Epoch Times Paris n°193 1er fév 2011
Epoch Times Paris n°193 1er fév 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°193 de 1er fév 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : l'avenir incertain des relations commerciales entre Canada et Émirats.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 Nature www.lagrandeepoque.com 1 – 15 FEVRIER 2011 ● La Grande Époque Les orangs-outans sont parmi les plus arboricoles des grands singes. Ils passent la majeure partie de leur temps dans les arbres. L’orang-outan, le singe au pelage roux, possède une diversité génétique importante Un groupe de chercheurs international a décodé le génome entier de l'orang-outan au pelage roux. Les travaux de recherche, publiés dans la revue Nature, présentent l'immense diversité génétique de l'orang-outan d'Indonésie, tout en révélant des explications intéressantes sur l'évolution des grands singes. Les résultats sont surprenants. L’orang-outan est un singe anthropoïde aux longs bras et au pelage roux, parfois brun. Il est classé dans la catégorie des grands singes. Mais il est surtout endémique des îles de Bornéo et de Sumatra. L'espèce est très menacée mais essentiellement à cause de la perte de son habitat naturel, la forêt. Les orangs-outans de Bornéo, une diversité limitée Les scientifi ques ont remarqué que la diversité génétique de l’orang-outan était importante et pourrait augmenter ses chances de survie. En effet, selon Richard Wilson, directeur du centre de génomique de l'université Washington aux États-Unis, le génome de l'orang-outan est demeuré « particulièrement stable au cours des 15 derniers millions d'années ». Les chercheurs ont observé que dans chaque île, celle de Sumatra et celle de Bornéo, l’espèce hébergée est différente. Ainsi, les orangs-outans originaires de Bornéo ont une diversité limitée dans leur patrimoine génétique et un habitat réduit. Mais malgré la petite superfi cie de leur territoire, la population est conséquente, elle est constituée de 50.000 individus. Instant terrestre www.instanterrestre.com Paula Bronstein/Getty Images Dans le parc national de Tanjung à Kalimantan, en Indonésie : une femelle orang-outan mange des fruits, suspendue à un arbre. Une diversité génétique persistante à Sumatra Par opposition, la diversité génétique est persistante chez la population de Sumatra qui bénéfi cie en plus d’un habitat plus étendu. Toutefois, leur population est limitée. Elle ne compte plus que 7.000 individus. Mais, le génome de l'orang-outan a également apporté une autre surprise. Bien que les deux espèces Sumatra et Bornéo aient été séparées pendant au minimum 21.000 ans, puisque autrefois un pont de terre reliait les deux îles, les deux espèces ont toujours été distinctes et ceci depuis plus d’un million d’années. Des études antérieures avaient déjà estimé que les deux espèces étaient devenues distinctes il y a plus d'un million d'années. Les gènes impliqués influencent la sélection naturelle Une femelle orang-outan, appelée Susie, a contribué au séquençage du génome ainsi qu’à l’étude de l’ADN avec cinq orangs-outans de Sumatra et cinq autres vivant sur l’île de Bornéo. Le docteur Carolin Kosiol de l'université de médecine vétérinaire de Vienne, en Autriche, a étudié un total de 14.000 gènes humains communs à l'orangoutan, au chimpanzé et au macaque. Ses résultats montrent qu'au cours de leur évolution, les gènes impliqués dans deux processus ont particulièrement infl uencé la sélection naturelle, la perception visuelle et les transformations des glycolipides. Chez l'homme, un nombre de troubles neurodégénératifs ont déjà été associés avec des défauts pour le cholestérol et le métabolisme glycolipidique. « Les changements au niveau du métabolisme lipidique auraient joué un rôle dans l'évolution neurologique chez les primates, en plus d'être impliqués dans la diversité des régimes alimentaires et de stratégies d'évolution biologique », explique le Dr Kosiol. Les chercheurs souhaitent que leurs recherches permettent d’assurer la préservation concrète de ces espèces gravement menacées par la déforestation, la chasse et les maladies. Les orangs-outans liés à la forêt Les orangs-outans intéressent beaucoup les généticiens et les biologistes car ils appartiennent à la famille des primates hominoïdes et ils possèdent une diversité génétique plus riche que les autres grands singes. Ce qui caractérise les orangs-outans, c’est la forêt. Ils sont parmi les plus arboricoles des grands singes. Ils passent la majeure partie de leur temps dans les arbres à la recherche de nourriture. Ils se nourrissent de fruits, de jeunes pousses, d'écorces, de petits vertébrés, d'œufs d'oiseaux et d'insectes. Chaque nuit, ils fabriquent un nouveau nid perché entre 12 et 18 mètres au-dessus du sol. En cas de pluie, l’orang-outan utilise les protections que les arbres lui donnent pour s’abriter et se protège de l’eau par de grandes feuilles qu’il tient au dessus de sa tête tel un parapluie. Il évolue à une hauteur moyenne de 20 à 30 mètres sous la canopée et il descend rarement au sol pour éviter d’être la proie des tigres, des panthères ou des cochons sauvages. Comme les autres grands singes, les orangs-outans sont remarquablement intelligents. Au milieu des années 1990, une population d'orangs-outans a été observée utilisant régulièrement des outils pour s'alimenter. HÉLOÏSE ROC L’enfant berbère Stands Honda/Getty Images L’enfant berbère est un esprit où souffl e un tempérament de liberté. À l’image d’un peuple vieux de plus de cinq mille ans, traversant le temps et les invasions multiples, « berbère » est un terme générique rassemblant différentes ethnies d’Afrique du Nord. Ce nom leur a été attribué par l’envahisseur arabe au VII e siècle. Il désignerait « ceux dont on ne comprend pas la langue ». L’équivalent en berbère est Imazighen, dont l’étymologie n’est pas connue avec certitude. Mais selon une version fréquente, il aurait le sens d’« homme libre », résumant depuis toujours cette volonté farouche de vivre dans l’indépendance et l’insoumission. Texte et photo de Stéphane Cabaret
La Grande Époque ● 1 – 15 FEVRIER 2011 Quelque part en Bourgogne Située à 250 kilomètres de Paris, la campagne bourguignonne est fabuleuse. Pour les amoureux de la nature, de l’histoire de France, des vieilles pierre, des églises ou abbayes fondées au début du Moyen Âge, pourvues de leurs cloches et de leurs horloges comptant infatigablement le temps, pour ceux qui, en plus, apprécient le vin et la gastronomie, en Bourgogne, il y a tout et plus encore... Le voyageur peut parcourir des kilomètres sans voir autre chose que des plaines de champs fertiles cultivés, des collines parsemées de vignes et d’immenses forêts assez grandes pour décourager toutes les escapades hors route. Les fermes isolées sont rares et les villages perdus au fi n fond de la province, paraissent déserts, sauf en été, quand les touristes investissent la région. On peut alors rencontrer sur les routes de Bourgogne des Hollandais en camping-car, des Anglais ou des Américains en pantalons courts, conduisant des Jeep, des Allemands un peu intimidés de ne pas pouvoir parler français et des touristes de tout autre nationalité, parce que tous veulent explorer les coins perdus de ce beau pays. L’homme, qui a fait tout ce qu’il pouvait pour s’éloigner de la vie sauvage, inconfortable, revient toujours, fasciné, dans de tels endroits, parce qu’il porte en lui la nostalgie de ses origines premières. Il revient profi ter de la vie en pleine nature, mais pas seulement pour contempler sa beauté. La richesse du terroir bourguignon Depuis des siècles, la Bourgogne est un de plus grands terrains de chasse de France. On en trouve les traces dans les écrits de l’époque. Au XIII e siècle, par exemple, une maison forte, connue sous le nom de « motte de Maulnes », avait été édifiée par les comtes de Tonnerre dans une clairière de la forêt de Maulnes. Même le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, venait chasser ici, entre 1366 et 1374. Un siècle et demi plus tard, la comtesse de Tonnerre, Louise de Clermont, et son époux Antoine de Crussol, duc d'Uzès, des proches de la Cour de France et de la reine Catherine de Médicis, décident de la construction d'un château dans la même forêt. L'emplacement du futur château se justifi e d'abord par sa fonction de relais de chasse. La Bourgogne est aussi mondialement connue pour ses vins. Dans son Histoire de la campagne française, Gaston Roupnel 1 affirme que la vigne aurait été introduite en Gaule au VI e siècle av. J.-C., en passant « par la Suisse et les défi lés du Jura ». Pour d'autres ce sont les Grecs qui sont à l'origine de la culture de la vigne, venue du Midi. Cependant, les Romains entretenaient, dès le II e siècle avant notre ère, d'excellents rapports avec la tribu celte des Éduens 2. Le vin de l’Italie centrale était exporté jusqu’à Cabillonum (Chalon-sur-Saône). Ainsi non seulement les armées romaines ont fi ni par vaincre et soumettre les vaillants guerriers gaulois, mais c’est aussi le goût du luxe et celui du vin qui se sont rapidement répandus en Gaule. Nul ne conteste l'importance que la culture de la vigne a prise très tôt sur le sol bourguignon. Les fouilles archéologiques de Gevrey-Chambertin, montrant des traces de plantation, attestent que le vignoble de Bourgogne existait durant la seconde moitié du I er siècle de notre ère. De nos jours, avec 30.000 hectares, les vignobles de Côte de Nuits, Chablis ou Côte de Beaune, sont parmi les plus célèbres au monde. Ainsi il n’est pas rare que des amateurs de vin dépensent 2.900 euros pour une bouteille de Montrachet (2006). De Vercingétorix à nos jours Toujours à propos des fouilles archéologiques, à la suite de celles initiées par Napoléon III, c’est à Alise-Sainte-Reine (en Côte-d'Or) qu'a été situé en principe, le site d'Alésia, le bastion bourguignon où le chef arverne Vercingétorix a essayé, sans succès, de sauver l’indépendance gauloise. La tragique épopée gauloise prend fi n avec la reddition de Vercingétorix le 27 septembre 52 av. J.-C., que César décrit comme exemplaire dans son De Bello Gallico 3. La localisation d'Alésia en Bourgogne est toujours contestée, mais la statue majestueuse de Vercingétorix veille quand même sur les hauteurs. L’histoire bourguignonne est également marquée par Jeanne d’Arc. En plein Moyen Âge, l’étrange Pucelle qui a sauvé la France, capturée par les Bourguignons à Compiègne, est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10.000 livres et condamnée au bûcher en 1431 après un procès en hérésie. Il s’agit là d’un épisode diffi cile à comprendre pour ceux qui ne connaissent pas les histoires de famille compliquées. L'alliance entre la Bourgogne et l'Angleterre est renforcée en 1423 lorsque le Duc de Bedford, Jean de Lancastre, épouse Anne de Bourgogne, fille du Duc de Bourgogne, Jean sans Peur et sœur de Philippe le Bon. Le palais des ducs de Bourgogne à Dijon en Côte-d’Or, fut le siège des souverains du duché. Cet ensemble architectural, comprenant plusieurs parties, est encore dans un remarquable état de conservation et abrite aujourd'hui l'Hôtel de Ville de Dijon et le musée des Beauxarts. Sa splendeur, le mélange des styles gothique et classique, témoigne de presque un millénaire de vie politique à Dijon, mais aussi de la richesse et de la puissance qui ont longtemps rivalisé avec celles détenues par les rois de France. Cette rivalité a été résolue après la mort de Charles le Téméraire (1477), quand Louis XI s'empare du duché et le rattache à la Couronne. Le titre est décerné par le roi de France à des princes, et a priori au fils aîné du dauphin. A la moitié du XVII e siècle, l’histoire et la Jolliet Constructions Bois Jolliet Montages Bois SarlConstructions, entreprise générale Partenaire "Minergie" 1669 Montbovon www.jollietbois.ch Vercingetorix Michel Rousseau Michel Rousseau littérature s’enliassent. Roger de Rabutin, comte de Bussy, passe en 1660, le mois de juillet dans son château de Bussy, en Bourgogne, et en quatre semaines compose l’Histoire amoureuse des Gaules, qu’il ne destine pas à l’impression, mais… Habent sua fata libelli (Les livres ont leur propre destin). L’ouvrage Histoire amoureuse des Gaules fut un motif de disgrâce pour le comte à la cour de Louis XIV. Il perd les faveurs du roi, mais gagne l’attention de la postérité car son livre nous offre un tableau remarquable de la société française de l’époque. Les mœurs s’étaient, jusqu’à la mort de Richelieu, maintenues dans un cadre traditionnel. Un code rigoureux imposait aux hommes, à l’égard des femmes de leur rang, des manières respectueuses. La femme aussi devait s’interdire toute apparence de frivolité, pour ne pas se déshonorer. Les troubles de la Fronde mettent à la mode le cynisme et les comportements scandaleux. C’est le début de la fi n pour les séculaires vertus chevaleresques. La chute morale d’une société entraîne toute une série de drames et de tragédies, des révolutions et des guerres, des crimes impardonnables contre l’humanité. Le dernier carnage mondial de 1939-1945 a laissé des traces partout. Dans les villages bourguignons, on voit souvent des calvaires à côté d’une plaque où les noms des hommes morts pour la libération du pays s’effacent peu à peu, sous l’érosion de la pluie et du vent. Tous ces héros endormis dans leurs tombeaux ont lutté pour un monde meilleur. Quelque part en Bourgogne, perdue dans une forêt, au carrefour de trois chemins, une petite croix rappelle le surnom d’un jeune homme courageux. A 20 ans il fait la Résistance, est capturé et ne sortira jamais de son camp de concentration. La Seine, de la Bourgogne à Paris On dit qu’un voyage n’est vrai, que s’il mène aux sources d’une eau courante. Ainsi un voyage en Bourgogne ne peut prendre fi n qu’avec la rencontre des sources du fl euve qui fait partie du blason de la France, et donne un charme inégalable à la ville de Paris, avec ses quais, plus célèbres et plus aimés que les Champs- Élysées. Ce fl euve, long de 777 kilomètres, naît à Source Seine : une commune située dans le canton de Venarey-Lès- Laumes, arrondissement de Montbard, Château de Maulnes Les sources de la Seine www.lagrandeepoque.com Palais des ducs de Bourgogne. département de la Côte-d'Or et de la région de la Bourgogne, au pied d’un rocher, dans une petite grotte gracieusement surveillée par une nymphe en pierre érigée sur la proposition du baron Haussmann, sénateur et préfet de la Seine en 1865. Parfois fatigué et soucieux de son confort, on préfère ne pas sortir de sa ville, de son appartement et on croit qu’il suffi t de regarder la télévision, de lire un livre ou de surfer sur internet pour connaître et comprendre le monde dans lequel on vit, mais le voyage entrepris par soimême est le seul qui inspire de grandes Voyage révélations... 11 Michel Rousseau Michel Rousseau Michel Rousseau Michel Rousseau SANDA VĂRAN 1 né le 23 septembre 1871 à la gare de Laissey (Doubs) et mort le 14 mai 1946 à Gevrey-Chambertin (Côte d’Or), est un historien français, ruraliste et moderniste (Wikipédia) 2 Les Éduens étaient établis dans les actuels départements français de la Nièvre et de la Saône-et-Loire ainsi qu’au sud de celui de la Côte-d’Or et à l’est de celui de l’Allier (Wikipédia) 3 Un ouvrage d’histoire en sept livres de Jules César constitué de notes rédigées



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