Epoch Times Paris n°192 16 jan 2011
Epoch Times Paris n°192 16 jan 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°192 de 16 jan 2011

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,0 Mo

  • Dans ce numéro : des nouvelles de Gao Zisheng... autre récit de souffrances.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 Nature www.lagrandeepoque.com 16 – 31 JANVIER 2011 ● La Grande Époque La forêt équatoriale sur l'île de Bornéo en Indonésie abrite une grande richesse de biodiversité et une grande variété d'espèces en voie de disparition. 2011, l’année internationale de la forêt et la régulation climatique L’Assemblée Générale des Nations unies a décrété l’année 2011 « année internationale des forêts ». Par cette nomination elle souhaite attirer l’attention du monde entier sur les écosystèmes les plus importants. En France, l'Offi ce national des forêts, gestionnaire de près de 11 millions d’hectares de forêts publiques en métropole et en Outre-mer, s'associe naturellement à l'évènement et célèbre la forêt durant toute l'année 2011. Cette année 2011 est une continuité de l’année de la biodiversité puisque la première réserve du monde de la biodiversité se situe en forêt. La forêt héberge et protège d’innombrables plantes – comestibles et médicinales – un nombre incalculable d’insectes, de nombreuses espèces animales dont des singes, de grands fauves, des oiseaux, etc. Les forêts jouent un rôle dans le climat La capacité des arbres à absorber le dioxyde de carbone est bien connue et joue un rôle fondamental dans la lutte contre le changement climatique. Mais leur rôle ne s'arrête pas là : ils sont aussi capables d'absorber d'autres composés chimiques aériens. Une étude publiée le 21 octobre dernier dans la revue Science Express révèle que les capacités d'absorption de la pollution atmosphérique par les TAUSEEF MUSTAFA/Getty Images Les plantes à feuilles caduques absorbent les composés polluants de l’atmosphère à un taux élevé. forêts auraient été largement sous-estimées. Les arbres, « nettoyeurs » de l'atmosphère Menée par des scientifi ques du Centre National Instant terrestre www.instanterrestre.com pour la Recherche Atmosphérique (NCAR) à Boulder (Colorado), en collaboration avec des chercheurs de l'université du Colorado du Nord et de l'université d'Arizona, l'étude montre que les plantes à feuilles caduques absorbent au moins un tiers de polluants atmosphériques communs en plus de ce que les estimations précédentes indiquaient. Le chimiste de l'atmosphère Jos Lelieveld, de l'institut Max Planck pour la Chimie (Mayence, Allemagne) indique les interactions entre les arbres à feuilles caduques et les composés organiques volatiles (COV) oxygénés qui ont jusqu'ici été « mal représentés voire en partie négligés dans les modélisations du climat ». Jos Lelieveld considère que ces composés ont des impacts à long terme sur l'environnement, intervenant dans la formation d'ozone et de gaz à effet de serre, ainsi que sur la santé humaine. Il considère ces éléments comme des composés cancérigènes ou mutagènes. Les COV tels que les NOx ou le benzène sont produits par la combustion d'hydrocarbures et par d'autres composés chimiques émis de sources naturelles et artifi cielles (transport, industrie, etc.). L’absorption est plus rapide dans les forêts denses Les scientifi ques ont choisi de se concentrer sur les peupliers dont le génome a été séquencé. Cela permet d'effectuer aisément des analyses génétiques. En mesurant l'absorption des COV oxygénés dans plusieurs écosystèmes, il a été découvert que les plantes à feuilles caduques absorbent les composés à un taux élevé, jusqu'à quatre fois plus que les estimations précédentes. Ainsi, l'absorption est plus rapide dans les forêts denses et au niveau de la canopée, qui représente jusqu'à 97% des COV oxygénés capturés. L'étude montre aussi que lorsque les arbres sont soumis à un phénomène de stress (blessure physique, exposition à un polluant irritant, etc.), leur taux d'absorption augmente de façon signifi cative. « Les plantes nettoient notre air à un niveau plus important que nous le pensions », déclare Thomas Karl, un scientifi que du NCAR et auteur principal de l'étude. « Elles consomment activement certains types de pollution. » Les plantes peuvent s’adapter à l'absorption des polluants Chhandak Basu de l'université du Colorado du Nord, co-auteur de l'étude déclare : « Nos résultats montrent que les plantes peuvent adapter leur métabolisme et augmenter leur taux d'absorption de composés atmosphériques en réponse à plusieurs types de stress ». Ainsi en présence de polluants, les arbres augmentent la quantité d'enzymes nécessaires à la dégradation des composés en substances moins toxiques, tout en augmentant la quantité de COV oxygénés prélevée, ce qui a pour effet secondaire de « nettoyer » l'atmosphère. Au fi nal, à l'aide d'une modélisation informatique simulant la pollution atmosphérique mondiale, l'étude conclut que les plantes absorbent 36% de COV oxygénés de plus que ce que les études actuelles laissaient présager. Cette consommation des COV oxygénés évite qu'ils ne se dégradent en aérosols dans l'atmosphère, lesquelles substances ont un impact important sur le climat et la santé humaine. L’adaptation de la forêt à l’assainissement de notre atmosphère est une raison de protéger les grandes forêts contre la déforestation massive déjà en marche... HÉLOÏSE ROC avec l’étude du NCAR Bas les masques Romeo Gacad/Getty Images Sous la canopée, nimbées dans l’aube du jour naissant, ces feuilles carnavalesques semblent animées par l’invisibilité d’une énergie frémissante. Pour ainsi dire, c’est la métamorphose du vivant ; on est le même et on devient un autre. Au coeur des tropiques, pour vivre dans une nature propice aux mauvaises rencontres, les espèces de tous types appliquent une règle fondamentale ; créer et inventer des astuces pour se protéger des prédateurs. Les uns se travestissent de mille manières pour se fondre in-situ quand d’autres se couvrent de vives couleurs, signalant qu’un grave danger menace. Observer le monde dans son intimité pour en comprendre la vie, c’est aller au-delà de nos croyances, souvent trompeuses. Si l’homme s’impliquait avec plus de grandeur d’âme, alors on deviendrait une force, et cette force serait capable de transformer les choses, de tomber, de jeter à bas les masques du mépris et de l’intolérance. Texte et photo de Stéphane Cabaret
La Grande Époque ● 16 – 31 JANVIER 2011 Un atout pour le tourisme en Guyane Guide en milieu amazonien Avec huit millions d’hectares de forêt tropicale humide associée à une biodiversité d’une exceptionnelle richesse, la Guyane Française présente un patrimoine naturel gigantesque et d’autant plus diffi cile à préserver. La pression exercée par l’activité humaine est bien présente, l’orpaillage clandestin et la déforestation étant des exemples d’activités d’anéantissement à plus ou moins long terme de cet écosystème. Des organismes divers sont bien présents afi n de surveiller, d’aménager et de gérer ce patrimoine : l’ONF (Offi ce National des Forêts), qui a d’ailleurs instauré un Code forestier spécifi que à la Guyane, mais aussi la DIREN (Direction Régionale de l’Environnement) et la DAF (Direction de l’Agriculture et de la Forêt) se concertent avec les Forces Armées afi n de limiter les dégâts occasionnés par l’attrait pour ces richesses naturelles. La compagnie des guides de Guyane Il est une activité humaine en forêt qui peut permettre, si elle est bien gérée, de mieux comprendre la forêt et donc de l’apprécier à sa juste valeur : le tourisme vert est maintenant en pleine expansion en Guyane, pourtant considérée il y a peu comme « l’enfer vert ». Randonnées, bivouacs, observation de la faune et de la fl ore, remontée des fl euves, mais aussi découverte des modes de vie des populations autochtones amérindiennes et bushinengées… Les possibilités en Guyane sont légion pour tous les passionnés de nature ou plus simplement pour les amateurs de dépaysement authentique. Face à l’étendue du patrimoine forestier guyanais et de ses spécifi cités climatiques, il était nécessaire de rassembler, puis de normaliser les activités de tourisme en forêt, les premiers visés étant les guides et animateurs évoluant dans les écosystèmes de Guyane. C’est donc ainsi que la Compagnie des Guides de Guyane a vu le jour en 1999. Frédéric Auclaire, guide chargé du développement de l’association, en présente les objectifs comme répondant, avant tout, à un besoin de se fédérer derrière un organisme commun mais aussi de motiver la mise en place de formations adaptées. En effet, le métier de guide en Guyane n’a concerné pendant très longtemps que quelques personnes déclarées en tant que guides mais sans reconnaissance ni promotion collective. Des tentatives de création de diplômes ont été faites : en 2001, un diplôme, basé sur celui d’accompagnateur en montagne, était inadapté. Au niveau national, les diplômes dans ce domaine étant limités – alpiniste, guide de haute montagne avec option neige et option tropicale pour les îles de Guadeloupe, Martinique, Réunion…– une convention est alors établie entre la Direction du Travail, l’AGEFOS* et le Comité du Tourisme de Guyane (CTG) afi n de créer un référentiel métier de guide en milieu amazonien. Trois déclinaisons du métier sont donc instaurées. Selon Frédéric Auclaire, le guide animateur évolue en terrain connu sur des sorties d’une journée. Le public n’est pas le même que sur une sortie de plusieurs jours, les attentes sont différentes. Dans le référentiel, la première déclinaison est celui du guide animateur. Il est question de transmission de savoirs et de connaissances de la culture, de l’histoire, de la faune, de la fl ore, de l’agriculture, mais toujours à proximité d’un village. Que l’on soit à Cayenne, Maripasoula ou dans un Carte du Parc amazonien de Guyane tout petit hameau au fond de la Guyane, le guide se fi xera autour d’une ballade d’une journée dans laquelle il parlera un peu de la vie du pays ou du village. La seconde déclinaison est celle de guide accompagnateur qui n’est pas forcément un niveau supérieur de savoirfaire. La différence tient surtout du niveau d’autonomie des clients. Dans le cas du guide animateur, le client est autonome sur une journée. Dans celui de guide accompagnateur, la personne est autonome sur plusieurs jours avec nuitées, mais toujours sur des parcours connus et reconnus. Quant à la troisième déclinaison, elle ouvre sur l’aventure. Le guide d’expédition évolue sur tout terrain, connu ou pas. Il suffi t de lui indiquer l’endroit, il vous y amènera, même s’il n’y a ni chemin ni route. La différence tient donc dans la maîtrise du risque et non dans la transmission des connaissances, le cœur du métier étant de transmettre à l’autre quelque chose en toute sécurité. Des guides à la carte ? La demande sera donc différente pour chacun des métiers et sera fonction du temps disponible des visiteurs : un vacancier d’une semaine privilégiera des sorties à la journée ou des circuits organisés de trois jours proposés par les voyagistes, de Saint-Laurent à Saint-Georges, par exemple, en passant par les Marais de Kaw. Les extras sortent du cadre du référentiel du guide d’expédition et répondent à des demandes particulières, intégrant toute la logistique nécessaire à la réussite de ces missions, comme par exemple « quatre super copains qui souhaitent faire un super ‘trip’en forêt ». Frédéric Auclaire, passionné de forêt, affectionne certains sites de ballades, « la forêt accidentée avec des rochers, des petites rivières cachées avec cascade… », tout un programme que l’on peut découvrir partout en Guyane si l’on désire sortir des chemins battus. Ce sont des sites magnifi ques qu’il faut préserver car ils sont vite pris d’assaut par le grand public qui, malheureusement, laisse des traces de son passage. C’est aussi le rôle de ces guides de savoir éduquer au respect de cette nature que l’on doit quitter telle qu’on l’a trouvée au départ. Des sites et des populations à protéger C’est aussi l’une des raisons de la réglementation mise en place au niveau préfectoral pour la partie sud de la Guyane. Interdite d’accès sans autorisation préfectorale, cette zone qui s’étend de la commune de Camopi (côté brésilien) jusqu’aux abords de Maripasoula (côté Surinamais), a fait l’objet de la création du Parc Amazonien de Guyane (PAG) en février 2007. Avec ses deux millions d’hectares de forêts, le PAG est le plus vaste parc naturel de France et d’Europe, mais c’est aussi un lieu privilégié où s’élèvent les fameux inselbergs, ces « îles rocheuses » impressionnantes au milieu de la forêt, où vivent des populations amérindiennes et bushinengées. Les guides amazoniens ne font pas exception à la règle. Ils doivent eux aussi obtenir une autorisation afi n de pénétrer dans ces lieux protégés. Ils se doivent aussi d’appliquer la Charte Européenne du tourisme durable et participatif, en employant des autochtones de ces régions (piroguiers, artisans, porteurs de charge…). La diffi culté reste pour eux de taille afi n de gagner la confi ance de ces communautés qui ont dû et doivent encore se battre à la fois contre les orpailleurs clandestins et toutes les formes d’exploitation de leur milieu naturel et culturel. Pérenniser et développer les relations entre les guides et les communautés « Cette relation passe par la professionnalisation et la certifi cation que nous mettons en place avec ces communautés, par le biais du Parc Amazonien qui est notre partenaire privilégié et l’articulation principale sur ce secteur. www.lagrandeepoque.com Depuis que la Compagnie des Guides existe, nous avons déjà consulté des personnes ressources dans ces communautés. Nous les formons peu à peu à ces métiers du tourisme, sur place, par la discussion et les rencontres, tout en créant des liens de confi ance car la communication par l’information de proximité est importante. Eux parleront de leur culture. Nous, nous apporterons les rouages du métier de guide, mais sans pour autant arriver avec une vérité toute faite car les échanges sont le cœur de notre métier », explique Loïc Massué, responsable de Voyage Faire l’ascension d’un inselberg, ces fameuses protubérances rocheuses qui culminent en pleine Amazonie. Sortir des sentiers battus et descendre le Rio Anotaie avec les guides de Guyane, affl uent de l’Oyapock situé entre la Guyane et le Brésil. Le PAG, parc amazonien de Guyane l’accueil chez les Guides. Ce patrimoine naturel constitue un enjeu mondialement reconnu et est un terrain idéal pour l’approfondissement de la recherche sur le milieu tropical. De plus, il devrait renforcer la dynamique de coopération dans le domaine des aires protégées entre la Guyane et le Brésil. FREDERIQUE PRIVAT *il s’agit d’un OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé), un organisme collecteur et fi nanceur pour la formation des salariés du particulier employeur. Situation : département de la Guyane (973) Climat : équatorial Création du parc : février 2007 Cœur du parc : 2,03 millions d’hectares Aire optimale d’adhésion : 1,4 million d’hectares (communes ayant vocation à adhérer : Camopi, Maripasoula, Papaïchton, Saül et Saint-Elie). Habitants permanents : 8.000 Flore : sur environ 5.800 espèces recensées (orchidées, fougères, lianes), on compte plus de 1.200 arbres dont certains culminent à 50 mètres. Faune : 480 espèces de poissons d’eau douce (40% de taux d’endémisme), 186 espèces de mammifères, 261 espèces de reptiles et d’amphibiens, 718 espèces d’oiseaux et plusieurs centaines de milliers d’insectes (papillons, coléoptères, phasmes). 11



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