Epoch Times Paris n°185 1er oct 2010
Epoch Times Paris n°185 1er oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°185 de 1er oct 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'Ukraine se souvient (à moitié) de la grande famine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 Environnement www.lagrandeepoque.com 1 – 15 OCTOBRE 2010 ● La Grande Époque Les oiseaux migrateurs se dirigent par la perception du champ magnétique terrestre et par la position des étoiles. La pollution lumineuse tue les oiseaux migrateurs à New York L’association de protection des oiseaux NYC Audubon a demandé aux habitants de New York d’éteindre les lumières des tours après minuit. En effet si les gratte-ciel illuminés sont un plaisir pour les yeux, ils déstabilisent les oiseaux migrateurs qui perdent leur direction et s’écrasent contre les vitres. Susan Elbin, directrice de la conservation des espèces de l’association NYC Audubon, explique : « On estime que quelque 90.000 oiseaux meurent chaque année à New York, en raison de la collisions avec les bâtiments ». Les oiseaux migrateurs perdent le sens de l’orientation basé sur la vision, la perception du champ magnétique terrestre et la position des étoiles. Les oiseaux éblouis par la lumière électrique perdent l’orientation New York est malheureusement située sur la trajectoire migratoire de centaines d’espèces d’oiseaux et la mort des volatiles se répète chaque année au pic des mouvements migratoires. La municipalité de New York, sensible aux problèmes des oiseaux, s’est rangée aux avis des ornithologues. Elle demande que les tours principales de New York soient éteintes, Comment concilier l’exploitation de l’énergie éolienne et la protection de la biodiversité ? Tel a été le thème d’un séminaire organisé à Reims, les 15, 16 et 17 septembre, avec la participation de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), l’Ademe et le ministère de l’Écologie. Déjà en 1995, l’association LPO s’inquiétait de l’impact des éoliennes sur les oiseaux et les chauves-souris et expliquait, à cette époque : « Parallèlement à l’émergence et au développement de la fi lière éolienne française, la LPO, consciente des enjeux liés au changement climatique, s’est impliquée afi n d’éviter que les installations ne portent atteinte aux oiseaux, aux chauves-souris et plus globalement à la biodiversité ». 440.000 oiseaux tués par les éoliennes aux États- Unis La LPO indique en relation avec son partenaire BirdLife International, l’impact des parcs éoliens sur la faune. Les conséquences sont de trois sortes : une mortalité directe, un dérangement et une perte d’habitat. D’après Albert Manville, ornithologue américain, ils ont recensé pas moins de 440.000 oiseaux tués par les éoliennes aux États-Unis chaque année. Albert Vol d’oies migratrices attiré par la luminosité devant le Washington Monument. de septembre à novembre, de minuit à l’aube. Les bureaux occupés par des travailleurs nocturnes sont priés de baisser les stores et d’utiliser les lampes de bureau plutôt que les néons du plafonnier. Lorsque les oiseaux volent à basse altitude, ils sont éblouis par la lumière électrique. Incapables de voir les vitres, c’est Manville, fervent défenseur des éoliennes, assure qu’il faut relativiser ce chiffre. Les avions, les plates-formes pétrolières, les tours de refroidissement, les bâtiments en verre, ou encore les lignes électriques à haute tension font bien plus de victimes que les éoliennes. Il faut également compter avec la chasse qui tue plusieurs millions d’oiseaux chaque année. Ralentir les pales des turbines pendant la nuit Même si ces conséquences sont variables en fonction des espèces, des saisons, des milieux, ou encore de la taille des parcs éoliens, il faut cependant mettre en place certaines restrictions, indiquent les associations. La perte des espèces s’accentue, parfois autour d’oiseaux déjà menacés de disparition. Afi n de préserver les chauves-souris et les oiseaux migrateurs qui volent de nuit, il s’agirait de ralentir les pales des turbines pendant la nuit, là où la vitesse du vent est la plus basse. Le projet de recherche Casselman sur l’énergie éolienne aux États-Unis a permis de réduire la mortalité de la faune de 73%. ainsi qu’ils s’écrasent et sont blessés ou tués. Cette situation s’aggrave en cas de brouillard ou de pluie. 10.000 oiseaux migrateurs piégés dans les faisceaux lumineux Même le site de Ground Zéro, où se dressaient les tours jumelles du World Les éoliennes et la protection des oiseaux Utiliser des radars pour détourner les chauves-souris La recherche a aussi permis de trouver des moyens pour écarter le danger des éoliennes pour les oiseaux. En Écosse, les chercheurs de l’université d’Aberdeen Win McNamee/Getty Images Trade Center, a soutenu l’initiative. Lors des dernières commémorations du 11 septembre, les deux projecteurs représentant les tours jumelles ont été éteints, cinq fois de suite à la demande d’ornithologues, afi n de délivrer 10.000 oiseaux migrateurs piégés dans les faisceaux lumineux et leur permettre de continuer leur chemin. Selon le Programme de Sensibilisation Christopher Furlong/Getty Images Des parcs éoliens parallèles aux axes migratoires réduisent les effets négatifs sur l’avifaune migratrice. ont été soutenus, aidés fi nancièrement par la population, pour défendre les espèces menacées. Ils utilisent des radars pour détourner les chauves-souris des pales des éoliennes. Cependant une énigme wikipedia de la Lumière Fatale (FLAP) le nombre d’oiseaux tués chaque année aux États- Unis par an par collision avec des vitres ou éléments d’architecture sur l’ensemble de leur parcours migratoire pourrait atteindre les 100 millions. Le temps brumeux semble particulièrement propice à ces phénomènes, notamment dans les villes situées sur les axes migratoires les plus importants (littoraux, vallées, chaînes de lacs et de zones humides ou dans l’axe de certains cols de montagne). Un à dix millions d’oiseaux migrateurs tués annuellement à Toronto À Toronto, le programme FLAP a dénombré près de 3.000 cadavres d’oiseaux (appartenant à plus de 140 espèces) trouvés en un an aux pieds de la Tour CN ou Tour nationale du Canada (553 mètres) éclairée la nuit. D’autres animaux blessés ou emportés par leurs prédateurs (chats, rats) ne sont pas inclus dans ce chiffre. Une estimation donne le nombre de un à dix millions d’oiseaux migrateurs tués annuellement par collision avec des immeubles à Toronto. En 1993, le FLAP a étudié l’attirance de la lumière sur les volatiles et son impact négatif : « En Amérique du Nord, plus d’oiseaux meurent chaque année de collisions que ceux ayant succombé le 24 mars 1989 à l’échouage du camion citerne Exxon Valdez, sur le récif de Bligh en Alaska. » Le musée Field de Chicago a réalisé une étude qui a montré qu’en éteignant les lumières d’un seul bâtiment dans la ville, le nombre de morts d’oiseaux avait chuté de 80%. HÉLOÏSE ROC persiste : pourquoi les chauves-souris et les oiseaux, si adroits par ailleurs, sont-ils attirés par les hélices en rotation et ne parviennent pas à les éviter ? Les ornithologues expliquent que les oiseaux n’ont pas tous le sens visuel le plus aiguisé. Certains évitent les pales et d’autres non. Reconstitution d’un ensemble de haies En France, un guide a été édité notant l’impact sur l’environnement des parcs éoliens. Il donne des idées pour éviter les risques d’un projet éolien sur l’avifaune. Le document recommande de réunir « les données brutes à l’aide de tableurs et de systèmes d’information géographique » sur les oiseaux. Il recommande le choix de l’endroit qui est primordial, et le positionnement des éoliennes. « Une orientation des parcs, parallèle aux axes migratoires, réduit effi cacement les effets négatifs sur l’avifaune migratrice », indique le guide. Pour éviter la perte d’habitat, il conseille d’essayer de créer des espaces de substitution comme, par exemple, la reconstitution d’un ensemble de haies. Il prône d’éviter l’éclairage, car les sources lumineuses attirent les oiseaux, surtout par temps couvert, de brume et de brouillard. H. R.
La Grande Époque ● 1 – 15 OCTOBRE 2010 Les dessous de la finance « La découverte graduelle par les autorités de l’immense pouvoir des banques à créer de l’argent explique pourquoi, dans la plupart des cas, les gouvernements se sont rendus complices des fraudes bancaires, accordant des privilèges aux banquiers, en échange d’une partie directe ou indirecte de leurs profi ts », déclaré Jesús Huerta de Soto 1, maître de conférences à l’université de Madrid et spécialiste de la pensée économique. La hausse exponentielle de la charge des intérêts de la dette publique en fera le premier poste budgétaire de la France en 2013 avec 57 milliards d’euros, nous apprenait le ministre du Budget le 6 juillet 2010 lors d’une allocution à l’assemblée nationale. « C’est par les défi cits que les hommes perdent leur liberté », ne cessait de clamer Jacques Rueff. Mais qui en subit les conséquences ? Les experts Muriel Pucci et Bruno Tinel, maîtres de conférences à l’université Paris Panthéon n’en font pas mystère : « Une part des impôts prélevés sur l’ensemble des contribuables sert en partie à payer la charge de la dette, alors qu’elle aurait pu être affectée à d’autres usages, tels que la santé ou l’éducation, tandis que ses intérêts sont versés à des contribuables rentiers qui détiennent 35% de la dette publique. Les fi nances publiques servent donc d’intermédiaire à un transfert de revenu vers les ménages les plus aisés. » 2 La part des 65% de la dette détenus par des fonds étrangers est en croissance constante. Et la perte d’autonomie fi nancière des pouvoirs publics s’accentue chaque année. Une petite histoire sur l’émission de la monnaie De 1861 à 1913, le Congrès des États- Unis disposait du contrôle de l’émission de la monnaie. Le président Abraham Lincoln, grand homme soucieux de l’intérêt commun, avait de grandes ambitions pour sa patrie. L’histoire a retenu le réquisitoire suivant : « Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d’achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d’immenses sommes d’argent en intérêts. Le privilège de créer et d’émettre la monnaie n’est pas seulement la prérogative suprême du gouvernement, mais c’est aussi sa plus grande opportunité. » 3 Retournement de situation en 1913, quand le président Woodrow Wilson, tout juste élu, fait transférer durablement le contrôle de la Réserve fédérale (chargée de l’émission monétaire), du Congrès vers les grandes banques américaines. Conscient d’avoir été abusé par le lobby bancaire, Woodrow Wilson aurait confi é son amertume un peu tard en ces termes : « Je suis un homme des plus malheureux ; j’ai inconsciemment ruiné mon pays, une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation, en conséquence, ainsi que toutes nos activités, sont entre les mains de quelques hommes. » En France, au sortir de la seconde guerre mondiale, l’économie nationale a besoin d’oxygène. La classe dirigeante se saisit de l’aubaine pour nationaliser la Banque de France, détentrice de l’émission monétaire. Créée en 1803 par Napoléon Bonaparte, la Banque de France était depuis l’origine une société privée par actions, qui détenait l’émission de la monnaie. A la tête du conseil d’administration, les quinze administrateurs étaient tous issus des grandes familles de rentiers. 4 Les dynasties de banquiers n’entendaient pas abandonner leurs prérogatives trop longtemps. Ainsi, la ploutocratie pouvait compter sur la gratitude de Georges Pompidou. Cet homme d’affaires brillant, à l’ascension fulgurante, après être devenu directeur général d’une compagnie fi nancière familiale 5 en 1953, a intégré un cabinet ministériel en charge des questions économiques. Devenu président de la République, Georges Pompidou a promulgué le 3 janvier 1973 l’article 25 de la loi 73-7, cosignée par le ministre des Finances Giscard D’Estaing qui dispose : « Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. » Dès lors, renonçant à ses prérogatives régaliennes d’émission de la monnaie, l’État français cédait, de fait, le contrôle de sa monnaie. Le pouvoir monétaire basculait vers les banques commerciales. Cet événement est un facteur crucial pour expliquer la fi n des Trente glorieuses car, irrémédiablement, la dette des collectivités publiques, de l’État notamment, n’a eu cesse de s’accroître au dépend des populations. Dans la logique, l’emprunt Giscard du 18 janvier 1973 qui était indexé discrétionnairement sur le cours de l’or, a préservé les banquiers de toute dépréciation de la monnaie nationale. Cette indexation a empêché nos collectivités publiques de tirer profi t de l’importante infl ation de la décennie suivante. Par la suite, le gouvernement de Raymond Barre a décrété arbitrairement en 1976 que l’État réglerait toujours sa dette au-delà du taux d’infl a- tion. Un système bancaire au cœur des intérêts privés Le crédit crée la monnaie « Le processus par lequel les banquiers créent l’argent est si simple que l’esprit résiste à y croire », assurait John Kenneth Galbraith, conseiller économique auprès des présidents J-F Kennedy et Lydon Baines Johnson. Alors d’où vient l’argent ? Des idées reçues circulent dans l’opinion sur l’origine de la monnaie. La conscience publique fait son chemin. Il est dit que l’argent prêté serait de l’argent placé en banque, qu’il existerait une contrepartie en or, que les banques centrales nationales ou européennes créeraient la monnaie… En réalité, il n’en est rien. Selon un opuscule publié par la Banque de France 6, « les particuliers, voire certains banquiers ont du mal à comprendre que les banques ont le pouvoir de créer de la monnaie : selon eux, les dépôts permettraient les crédits. Or, cette vue n’est pas conforme à la réalité car ce sont les crédits qui font les dépôts. » Graham F. Towers, gouverneur de la banque du Canada au début des années cinquante le confirme : « Chaque fois qu’une banque fait un prêt, un crédit bancaire, est créé de l’argent tout neuf ». La Banque centrale européenne émet certes la monnaie fi duciaire, dont elle confi e aux Banques centrales des États membres Évolution de la dette publique en fonction du produit intérieur brut. l’impression, mais l’argent fi duciaire des distributeurs de billets émis par la BCE représente moins de 10% de la masse monétaire en circulation, révèle Dominique Plihon, maître de conférence, ancien salarié au commissariat général du plan. Le monopole du crédit Seules les sociétés bancaires ont le privilège de faire crédit à un agent non fi nancier, une entreprise, une collectivité, un organisme non lucratif ou un particulier. C’est un fait, le pouvoir de création monétaire appartient paradoxalement aux banques par le biais du crédit, évalué à plus de 90% de la masse monétaire existante en France. Ce qui a fait dire à Marriner Stoddard Eccles quand il était gouverneur de la Réserve fédérale de Washington : « Voilà ce qu’est notre système monétaire. S’il n’y avait pas de dettes dans notre système monétaire, il n’y aurait pas d’argent. » La création monétaire ex nihilo Quand un emprunteur offre des garanties suffi santes de solvabilité (salaires fi xes, caution, assurance, hypothèque, etc.), la banque crédite le compte du souscripteur par une simple opération comptable, une écriture informatique sur le compte de l’emprunteur. C’est le motif www.lagrandeepoque.com pour lequel l’économiste français Maurice Allais, prix Nobel, s’insurge : « La création monétaire doit relever de l’État et de l’État seul. Toute création monétaire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit être rendue impossible, de manière que disparaissent "les faux droits" résultant actuellement de la création de monnaie bancaire. » 7 Un endettement public irréversible Une problématique taboue Le service de la dette, c'est-à-dire la somme que la France doit verser chaque année pour « honorer » sa dette, est constituée du capital et des intérêts des emprunts. Pour la France, la charge des seuls intérêts de la dette a dépassé les 50 milliards d’euros depuis 2007, absorbant la totalité de l’impôt sur le revenu. D’après le compte général annuel de l’État français, le remboursement du capital de la dette se chiffre actuellement à environ 80 milliards d’euros, absorbant les autres recettes fi scales directes. Chaque année l’émission d’une nouvelle dette d’environ 110 milliards d’euros, a lieu pour fi nancer l’amortissement d’anciens emprunts. L’État, bon prince, ne veut pas renier une once des engagements pris il y a 37 ans vis-à-vis de ses créanciers. En revanche, il ne semble pas adopter la même logique vis-à-vis des petits épargnants, notamment ceux qui avaient souscrit un plan épargne logement attractif avant les années 2000. En l’occurrence, le gouvernement avait fait voter une loi rétroactive pour imposer les PEL bien antérieurement à la promulgation de la loi. Une manière indirecte de pousser les épargnants à clôturer leur PEL. Parallèlement, la part des recettes de l’État dans le PIB n’a cessé de diminuer, passant de plus de 22% en 1981 à 17% en 2008. Mais pour la grande majorité des Focus 11 Estimation de la dette publique (en milliards d’euros) dans le temps mise en perspective avec les emprunts cumulés contractés entre 1979 et 2009. Cette estimation est compensée par l’ajustement de l’infl ation. La dette à la fi n 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’infl ation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’euros. L’écart n’est donc pas surestimé mais a été réajusté. contribuables imposables, aucune baisse signifi cative n’est constatée. Et si, comme le dit le macro économiste Robert Barro, un défi cit élevé est « l’impôt de demain » 8, la hausse des recettes fi scales auprès des contribuables, notamment les plus prélevés à proportion de leurs revenus, ne sert plus à investir dans la recherche et le développement qui sont réduits à peau de chagrin, mais à fi nancer de nouveaux emprunts pour faire face aux dépenses courantes. Une rente perpétuelle garantie Par ce biais, les actionnaires majoritaires des banques sont assurés de percevoir sans effort et en toute discrétion une rente exorbitante. Pour l’inventeur de l’écosociétalisme, André-Jacques Holbecq et l’entrepreneur Philippe Derudder 9, auteurs d’un ouvrage sur les questions d’éthique soulevées par l’endettement public, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un moyen dissimulé pour détourner les ressources de la masse des contribuables vers une infi me minorité de rentiers. S’agissant d’un État, la solvabilité se mesure au potentiel de prélèvement sur les citoyens, qui est fonction de leur capacité contributive mais aussi de leur volonté à contribuer. Pour autant, la Cour des Comptes a publié le 23 juin 2010 un rapport 10 qui dispose que « compte tenu de l’urgence, c’est sur les recettes qu’il ne faut pas hésiter à jouer dès à présent, car il est plus diffi cile d’infl échir rapidement la courbe des dépenses. » Grâce aux intérêts perçus ex nihilo et au levier des prélèvements obligatoires, les barons de la fi nance ont l’assurance de transmettre des créances immuables à leur descendance. Dès lors, les créanciers des nations ne sont-ils pas ceux qui auraient beaucoup à perdre en cas d’effondrement du paradigme économique ? ERIC MARTIN 1 Money, Bank Credit and Economic Cycles. Auburn, Alabama : Ludwig von Mises Institute, 2006 2 LeMonde.fr du 21 juin 2010, Débat, Dette publique. Muriel Pucci est spécialiste en microéconomie, Bruno Tinel a co-publié de nombreux ouvrages sur l’économie réelle. 3 Les écrits de Thomas Jefferson, New York, GP Putman’s Sons, 10 vol. 4 La belle époque du capitalisme, Éd. Historia, 1995, n°37 5 L’association Georges Pompidou, biographie, georges-pompidou.org 6 La monnaie et la politique monétaire. Éd. Banque de France, 1971 7 La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions fi nancières et monétaires. Éd. Clément Juglar, 1999 8 La dette publique dans l’histoire. Éd. La documentation française, 2006 9 La dette publique, une affaire rentable. Éd. Yves Michel, 2008 10 Situation et perspectives des fi nances publiques françaises



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