Epoch Times Paris n°185 1er oct 2010
Epoch Times Paris n°185 1er oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°185 de 1er oct 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'Ukraine se souvient (à moitié) de la grande famine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 En images www.lagrandeepoque.com 1 – 15 OCTOBRE 2010 ● La Grande Époque Ronaldo Schemidt/AFP/Getty Images MEXIQUE, Mexico – Une nouvelle façon de voir les armées mexicaines. Des femmes soldats habillées en « Adelitas » révolutionnaires paradent lors du 200 e anniversaire de l’indépendance mexicaine. Getty Images PRAKASH MATHEMA/AFP/Getty Images NEPAL, Kathmandou –Un prêtre hindouiste nettoie la statue de Swet Bharab, dont le visage n’est découvert que pendant le festival Indra Jatra festival. Le festival, qui dure une semaine, célèbre Indra, le roi des dieux et seigneur de la pluie. ALLEMAGNE, Munich – Un homme boivent une pinte de bière lors de l’ouverture de la Oktoberfest. La tradition de cette fête a commencé en 1810, pour célébrer le mariage, le 12 octobre de la même année, du prince Consort bavarois Ludwig et de la princesse Thérèse de Saxe. Le plus grand festival de la bière au monde célèbre en 2010 son 200 e anniversaire.
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM NOUVEAU REGARD CHRONIQUE D’UN OBSERVATEUR DU 7 e ART En l’espace de quelques mois, Claude Chabrol et Alain Corneau, deux pourvoyeurs de temps et d’espace mais aussi d’histoire, ont disparu. Deux cinéastes majeurs du cinéma français Alain Corneau inscrivait son talent dans une recherche intérieure d’identité, une passion pour le polar et la musique de jazz. Dans France société anonyme (1974), il avait tenté de mener une réfl exion sur la drogue et son infl uence sur les êtres fragiles. Mais faute de trouver immédiatement un public, une interdiction d’au moins dixhuit ans a éloigné défi nitivement les principaux spectateurs intéressés par ce fi lm. Par la suite, il a erré, quelques années, à la recherche d’un sujet, en restant un amateur invétéré du fi lm policier, du fi lm noir, des romans de Chandler, et de Jim Thompson. Comme tous les cinéastes en mal de tournage, il a rêvé d’acteurs et d’actrices qu’il admirait, comme Yves Montand, Simone Signoret et François Perrier. Pour consolider son scénario, il est allé chercher Jean-Claude Carrière, dont il connaissait le travail remarquable réalisé sur la majorité des fi lms de Luis Buñuel. De Police Python à Série noire Avec Police Python 357 (1976), Alain Corneau a construit une œuvre remarquable, qui tient de l’onirisme, du mystère et de l’action. Le fi lm est très dynamique et contient une part d’étrangeté et d’amour. Avec Série noire (1979), Alain Corneau construit une œuvre originale à l’aide de deux personnages de génie : Georges Perec et Patrick Dewaere. Il faut ajouter à ce duo Jim Thompson, l’auteur de l’ouvrage source, Des cliques et des cloaques, un polar qui va bouleverser la littérature noire américaine. Sans aucun doute, le meilleur de ses fi lms est Série noire. Alain Corneau s’était passionné pour le polar. Il avait atterri par miracle sur le plateau de Roger Corman. Il avait bien observé la façon dont il dirigeait ses fi lms et a su s’en inspirer. L’échec du projet d’adaptation de 1275 Âmes de Jim Thompson, porté à l’écran dans Coup de torchon (1981) par Bertrand Tavernier avec des acteurs prestigieux comme Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle, Isabelle Huppert, Eddy Mitchell, Stéphane Audran, Guy Marchand poussera le cinéaste tant attaché au fi lm noir américain, vers la redécouverte d’un petit chef d’œuvre jamais adapté au cinéma : Des cliques et des cloaques (A hell of a Woman - 1954). Un écrivain au travail Avec Georges Perec, l’auteur de La vie mode d’emploi (1978), il adaptera le livre de Thompson, choisissant de situer l’action dans une banlieue parisienne où Instant terrestre www.instanterrestre.com La Grande Époque The Epoch Times Chargé de bottes de riz, cet homme semble fi gé par le poids de l’effort. Mais ce funambule d’un autre âge, chaussé de sandales élimées, défi e les lois de la pesanteur sur un sentier traversant un décor vertigineux de gorges et de rizières. Dans cette région escarpée du nord de l’île de Luzon, aux Philippines, le peuple Ifugao a sculpté un paysage montagneux en un vaste théâtre de cultures en terrasses. Et le génie de ces hommes dont la renommée a franchi les frontières a aussi permis d’inscrire ce site naturel au patrimoine de l’humanité. Texte et photo de Stéphane Cabaret ÉDITION 185 UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION 1 – 15 OCTOBRE 2010• BIMENSUEL Le cinéma imprime-t-il définitivement le passé sans faire d’histoire ? Le Boucher (1969) réalisé par Claude Chabrol avec Stéphane Audran, Jean Yanne, Antonio Passalia. Le peuple Ifugao les problèmes sociaux et humains sont si nombreux qu’une forêt de contradictions ne suffi rait pas à la défi nir. Perec cisèlera le scénario, le dotant de dialogues beaux et pertinents. Le personnage principal, Patrick Dewaere, n’hésitera pas à prendre des risques afi n de rendre son personnage crédible, jusque dans son intériorité : l’acteur n’avait pas le souci de se montrer mais d’être senti, perçu au plus profond de son personnage. Il se blessera au cours d’une scène, mais, soulignera-t-il, comment jouer un personnage fort en truquant absolument tout ? Le comédien doit honorer son métier et non pas les effets spéciaux, affirmait-il. Bernard Blier est très bon et Myriam Boyer est une comédienne d’exception. Elle a été formée pour contribuer à des chefsd’œuvre, par son mari John Berry. Le sens de l’art et des œuvres Alain Corneau, trop tôt disparu, mérite largement que l’on se souvienne longtemps encore de son nom, ne serait-ce que pour Série noire. Avec du recul, les images qu’il nous a données de lui-même indiquent le sens et la profondeur de son propos : trouver le sens de la vie en entrant dans l’intériorité des êtres, cette grotte de mystères. Corneau s’était penché sur le sens du langage dans son fi lm Les mots bleus (2005) beau sujet sur les sentiments, les mots et leurs sens. L’adaptation au cinéma Quelques années auparavant, Alain Corneau avait réalisé Le choix des armes (1980). Michel Grisolia avait rédigé le scénario avec le cinéaste. Il faut noter que cet ancien journaliste du Nouvel Observateur, venu à l’écriture par la chanson (il a été le parolier de Marie-Paule Belle, de Régine et de Demis Roussos), se dirigera vers l’écriture après une biographie sur Juliette Gréco, avec l’aide de l’écrivaine Françoise Mallet-Joris, publiée en 1975. Il avait été ensuite scénariste de Flic et voyou (1979) de Georges Lautner, d’après L’inspecteur de la mer (1977). L’écriture ou la vie Dans le domaine du cinéma et du roman, Michel Grisolia, issu d’une famille modeste, écrira, de 1977 jusqu’à sa disparition en 2005 à l’âge de 56 ans, 27 scenarii et 29 romans : un homme vraiment prolifi que dont Alain Corneau avait saisi la valeur introspective. Pendant qu’il tournait le fi lm Le choix des armes, Michel Grisolia a écrit son roman d’après son propre scénario. C’était un drôle de jeux, confi ait Alain Corneau : « Je ne regardais pas ce qu’il écrivait, et lui s’était complètement isolé du fi lm après avoir écrit le scénario, en ma présence bien sûr. Il y avait ainsi de façon exemplaire, un vrai respect pour le travail de l’un et de l’autre qui s’accomplissait ». Une foule d’acteurs partageait ce fi lm dont Yves Montand, ravi d’avoir participé au fi lm précédent Police Python 357, dans lequel il trouvait qu’une époque qui tient d’un certain onirisme politique, y avait été décrite. Yves Montand, cette fois avec Catherine Deneuve, couple indestructible et amoureux, ne pouvait cependant résister à un environnement destructeur et déstructuré, où l’inadapté social du fait de son abandon peut commettre des blessures impossibles à guérir. Jacques Becker avait réalisé Le trou (1960) avec Michel Constantin. L’artiste était devenu l’homme de la réalité sociale. Il avait tenté dans ce fi lm d’extraire le sentiment ultime qui permet de garder sa force d’homme de ce monde, car la prison c’est l’humiliation et la dégradation totale de l’être humain que l’autorité dominante cherche à arracher pour mieux dominer l’être et tirer ainsi tout son pouvoir d’une faiblesse fabriquée voire commandée. Becker est un cinéaste de l’intériorité et Alain Corneau l’a bien compris. En réalisant Le Choix des armes (1981) avec ses acteurs, il avait tenté de mettre en application ses convictions humaines plus que politiques, semblant comprendre que la politique et l’idéologie sont fluctuantes mais pas l’éthique humaine, fondée sur l’humanité et non sur le pouvoir. Alain Corneau s’en remet à la faiblesse humaine et au souffl e de la vie. Le Deuxième souffle d’Alain Corneau Le deuxième souffle (1966) de Jean- Pierre Melville est tourné en partie dans son studio personnel, rue Jenner dans le treizième arrondissement de Paris. En compagnie de ses nombreux chats, il adapte le roman de José Giovanni et engage Lino Ventura qui s’était distingué dans son rôle d’Angelo, chef d’une bande rivale dans Touchez pas au grisbi (1954). C’était son premier rôle, un peu plus tard, en 1958, Jacques Becker lui proposera d’incarner Morel dans Montparnasse 19 (1958) et Louis Malle le commissaire Cherrier dans Ascenseur pour l’échafaud (1958) Lino Ventura est impeccable, le fi lm repose pratiquement sur son personnage. Les acteurs sont extrêmement intéressants : Paul Meurisse, Raymond Pellegrin, Christine Fabrega, Michel Constantin, Marcel Bozzuffi sont convaincants. Alain Corneau n’avait pas l’intention de faire un remake de ce fi lm quasiment mythique. Il voulait tenter d’utiliser un nouveau langage pour faire sortir autrement le roman de José Giovanni. Il avait vu les fi lms de Wong Kar-wai, un jeune cinéaste plein d’imagination. Corneau voulait s’inspirer de In the mood for love (2000) et 2046 (2004), c’est pourquoi la teinte dominante du fi lm réalisé par Alain Corneau est jaune or : légèrement plus long que le fi lm de Jean-Pierre Melville (150 minutes). La première partie paraît trop explicative par rapport au fi lm de Melville mais la seconde est passionnante et effi cace ce qui range le fi lm en fi n de compte dans la catégorie des réussites. Claude Chabrol, un cinéaste de la réflexion et du divertissement La disparition de Claude Chabrol inquiète car c’est à coup sûr le cinéaste du divertissement et de la réfl exion. C’est dans ses fi lms que l’on pouvait rire et sourire, s’inquiéter et s’interroger. Il avait cette façon de fi lmer à l’économie pour ne pas encombrer le cerveau d’images parasites. Il connaissait bien Hitchcock. Toute sa vie il a suivi son enseignement pour ne pas sombrer dans l’hyperbole et le tarabiscotage professionnel en matière de cinéma. Il ne connaissait pas les discours qui ont été souvent présents dans le mouvement de La nouvelle Vague, dont il avait fait partie avec François Truffaut et Jean-Luc Godard, Louis Malle, Eric Rohmer, Jacques Demy et Agnès Varda. Dans l’élaboration de cette liste, il conviendra d’être prudent. Il faudrait, pour être rigoureux, établir des critères, ce qui n’est pas si simple : la nouvelle vague se conjugue avec l’utilisation d’un matériel peu encombrant et peu coûteux, une unité dans le choix des sujets jusque-là non traités, un tournage en extérieur hors des studios, un choix d’acteurs et actrices acceptant d’être rémunérés à petit prix ou pas du tout pour la bonne cause, jusqu’à ce que le cinéaste soit consacré ou trouve ses marques. Les films indispensables pour connaître Chabrol Il est intéressant de parcourir sommairement la biographie de Claude Chabrol qui vient de disparaître le 12 septembre 2010 à l’âge de 80 ans. Il est issu d’une famille bourgeoise, son père est pharmacien et sa mère s’occupe de la maison. Dès l’âge de quatre ans, il fréquente les salles de cinéma. À onze ans, il projette des fi lms dans un garage désaffecté. Il fait des études de pharmacie et rate quatre fois sa première année. En 1952, il épouse la fille d’un industriel suisse, Agnès Marie-Madeleine Goute. En 1955, il entre à la Fox et tient le poste d’attaché de presse tout en étant critique de cinéma au journal L’Aurore. Son épouse devient une riche héritière en 1957. Chabrol va pouvoir fi nancer sa société de production AJYM et réaliser son premier fi lm, Le beau Serge (1958), prix Jean Vigo et grand prix de Locarno. Sa carrière décolle à la suite de toutes ces distinctions. Il faut retenir ses plus grands fi lms : Les cousins (1959), Landru (1963), avec un Charles Denner exceptionnel. La femme infidèle (1969) Que la bête meure (1969), l’un avec Stéphane Audran et Michel Bouquet, l’autre avec Jean Yanne, Anouk Ferjac et Caroline Cellier. Dans un autre registre purement divertissant avec cependant beaucoup de subtilité Poulet au vinaigre (1985) et Inspecteur Lavardin (1986) avec cet excellent comédien qu’était Jean Poiret. Il ne faudrait pas oublier cet incroyable fi lm interprété par l’inénarrable Michel Serrault, Les fantômes du chapelier (1982). La politique des auteurs que défendait Claude Chabrol dans ses écrits et notamment dans son ouvrage sur Alfred Hitchcock, co-écrit avec Eric Rohmer, soulignait qu’une œuvre d’art doit avoir, pour survivre au temps, une assise artistique et ne pas noyer le cerveau en circonvolutions inutiles. Le temps et l’espace doivent être respectés pour pouvoir en sentir et en saisir toutes les fi nesses. ALAIN PENSO apenso@hotmail.fr



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