Epoch Times Paris n°189 1er déc 2010
Epoch Times Paris n°189 1er déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°189 de 1er déc 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : un Noël en or massif.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 International www.lagrandeepoque.com L’Italie du Sud se débat face à ses ordures Voir Naples et mourir… d’asphyxie L’Union européenne a annoncé vendredi 26 novembre par l’intermédiaire de son commissaire à l’environnement, Janez Potocnik, qu’elle pourrait infl iger une amende à l’Italie pour son incapacité à gérer la crise des déchets dans la région de Naples. Fin octobre, de violentes protestations ont eu lieu à Naples pour s’opposer à la création de nouvelles décharges en plein air, le sommet d’une crise rendue visible en 2007 quand les déchets de la ville ont cessé d’être collectés pour insuffi sance de moyen de les éliminer. Le problème avait été temporairement résolu par la promesse du gouvernement italien de consacrer près de 2 milliards d’euros au problème. Le « problème » a cependant plus de vingt ans, l’absence d’une stratégie de gestion et d’élimination des déchets a contaminé de nombreux sites, de même que les nappes phréatiques, impactant toute l’agriculture locale. « Plusieurs raisons sous-tendent la crise des déchets de Campanie », explique le CEECEC (Civil Society Engagement with Ecological Economics) un réseau expert fi nancé par la Commission Européenne : « Des comportements délétères, les activités illégales de la Camorra et le comportement criminel de la part de politiciens et administrateurs publics, de responsables d’entreprise et de francs-maçons. Le cycle de gestion des déchets de Campanie a été infi ltré par une Ecomafi a (un réseau d’organisations criminelles commettant des crimes endommageant l’environnement) qui ont développé un marché alternatif et polluant des gestion des déchets pour ‘traiter’les déchets industriels et urbain de cette région ». Cette situation a pu se produire car la région est une des plus pauvres d’Italie et que de nombreuses municipalités n’ont pas les moyens de développer elles-mêmes des entreprises de gestion des déchets. Mais, indique le CEECEC, la gravité de la situation est accrue par le fait que la mainmise mafi euse a ouvert localement un fi lon de « gestion » dans la région de déchets dangereux venus de toute l’Italie. Le Parlement européen rappelle que « ni les gouvernements nationaux successifs de différentes couleurs politiques, ni les commissaires ne sont parvenus à résoudre ce problème aux racines profondes ». En mars de cette année, la Cour européenne de justice a jugé l’Italie coupable d’infraction à la législation européenne pour avoir failli dans l’installation d’infrastructures de traitement. Sans la moindre évolution concrète depuis cette date, la Commission européenne envisage donc des sanctions : « J’ai reçu le rapport préliminaire de la délégation qui a visité Campanie cette semaine », indique le Commissaire européen à l’Environnement dans une déclaration du 26 novembre. « Celui-ci confirme que les mesures nécessaires pour appliquer l’injonction de la Cour européenne de justice n’ont pas été prises. Je suis inquiet du fait qu’il puisse falloir plusieurs années pour créer l’infrastructure nécessaire à ce que les déchets produits en Campanie – 7.200 tonnes par jour – soient gérées de façon adéquate et éviter d’autres crises. » L’Union européenne avait d’ailleurs été prophétique, deux semaines avant que les déchets recommencent à s’accumuler à Naples en cette fi n d’année : « La crise des déchets en Campanie n’est pas terminée ; elle est juste en sommeil, et le risque d’une nouvelle éruption est important ». Ce qui est fait En 2008, suite à un premier scandale et au début des procès de responsables locaux et d’entreprises qui s’étaient données comme mission d’organiser la pollution – au premier rang desquelles Impregilo – le gouvernement italien a émis le « Décret 90 » qui met la région sous état d’urgence écologique et donne pleins pouvoirs au Directeur de la Protection Civile, Guido Bertolaso. D’après le CEECEC, « s’il faut en croire la couverture médiatique, la crise des déchets est depuis résolue. Cependant, un examen approfondi montre que les choses sont plus compliquées ». Un avis que rejoint Janez Potocnik, qui rappelle que « même si quelques progrès ont été faits en construisant l’incinérateur d’Acerra, il y a des failles importantes dans le système. L’absence d’une collecte indépendante des déchets à Naples – la plus grande ville de la région – est un sujet d’inquiétude particulière ». Et pour cause, c’est la société Impregilo, celle-là même qui est au cœur du système politico-mafi eux ayant conduit à la crise, A Genève chez Amavita Gare Cornavin qui a été chargée de la construction de l’incinérateur d’Acerra. CEECEC rappelle qu’aucun appel d’offres n’a été fait pour la mise en oeuvre des mesures du décret 90, à savoir la construction de neuf décharges et de quatre incinérateurs : c’est donc le même réseau d’entrepreneurs-pollueurs qui a été sélectionné. La Commission européenne n’est évidemment pas convaincue que cette situation permette des améliorations : « En l’absence d’un plan effi cace de gestion des déchets à Campanie, les dangers pour la santé humaine et les dommages à l’environnement auxquels la décision de la Cour faisait explicitement référence continueront. Cela obligerait la Commission à revenir vers la Cour, avec comme conséquence probable l’application de sanctions fi nancières ». 1 – 15 DÉCEMBRE 2010 ● La Grande Époque Et ce qui est à faire En dehors des aspects de corruption, le Parlement européen dénonce, en s’appuyant sur le rapport de la mission, une « rupture totale » de la communication entre citoyens et autorités, ainsi qu’un « défi cit démocratique » dans la région Campanie. Les modes d’application du décret 90 sont ainsi vivement critiqués par les députés qui considèrent que « la supervision militaire est contre productive à l’égard de la transparence ou de toute perception raisonnable de normalité ». Certains pointent poliment sur les diffi cultés « culturelles » rencontrées, refl é- tées lors de manifestations d’habitants début novembre. Message-clé : des incinérateurs et des décharges oui, mais pas chez nous. Et ce d’autant moins que les décisions sont prises unilatéralement par des autorités locales distantes et peu préoccupées des diffi cultés de leurs administrés. « Il est très important que ce nouveau plan de gestion des déchets soit le résultat d’un processus complet et transparent pour qu’il soit pleinement soutenu par tous les citoyens de la région », rappelle le Parlement européen. Les tensions ne sont pas uniquement régionales. La ministre italienne de l’Égalité aux chances, Mara Carfagna, une native de Campanie, a décidé de démissionner du gouvernement Berlusconi le 24 novembre : « Il y a une guerre entre des factions qui ressemblent à des gangs », explique-t-elle. « Je suis bloquée dans ma bataille pour le respect de la loi et pour la réalisation d’infrastructures stratégiques dans ma région. » « Je vais démissionner du Parlement… et bien sûr démissionner aussi de ma fonction de ministre puisqu’il semble que ma contribution n’ait plus le moindre effet », cite le Telegraph. Berlusconi, monsieur Joyeux Cité par le Windsor Starn, le Premier ministre italien dément être déstabilisé et tente cependant de balayer l’hypothèse d’un paiement d’amende et indique que son gouvernement s’y opposera avec la plus grande vigueur. « Je suis un optimiste invétéré… je pense que la crise à Naples peut être résolue en deux semaines. » Mais Silvio Berlusconi a un optimisme parfois irritant. Fin octobre, il répondait déjà aux journalistes de la même manière, en promettant que la crise serait réglée en trois jours. À Naples où la pluie des derniers jours a liquéfi é une partie des ordures dans les rues, le risque de maladies infectieuses grandit alors que rats et oiseaux se régalent toujours en pleine rue. Il reste à traiter plus de huit millions de tonnes de déchets accumulés dans plusieurs sites de stockage en Campanie. AURELIEN GIRARD ET ANDREI VOLKOV Directrice générale : Isabelle Chaigneau Directeur de la publication : Cai Meng Chun Directeur de la rédaction : Rémi Bleibtreu Rédacteurs en chef : Aurélien Girard Véronique Raabon Comité de rédaction : HannaL. Szmytko (Economie) Héloïse Roc (Environnement) Michal Neeman (Culture) Catherine Keller (Art de vivre, Santé & Bien-être) Directeur artistique : Mathieu Sirvins Franco Origlia/Getty Images Directeur de la distribution : Stéphane Meyer Impression : OppermannDruck und Verlags GmbH & Co. Gutenbergstraße 1 D-31552 Rodenberg Dépôt légal : À parution. ISSN : 1772-3426. PUBLICITÉ France : 01 45 86 41 95 Belgique : 09 233 7713 Suisse : 079 821 7422
La Grande Époque ● 1 – 15 DÉCEMBRE 2010 www.lagrandeepoque.com 3 ANALYSE Dans l’après-midi du 23 novembre, la mer Jaune, espace asiatique sensible séparant les souverainetés maritimes concurrentes des deux Corées, a de nouveau été le théâtre des envies d’en découdre de l’imprédictible Corée du Nord, cette dernière bombardant durant près d’une heure (et 200 obus…) une petite île sud-coréenne de Yeonpyeong (1.600 habitants ; 1.000 soldats) positionnée à proximité de la Northern Limit Line – frontière maritime non-reconnue par Pyongyang. Répondant au feu nourri de l’ennemi, les forces sud-coréennes ont à leur tour adressé quelques dizaines d’obus à leurs agresseurs, tandis que le président Lee Myung-Bak (Corée du Sud) promettait à ses administrés une réponse militaire adaptée à ce nouveau coup de couteau dans le dos. De leur côté, les autorités du Nord laissaient entendre que l’initiative des échanges de feu revenait aux troupes sudcoréennes, non aux soldats de la République Populaire Démocratique de Corée du Cher Dirigeant Kim Jong-Il. Retour en quelques questions-réponses sur ces événements malmenant une fois encore le précaire équilibre stratégique en Asie orientale. Un semestre après le naufrage d’une corvette sud-coréenne coulée par une torpille nord-coréenne (mars 2010 ; en mer Jaune), quelles sont les raisons, les fondements expliquant ce nouvel aventurisme militaire de Pyongyang ? Il va une nouvelle fois être compliqué, bien audacieux de prétendre « comprendre » ou décrypter les motivations de l’ombrageux régime nord-coréen, l’État le plus isolé et – de loin – le plus imprédictible du concert des nations. Comme de coutume, nous sommes réduits à l’exercice incertain des conjectures et des spéculations. Toutefois, certaines « pistes » semblent pouvoir être retenues, explorées ; elles sont au nombre de 5 : – La réaction aux manœuvres interarmées et interalliées (américano-sud-coréennes) engagées la veille : depuis des jours si ce n’est des semaines, selon une démarche habituelle, Pyongyang dénonçait par anticipation la tenue de ces vastes manœuvres trimestrielles (70.000 hommes engagés) effectuées par l’armée du Sud et son allié américain, y voyant – comme souvent – une « provocation de Séoul », une preuve supplémentaire de « l’hostilité du Sud », voire le prélude à une action armée visant à renverser le régime nord-coréen. Échanges d’artilleries en mer Jaune : Pyongyang ou l’éternelle politique du pire Où trouver La Grande Époque à Paris ? Quelques adresses : Hôtel Mansart, 5 rue des Capucines, 75001 Paris Théâtre Le Dejazet, 41, boulevard du Temple, 75003 Paris Boulangerie Vitry d'Aubigny, 133, rue Sèvres, 75006 Paris Brasserie Lutetia, 23, rue de Sèvres, 75006 Paris Les Deux Magots, 6, place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris Café de Flore, 172, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris Le Bonaparte, 42, rue Bonaparte, 75006 Paris Restaurant François Coppée, 1, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris Boulangerie Délices de Sèvres, 70, rue de Sèvres, 75007 Paris Boulangerie Malo, 54, rue de Sèvres, 75007 Paris Les Vins du Terroir, 34, avenue Duquesne, 75007 Paris Le Concorde, 239, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris À La Dauphine, 237, boulevard Saint-Germain, 75007 Paris Café Le Bourbon, place du Palais Bourbon, 75007 Paris Hotel Fouquet’s Barrière, 46 avenue George V, 75008 Paris Plaza Athenee, 25 Avenue Montaigne, 75008 Paris Le Paris London, 16, place de la Madeleine, 75008 Paris Restaurant Hédiard, 21, place de la Madeleine, 75008 Paris La Grande Époque, 83, rue du Château des Rentiers, 75013 Paris Maroquinerie Mozart, 13, avenue Mozart, 75016 Paris Par Olivier Guillard, directeur de recherche Asie à l’IRIS Getty Images Des marines sud-coréens, retraités et anciens combattants, brûlant un drapeau nord-coréen et les portraits de Kim Jong-II (D) et son fi l Jong-Un (G), lors d’un rassemblement dénonçant l’attaque nord coréenne sur l’île de Yeonpyeong. PUBLICITÉ FRANCE Ce dernier promettait de s’opposer par tous moyens à ces exercices. – Les Pourparlers à six (PP6) ; une « résurrection » plébiscitée par Pyongyang : depuis plusieurs semaines, les dirigeants nord-coréens laissent entendre qu’une « seconde vie » devait être donnée au mécanisme collégial des Pourparlers à six – grippé depuis plus d’un an et du fait de Pyongyang –, démarche collective œuvrant au démantèlement négocié et équitable (en échange de contreparties diplomatiques, économiques, d’assurances de sécurité, etc.) des capacités nucléaires nord-coréennes, avérées depuis les essais atomiques d’octobre 2006 et de mai 2009. Suite à ce dernier aventurisme atomique et à l’épisode du torpillage de la corvette Cheonan en mer Jaune (56 marins sud-coréens disparus) intervenu 10 mois plus tard, la Corée du sud, les Etats-Unis, le Japon, la Chine et la Russie – les cinq autres membres de ces PP6 – ont convenu de la nécessité de « geler » le mécanisme de discussion, sanctionnant ainsi Pyongyang pour ses agissements coupables. Pour ne pas perdre la face vis-à-vis de sa population, la capitale nord-coréenne avait pris les devants et dénoncé le « manque d’intérêt à demeurer dans ce forum ». La démonstration de force, dangereuse, opérée hier par la soldatesque nord-coréenne traduit notamment cette frustration devant le refus de Séoul, de Washington et de Tokyo à relancer ces discussions collégiales, Pyongyang devant selon ces capitales faire préalablement montre de repentance sur le « dossier Cheonan » et apporter la preuve d’une réelle volonté de procéder à la neutralisation de son programme nucléaire ; deux points sur lesquels les énigmatiques autorités nord-coréennes préféreront s’arcbouter à l’extrême et contre tous plutôt que de céder. – Washington et les dossiers prioritaires : depuis des années, Pyongyang l’irascible est rouge de colère, estimant que son « cas », aussi instable, dangereux et incertain soit-il, ne semble pas requérir le même niveau d’engagement et de priorité de la part des autorités américaines que celui dévolu aux « dossiers » afghan, pakistanais, irakien ou moyen-oriental. Le recours à la dangereuse politique du pire, prisée de Pyongyang, laisse à cette dernière penser que l’attention de Washington peut être « relancée » par des « piqûres de rappel » que matérialisent le naufrage du Cheonan et les bombardements insulaires du 23 novembre. – Washington, l’interlocuteur ; Séoul, l’otage et l’exutoire : sourde aux demades de Pyongyang, Washington, pour le moins échaudée – quoi que consciente de la nécessité, à court terme, de reprendre le fi l du dialogue avec le Cher Dirigeant –, demeure hors de portée des velléités et des intrigues fomentées dans les couloirs du pouvoir nord-coréen ; ce n’est pas le cas du voisin méridional, proche, exposé, géographiquement offert aux calculs du Nord. L’otage et l’exutoire idéal pour contraindre Washington – laquelle maintient le déploiement de 31.000 soldats au sud du 38 e parallèle –, à revenir dans la partie. – Nécessité de politique intérieure et succession : deux mois après la présentation offi cielle du fils cadet de Kim Jong-Il comme dauphin et successeur du Cher Dirigeant, il était fait état ces dernières semaines de rumeurs de « purge » dans les rangs de l’armée, de l’administration, du parti des travailleurs nord-coréens ; un phénomène régulièrement observé chez ce régime totalitaire lors des périodes de transition, de menace extérieure ou de succession (ses père et grand-père y ont à diverses reprises sacrifi é par le passé). Le pilonnage de l’île de Yeonpyeong par les pléthoriques obusiers nord-coréens peut avoir notamment eu pour dessein de démontrer à l’opinion intérieure et à la communauté internationale qu’il n’y avait guère de vide du pouvoir ou d’affaiblissement de l’autorité au plus haut niveau de l’État et de ses forces armées, que la capacité du régime à défi er ses voisins et à résister aux remontrances du monde extérieur demeurait intacte, nonobstant la dangerosité de l’entreprise. Outragées, les autorités sud-coréennes semblent déterminées à répondre fermement à cette nouvelle provocation ; doit-on craindre des représailles militaires du Sud et auquel cas, ne risquerait-on pas d’assister à un emballement dangereux des hostilités ? La réaction immédiate du président Lee Myung-bak a été dénuée de toute ambiguïté : si les batteries nord-coréennes reprennent pour cible le territoire sud-coréen – « un acte de guerre caractérisé » –, ses populations civiles ou ses forces armées, ces dernières auront pour « devoir » de répondre au feu de l’ennemi, les batteries de missiles installées sur le littoral nord-coréen fi gurant parmi les premiers objectifs assignés. Après la tragédie du naufrage de la corvette Cheonan, cette nouvelle bravade du Nord ne saurait demeurer impunie… si les choses venaient à s’envenimer ; pas si la situation militaire demeurait en l’état. Prise au piège de l’enjeu – alors que le bilan humain et matériel du bombardement demeure « contenu » - et convaincue qu’en cas de réponse militaire trop appuyée du Sud, le Nord verserait à coup sûr dans l’escalade et ce, probablement sans retenue, Séoul ne peut en l’état que condamner cet aventurisme douteux et, nonobstant la volonté de ses généraux d’infl iger une réponse forte, marquante, International camper sur une rhétorique de reproches en recherchant un soutien aussi large que possible de la communauté internationale. Ne peut-on attendre de la Corée du Nord que raidissements, actes irrationnels, décisions déraisonnables, mauvaises nouvelles et menaces ? Ce dernier épisode de confrontation intercoréen en mer Jaune, initié comme les précédents par le canon – ou la torpille – nord-coréen, démontre une fois encore combien cet anachronique acteur asiatique demeure imprédictible, incontrôlable, prêt à toutes les extrémités et les excès, pourvus qu’ils servent sa cause et son improbable agenda. Déjà au plus bas, son crédit auprès de la communauté internationale comme son image en ressortent plus encore sinistrés, si la chose était encore possible ; Séoul, la victime toute désignée, ne pourra que se raidir davantage, l’opinion publique comme le gouvernement ne pouvant accepter de rouvrir les vannes de l’assistance humanitaire et économique quémandées par le Nord alors que les obus et les torpilles nord-coréennes sont de sortie, que de nouvelles installations atomiques voient le jour. Washington, l’interlocuteur recherché par Pyongyang bien davantage que n’importe lequel des autres membres des PP6, se trouve également placée devant une situation délicate : sanctionner (encore, pour quel résultat ?) ou rouvrir – donc récompenser le dernier aventurisme des troupes du Cher Dirigeant – le canal de la discussion avec cet acteur insaisissable exigeant bien plus qu’il ne consent à abandonner, quand il renonce vraiment à quelque chose et ne revient pas sur ses engagements passés… La révélation, la semaine passée, de l’existence de nouvelles installations nordcoréennes nucléaires de pointe exploitant la fi lière atomique de l’uranium s’ajoute, comme il se doit, aux réserves de l’administration Obama. Une chose parait à présent établie : désormais rendue publique et mise en place ces dernières semaines – à grands renforts de nominations et de purges –, la nouvelle-future architecture du pouvoir en Corée du Nord ne laisse poindre aucune infl exion vers plus de respectabilité, de responsabilité et de rationalité. Même les généraux birmans – timidement et avec calcul, certes – ont dernièrement montré une certaine aptitude à l’ouverture. Il semble vain d’en attendre autant de l’imprédictible Pyongyang. www.affaires-strategiques.info



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