Epoch Times Paris n°196 16 mar 2011
Epoch Times Paris n°196 16 mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°196 de 16 mar 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : la Chine fait son trou en Amérique du Sud.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 International www.lagrandeepoque.com 16 – 31 MARS 2011 ● La Grande Époque Les Sud-Coréens à bout de patience Les Coréens du Sud demandent actuellement à leur gouvernement de durcir leur position suite aux provocations répétées du Nord. Une pression populaire à laquelle Séoul doit faire face tout en tentant de rouvrir la discussion entre les deux Corée. Le 28 février dernier commençaient les 10 jours de manœuvres annuelles entre la Corée du Sud et les Etats-Unis. Le ministre des Affaires Etrangères nord-coréen a réagi avec des mots brutaux, disant que les exercices militaires mèneraient inévitablement vers « une réaction physique d’autodéfense de la part de l’armée de la DPRK [Corée du Nord] », selon le journal North Korea Times. Les Etats-Unis ont été peu impressionnés par cette réaction épidermique à l’exercice militaire de routine, et encouragé la réouverture du dialogue Nord-Sud. Lors d’une audience au sénat, Kurt Campbell, assistant du secrétaire d’Etat aux Affaires de l’Asie de l’Est et du Pacifi que, a déclaré que les Etats-Unis voulaient voir « des preuves d’engagement de la Corée du Nord pour améliorer les relations entre les deux pays ». Les relations entre Pyeongyang et Séoul se sont tendues l’année dernière au point de faire craindre une reprise des combats suite à l’attaque par l’armée nord-coréenne d’une île sud-coréenne contestée et au sabordage d’un navire sud-coréen, qui a entraîné la mort de 46 marins. Dans son discours du 1er mars – commémorant le 92 e anniversaire du Mouvement contre les lois japonaises, le président sud-coréen Lee Myung-bak a réaffirmé la volonté de la Corée du Sud de travailler avec le Nord en dépit des récentes agressions. « Nous sommes prêts à engager le dialogue avec le Nord dès à présent et avec un esprit ouvert », avait déclaré le président Lee. Depuis plusieurs dizaines d’années, la stratégie de la Corée du Sud est de « traiter les provocations de la Corée du Nord à la manière de caprices d’enfants », explique Bruce Bennett, un analyste expert de la défense à la RAND Corporation [NDLR : une institution américaine de recherche et d’analyse dans de nombreux domaines]. La Corée du Sud a jusqu’à 2010 « fait preuve d’une grande capacité de modération », ajoute Bennett. Mais en novembre dernier, l’attaque de l’ile Yeonpyong par la Corée du Nord a franchi la ligne. C’était la première fois depuis 1953 que la Corée du Nord attaquait le territoire sud-coréen et des cibles Des manifestants en Corée du Sud brûlent l’image de Kim Jong-Il et de son fils Kim Jong-Un. civiles. La Corée du Nord a fait feu avec une douzaine de pièces d’artillerie sur l’île, tuant quatre personnes. L’attaque a soulevé l’indignation populaire en Corée du Sud. Selon un sondage de novembre dernier, 80% des personnes se disaient favorables à des représailles militaires en cas de nouvelle attaque, une minorité non négligeable n’étaient pas opposées à une guerre, reporta l’Institut pour la Sécurité et le Développement Politique de Stockholm (ISDP). Ce changement de l’opinion publique a accéléré la réfl exion gouvernementale sur une nouvelle donne stratégique. Une nouvelle politique de dissuasion musclée émerge, affirme Bennett, impliquant des menaces de représailles en place de la patience des dernières années. En décembre, le ministre de la Défense sudcoréen Kim Kwan-jin s’est engagé à bombarder la Corée du Nord si de nouvelles attaques ont lieu contre le Sud. Lors d’une conférence de presse en décembre dernier avec son homologue américain l’amiral Mike Mullen, le général sud-coréen Han Min-koo a reformulé cette position : « Si la Corée du Nord nous provoque à nouveau, nous répondrons en état de légitime défense, et la Corée du Nord paiera le prix fort pour sa provocation ». L’armée sud-coréenne a envoyé des ballons gonflés à l’hélium transportant des dépliants de propagande au-delà de la partie sud de la zone démilitarisée pendant le week-end. Les prospectus mettaient leur lecteurs en garde contre les dangers de la dictature et incluaient des nouvelles des récentes protestations en Tunisie, en Egypte et en Lybie. Ce type d’envoi par des transfuges est fréquent, la nouveauté 2011 est que l’envoi a été fait par l’armée sud-coréenne, une première depuis 1998 qui marque le durcissement des positions vis-à-vis du Nord suite aux deux attaques de 2010. Le risque est évidemment celui d’une escalade. Mais une nouvelle attaque ne serait pas dans l’intérêt du Nord, écrit Sangsoo Lee dans une analyse stratégique sur la Corée écrite pour l’IDSP. La question la plus urgente pour Pyongyang est d’éviter « la fl oraison du jasmin » et pour cela d’améliorer l’économie et la qualité de vie locale. Avec la fi n de l’hiver, les manques de nourriture au Nord arrivent au point de déclenchement de la famine, comme souvent au début du printemps. C’est aussi au printemps l’année dernière que la Corée du Nord a torpillé un navire sudcoréen et au printemps encore l’année précédente qu’elle avait réalisé un essai nucléaire. « C’est donc une période de l’année durant laquelle la Corée du Nord Manifestations dans les rues de Corée du Nord Les autorités renforcent leur contrôle à la manière chinoise SEOUL - Inspirées par les informations venues d'Égypte, plusieurs manifestations ont enfl ammé la Corée du Nord. Le dirigeant du régime au pouvoir, Kim Jong-il, a alerté les forces anti-émeutes et il semblerait que le ministère chinois de la sécurité publique ait conseillé Pyongyang sur la façon de réagir à de possibles soulèvements de masse. Deux jours après la démission de Mubarak, Meng Jianzhu, le ministre chinois de la Sécurité publique, s'est rendu à Pyongyang et s'est exprimé sur les différentes manières de prévenir des manifestations anti-régime en Corée du Nord, selon un article du quotidien coréen Joongan daté du 22 février. Meng a par exemple offert son soutien aux responsables nord-coréens sur la mise sur écoute des téléphones portables. Peu après, la Corée du Nord a renforcé le contrôle sur l'utilisation des portables et annulé les services de location de portables pour les visiteurs étrangers. Malgré les efforts conjoints des dirigeants des régimes chinois et nord-coréen pour censurer et contrôler de près le flux des informations, les Coréens ont eu vent des manifestations antigouvernementales en Égypte grâce aux diffusions de certaines chaînes chinoises et par le réseau des réfugiés nord-coréens. La chute de Moubarak est un sujet sensible en Corée du Nord, selon un article du Chosun Libo du 23 février. Park Ji-Hwan/Getty Images Kim Jong-Un, le fils du dirigeant nord-coréen Kim Jong Il, le 10 octobre 2010 sur une chaîne de télévision. Faim et répression De nombreuses manifestations de petite envergure ont eu lieu en Corée du Nord vers le 16 février, jour de l’anniversaire de Kim Jong-il. La nuit du 14 février, les habitants des cantons de Jongiu, Yongchon et Sonchon dans la province du Pyongan sont descendus dans les rues. Ils criaient : « Donneznous du riz ! Donnez-nous de l'électricité ! » L'électricité avait été coupée et redirigée vers Pyongyang pour la célébration de l'anniversaire de Kim Jong-il, explique un journaliste du Chosun Libo. Le 18 février, des centaines de personnes se sont confrontées aux forces de sécurité dans la ville de Sinujiu, à la frontière chinoise, où des agents de police auraient frappé un marchand jusqu'à ce qu'il perde connaissance. La famille de la victime, soutenue par de nombreux autres marchands, ont protesté de ces mauvais traitements. L'armée a été envoyée mettre un terme au désordre et a causé de nombreux blessés. Quatre ou cinq personnes auraient été tuées, chiffre impossible à confirmer du fait du blocus médiatique sur place. D’après le Yonhap, le 23 février à Chongjin, province du Hamgyong du Nord, un groupe d'habitants en colère aurait tué un agent municipal chargé de la sécurité à coups de pierres. Kim Jong-il a ordonné un contrôle strict des AFP/Getty Images imagine généralement une provocation comme moyen de diversion pour faire oublier ses diffi cultés internes », commente Bennett. L’aide alimentaire envoyée par la Corée du Sud et les Etats-Unis est un élément clé d’apaisement social en Corée du Nord, il est donc très improbable que Pyeongyang risque la colère de l’opinion publique sud-coréenne en risquant une nouvelle attaque. Cette colère a été à l’origine de l’interruption de l’aide courant 2010. Pour éviter que la situation se reproduise, Lee pense que le Nord choisira l’action ayant le moins d’impact sur l’opinion publique sud-coréenne – et donc très probablement un nouvel essai nucléaire souterrain, avec comme effet secondaire de pousser Washington et Séoul de revenir à la table des négociations… avec plus d’aide. NICHOLAS ZIFCAK manifestations. Les ministères de la sécurité du peuple de chaque région ont commencé à organiser des troupes antiémeute d'une centaine de têtes chacune et traquent tout mouvement suspect. L’énorme, le colossal changement est en soi le début de manifestations spontanées en Corée du Nord. Contrairement au passé, les Coréens du Nord ne se dénoncent plus les uns les autres lorsqu'ils sont interrogés par les autorités. Au contraire, ils se protègent entre eux d’après les informations obtenues par les médias sud-coréens. Lorsque les employés de la sécurité publique les ont interrogés, les citoyens auraient ainsi tous répondu : « J'étais terrifié, je suis resté à la maison. Je ne sais pas qui a participé. » Les autorités ont ainsi été incapables de trouver les chefs des manifestations. Des responsables d'agences d'aide internationale ont affirmé avoir vu de graves pénuries de nourriture et des signes inquiétants de malnutrition en Corée du Nord. Les gens sont forcés de manger des racines après que l'hiver a décimé la moitié des récoltes de blé et d'orge, rapporte par exemple la BBC. WEN LONG
La Grande Époque ● 16 – 31 MARS 2011 Des militants chinois pro-démocratie expatriés à San Francisco sont inspirés par les récents soulèvements en Afrique du Nord et au Moyen- Orient et ils se demandent si la Chine est prête pour sa propre révolution. Ils se sont réunis à la mi-février lors d'un « Salon sur les affaires nationales » et ont étudié la situation. Parmi les participants se trouvaient des dirigeants étudiants et des survivants du massacre de la place Tiananmen du 4 juin 1989. Ils étaient au cœur des manifestations lorsque le régime chinois a fait appel à l'armée pour tirer sur eux. Plusieurs ont croupi en prison et ont, par la suite, quitté la Chine ou ont été expulsés. Depuis, ils attendent une autre chance, espérant qu'un jour, le peuple chinois obtiendra ses droits et la démocratie. Ce moment pourrait être maintenant, estiment-ils, ou – du moins – plus proche que depuis 1989. Selon eux, les soulèvements réussis en Tunisie et en Égypte, de même que les nombreuses manifestations à travers la région, suggèrent qu'une autre porte s'est ouverte pour que la démocratie s'étende à d'autres pays, y compris la Chine. Des étincelles partout Les participants au forum s'accordent pour dire que le régime chinois est extrêmement craintif qu'une « révolution du jasmin » se produise aussi en Chine et qu'il y a partout des étincelles qui pourraient mettre le feu aux poudres. Alors, pourquoi la Chine est-elle encore relativement tranquille ? Le consensus parmi les militants d'outre-mer est que le mouvement démocratique chinois manque de direction et d'organisation. « Tous les problèmes [sociaux] en Chine n'ont pas causé d'explosion. Les étincelles sont partout, mais elles sont soit détournées ou désintégrées », a commenté Fang Zheng, qui a perdu ses deux jambes lorsqu'un char de l'Armée populaire de libération l'a écrasé en www.lagrandeepoque.com 1989. « Durant les 22 années après le massacre de la place Tiananmen, le mouvement démocratique chinois s'est attardé sur [une plateforme] de réformes et de protection des droits et n'a pas appelé directement à une révolution comme l'ont fait les Égyptiens », a expliqué à la chaîne NTD Feng Congde, ex-dirigeant étudiant de la place Tiananmen. « Ce manque de direction n'aboutira jamais quelque part », a-t-il ajouté. Feng a donné l'exemple de l'incident Qian Yunhui, le chef de village qui aurait été assassiné par des dirigeants locaux pour avoir lutté contre la saisie des terres des villageois, pour illustrer ses propos. « Si les gens, au lieu de manifester pour le respect de leurs droits, avaient demandé un changement de gouvernement, le cas de Qian Yunhui aurait pu être l'étincelle qui aurait provoqué l'explosion. » Lan Shu, un commentateur sur la Chine, a souligné que la révolution égyptienne était un mouvement sans dirigeant, mais avec un objectif clair de chasser le président. Lan explique que le mouvement démocratique chinois a longtemps été troublé par l'idée préconçue que les conditions pour la démocratie ne sont pas encore mûres en Chine et que la Chine sombrerait dans le chaos en l'absence du Parti communiste chinois (PCC). Chine Surmonter les obstacles pour un soulèvement en Chine Des militants pro-démocratie chinois évaluent la situation à la lumière des événements dans le monde arabe PUBLICITÉ FRANCE Des policiers montent la garde à Pékin. Peter Park/AFP/Getty Images 5 « Si les Égyptiens s'étaient demandé : « Qu'adviendra-t-il du pays si le gouvernement de Moubarak s'effondre ? Personne ne s'occupera de nous. Le pays va-t-il sombrer dans le chaos ? », alors Moubarak serait encore au pouvoir », a suggéré Lan Shu. Ce dernier a rappelé aux Chinois d'exiger leurs droits établis par la constitution, tels que la liberté d'expression, d'assemblée, de presse et de religion. « Est-ce que vous méritez tous ces droits ? Si oui, alors exigez-les, peu importe le résultat. » Le fusil Le contrôle de l'armée par le PCC a également fait l'objet de discussions. Le fait que les armées tunisiennes et égyptiennes n'aient pas ouvert le feu sur les manifestants a frappé l'imaginaire des Chinois qui se demandent comment l'Armée populaire de libération réagirait dans de telles circonstances aujourd'hui. Wu Renhua, un autre participant du forum et un témoin du massacre de la place Tiananmen, a souligné la différence de mentalité entre les offi ciers égyptiens et chinois. Wu fait remarquer que de nombreux offi ciers égyptiens ont été formés à l'académie américaine de West Point, leur vécu et leur vision du monde sont donc entièrement différents. Les offi ciers chinois sont éduqués dans les universités militaires chinoises. Un élément clé de cette éducation est l'endoctrinement dans les théories du PCC et dans la loyauté absolue aux diktats du Parti. Wu Renhua a également soulevé le problème de l'organisation des gens pour descendre dans la rue. C'est un problème majeur considérant le contrôle des médias et d'Internet en Chine. Médias sociaux La Chine est le plus grand marché Internet avec plus de 400 millions d'utilisateurs. Toutefois, le contrôle d'Internet par le régime chinois est aussi le plus sophistiqué au monde, séparant les internautes chinois du reste du monde et supprimant les commentaires et le contenu jugés critiques du régime. Facebook est bloqué en Chine, des sites similaires qui se plient entièrement au contrôle des autorités ont été mis sur pied. Renren.com et Kaixin Network sont parmi les plus populaires et regrouperaient plus de 260 millions d'utilisateurs, selon Voice of America. La participation étroite de ces sites avec le régime les rend pratiquement inutiles pour faire circuler librement des informations et faire la promotion d'un changement politique. Un directeur du marketing pour Renren.com a récemment révélé, lors d'un forum sur les médias sociaux à Hong Kong, que la compagnie possède un département de censure qui emploie 500 personnes. SOPHIA FANG



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