Epoch Times Paris n°195 1er mar 2011
Epoch Times Paris n°195 1er mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°195 de 1er mar 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : le jasmin méditerranéen pousse-t-il à l'Est ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 Chine www.lagrandeepoque.com 1 – 15 MARS 2011 ● La Grande Époque La pire sécheresse en 60 ans Selon les statistiques du gouvernement [chinois] parues le 28 janvier 2011, 7,7 millions de mu (5 160 millions de km²) de terres agricoles, 2,57 millions de personnes et 2,79 millions de têtes de bétail ont été touchés par la sécheresse. L’impact immédiat a été l’augmentation des prix des denrées alimentaires. En effet, son implication dans la sécurité alimentaire a poussé l’Agence Alimentaire des Nations Unies à émettre un avertissement en direction des marchés mondiaux des céréales. Malgré les sérieuses implications sociales et politiques de la sécheresse, il n’y a pas eu beaucoup d’inquiétude parmi les personnes infl uentes sur les plateformes du web chinois. La communauté publique en ligne a été dominée par des affaires urbaines, comme Wang Xiaojian le fait remarquer sur le microblog Sina : « Certains villageois ont frappé à ma porte et m’ont demandé si je pouvais les aider à inciter le département des ressources en eau à sauver les récoltes de blé. J’ai répondu que c’était inutile. Il n’y a pas eu de pluie dans les provinces du Shandong, du Heibei et du Henan depuis 130 jours, le blé d’hiver et celui d’été ne pouvaient plus être sauvés. Ma mère m’a demandé d’inciter le public à prêter attention aux problèmes agraires car nous souffrons de très maigres récoltes depuis les trois dernières années. Je lui ai dit que la question n’attirerait pas l’attention des gens à moins que la terre ne se fi ssure et que la sécheresse ne mette en danger des vies humaines et du bétail. Le département de l’irrigation ne s’y intéresserait pas et les personnes infl uentes des microblogs sont seulement trop occupées avec la campagne anti-enlèvements. » Un livre récemment publié sur Internet expose les mœurs légères des fonctionnaires chinois. C’est un avocat, chargé de cours à l’université pour la radio et télévision Zigong dans le sud-est de la Chine, qui a pris le risque de compiler les informations et de les diffuser. Objectif affi ché, attirer l’attention du public sur le comportement scandaleux des cadres du Parti communiste chinois (PCC) et « sonner l’alarme ». Parmi les 94 cas de fonctionnaires corrompus mentionnés dans son rapport, M.Yu Changke cite celui d’un cadre communiste ayant plus de 140 maîtresses, d’un autre qui a détourné 230 millions de yuans (23 millions d’euros), de nombreux autres dépensant des fortunes pour leurs maîtresses : un cadre a plus de 70 maîtresses et en recherche davantage, un autre rassemble ses 24 maîtresses annuellement pour élire la « beauté Dans l’est de la Chine. PETER PARKS/AFP/Getty Images Alors qu’un nombre de microblogueurs ont aidé à faire passer le message de Wang, il y a eu très peu d’écho. Sunwen Susan a commenté le message, faisant remarquer que les gens s’intéressent plus au marché immobilier qu’au développement agraire du pays, car le premier est plus profi table : « La province du Henan souffre toujours de la sécheresse. Dans la zone entre Kaifeng et Chengzhou, les terres agricoles ont été transformées en terrains immobiliers. Ils [le gouvernement et les urbanistes] pensent probablement que la sécheresse est arrivée à point nommé pour servir leurs intérêts. » Afi n d’attirer l’attention des gens sur la grave sécheresse, He Yanan a publié sur son microblog une photo montrant des enfants pauvres buvant de l’eau sale : « Regardez l’eau que ces enfants des régions affectées par la sécheresse boivent. Nous subissons à présent la pire sécheresse depuis 60 ans, de loin la pire sécheresse que la plupart d’entre nous verront de toute leur vie. Nous devons réagir en économisant chaque goutte d’eau. » Le blogueur Zhang Teimian publie aussi sur son blog certaines photos montrant la situation dans sa province d’origine, le Shandong : « Je n’ai pas grand chose à dire, je pleurais en prenant ces photos. Je suis né dans un village rural et je comprends l’importance des céréales pour les paysans. Maintenant je vis en ville mais je sais que la sécheresse est très grave. Chaque fois que j’appelle à la maison, mon père continue à me dire que le blé mourra si la pluie n’arrive pas bientôt. Ce n’est pas avant d’être revenu pour le Nouvel An chinois que j’ai véritablement ressenti l’impact sévère de la sécheresse. L’année dernière, bien que l’hiver a été froid, le blé était verdâtre. Cette année, le blé était jaunâtre. Selon le calendrier lunaire, la seconde partie de la nouvelle année lunaire est le ‘Printemps’ ; normalement, le blé commence alors à pousser, mais pas cette année… Quand on marche dans les champs, les pousses sont totalement sèches. Il n’y a pas eu de pluie depuis cinq mois… La sécheresse est dévastatrice. » Le blogueur Nanshan Daxian pense que la cause première du manque d’eau est liée à la philosophie du projet contemporain des ressources en eau et à la construction de barrages et de réservoirs : « Nous avons adopté la méthode que même Yu le Grand a abandonné il y a des millénaires. Nous traitons à nouveau le blocage de l’eau comme la clé pour la gestion des ressources en eau. Quand on regarde la carte, on peut voir que la plupart des réservoirs sont construits sur la partie aval des fl euves, empêchant l’eau de s’écouler. La construction des barrages hydroélectriques suit le même principe : [les barrages] bloquent la rivière et élèvent le niveau de l’eau pour générer de l’électricité. Beaucoup de rivières ont été asséchées à cause de ces projets et beaucoup de régions ont perdu leurs ressources en eau. Nos respectables experts des ressources en eau ont résolu le problème des inondations avec leur mode de pensée scientifi que, cependant, ils transforment aussi la Chine en un pays à court d’eau. » Global Voices Corruption et débauche des fonctionnaires en Chine : un avocat fait le point ÉDITORIAL NEUF COMMENTAIRES Neuvième commentaire Le développement économique du PCC est cher payé Si le PCC se vante sans cesse de ses progrès économiques, en réalité l’économie actuelle de la Chine est moins bien classée au niveau mondial que sous le règne de Qianlong (1711-1799) pendant la dynastie des Qing. Pendant la période de Qianlong, le PNB de la Chine s’élevait à 51% du PNB total mondial. Dans les premières années qui ont suivi l’établissement de la République de la Chine (Kuomintang) en 1911 par Sun Yat-sen, le PNB de la Chine s’élevait à 27% du total mondial. En 1923, le pourcentage est tombé, mais était encore supérieur à 12%. En 1949, lorsque le PCC a pris le pouvoir, le pourcentage était de 5,7%, mais en 2003 le PNB de la Chine n’atteignait plus que 4% du total mondial. En contraste avec le déclin économique pendant la période du Kuomintang - dû à plusieurs décennies de guerre - le déclin économique continuel pendant le règne du PCC est survenu en temps de paix. Aujourd’hui, dans le but de légitimer son pouvoir, le PCC est avide de succès rapides et de profi ts instantanés. La réforme économique boiteuse qu’il a entamée dans le but de sauvegarder ses intérêts a coûté cher au pays. La croissance économique rapide de ces 20 dernières années est en grande partie due à l’usage excessif ou même au gaspillage des ressources, et a été obtenue au prix de la destruction de l’environnement. Une partie considérable du PNB de la Chine est obtenue en sacrifi ant les opportunités des générations futures. En 2003, la Chine a contribué pour moins de 4% à l’économie mondiale, mais sa consommation d’acier, de ciment et d’autres matières s’est élevée à un tiers de la consommation mondiale. En Chine, depuis les années 1980 jusqu’à la fi n des années 1990, la AFP/Getty Images Un groupe de femmes dénonce la corruption à Chongqing, en Chine. désertifi cation est passée d’un peu plus de 1000 à 2 460 kilomètres carrés. La proportion de terres arables par personne a aussi chuté de 2 mu en 1980 à 1,43 mu en 2003. Le grand courant d’enclosure des terres pour le développement a fait perdre à la Chine 100 millions de mu de terres arables en seulement quelques années. Cependant, seuls 43% des terres confi squées sont utilisées. Actuellement le montant total d’émission d’eaux usées s’élève à 43,95 milliards de tonnes, dépassant la capacité environnementale de 82%. Dans les sept principales rivières, 40,9% de l’eau n’est pas potable que ce soit pour les hommes ou pour le bétail ; 75% des lacs sont pollués et leur eau manque d’oxygène, produisant un phénomène d’eutrophisation. Les confl its entre l’homme et la nature en Chine n’ont jamais été aussi graves qu’à notre époque. Ni la Chine ni le reste du monde ne peut supporter un développement aussi malsain. Trompé par l’éclat superfi ciel des gratte-ciel et des riches demeures, les gens ne sont pas conscients de l’imminence de la crise écologique. Quand le temps sera venu pour la nature de se venger des hommes, les conséquences en seront désastreuses pour la nation chinoise. En comparaison, la Russie, après avoir abandonné le communisme, a mené simultanément des réformes politiques et économiques. Après avoir vécu une courte période d’agonie, elle a entamé un développement rapide. De 1999 à 2003, le PNB de la Russie a augmenté de 29,9%. Le niveau de vie de ses citoyens a aussi augmenté de manière signifi cative. Les cercles économiques occidentaux ont non seulement commencé à discuter du « phénomène de l’économie russe » mais ont aussi commencé à investir à grande échelle en Russie, le nouvel endroit à la mode. Le classement de la Russie parmi les nations les plus attrayantes a fait un bond de la 17e place en 2002 à la 8e en 2003, rejoignant de l’année » avec laquelle il a obtenu le plus de satisfaction. En entrevue téléphonique avec The Epoch Times, M. Yu indique que la corruption est répandue parmi les fonctionnaires chinois. « C’est un problème social complexe qui implique de nombreux facteurs », explique M. Yu. « Mais c’est essentiellement un problème avec le système. » L’étude de M. Yu démontre que la corruption est présente à tous les niveaux, des hauts responsables aux cadres locaux. Selon la Commission centrale pour l’inspection de discipline (CCID) du régime communiste, il y a entre 150.000 et 160.000 cas de violation de la loi et de la discipline. Selon les données de la CCID en décembre 2008, « entre novembre 2007 et novembre 2008, 151.000 cadres ont été punis par les organes d’inspection et supervision de la discipline, dont 4.960 cadres plus hauts que le niveau de comté. » Néanmoins, le public estime que le nombre de fonctionnaires corrompus du PCC dépasse largement ces chiffres et que ceux qui sont punis ne représentent qu’une infi me partie, abandonnée par le parti pour préserver les autres. Wen Tiejun, doyen du département d’agriculture et de développement rural de l’université Renmin en Chine, a révélé en 2005 que chez environ 90% des cadres du PCC, le train de vie dépasse les revenus offi ciels. Un problème qui n’épargne pas les autorités de contrôle, rappelle le commentateur Li Jianmang, en citant le cas des 70 millions d’euros « trouvés dans la maison de Kang Rixin, un membre du comité de la 16 e Commission centrale pour l’inspection de discipline du PCC ». GAO ZITAN 90 167 002 de Chinois ont démissionné du Parti après avoir lu les Neuf commentaires sur le Parti Communiste. Ce mouvement de démissions reste pour le peuple un moyen d’expression non violent, apolitique et sans précédent dans la société chinoise. La Grande Époque publie un extrait traduit de cette série éditoriale chinoise dans chacun de ses numéros. pour la première fois de son histoire les dix nations qui attirent le plus les investissements. Même l’Inde, un pays qui dans l’esprit de la plupart des Chinois est lié à la pauvreté et secoué d’innombrables confl its ethniques, a bénéfi cié d’un développement accéléré et a atteint une croissance économique de 7 à 8% par an depuis ses réformes économiques en 1991. L’Inde dispose d’un système légal relativement complet d’économie de marché, d’un système fi nancier en bonne santé, d’un système démocratique bien développé et d’une mentalité publique stable. L’Inde a été reconnue par la communauté internationale comme un pays disposant d’un fort potentiel de développement. D’autre part, le PCC n’a engagé que des réformes économiques sans faire de réformes politiques. L’apparence trompeuse d’une économie fl orissante à court terme qui a créé l’illusion d’un système social, a entravé « l’évolution naturelle des systèmes sociaux ». C’est cette réforme incomplète qui a causé un accroissement du déséquilibre de la société chinoise et a renforcé les confl its sociaux. Les gains fi nanciers ne sont pas systématiquement protégés par les systèmes sociaux. De plus, dans le processus de privatisation des propriétés étatiques, les dirigeants du PCC ont tiré parti de leur statut pour s’enrichir. Pour en savoir plus : Les neuf commentaires sur www.lagrandeepoque.com
La Grande Époque ● 1 – 15 MARS 2011 - 0,7% Les cours des céréales à la bourse de Chicago, en particulier du blé, du maïs et du soja sont sujets à une volatilité croissante et imprévisible. Alors que le prix moyen du boisseau de blé (environ 27 kg) oscille normalement entre 400 et 500 cents et qu’il se situait à 450 cents en juillet 2010, il a subi sur les six derniers mois une hausse constante jusqu’à atteindre le sommet de 915 cents (soit 9,15 dollars) au début de février. Certains analystes se sont alors demandé s’il ne rejoindrait pas à nouveau le cours de 1.200 cents atteint en mars 2008, période correspondant aux émeutes de la faim dans un grand nombre de pays pauvres. Or, brusquement depuis mi-février, il est reparti fortement à la baisse, avec un plongeon de plus de 7% à 763 cents le 22 février. Le maïs et le soja suivent la même tendance, avec des hausses respectives de plus de 100% et 60% en à peine huit mois, et des chutes récentes d’environ 4% et 5% sur les livraisons à trois mois. Catastrophes climatiques en Asie Océanie et révoltes au Moyen-Orient Des explications climatiques sont d’abord à l’origine de la hausse observée depuis six mois. L’été 2010 a en effet vu la sécheresse s’abattre sur les plaines russes et canadiennes, entraînant la perte d’une grande partie des récoltes. Parallèlement, depuis maintenant plus d’un an, la Chine, premier producteur et consommateur mondial de blé, est frappée par une nouvelle sécheresse sans précédent. Cette situation touche particulièrement le Entretien avec Jean Ben-Illouz, fondateur et directeur exécutif d’EQUI- COOP, coopérative d’experts des indicateurs extra-fi nanciers qui propose des formations-conseil autour du reporting de trois piliers ESG (Environnement – Social – Gouvernance) à destination des gérants des fonds. Quels sont selon vous les défis majeurs de la prochaine décennie ? Ce n’est plus un secret, notre rythme de croissance actuel exige les ressources d’une deuxième planète pour 2030. Or, nombre d’honnêtes dirigeants partagent le sentiment que la crise économique supplante de loin la crise écologique dans leurs décisions ; mais n’accusons pas le malade d’être mal diagnostiqué ! Lorsqu’on nous présente la volatilité du prix des matières premières comme nerf de la crise économique mondiale, nous avons l’impression que le G20 s’efforce de sauver l’arbre qui cache la forêt en feu. Je ne nie pas le besoin de régulation sur les La transition vers une « économie verte » nécessite des investissements d’environ 2% du PIB mondial. À quelques jours d’intervalle, deux rapports offi ciels relatifs aux bienfaits de l’écologie envers l’économie tentent de remettre le green business à l’ordre du jour. Le premier, intitulé « Vers une économie verte », a été publié le 21 février par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et présente un plan permettant de concilier économie, environnement, création d’emploi et gestion durable des ressources. Le PNUE découler sont importants. Shandong, mais également les régions du Jiangsu, du Henan, d’Hebei et du Shanxi où il ne neige pas depuis trois mois, et où les mesures d’urgence pour creuser des puits et déclencher artifi ciellement les précipitations ne sont pas assez effi caces. Enfin, l’Australie a connu un été particulièrement pluvieux, qui a noyé sous les inondations plus de 40% des surfaces marchés fi nanciers dérivés, mais si nos ressources naturelles étaient moins exposées, la spéculation perdrait probablement son origine. Pour produire mieux en consommant moins, une démarche d’amélioration continue est indispensable. Pour ce faire, céréalières du pays, en particulier dans le Queensland et la région de Victoria. À cette situation diffi cile s’ajoutent les tensions politiques apparues dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, avec la chute des régimes tunisien et égyptien, les révoltes sanglantes en Lybie, et les troubles au Yémen, en Algérie, en Irak et au Maroc. le couple taxe/subvention nous aiderait s’il était plus autoritaire, mais ne serait pas suffi sant : les acteurs de l’économie doivent s’ouvrir à plus de collaboration et d’échanges. Pour cesser de diluer notre responsabilité au sein de notre sphère d’infl uence, nous devons revenir à la défi nition même de l’intelligence, du latin inter legere, « lier entre ». Consacrer plus de temps à l’autre, c’est améliorer ses propres performances. L’intelligence collective est indispensable à qui préfère l’entreprise durable à l’entreprise profi table. Les organisations qui souhaitent vivre et faire vivre encore dans 20 ans doivent instaurer dès maintenant ces modèles collaboratifs et les partager avec l’ensemble de leurs parties prenantes. Quelles solutions proposez-vous pour faire évoluer l’économie et la finance vers les investissements responsables ? Tout flux monétaire stimule l’économie et entraîne ipso facto un impact social et environnemental. Celui-ci peut être positif www.lagrandeepoque.com Des effets contradictoires sur les cours Bien que fortement touchée par la sécheresse, la Chine possède encore, selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), un niveau de stocks de 55 millions de tonnes de blé, équivalent à la moitié de sa production annuelle. Par ailleurs, ses ou négatif. Souhaitons que l’impact positif prédomine ; mais pour le savoir il faut le mesurer. Nous identifions deux freins majeurs à une fi nance responsable : la culture de l’immédiateté et l’absence d’outils. Quatre processus imbriqués sont alors nécessaires : concerter les parties prenantes, co-construire les processus, déclencher le reporting collaboratif et traiter les axes d’amélioration qui permettent la création de valeur. Pour ce faire, nous nous sommes spécialisés dans la réalisation de formations-conseil. À la recherche d’un but collectif qui inclut la possibilité d’objectifs catégoriels, les temps d’action et de formation sont confondus et se concrétisent par un processus participatif de défi nition de périmètre, conception des outils de mesure, et mise en œuvre. Économie C’est la baisse en janvier par rapport à décembre du nombre des demandeurs d’emploi n’ayant exercé aucune activité, selon le ministère du Travail. En intégrant ceux qui ont eu une activité réduite, le nombre de demandeurs d’emploi reste stable à 4,04 millions de personnes. Sur un an le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité a progressé de 1,4% et en incluant l’activité réduite de 4,4%. Marché des céréales : une forte instabilité part d’un constat alarmant sur l’état du monde actuel, en rappelant les conséquences désastreuses des émissions polluantes, les risques quant à la sécurité alimentaire des 9 milliards d’individus à l’horizon 2050, celui de pénurie d’eau potable d’ici à 2030 et la diffi culté à faire du développement durable un marché à part entière. Selon le PNUE, les raisons proviennent « d’une mauvaise allocation fl a- grante des capitaux », qui pointe du doigt les investissements massifs dans l’immobilier, les produits dérivés, et les 700 milliards de dollars de subventions accordées chaque année à la production et à la consommation de combustibles fossiles (1% PIB mondial). Le plan proposé par le PNUE, consiste donc à allouer ces capitaux mal utilisés vers une croissance verte et durable, en injectant près de 2% du PIB mondial dans dix secteurs clés (bâtiment, transports, forêts, agriculture, effi cacité énergétique, énergies renouvelables, pêche, eau, déchets), afi n d’engager une transition vers une « économie verte » alliant faibles émissions de carbone et utilisation effi cace des ressources. Cependant, les effets ne se feront pas vraiment sentir en termes de croissance avant 2020, mais garantissent des emplois immédiats dans les secteurs de base que sont le bâtiment, l’agriculture et les transports. Parallèlement, l’étude commandée par le gouvernement allemand à l’Institut Scott Barbour//Getty Images La volatilité des cours des céréales devient très préoccupante à l’échelle de la planète et les risques sociaux qui peuvent en pour la recherche climatique de Postdam (PIK) révèle que la réduction d’un tiers en dix ans des émissions de gaz à effet de serre (GES) européennes créerait 6 millions d’emplois. Depuis le début du XXI e siècle, l’Europe perd année après année des places dans le peloton mondial. Selon la Banque mondiale, l’Europe représentait en 2005 près de 30,2% du PIB mondial, contre 28,1% en 2009. Avec la crise et son endettement record, elle recense un nombre croissant de chômeurs et ne trouve plus les moyens d’une politique de relance de son économie. En se fi xant pour objectif une réduction de 30% des émissions de GES d’ici à 2020, le PIK en conclut qu’il y aurait des effets bénéfi ques sur l’économie et 7 réserves fi nancières énormes lui permettent d’acheter des céréales quasiment à n’importe quel prix sur le marché mondial, ce qui peut expliquer la spéculation à la hausse observée depuis juillet dernier. Ce n’est cependant pas le cas de l’Égypte, du Maroc, de l’Iran, de l’Irak ou du Yémen. L’Égypte, dont la population est de près de 80 millions d’habitants, dépend en effet de l’extérieur pour la moitié de son approvisionnement en blé et se trouve être l’un des plus gros importateurs de blé au monde. Avec le Maroc et l’Algérie, ces trois pays représentent 15% des importations mondiales de blé. La chute récente des prix observée à la bourse de Chicago est en effet liée à la crainte d’une baisse des exportations américaines de céréales vers les pays du Moyen-Orient, laquelle trouverait son origine dans l’instabilité politique de la région et l’incapacité supposée de ces pays en révolte d’acheter des produits agricoles. Parallèlement, la même instabilité provoque d’autres craintes quant à l’approvisionnement des pays occidentaux en pétrole, et donc une spéculation à la hausse sur l’or noir. La volatilité des cours des céréales devient très préoccupante et ce, à l’échelle de la planète. Avec celle des matières premières, elle sera l’un des sujets majeurs des discussions du G20, peut-être le plus urgent à traiter, tant les risques sociaux qui peuvent en découler sont importants. Elle risque fort d’envoyer aux oubliettes les autres sujets pourtant chers à la présidence française, que sont les paradis fi scaux, la refonte du système monétaire international et la régulation fi nancière. CHARLES CALLEWAERT « Notre rythme de croissance actuel exige les ressources d’une deuxième planète pour 2030 » Jean Ben-Illouz Jean Ben-Illouz, directeur exécutif d’EQUICOOP L’économie verte, moteur de la relance ? Quelle est votre opinion sur l’utilité de la microfinance : est-elle un moyen de lutte contre la pauvreté ou constitue-t-elle un simple produit financier qui menace d’appauvrir les plus démunis ? La popularité de la microfi nance a accéléré son nécessaire essor. Cependant, le discours s’est progressivement simplifi é passant du trade not aid à « aidez les pauvres, vous gagnerez de l’argent ! ». Or, régulièrement nous constatons des taux de rendement d’activité bien inférieurs au taux d’intérêt qui leur est appliqué. Malheureusement ce genre de « détail » est occulté par l’image angélique et autonome de l’IMF 1. Les fonds ISR 2 ont besoin de valoriser socialement leur portefeuille avec des investissements en microfi nance ; les IMF reçoivent donc cette même pression à débourser le plus possible de microcrédits en maintenant leurs excellents taux de remboursement de gré… ou de force ! LA GRANDE ÉPOQUE 1 institution de microfi nance 2 investissement socialement responsable Pour en savoir plus : www.equicoop.com l’emploi. Les politiques à mener pour y parvenir ne sont pas nouvelles et consistent à s’engager réellement dans une économie à « bas carbone », en la fi nançant par l’utilisation des fonds structurels et les revenus des enchères des quotas d’émission de GES. Parallèlement, le rapport propose d’inciter fi scalement les entreprises à alléger leur empreinte carbone, de renforcer les normes thermiques des bâtiments et de standardiser les réseaux électriques intelligents. Cette réorientation permettrait d’accroître le PIB européen de 0,6% par an et de faire passer le taux d’investissement de 18% à 22% du PIB européen. CHARLES CALLEWAERT



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