Epoch Times Paris n°186 15 oct 2010
Epoch Times Paris n°186 15 oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°186 de 15 oct 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : l'Europe malade de ses déchets.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 International www.lagrandeepoque.com 16 – 31 OCTOBRE 2010 ● La Grande Époque Prix Nobel de littérature décerné le 7 octobre à l'écrivain hispano-péruvien Mario Vargas Llosa, chantre infl uent des libertés individuelles face aux anciens et nouveaux caudillos d'Amérique latine. Puis, le 8 octobre, prix Nobel de la Paix au dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo... Ce doublé équilibre l'image des comités Nobel, parfois soupçonnés d'enfermement dans un romantisme gauchisant. Mario Vargas Llosa, 74 ans, a reçu de l'Académie suédoise la plus haute récompense littéraire internationale « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec ». Cette formulation rend indissociables l'oeuvre littéraire et la production journalistique du lauréat. Se complétant et se justifi ant mutuellement, ses romans et ses articles défi nissent ensemble sa personnalité et son évolution littéraire et idéologique. Levée d'un veto idéologique ? « Il faut célébrer que l'Académie suédoise ait levé cette espèce de veto idéologique qui l'empêcha de le lui concéder auparavant [le Nobel de littérature à Mario Vargas Llosa] », écrit à Madrid l'éditorialiste d'El Pais, le grand quotidien espagnol de centre gauche auquel l'écrivain hispano-péruvien réserve la primeur de ses articles. Les cinq lauréats latino-américains du Nobel de littérature qui précédèrent Mario Vargas Llosa, les Chiliens Gabriela Mistral (1945) et Pablo Neruda (1971), le Guatémaltèque Miguel Angel Asturias (1967), le Colombien Gabriel Garcia Marquez (1982) et le Mexicain Octavio Paz (1990), étaient tous entourés d'un halo plus ou moins dense de révolte « anti-impérialiste » que symbolise aujourd'hui encore l'amitié de Gabriel Garcia Marquez avec Fidel Castro. Sympathisant communiste lors de sa jeunesse universitaire et proche de Castro jusqu'en 1971, Mario Vargas Llosa est allé au-delà de la rupture d'Octavio Paz avec le communisme en devenant l'apôtre du néolibéralisme, dont la crise actuelle le laisse néanmoins circonspect. L'engagement politique de Vargas Llosa le poussa même à briguer en 1990 la présidence du Pérou, PUBLICITÉ FRANCE Mario Vargas Llosa : un anti-Chavez prix Nobel de littérature 2010 mais il fut largement battu par l'ingénieur d'origine japonaise Alberto Fujimori. L'hostilité de ce dernier incita l'écrivain à prendre la précaution de se faire naturaliser espagnol, en 1993, tout en conservant la nationalité péruvienne. « J'espère qu'ils me l'ont donné [le prix Nobel] plus pour mon oeuvre littéraire que pour mes opinions politiques. Mais si mes opinions politiques, en défense de la démocratie et de la liberté et contre les dictatures, ont été prises en compte, je m'en réjouis », déclarait jeudi Mario Vargas Llosa à l'Institut Cervantes de New York, devant une foule de journalistes qui recueillaient ses réactions à l'obtention du Nobel. « Je suis un écrivain, mais aussi un citoyen, avec des idées littéraires et aussi des idées politiques (...) Tout citoyen doit participer au débat social. J'ai été très critique de tout type de dictature. Je continue à critiquer la dictature cubaine, mais j'ai aussi critiqué beaucoup la dictature d'Augusto Pinochet », poursuivait Vargas Llosa. JUAN BARRETO/AFP/Getty Images Contre les caudillos Interrogé sur le futur de l'Amérique latine, il souligna qu'elle présente aujourd'hui « des gouvernements de gauche et de droite qui sont démocratiques. C'est une grande nouveauté par rapport au passé, lorsque ni la droite ni la gauche n'étaient démocratiques, l'une croyant aux putschs militaires et l'autre à la révolution ». Mario Vargas Llosa s'est référé dans ce contexte au « grand progrès » que sont à ses yeux les gouvernements démocratiques de gauche du Brésil et d'Uruguay, ainsi que ceux de droite en Colombie, au Pérou et au Chili. Il ajoutait aussitôt : « Cuba et le Venezuela représentent pour moi un recul, mais mon impression est que ce courant autoritaire, antidémocratique, va vers la sortie. Il a de moins en moins d'appui populaire, comme on vient de le voir, par exemple, aux élections [législatives] vénézuéliennes ». A propos de ces élections du 26 septembre, lors desquelles le Parti socialiste uni du Venezuela du président Hugo Chavez perdit sa majorité parlementaire des deux tiers face à une opposition encore minoritaire en sièges malgré son score de 52% des voix, Mario Vargas Llosa écrivait notamment, le 3 octobre dernier dans le quotidien El Pais sous le titre La défaite de Chavez : « On reproche à l'opposition vénézuélienne de manquer de leaders, de n'avoir pas de fi gures charismatiques entraînant les foules. Mais comment faudrait-il encore croire aux caudillos ? Ces clowns horripilants aux mains tachées de sang, gonflés de vanité par la servilité et l'adulation qui les entourent, ne sont-ils pas la cause des pires désastres de l'Amérique latine et du monde ? L'existence d'un caudillo charismatique suppose toujours l'abdication de la volonté, du libre arbitre, de l'esprit créateur et de la rationalité de tout un peuple « Faudrait-il encore croire aux caudillos ? » devant un individu reconnu comme être supérieur, mieux doté pour décider du bien et du mal pour un pays tout entier en matière économique, politique, culturelle, sociale, scientifi que, etc. Est-ce cela que nous voulons ? Qu'un nouveau Chavez vienne nous libérer de Chavez ? » Pas une droite traditionnelle Avec des opinions aussi tranchées, qui risquent de minimiser le vote populaire dont, contrairement aux frères Castro, Hugo Chavez tire encore sa légitimité, Mario Vargas Llosa conforte sa réputation d'homme de droite. « D'extrême droite » surenchérissait jeudi la chaîne satellitaire vénézuélienne TeleSur en résumant les propos tenus peu auparavant par l'écrivain à l'Institut Cervantes de New York. Dans sa transhumance perpétuelle, avec ancrages en Espagne, au Pérou, en France, au Royaume-Uni et aux États- Unis, le lauréat 2010 du Nobel de littérature s'est pourtant souvent démarqué de la droite dite traditionnelle. En témoigne son soutien au mariage homosexuel, à la légalisation des drogues douces ou à la libéralisation de l'avortement. En Israël, il a reconnu les droits des Palestiniens et critiqué les colonies juives de Cisjordanie. Lors d'une visite en Irak, il mit en doute la légitimité de l'invasion américaine. Et sous sa pression, le président péruvien Alan Garcia fi t en septembre dernier marche arrière sur l'impunité de militaires et de policiers accusés de crimes contre l'humanité. Si, au long de sa quarantaine de romans et d'essais, traduits dans plus de vingt langues, Mario Vargas Llosa a disséqué les « structures du pouvoir », comme le souligne l'Académie suédoise, c'est souvent pour dénoncer l'injustice et l'oppression. Son premier roman à succès, La ville et les chiens (1963), critiquait sévèrement l'autoritarisme militaire péruvien. Son prochain livre, Le rêve du Celte, dont la première édition sera lancée en espagnol le 3 novembre à 500.000 exemplaires, dénonce les atrocités commises au Congo sous le roi des Belges Léopold II. Droite, donc ? Peut-être, mais sans doute droite démocratique. CHRISTIAN GALLOY LatinReporters.com Défendre la liberté de la presse en Équateur Suite de la première page Franck La Rue a réitéré l'importance de la liberté de la presse et des principes de la diversité et la pluralité d'information dans la société en soulignant « qu'une grande partie des forces de la police s'est mobilisée pour défendre des intérêts catégoriels, basés sur de potentielles désinformations au regard des nouvelles régulations proposées sur leur conditions de travail ». « Ces agissements révèlent la fragilité de quelques démocraties latino-américaines, cet événement survenant un peu plus d'un an après le coup d'État militaire qui a renversé le gouvernent au Honduras », a expliqué le Rapporteur spécial. « Cet événement peut constituer une tentative pour saper les institutions démocratiques d'Équateur, avec l'intention d'initier un coup d'État, même si quelques déclarations ont démontré le contraire », a conclu Franck La Rue. Le 30 septembre dernier, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait exprimé son inquiétude sur la situation en Équateur et « son ferme soutien aux institutions démocratiques et au gouvernement élu du pays ». ONU
La Grande Époque ● 16 – 31 OCTOBRE 2010 La cité des enfants perdus Ils sont oubliés, comme le sont leurs enfants disparus dont les noms et les photos se multiplient sur les poteaux électriques et les murs des grandes villes chinoises. Le 29 septembre, The Epoch Times a interrogé plusieurs de ces parents dont la vie se passe à imaginer ce qu’a pu devenir leur fils ou leur fille : « Aujourd'hui, il n'y a qu'un seul enfant dans chaque foyer. Perdre un enfant, c'est comme la fi n du monde », nous explique l'un d’eux. « Nous montrons ces photos à Pékin pour sensibiliser l’opinion, et pour que cela n'arrive pas à d'autres familles ». L’un d’entre eux explique comment la police les a pris en chasse alors qu’ils cherchaient leurs enfants dans les rues de Pékin : « Un ami à Pékin m’a appelé hier, il m’a dit que les responsables communistes et la police sont arrivés à l’endroit où nous avions tenu notre activité, ils nous cherchaient pour nous arrêter et nous renvoyer chez nous ». Sont-ils poursuivis parce qu’ils exposent une réalité peu glorieuse ? « Le parti communiste nous chasse parce qu’il trouve que c’est une honte pour lui, qu’il y ait tant d’enfants disparus », explique une mère. Les parents ne se positionnent pourtant pas comme des critiques du régime chinois : ils demandent par contre des lois plus strictes contre le trafi c d’êtres humains : « Le parti doit prendre cela au sérieux. Il est tragique de voir de plus en plus de familles brisées en Chine ». M. Zheng raconte une histoire typique, celle de la disparition de son fils : « Je viens d’un village du Hebei, j’ai perdu mon fils quand il avait 15 ans. Cela fait quatre ans maintenant et je ne peux pas le trouver ». M. Zheng avait envoyé en 2006 son fils à Pékin pour aider son oncle dans un commerce de vente de kebabs. Un matin, quand l’oncle s’est réveillé, l’adolescent avait disparu sans laisser de traces. « Ces quatre dernières années, je suis allé chercher mon fils partout. Dans notre village, il n’y a aucun système de retraite et ce sont les jeunes qui prennent De l’amusement électronique ancré dans une réalité amère, voilà comment décrire un nouveau jeu vidéo en diffusion en Chine. L’objectif : pour la famille « Ding », se protéger d’une horde de démolisseurs et d’hommes de main armés venus pour expulser la famille de son logement. Le jeu, appelé « Famille Ding contre démolisseurs », devient immensément populaire en Chine, probablement du fait de son ancrage dans un des plus graves problèmes sociaux du moment : l’expulsion forcée de dizaines de milliers de familles suite à des actes d’expropriation douteux – et permettant de raser des quartiers anciens pour les remplacer par de grands complexes immobiliers. Famille Ding ou Dingzhi Hu est le terme « Quand deux enfants disparaissent, les médias d’État disent qu’il n’y a qu’un disparu ; quand ils en retrouvent deux, ils disent en avoir retrouvé dix. » soin des aînés quand ils sont vieux. Ma femme a fait une dépression, elle pleure toute la journée et reste collée au téléphone à attendre un appel. C’est impossible pour moi de rester là-bas », explique M. Zheng. « Après avoir perdu mon fils, j’ai prêté plus d’attention aux nouvelles sur les enfants disparus », explique-t-il. « Le régime ment et cherche à dissimuler ces crimes. Par exemple, quand deux enfants disparaissent, les médias d’État disent qu’il n’y a eu qu’un disparu ; quand ils en retrouvent deux, ils disent en avoir retrouvé dix ». Dans ses recherches, M. Zheng a fait la connaissance d’autres parents dans la même situation que lui : « Maintenant, ma voiture est couverte des photographies d’enfants disparus de Shenzhen, du Guangdong et du Shanxi. Vous savez, il y en a de plus en plus en Chine. » Seul soulagement pour M. Zheng, les messages de sympathie venant de l’étranger – en particulier des États-Unis et de Nouvelle-Zélande et l’implication des médias étrangers. Il cite par exemple le moment où une dizaine de parents a collé des affi ches Le nouveau jeu vidéo à la mode : combattre les expulsions Paris 13e. À SAISIR, EXCEPTIONNEL Butte aux Cailles/Place d'Italie. Maison moderne façon loft, 145 m², Lumière et calme sur rue piétonne. Bon état, gaz. Rez-de-chaussée (2 accès) : buanderie, bureau, chambre, salle de bains, wc, cuisine américaine, salle à manger, cave. Au 1 er : salon, 2 chambres. Utilisable atelier, studio, profession libérale. 1.150.000 euros. Tél : 06.10.44.71.39 Photos à voir absolument sur www.labaleine.net E-mail : brt76@free.fr dans la ville de Shenzhen, avec les photographies de leurs enfants. Les parents ont alors été arrêtés par la police et leur voiture a été confi squée. Il leur est reproché de vouloir déstabiliser l’État. « Ces parents m’ont appelé et j’ai rapidement pu contacter un journal aux États-Unis. Quand la police a reçu des appels par les médias, elle a libéré les parents. » Un autre père, Li Jiancheng, a aussi perdu son fils – un nourrisson cette fois : « Début septembre, ma femme et moi nous sommes réveillés le matin et avons découvert que notre fils de quatre mois qui dormait à sa droite avait disparu. Nous avons appelé la police et ils sont venus – mais ils n’ont trouvé aucun indice. Depuis nous le recherchons ». Solidarité à expansion, depuis qu’un ami proche de M. Li a commencé à l’aider pour retrouver son fils. Il s’est aussi impliqué pour retrouver plus de 80 enfants d’âge comparable, également disparus. LI JINGYI ET GAO ZITAN populaire pour ces familles qui refusent de céder aux menaces et à la force et restent comme un îlot d’anciens au milieu d’un gigantesque chantier. Dans le jeu vidéo, toute la stratégie est d’utiliser correctement les points forts de chaque membre de la famille Ding pour combattre l’expulsion et chasser les démolisseurs. Les joueurs peuvent choisir six personnages, parmi lesquels le père Ding qui jette des cocktails Molotov sur les agresseurs – une méthode éprouvée dans la vie réelle. Les joueurs obtiennent des bonus pour chaque démolisseur tué, bonus utilisables pour accroître la force de frappe de la famille. Si les joueurs n’éliminent pas à temps les démolisseurs, la maison de la famille Ding est détruite : soit avec des marteaux-piqueurs et des masses, soit – aux niveaux de diffi cultés supérieures – avec des grues-bélier, tandis que des hommes de main les attaquent à la mitraillette. Ancrage dans la réalité encore, la famille Ding perd toujours à la fi n : si les joueurs peuvent protéger leur maison dans les six premiers niveaux, au dernier il leur est impossible d’empêcher aux attaquants de détruire la maison – la famille Ding fi nit donc ensevelie sous les décombres. Dans le dernier exemple de « vie réelle » en date, début septembre, trois personnes dans la province du Jiangxi se sont immolées par le feu pour empêcher une démolition. L’une d’elles est ensuite morte de ses blessures. ZHOU YU www.lagrandeepoque.com Renseignements : 02 33 45 76 68 – 06 73 13 62 94 Chine Plus de trente parents venus de différents endroits de Chine exposent des photos de leurs enfants perdus à Pékin. Le devenir des enfants Selon les statistiques offi cielles, près de 15.000 enfants, essentiellement des garçons, disparaissent chaque année en Chine. Les plus jeunes – comme le fils de Li Jiancheng - sont pour la plupart vendus à des familles n’ayant pas eu de garçon afi n de leur assurer un héritier. Les plus grands, comme le fils de M. Zheng, sont utilisés comme esclaves dans des usines. Le cas le plus important révélé à ce jour l’a été en 2008, quand plus d’un millier d’enfants prisonniers dans des briqueteries de la province du Shanxi ont été libérés. Des corps d’enfants morts sous les coups avaient alors été découverts, en même temps qu’un système de complicité impliquant les responsables politiques régionaux était mis en lumière. 5 La Grande Époque



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