Epoch Times Paris n°195 1er mar 2011
Epoch Times Paris n°195 1er mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°195 de 1er mar 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : le jasmin méditerranéen pousse-t-il à l'Est ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 International www.lagrandeepoque.com Suite de la première page Les points communs à ces révolutions sont sans nul doute les immolations par le feu, la chute du mur de la peur face aux forces de répression, ainsi que le rôle des téléphones portables, d’internet et des mass media, qui favorisent nettement la contagion de l’information. Nul ne peut savoir vers où ira ce vent de liberté. Malgré tout, des régimes radicaux, de type iranien, sont peu envisageables. Y aura-t-il une montée des différentes mouvances islamistes, avec peut-être un pouvoir islamo-républicain de type AKP, le parti turc de Tayyip Erdogan, cautionné par les puissances occidentales ? Y aura-t-il un effet domino et de contagion des révolutions de la rue dans les autres pays du Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, qui entraînerait des répressions parfois très violentes ? Répondre à ces questions suppose de dépasser des a priori et assimilations rapides sur les régimes forts, remparts contre l’islamisme, sur le rôle de l’armée ou le spontanéisme de mouvements démocratiques. L’armée a joué en Tunisie, puis en Égypte, un rôle central face à des régimes vieillissants ayant perdu de leur légitimité. Dans la plupart des pays, cette confi guration ne se retrouve pas. Il importe surtout de rappeler le caractère imprévisible des mouvements de masse et l’incertitude dans laquelle se trouvent les « spécialistes », dont il est souvent préférable d’oublier rapidement les prévisions. On observe des similitudes mais surtout de fortes différences, interdisant les amalgames, entre les sociétés et les États du Maghreb et ceux du Machrek. Le face à face entre un État patrimonialiste, clientéliste, et des mouvances islamistes pour les classes démunies dépend largement de la constitution ou non de classes moyennes, du tissu économique, de l’organisation de la société et du rôle historique de l’armée. En nous limitant à l’Afrique méditerranéenne, essayons de rappeler les différences importantes, au-delà des mêmes aspirations démocratiques et des convergences des mouvements populaires. Sur le plan politique dominent certes des régimes rentiers patrimonialistes et clientélistes liés à des recettes extérieures : hydrocarbure et transferts des migrants pour l’Algérie et la Libye, aide stratégique, tourisme, transferts des migrants pour l’Égypte, tourisme et transferts de migrants pour le Maroc et la Tunisie. Ces richesses sont captées par des classes-État et des régimes politiques caractérisés par une longévité de leurs dirigeants, avec de fortes asymétries entre le pouvoir et les populations. La légitimité initiale des régimes autoritaires au lendemain des indépendances (lutte anti-colonialiste, panarabisme, nationalisme anti-occidental et anti-ottoman) s’est progressivement érodée et a fait place à des pouvoirs personnalisés et à des satrapes accumulant des fortunes. Le sérail politique est vieillissant. Mais, en même temps, les régimes politiques diffèrent selon les histoires propres à chaque société. Les États égyptien et marocain ont une longue histoire, à la différence de l’Algérie ou de la Libye. La Tunisie et la Libye ont une grande unité ethno-linguistique, à la différence de l’Algérie et du Maroc. L’Égypte a une plus grande hétérogénéité religieuse avec le poids des coptes. Le caractère personnalisé du pouvoir en Tunisie, en Égypte et en Libye diffère du système politique militaropétrolier existant en Algérie, ou encore de la légitimité monarchique de l’État chérifi en où le roi a, comme en Jordanie, une fi gure unifi catrice. L’armée (plus de 450.000 hommes) joue un rôle déterminant en Égypte, en ayant à la fois le pouvoir politique et économique. Elle a un rôle essentiel en Algérie avec une moindre légitimité politique. Elle est plutôt républicaine en Tunisie, légitimiste au Maroc, alors que les tribus en Libye sont fi dèles au « roi des rois traditionnels de l’Afrique ». La Tunisie a les conditions les meilleures pour construire une démocratie moderne avec État de droit, élections libres, séparation des pouvoirs et laïcité de la constitution, tout en n’étant pas un enjeu géopolitique majeur. Elle dispose d’un poids élevé des syndicats, d’un bon niveau de formation des jeunes, de la montée de classes moyennes, de l’absence de clergé, et d’une armée républicaine. Les pays d’Afrique du Nord ont connu une explosion démographique depuis les indépendances. La population égyptienne, qui était de 20 millions en 1952, est aujourd’hui de 85 millions et devrait se situer à plus de 110 millions en 2020. En 50 ans, elle est passée (en millions) de 10,8 à 35 pour l’Algérie, de 11,6 à 31,2 pour le Maroc et de 4,2 à 10 pour la Tunisie. La transition démographique, en relation avec la scolarisation notamment des femmes, a conduit dans les différents pays arabes à un bonus, en terme de poids des actifs par rapport aux non actifs, mais également à une « bombe » liée aux cohortes très nombreuses de jeunes à la recherche d’emplois. Le chômage est endémique et touche de plus en plus des diplômés sans perspectives et branchés sur les informations mondiales et les NTIC. L’Egypte est au 107 e rang mondial du chômage, le Maroc au 109 e rang, l’Algérie au 110 e et la Tunisie au 140 e rang mondial. Au-delà de ces chiffres, les situations diffèrent évidemment selon le niveau de formation et l’importance du chômage des diplômés. Le contrat social dominant, reposant sur l’acceptation de régimes non-démocratiques moyennant l’accès au minimum de subsistance pour les populations (faible pauvreté monétaire, scolarisation, subventions des produits de première nécessité notamment alimentaires), est fragile et ne correspond pas à la montée des classes moyennes voulant obtenir des droits civiques. Les sociétés se sont urbanisées et scolarisées ; elles ont développé des mouvements associatifs (exemples de l’Égypte et du Maroc) et syndicaux (cas de la Tunisie). Mais l’ascenseur social s’est grippé et l’investissement scolaire a plutôt accru les frustrations que formé des compétences utilisées par le système productif. Les classes moyennes libérales jouent un rôle croissant en Tunisie, à la différence des autres pays arabes. Le taux d’accès à l’enseignement supérieur atteint 30% en Tunisie contre seulement 15% au Maroc. Les cinq États sont à la fois des pays de transit migratoire, mais aussi d’émigration, du fait de leur position géographique frontale à l’espace Schengen. L’émigration est un amortisseur social, comme exutoire, mais aussi comme source de transfert. Les émigrés représentaient en 2009 5,3% du PIB en Tunisie, 6,6% au Maroc, 4% en Égypte, contre 1,4% en Algérie. Les économies des cinq pays d’Afrique méditerranéenne connaissent une croissance économique notable mais génératrice de fortes inégalités. Celle-ci a été forte entre 1975 et 1981 avec un taux de croissance du revenu par tête de 3,2% puis a relativement stagné entre 1987 et 1997 (0,4%) pour connaître depuis une croissance supérieure à 3%. Les pays ont à faire face à des défi s environnementaux proches liés aux ressources naturelles limitées : terres arables, eau, avec une forte concentration de population le long du littoral. L’ajustement structurel a conduit à des réformes au Maroc et en Tunisie dans les années 1980, en Égypte dans les années 1990 et plus récemment en Algérie. La privatisation s’est traduite non pas par un jeu concurrentiel accru mais par la constitution de conglomérats en situation de quasi monopole. Les relations personnelles l’ont emporté sur les réformes institutionnelles (autorité de la concurrence, transparence des marchés publics). Les groupes 1 – 15 MARS 2011 ● La Grande Époque Tsunami emportant le monde arabe ou annonce d’un printemps démocratique ? « Le vent qui souffl e sur l’Afrique n’est pas un vent ordinaire c’est un ouragan. » Leopold Sedar- Senghor économiques sont pour l’essentiel familiaux, liés au pouvoir politique et rendent diffi cile l’émergence d’entrepreneurs et de réseaux de PME. L’ouverture économique s’est accompagnée d’une fermeture politique et d’un chevauchement entre les jeux économiques et politiques. Mais le mode de développement de ces cinq économies diffère fortement. Cette menace de tsunami ou cette annonce d’un printemps démocratique remet évidemment en cause l’échiquier et les enjeux internationaux. Personne ne peut savoir jusqu’où ira ce vent de la contestation, quelles seront les réformes mises en place et sur quelles bases se reconstruiront les régimes politiques. Les grandes puissances occidentales sont prises dans un dilemme. Comment prendre en compte ce vent de liberté qui souffl e avec force sans que les alliances stratégiques ne soient remises en cause ou que les situations ne deviennent incontrôlables. À l’inverse de l’Union européenne, les États-Unis ont su anticiper ces mouvements sociaux, révoltes ou encore rebellions, rompant ainsi avec les alliances coupables. Ils ont avalisé les départs de Ben Ali ou de Moubarak. L’Union européenne a été particulièrement silencieuse alors que ces pays, exception faite de la Libye, font partie de l’Union pour la méditerranée (UPM). Elle a longtemps soutenu des régimes peu légitimes dont les rivalités faisaient échouer l’UPM, sans prendre en compte ce nouveau vent qui souffl ait dans le monde arabe. Les régimes totalitaires, à commencer par la Chine, ont contrôlé les images en provenance des pays en contestation pour éviter une contagion interne. Al-Qaïda a jusqu’à présent été très discrète. De nombreux satrapes africains ont considéré que la Tunisie n’était pas un exemple pour le continent, et la dernière réunion de l’Union africaine à Addis Abéba a montré que la plupart des responsables africains ayant acquis le pouvoir par la force considèrent que la démocratie doit prendre en compte la culture africaine (propos du dictateur Obiang président de l’UA) ou la paix (propos du président de la Commission Ping). Les grandes puissances musulmanes non arabes, la Turquie et l’Iran seront-elles les bénéfi ciaires d’une confl agration des principales puissances arabes ? Aujourd’hui, la jeunesse regarde davantage vers la Turquie que vers l’Iran. Les opérateurs turcs conquièrent des marchés croissants dans les anciens sujets de l’Empire ottoman. La Palestine et Israël sont évidemment les plus directement concernés, et ce de par les liens entre les Frères musulmans et le Hamas ainsi que par la fragilité d’États comme l’Égypte, historique allié d’Israël. PHILIPPE HUGON Directeur de recherche à l’IRIS MARCO LONGARI/AFP/Getty Images Le nouveau drapeau national lybien, déployé à Tobruk, dans l’est de la Lybie, le 25 février. Je m’intéresse au monde, je lis La Grande Époque Abonnez-vous dès aujourd'hui en remplissant le bulletin d'abonnement page 15 33 PAYS 17 LANGUES 1 JOURNAL La Grande Époque The Epoch Times
La Grande Époque ● 1 – 15 MARS 2011 www.lagrandeepoque.com 3 Kadhafi : agonie, malgré l’épée de Bolivar offerte par Chavez Où trouver La Grande Époque à Paris ? Quelques adresses : CARACAS - Cuba, par la plume de Fidel Castro, le Nicaragua du président sandiniste Daniel Ortega et le Venezuela bolivarien d'Hugo Chavez sont les seuls ou presque à affi cher encore leur appui à Mouammar Kadhafi. Mitraillant le peuple soulevé, le régime du dictateur libyen est à l'agonie, malgré l'épée que Chavez offrit à Kadhafi, celle du légendaire Simon Bolivar, libertador historique de l'Amérique du Sud soumise au colonisateur espagnol. Il s'agit plus exactement d'une réplique de cette épée, aussi vénérée par les socialistes chavistes que l'était Durandal par le chevalier Roland et l'empereur Charlemagne en lutte contre les Sarrasins. En lui faisant ce présent extraordinaire le 28 septembre 2009 sur l'île vénézuélienne de Margarita, au lendemain du II e Sommet Amérique du Sud - Afrique, le président Chavez s'adressa solennellement comme suit au maître de Tripoli, en qui il voit encore un ami et allié en dépit des tueries dont il endeuille aujourd'hui la Libye : « Compagnon président Mouammar Kadhafi, ceci est la réplique de l'épée qui libéra l'Amérique il y a deux cents ans. C'est un bijou. Les peuples l'offrirent à Bolivar. (...) Elle a plus de trois mille pierres précieuses. L'originale était en or, en or pur. Cette épée est vivante et aujourd'hui elle chemine en Amérique latine. Au nom de notre peuple, de la Révolution bolivarienne, je te la remets, à toi soldat révolutionnaire, leader du peuple libyen, de la Révolution libyenne, leader des peuples d'Afrique et leader aussi aux yeux des peuples d'Amérique latine et des Caraïbes. Vive Bolivar ! Vive Kadhafi ! » Selon l'agence de presse espagnole EFE, Hugo Chavez poussa le bouchon jusqu'à affirmer : « Ce qu'est Bolivar pour nous, Mouammar Kadhafi l'est pour le peuple libyen ». Cette phrase monumentale n'apparaît pas dans notre extrait du reportage télévisé en direct de la cérémonie, retransmise obligatoirement à l'époque par toutes les chaînes publiques et privées du Venezuela. La conclusion du journaliste chaviste en charge du reportage est, elle, très audible : « Il est ainsi démontré que l'épée de Simon Bolivar ne chemine pas seulement en Amérique latine, mais aussi sur le continent africain ». L'opposition vénézuélienne souhaite que Kadhafi rende l'épée Le drame du peuple libyen a remis la fameuse épée sous les projecteurs de l'actualité. Lors d'une séance de l'Assemblée nationale vénézuélienne, jeudi dernier, le député d'opposition Gustavo Marcano pria le ministre des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, de ne pas laisser l'épée de Bolivar en mains indignes et donc d'appeler Kadhafi pour lui demander de la rendre. Le ministre Maduro, homme de confi ance d'Hugo Chavez, n'apprécia pas. En guise de réponse et très applaudi par les députés chavistes vêtus de rouge, il fi t pendant dix minutes l'éloge du rôle historique qu'il attribue à Mouammar Kadhafi en Libye, en Afrique, ainsi qu'au sein de l'OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et du Mouvement des non-alignés. Comme Fidel Castro, le ministre croit que la Libye est menacée d'une « occupation militaire » étrangère pour son pétrole. Et Nicolas Maduro de conclure : « L'épée de Bolivar est aujourd'hui libre. Elle court de par le monde, avec sa valeur d'exemple, avec sa pensée, bien représentée, bien arborée, par notre peuple, par les peuples du monde, par les peuples d'Amérique latine. Cette épée est aujourd'hui revêtue de dignité ». Hugo Chavez, qui suivait probablement la séance parlementaire sur un téléviseur du palais présidentiel, avait alors déjà applaudi le ministre Maduro en pianotant sur son compte Twitter : « En avant chancelier Nicolas : donne-lui une autre leçon à cette extrême droite pitiyanki ! [désignation habituelle par Chavez de toute opposition -ndlr] Vive la Libye et son Indépendance ! Kadhafi affronte une guerre civile ! » Pour l'heure, l'épée de Bolivar restera donc à Tripoli. Que les nouveaux révolutionnaires anti-Kadhafi l'empoignent serait une image très commentée à Caracas. Une prédiction, insinueraient même les antichavistes. Latin Reporters Hôtel Mansart, 5 rue des Capucines, 75001 Paris Théâtre Le Dejazet, 41, boulevard du Temple, 75003 Paris Boulangerie Vitry d'Aubigny, 133, rue Sèvres, 75006 Paris Brasserie Lutetia, 23, rue de Sèvres, 75006 Paris Les Deux Magots, 6, place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris Café de Flore, 172, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris Le Bonaparte, 42, rue Bonaparte, 75006 Paris Restaurant François Coppée, 1, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris Boulangerie Délices de Sèvres, 70, rue de Sèvres, 75007 Paris Boulangerie Malo, 54, rue de Sèvres, 75007 Paris Les Vins du Terroir, 34, avenue Duquesne, 75007 Paris Le Concorde, 239, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris À La Dauphine, 237, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris Café Le Bourbon, place du Palais Bourbon, 75007 Paris Hotel Fouquet’s Barrière, 46 avenue George V, 75008 Paris Plaza Athenee, 25 Avenue Montaigne, 75008 Paris Le Paris London, 16, place de la Madeleine, 75008 Paris Restaurant Hédiard, 21, place de la Madeleine, 75008 Paris La Grande Époque, 83, rue du Château des Rentiers, 75013 Paris Maroquinerie Mozart, 13, avenue Mozart, 75016 Paris Suède : une plaie ancienne non refermée Olof Palme à Stockholm en 1980. STOCKHOLM — Les Suédois se souviennent du meurtre du Premier ministre Olof Palme, 25 ans après les faits – un événement qui reste pour les scandinaves une tragédie comparable à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Depuis le 1er mars 1986, des dizaines de scénarios ont été proposés pour expliquer l’assassinat de l’homme politique, sans que les responsabilités soient jamais clairement établies. La plupart des Suédois suffi samment âgés à l’époque se souviennent de cette matinée où l’assassinat du Premier ministre a été annoncé. Un homme armé seul l’a abattu à la sortie d’un cinéma en plein centre de Stockholm. Il y était avec sa femme, sans garde du corps comme c’était la norme en Suède à cette époque. L’enquête sur ce premier assassinat politique de l’histoire contemporaine en Suède a été émaillée de scandales et de controverses. L’assassin présumé, Christer Pettersson, a été condamné trois ans après, en 1989, et acquitté la même année après avoir fait appel. Il est mort libre en 2004, alors qu’un de ses amis proches affirme que Petersson lui avait avoué être l’assassin du Premier ministre, avec comme mobile le refus de celui-ci d’accorder la grâce à un de ses anciens co-détenus – Petterson avait déjà eu affaire à la police. Olof Palme était une personnalité rayonnante de la vie politique suédoise, aussi détesté de ses ennemis qu’il était adoré par la plupart des Suédois. Une pléthore de théories sur les commanditaires de son assassinat, liées à ses prises de position publiques, demeurent vivement débattues un quart de siècle après : les agences de renseignement étrangères, les nationalistes kurdes du PKK, voire la police suédoise ellemême. Les crimes graves n’étant en Suède plus prescrits 25 ans après les faits, l’enquête est toujours active, menée par trois policiers et un expert indépendant. Le dossier d’enquête est le plus volumineux de l’histoire mondiale du crime, affirme Stig Edqvist, un des enquêteurs, dépassant même le International AFP/Getty Images dossier Kennedy : 225 m² d’étagères sont remplies par les documents d’enquête, et il a été calculé qu’un avocat qui déciderait de les lire intégralement mettrait dix ans, à raison de 300 pages par jours – week-ends compris. Plus de 130 personnes ont avoué le crime, multipliant exponentiellement les pistes d’enquêtes autour des affabulations sur le sujet. Kerstin Skarp, directeur de l’enquête, n’en voit pas la fi n et considère qu’au vu du nombre de pistes ouvertes, l’enquête pourrait durer indéfi niment. BARBRO PLOGANDER ET ARON LAMM



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