Epoch Times Paris n°193 1er fév 2011
Epoch Times Paris n°193 1er fév 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°193 de 1er fév 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : l'avenir incertain des relations commerciales entre Canada et Émirats.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 International www.lagrandeepoque.com 1 – 15 FÉVRIER 2011 ● La Grande Époque Comment peut se terminer le blocage politique en Côte d’Ivoire ? Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS Au-delà de la situation dramatique subie par les Ivoiriens, du spectre de la guerre civile et de possibles confl its violents, le blocage actuel de la Côte d’Ivoire est un cas d’école d’un affrontement entre la vision souverainiste ethno-nationaliste et anticoloniale sur laquelle joue Laurent Gbagbo considérant les Nations unies comme des forces d’ingérence et la conception internationaliste et légaliste sur laquelle s’appuie Alassane Ouattara. Chacun n’a pu réellement sortir, jusqu’à présent, de cette posture. La Côte d’Ivoire demeure territorialement divisée entre le Nord et le Sud et a de fait un pouvoir bicéphale au Sud. Elle a, près de deux mois après les élections, deux présidents, deux premiers ministres et deux gouvernements. Une situation qui demeure bloquée sur le plan politique et économique La situation politique, institutionnelle mais également économique, fi nancière de la Côte d’Ivoire demeure bloquée. Le temps s’y écoule sans perspective nouvelle. Comme le dit Hâmpate Bâ aux Occidentaux : « Nous avons le temps et vous avez la montre ». Les affrontements ont fait depuis deux mois 260 morts (source ONU) avec de possibles charniers. L’économie ivoirienne est paralysée. On estime à plus de 500 000 les pertes d’emplois. Les départs d’immigrés ont été supérieurs à 1 million. Les grands groupes peuvent faire le gros dos mais la situation est catastrophique pour les PME où les Libanais mais également les Ivoiriens ont un rôle central. Les fi lières du cacao et du café se sont maintenues (1,2 millions de tonnes soit 40% des exportations mondiales) mais avec un fort ralentissement pour les secteurs de PME. Le trafi c du port d’Abidjan s’est réduit de moitié. Les primes de risques des grands groupes ont fl ambé. L’administration est divisée et paralysée. Un échec diplomatique et des sanctions de la communauté internationale Il y a eu conjonction de médiations, de sanctions et condamnations de l’UA, de l’UEMOA, de l’UE, du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que des menaces d’intervention militaire de la part de la PUBLICITÉ FRANCE CEDEAO. Le front a été jusqu’à présent peu fi ssuré même si la Russie a cherché à bénéfi cier de la situation et même si l’Angola a apporté son appui militaire. Mais la condamnation de Gbagbo est surtout restée au niveau de la rhétorique. Laurent Gbagbo a fait le gros dos et a pratiqué une posture de hérisson. La conférence des chefs d’Etat de l’UEMOA vient de se tenir samedi 22 janvier à Bamako en présence de Guillaume Soro représentant Alassane Ouattara. Le gouverneur de la BCEAO, proche de Laurent Gbagbo, a été contraint de démissionner et l’UEMOA a confirmé son appui à Ouattara. Parallèlement, des tensions croissantes apparaissent entre la France et Laurent Gbagbo, suite à la nonaccréditation de l’ambassadeur de France par Laurent Gbagbo, mesure considérée comme nulle, par Ouattara. Les armes dont disposent Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara Chacun des protagonistes dispose d’armes différentes. La légalité interne et la légitimité internationale sont du côté de Alassane Ouattara mais Laurent Gbagbo dispose de la force, de la puissance de feu et d’une légitimité auprès d’une partie de la population du Sud qui est persuadée qu’il a gagné et (ou) qu’il est victime d’un complot étranger et qu’il y a ingérence voire recolonisation de la Côte d’Ivoire. Le temps peut être favorable à Laurent Gbagbo. Celui-ci veut jouer sur la lassitude de la communauté internationale, sur les fi ssures au sein des pays africains et de la communauté internationale et surtout sur les risques de guerre civile et d’affrontements entre armées. Gbagbo dispose de nombreuses armes : un art consommé de la manipulation, l’armée et plus exactement les forces spéciales de sécurité (environ 5000 fi dèles), les jeunes patriotes de Blé Goudé, la possibilité de faire participer les escadrons de la mort ou des milices et ainsi de jouer sur la peur. Il bénéfi cie également de l’appui de l’Angola et des mercenaires libériens, de la possibilité de manipuler l’information en contrôlant les médias, et enfi n du soutien d’intellectuels enseignants, étudiants et du sous prolétariat urbain. Il s’appuie sur un discours ethno-nationaliste, populiste, vantant une seconde décolonisation, SIA KAMBOU/AFP/Getty Images Le chef de l’Union Africaine, Bingu wa Mutharika (G), parle avec le Président sortant de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo (D) dénonce les candidats de l’étranger et instrumentalise l’ethnicité. Il est convaincu que Ouattara était à l’origine de la rébellion de 2002. La mémoire des morts suite à l’intervention militaire française de 2004 reste un traumatisme et un argumentaire de poids. Ce discours africain d’un résistant contre le monde occidental (à la Mugabe) et les ingérences internationales est séduisant auprès de certains Africains. Avec habileté, Laurent Gbagbo a par ailleurs signé des contrats avant les élections avec plusieurs grands groupes français (Bouygues, Bolloré, Total). Il dispose de réseaux France Afrique qu’il sait activer et joue sur la menace concernant la sécurité des 15 000 Français (dont 60% de binationaux). Il sait jouer de l’argumentaire deux poids deux mesures en notant le caractère non démocratique de nombreux régimes africains qui le condamnent. Les gels des avoirs de la part de l’UE, les menaces de la CPI, les ultimatums pour son départ ont plutôt renforcé sa stature de résistant. En revanche, Laurent Gbagbo a besoin de 70 milliards FCFA par mois pour payer les fonctionnaires et les militaires. Or il a hypothéqué pour deux ans les recettes pétrolières (110 milliards FCFA) et risque de ne pas bénéfi - cier des recettes cacaoyères (329 milliards FCFA). Il peut toutefois bénéfi cier de fi s- sures dans la communauté internationale et d’appuis de pays prêts à profi ter des opportunités d’obtention de contrats ou de position diplomatique face aux Etats-Unis, à l’Union européenne et à la France. De son côté, Alassane Ouattara a gagné la bataille diplomatique. Il veut gagner la bataille de l’asphyxie économique et fi nancière. Il a la légitimité de la victoire électorale mais n’a pu mobiliser ses partisans dans la rue. Il a l’appui du Nord dont il est originaire et la stature d’un ancien premier ministre d’Houphouët-Boigny ainsi que celle d’un directeur adjoint du FMI. Il a la plus grande légitimité auprès de la communauté fi nancière internationale pour redresser l’économie et les fi nances du pays. Mais il a été relativement absent, en dehors de déclarations verbales et n’a pu montrer sa posture de chef d’Etat étant dépendant de la protection de l’ONUCI. Il est resté enfermé dans son hôtel et ne pourra participer à la prochaine réunion de l’UA que par l’intervention des hélicoptères de l’ONUCI. Il bénéfi cie des Forces nouvelles (4000 hommes) pouvant recevoir des appuis africains. Il peut surtout bénéfi cier de l’assèchement économique et fi nancier de Laurent Gbagbo du fait de l’affectation des comptes de la BCEAO ou du boycott des exportations du cacao et du café. Quelles sont les perspectives, après près de deux mois d’impasse ? Tout a été fait, jusqu’à présent, pour éviter le scénario du pire, celui de la guerre civile. Mais les médiations de la CEDEAO et de l’UA ont échoué comme prévu et les solutions diplomatiques ont montré leurs limites. Les sanctions de l’UE, de la Banque mondiale ou du FMI ainsi que les menaces de la CPI n’ont eu que peu d’impact. L’ONU a envoyé 2000 casques bleus supplémentaires et la force de la Licorne est aux aguets pour faire face à des violences et protéger les populations. Les réunions des chefs d’Etat major de la CEDEAO continuent de faire planer la menace d’une intervention militaire. Plusieurs scenarii sont possibles. Le départ de Laurent Gbagbo « à la haïtienne » paraît plus que jamais improbable. Une cohabitation à la zimbabwéenne ou à la kenyane a montré ses limites et la médiation d’Odinga mandaté par l’UA a échoué. Un affrontement entre les Forces nouvelles d’un côté et l’armée loyaliste appuyée par l’Angola et secondée par les mercenaires libériens de l’autre, présenterait des risques très élevés de guerre civile et aurait des coûts considérables non seulement pour la Côte d’Ivoire mais également pour la région. Il paraît impossible que la CEDEAO puisse mobiliser 20.000 hommes dont elle aurait besoin pour affronter les troupes fi dèles à Laurent Gbagbo. Une opération ciblée éclair concernant Gbagbo de type Entebbe est peu réalisable du fait du système de protection assuré notamment par les Israéliens. Une partition du pays en deux conduirait à un retour à la case départ et entérinerait une opposition entre le Sud économiquement utile et le Nord enclavé. Un coup d’Etat militaire est toujours possible même si Gbagbo contrôle les forces spéciales de sécurité. De nouvelles élections auraient pu être proposées par le Conseil constitutionnel mais on reviendrait à la case départ alors que les élections ivoiriennes ont été les plus chères que l’on ait connues dans le monde. Le clan Gbagbo propose un recomptage des voix alors que celui-ci a été plusieurs fois réalisé. De nouvelles élections partielles pourraient être envisagées dans les zones les plus litigieuses. L’étranglement économique et fi nancier a des coûts élevés pour les populations mais il peut asphyxier le « système » Gbagbo. Les mouvements populaires ont été jusqu’à présent limités et ils demeurent très risqués vu le déploiement des armes mais ils peuvent se développer avec le non paiement des fonctionnaires, la fl ambée des prix notamment alimentaires et la montée du chômage. C’est par ces mouvements qu’Alassane Ouattara tirera sa forte légitimité. Peu de pays ont autant mobilisé de fi nancement et d’efforts de la communauté internationale pour sortir de la crise. Chacun sait qu’une crise durable ou des affrontements violents concerneraient toute l’Afrique de l’Ouest. Les défi s à relever post-crise et confl it sont considérables. Si Alassane Ouattara l’emporte en défi nitive, il devra réaliser une pacifi cation durable et une reconstruction économique avec l’adhésion de la population et pas seulement des appuis extérieurs.
La Grande Époque ● 1 – 15 FÉVRIER 2011 Une exposition controversée de cadavres humains plastinés qui fait le tour du monde s'est butée à des problèmes pécuniaires et affirme ne plus être en mesure de fi nancer ses propres expositions. L'exposition Bodies de Premier Exhibitions, qui met en vedette des cadavres disséqués adoptant différentes positions, ne poursuivra pas sa tournée après sa présentation qui a pris fi n à Winnipeg la semaine dernière. Toutefois, l'entreprise laisse la porte ouverte à l'exposition de ses cadavres, qui sont empruntés à la Chine, aussi longtemps qu'elle sera appuyée fi nancièrement par un commanditaire. Premier Exhibitions, qui a été critiqué à de nombreuses reprises en relation avec la provenance des cadavres exposés, soutient avoir obtenu les dépouilles du régime chinois, mais ne peut prouver qu'elles ne sont pas celles de prisonniers politiques ou de pratiquants de Falun Gong, selon les médias. Les détracteurs de l'exposition affirment aussi que Premier est incapable de prouver que les familles ont consenti à ce que les cadavres soient exposés. Durant les quatre mois de l'exposition à Winnipeg, les avocats spécialistes des droits de la personne David Matas et Norman Boudreau, qui représentent la Coalition d'investigation sur la persécution du Falun Gong (CIPFG), ont demandé à la province du Manitoba de saisir les corps et de les enterrer, se référant à une loi provinciale sur l'anatomie. Lorsque la province a indiqué qu'elle n'avait pas l'autorité légale pour agir, les deux avocats ont demandé aux tribunaux de trancher. Maintenant que Premier a annulé ses futures expositions, les avocats ont retiré leur demande que les cadavres soient saisis. Me Boudreau affirme qu'il continuera à demander aux tribunaux de se prononcer pour établir si la province aurait l'autorité de saisir de tels cadavres si l'occasion se présente à nouveau. Il a aussi dit que son client ne pouvait défrayer les 250 000 $ requis pour entreposer les cadavres dans l'attente d'une décision des tribunaux quant à leur enterrement. « Si une situation similaire se reproduit à l'avenir nous pourrons nous baser sur cette décision », explique Me Boudreau. « Espérons que le gouvernement modifi era la loi et obligera, comme dans l'État de New York, que les exposants prouvent qu'ils ont le consentement des individus décédés ou de leurs familles. » En mai 2008, le procureur général de l’État de New York, Andrew M. Cuomo, avait jugé que Premier était « incapable de réfuter les allégations selon lesquelles les corps exposés proviennent de prisonniers chinois » et que « La triste réalité est que Premier Exhibitions a profi té de l’exposition des restes d’individus qui ont peut-être été torturés et exécutés en Chine ». Ainsi, Premier avait été obligé de se plier à certaines conditions, dont l’obtention des preuves de la provenance des corps. David Matas est connu pour son enquête au sujet des prélèvements d'organes forcés contre les pratiquants de la méditation Falun Gong en Chine. Ses recherches ont démontré qu'après le début de la persécution du Falun Gong en 1999, les transplantations d'organes ont augmenté par milliers www.lagrandeepoque.com sans qu'on puisse en expliquer la source. Entre 2000 et 2005, 41 500 transplantations ont été réalisées sans que le donneur puisse être identifié. « Si les prisons et les hôpitaux chinois tuent des gens pour leurs organes afi n de faire de l'argent, ils pourraient aussi bien les tuer pour la plastination, qui constitue également une entreprise lucrative […] Selon moi, il n'est pas de notre responsabilité de prouver que la source [des cadavres] est illicite, c'est à eux de prouver qu'elle est légitime », a-t-il affirmé en entrevue avec CTV le 13 janvier 2011. Chine Un pianiste chinois joue un air de propagande anti-américaine à la Maison Blanche Pour les Chinois, les États- Unis se sont fait humilier. Lors de la visite offi cielle du Président chinois Hu Jintao aux Etats- Unis, un pianiste chinois, Lang Lang, a joué en plein cœur de la Maison Blanche une composition anti-américaine datant de la guerre de Corée. Plutôt fi er de lui, le pianiste Lang Lang explique avoir sciemment choisi ce morceau, que le président Hu Jintao a reconnu dès qu’il l’a entendu. Au dîner de la Maison Blanche le 19 janvier, environ six minutes avant sa prestation, Lang Lang a commencé à pianoter une mélodie bien connue de propagande anti-américaine contre la Guerre en Corée ; le thème de la chanson du fi lm : Bataille sur la Montagne Shangangling. Le fi lm dépeint un groupe « d’hommes du peuple volontaires de l’Armée », des soldats, au début, sont cernés à Shangangling (ou Colline Triangle) puis, quand les renforts arrivent, prennent leurs fusils et contre-attaquent les « chacals » des militaires américains. Le fi lm et la chanson sont largement connus en Chine et la chanson a été une pièce maîtresse de la propagande antiaméricaine faite par le Parti Communiste Chinois (PCC), pendant des décennies. La propagande du PCC a toujours fait référence à la Guerre en Corée comme le « mouvement pour résister à l’Amérique et aider la Corée ». Les États-Unis étaient (sont ?) perçus comme un ennemi qui, dans le combat de la Guerre de Corée, cherchait à envahir la Chine. La victoire à la Colline Triangle avait donc été vécue comme une victoire sur les impérialistes. « Quand les amis sont là, il y a du bon vin/Mais quand le chacal arrive/Ce qu’il trouve c’est le fusil de chasse ». Le « chacal » dans la chanson représente les États- Unis. Le titre de la chanson est Ma Patrie, intitulée à l’origine Grande Rivière. Dans une émission sur la télévision Phoenix, la première chose que Lang Lang ait dite c’est qu’il a choisi le morceau. Puis, il a ajouté : « J’ai pensé à jouer Ma Patrie parce que je crois que jouer cette musique au banquet de la Maison Blanche peut nous aider, nous les Chinois, à nous sentir très fi ers de nous-mêmes et exprimer nos sentiments à travers la chanson. Je pense que c’est particulièrement bénéfi que. Mais j’aime aussi l’air et pour çà, à Lang lang, un pianiste chinois, à la Maison Blanche le 19 janvier 2011. chaque fois que je l’entends, je me sens complètement transporté ». Il a exprimé cette idée plus franchement sur un blog posté plus tard, écrivant : « Jouer cette chanson, en louant la Chine aux grands des Etats du monde entier semble leur dire que notre Chine est formidable, que notre peuple chinois est uni ; que je me sens profondément honoré et fi er ». Propagande Ma Patrie, jouée à la Maison Blanche sera considérée, en Chine, comme un triomphe de la propagande. « Aux yeux de tous les Chinois, ceci ne sera pas vu comme quelque chose d’autre qu’une grosse insulte envers les États-Unis » affirme Yang Jingduan, un psychiatre chinois vivant actuellement à Philadelphie qui avait été, en Chine, médecin dans l’armée chinoise. « Cela revient à vous insulter en face et vous ne le savez pas, c’est humiliant. » Yang a vu le choix de cette musique par Lang Lang comme une expression de la propagande anti-américaine constante en Chine. « Ce chauvinisme profondément anti-américain a été brandi par le PCC pendant des années ; Lang Lang exprime les sentiments de cette génération de jeunes gens en colère », affirme Yang. Un exemple bien connu de tels sentiments a été vu le 11 septembre 2001, lorsque les salles de discussions chinoises étaient pleines de jeunes personnes célébrant cet acte de terreur comme une défaite américaine. Ces derniers jours, enthousiasmés par cette affaire, les chinois patriotes ont fait circuler le clip. Un cyber citoyen a écrit « le bon endroit, le bon moment, la bonne chanson ! » La phrase « le bon endroit, le bon moment, la bonne chanson » fait écho à la propagande chinoise et constitue une déclaration de victoire sur les États-Unis. Un général américain est cité dans la propagande, décrivant la Guerre de Corée comme étant « la mauvaise guerre, au mauvais moment, au mauvais endroit, contre le mauvais ennemi », ce qui a été considéré comme un aveu de défaite. Un autre chinois s’exprimant sur un forum, a réagi à l’interprétation de Lang Lang en écrivant : « Vaincre l’Amérique, vaincre JONZAC – VILLE THERMALE 17500 JONZAC VILLE THERMALE. Ensemble 3 PAVILLONS sur 3000 m² clôturés comprenant 9 studios,3 T2 et un pavillon 5 pièces. Les studios et T2 sont meublés. Le pavillon est vide. LOCATION pour CURISTES ou à L'AN- NEE. AFFAIRE A DEVELOPPER. POSSIBLE DE FAIRE 3 LOTS. Nous vendons pour partir en retraite. TEL. 05 46 48 22 91 ou O6 24 76 88 03 Copie d’écran sur Youtube Obama » (écrivant le nom d’Obama avec le premier caractère faux, signifi ant « creux » ou « cabossé ». D’autres ont écrit des commentaires comme : « Ouch ! » ; « Ne le savaient-ils pas ? » ; « Où se trouvaient les Affaires étrangères des États-Unis ? » et « Très bien. Mon impression de Lang Lang est réellement changée ». Beaucoup de Chinois modérés ont par contre exprimé leur déception face à l’attitude de leurs compatriotes. Un blog chinois cite le « Professeur A » déclarant : « Chacun sait que ‘Shangangling’vient du fi lm Résistez à l’Amérique, soutenez la Corée, et je pense que Lang Lang le savait aussi. S’il connaissait le contexte de la chanson et a choisi expressément de la jouer, alors, cela en dit long sur sa motivation ou ses capacités intellectuelles. S’il ne le connaissait pas, alors le système éducatif de Chine continentale est plus catastrophique que je ne le pensais… » « Supposez un moment qu’Obama soit invité à une réception en Chine et qu’il invite un artiste américain, qui a joué en Chine pendant de nombreuses années, à L'exposition Bodies met un terme à sa tournée sur fonds d'allégations 5 interpréter une chanson de guerre contre la Chine, quel type de réaction pensez-vous que le gouvernement et le peuple chinois auront ? …Je pense que le gouvernement américain ne connaît pas le contexte de cette chanson — s’il le savait, ne serait-il pas offensé ? » Humilier les États-Unis Le 21 janvier, lors d’une conférence de presse, l’activiste démocrate Wei Jingsheng, a commenté l’interprétation de Lang Lang à la Maison Blanche. Wei a souligné combien les administrations américaines ont échoué à comprendre le PCC. Il affirme : « Ces dictateurs [communistes chinois]… ne voudront pas les mêmes valeurs et civilisation que l’Occident démocratique. Ils n’ont aucune hésitation à utiliser des subterfuges et à insulter au mieux de leur avantage, les gens chez eux, aussi bien que leurs hôtes étrangers, même à la Maison Blanche ». Si les offi ciels chinois ont voulu que Lang Lang joue ce morceau, sa représentation à la Maison Blanche s’inscrit dans un schéma général de propagande chinoise attaquant les États-Unis. De subtils détails sont utilisés pour humilier les États-Unis devant le peuple chinois. Lorsque Nixon s’est rendu en Chine, une photo a été prise de lui, alors qu’il sortait de l’avion pour saluer le Premier ministre Zhou Enlai. Nixon arborait un large sourire et tendait sa main vers Zhou. A cette époque, ce dernier avait un bras inerte. Il se tenait avec un visage rigide et tenait sa main près de son corps. La photo a été largement utilisée dans tous les médias chinois pour soutenir l’idée que la visite de Nixon était une victoire pour la Chine. Il a été enseigné aux élèves chinois : « Voyez combien le bras de Nixon s’étire ? Cela montre que les Etats- Unis tendent la main vers nous ». Lorsqu’en novembre 2009, le Président Obama s’est rendu en Chine, il a visité le Palais Impérial. Il est sorti par la Shen Wu Men, que l’on pourrait traduire par la « Porte de la Prouesse Divine ». CCTV a rapporté qu’il était sorti par la Shun Zhen Men, que l’on pourrait traduire par la « Porte de l’Obéissance et de la Pureté ». En fait, la « Porte de la Prouesse Divine » est la porte extérieure et tout le monde doit sortir par là. Cependant, les médias chinois n’ont pas accordé au président Obama l’honneur de sortir par la « Porte de la Divine Prouesse ». Ni la Maison Blanche ni l’ambassade de Chine n’ont répondu aux appels téléphoniques demandant des commentaires sur cette histoire. MATTHEW ROBERTSON Un article paru dans le New York Times en 2006, intitulé Remade in China : Cadavers for shows, fait état de toute une industrie de transformation de cadavres humains qui a vu le jour en Chine pour fournir le marché. « À l’intérieur d’une série d’édifi ces non identifiés, des centaines de travailleurs chinois, certains assis dans des formations de chaîne d’assemblage, coupent, dissèquent, préservent et réarrangent des cadavres humains, les préparant pour le marché international des expositions de musée », écrit le quotidien. JUSTINA WHEALE



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