes en terme de régulation fi nancière, mais nous savons aussi qu’il faut trouver la bonne réforme, il ne s’agit pas simplement de dire : il faut réformer… Il faut instaurer des règles, et il faut que ces règles soient bonnes », a précisé Laurence Parisot lors de la conférence de presse. En ce qui concerne « les règles des nouvelles régulations fi nancières », il faut s’assurer que « celles-ci ne seront pas à l’origine de nouvelles diffi cultés, notamment pour l’accès aux fi nancements des entreprises dans quelques années ». Suite à la décision de la Banque Centrale Européenne (BCE) de relever son taux directeur ce jeudi 7 avril, la présidente de Medef a confi é à The Epoch Times que « des entreprises françaises très exportatrices ne voient pas cette hausse de très bon œil évidemment, en même temps, il faut aussi relativiser les choses, il s’agit d’une hausse de 25 points de base, nous ne sommes qu’à 1,25%, c’est de toute façon un taux historiquement bas ». « Par ailleurs on sait qu’il y a un risque infl ationniste, que nous sommes aujourd’hui dans une période de reconquête économique et que si l’infl ation se déclarait d’une manière spectaculaire, ce serait tout à fait préoccupant pour le retour à la croissance. La BCE a noté qu’il y a eu un dépassement de l’infl ation par rapport à ses objectifs pendant quatre mois consécutifs, c’est pourquoi elle a jugé qu’il était utile de bouger le taux directeur », a reconnu Laurence Parisot à The Epoch Times. Un moteur franco-allemand à deux vitesses Justin Sullivan/Getty Images News L’industrie automobile est l’un des secteurs allemands où les dépenses de recherche et développement sont signifi catives. La foire 2011 de Hanovre en Allemagne, qui s’est déroulée du 4 au 8 avril, est la plus importante foire industrielle au monde. La France y étant invitée d’honneur, c’est l’occasion de faire un point sur les deux poids lourds économiques de l’Europe. Selon les statistiques du Fonds monétaire international pour l’année 2010, avec un produit intérieur brut (PIB) cumulé de 5.860 milliards de dollars (4.482 milliards d’euros), le couple franco-allemand se place en effet loin derrière les États-Unis (14.624 milliards de dollars), mais devant la Chine (5.745 milliards de dollars) et le Japon (5.390 milliards de dollars). Cette position fl atteuse cache cependant de fortes disparités entre l’Allemagne et la France, notamment en défaveur de la France. À première vue, les deux pays possèdent chacun des champions industriels incontestés de taille comparable et avec des parts de marché à l’exportation similaires, que ce soit dans l’automobile (BMW, Daimler, Volkswagen, Peugeot-Citroën, Renault), la pharmacie (Sanofi, Bayer), les pneumatiques (Michelin, Continental), le domaine ferroviaire (SNCF, Deutsch Bahn), les centrales thermiques (Alstom, Siemens), l’électricité (EDF, GDF-Suez, E.ON), etc. De même, les PIB par habitant des deux pays sont proches, 35.930 dollars et 34.092 dollars par habitant respectivement en Allemagne et en France. En ce qui concerne le coût horaire du travail dans le secteur de l’industrie manufacturière, d’après les données d’Eurostat, il ressort à 33,37 euros en Allemagne et à 33,16 euros France. Mais ces similitudes s’arrêtent là. En effet, en sortie de la crise de 2008- 2010, l’Allemagne s’affi che en position dominante. Avec 1.128 milliards de dollars exportés en 2010, soit 34% de son PIB, l’Allemagne se place juste derrière la Chine (1.202 milliards dollars) et devant les États- Unis (1.057 milliards dollars), alors que la France se situe très loin derrière à 466 milliards dollars. Les Allemands inondent l’Europe de leurs produits, avec 33% de parts de marché à l’export, une part en hausse de près de 3% depuis 10 ans, à l’opposé de la France avec 13,5% du marché et en baisse de plus de 3% sur la même période. Inévitablement, son taux de chômage s’est réduit à 6,3%, en baisse continue depuis cinq ans, alors qu’il culmine à 9,6% en France, d’après Eurostat, et la croissance allemande pour 2010 a atteint 3,6% contre Zhang Yue/Epoch Times De gauche à droite : le président de l’union russe RSSP, Alexander N. Shokhin, la présidente de la Confindustria en Italie, Emma Marcegaglia, le président du BusinessEurope, Jurgen R. Thumann, la présidente du Medef, Laurence Parisot, le vice-président de l’US Chamber of commerce, MichaelL. Ducker, le président de la CBI au Royaume-Uni, Helen Alexander et le président de BDI en Allemagne, Hans-Peter Keitel à « B8 Business Leaders Meeting » le 8 avril 2011 à Paris. Les trois clés du succès allemand : innovation, tissu industriel et coût du travail 1,6% à peine en France. Trois indicateurs permettent de mieux cerner les raisons de ce succès allemand. En premier lieu, l’innovation : les dépenses de recherche et développement suivent des courbes inverses dans les deux pays depuis plus de quinze ans. À ce jour, l’Allemagne consacre 1,8% de son PIB à l’innovation, alors que la France peine à maintenir 1,2% de son PIB dans la recherche. Vient ensuite le tissu industriel : les deux pays comptent à peu près le même nombre de champions multinationaux (39 groupes français contre 37 allemands dans le classement Fortune Global 500 de 2009), mais avec 20.646 entreprises de 250 à 1.000 salariés contre 8.969 en France, on constate que la puissance allemande est surtout liée à la densité de ses PME (le Mittelstand), qui sont de surcroît très présentes à l’export. Vient enfi n le coût du travail : s’il est actuellement très proche entre les deux pays, il était il y a dix ans près de 20% plus élevé en Allemagne qu’en France. Autrement dit, le pacte social 7 Créer les conditions d’une concurrence équitable La déclaration du B8 patronal insiste aussi sur « les freins actuels à la reprise et au retour de l’équilibre » et dénonce la persistance d’« un arsenal de mesures protectionnistes » mises en place durant la crise. Le patronat demande la levée « des restrictions imposées en matière d’exportations, notamment en ce qui concerne le commerce de matières premières » et lance un appel pour une réforme du système monétaire international avec « la nécessaire souplesse des taux de change, en fonction de l’évolution des marchés, comme principe fondamental ». « Le meilleur système monétaire international est un système de change fl exible », a affirmé Laurence Parisot à The Epoch Times, en référence à la déclaration du B8. « C’est la souplesse dans le système de change qui permet de garantir que le niveau des monnaies refl ète bien la puissance économique de l’État et la santé économique d’un pays », a-t-elle expliqué. Selon la présidente du Medef, pour les questions de compétitivité, « il serait assez logique dans cette perspective que la Chine évolue vers un système à change variable ». « Je crois que c’est une évolution qui est souhaitable pour l’ensemble de l’économie mondiale », a dit Laurence Parisot à The Epoch Times. Favoriser l’innovation technologique Les questions liées à la croissance verte et à « l’innovation comme outil de croissance » étaient également à l’ordre du jour du patronat des grands pays membres du G8. « Le choix d’investir dans les secteurs d’innovation à forte valeur ajoutée renforce la rentabilité des entreprises, crée de l’emploi et favorise une croissance économique », ont indiqué les représentants patronaux. Selon le B8, « les États doivent absolument éviter d’augmenter la charge fi scale ou administrative des entreprises dans ce domaine ». Sur la question de l’énergie, « les choix énergétiques que nos pays doivent faire aujourd’hui, y compris sur la question du nucléaire si importante aujourd’hui, nous disons que les problèmes doivent être posés de la manière la plus objective possible et qu’il convient de prendre des décisions en ayant étudié toute les données du problème d’une manière exhaustive, mais nous sommes prêts aussi à faire des suggestions en matière nucléaire et notamment nous estimons que les règles de sécurité doivent être défi nies autant que possible à un niveau international », a dit Laurence Parisot lors de la conférence de presse. L’objectif est avant tout d’« assurer un mix énergétique équilibré » qui « contribuera à la lutte contre le réchauffement climatique ainsi qu’à la sécurité énergétique », selon la déclaration du patronat B8. LAUREN SMITH Propos recueillis par Zhang Yue allemand, consistant à limiter les hausses de salaires par la négociation en contrepartie du maintien de l’emploi, en l’associant à une politique budgétaire plus rigoureuse et une politique fi scale en faveur des PME, a permis d’accroître sa compétitivité. Ajoutez à cela que la grande majorité des jeunes allemands sont bilingues et parlent l’anglais, l’on comprend plus facilement pourquoi ils sont commercialement plus effi caces que les français à l’export. Depuis maintenant plus de cinquante ans, les économies allemande et française sont indéfectiblement liées et constituent le moteur de l’Europe. L’Allemagne est, faut-il le rappeler, le premier client et le premier fournisseur des entreprises françaises, or la France n’est plus que le troisième fournisseur de l’Allemagne, derrière la Chine et les Pays- Bas. Le moteur européen ne peut fonctionner durablement que si les échanges entre les deux pays se rééquilibrent. Pour atteindre ce but, il est impératif d’harmoniser les politiques économiques, fi scales, et sociales des deux pays, avec pour objectif de les faire converger vers une politique unique, plus proche du modèle allemand. Dans l’interview qu’il a accordé au mensuel L’Usine Nouvelle, le Premier ministre François Fillon admet la nécessité d’une harmonisation des deux politiques, mais reste encore trop timide sur son ampleur. CHARLES CALLEWAERT



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