Epoch Times Paris n°185 1er oct 2010
Epoch Times Paris n°185 1er oct 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°185 de 1er oct 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'Ukraine se souvient (à moitié) de la grande famine.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 International www.lagrandeepoque.com 1 – 15 OCTOBRE 2010 ● La Grande Époque Le Canada préoccupé par la pollution du lac Athabasca Des poissons déformés trouvés en aval des sables bitumineux Lorsque les entreprises impliquées dans l'extraction des sables bitumineux affirment qu'aucune de leurs émissions toxiques trouvent leur chemin jusqu'à la toute proche rivière Athabasca, David Schindler – un professeur d'écologie de réputation internationale à l'Université de l'Alberta – ne peut qu'être sceptique. Et ceci plus encore lorsqu'on rapporte la présence de poissons difformes dans la région et que les critiques fusent à l'égard du Programme de surveillance aquatique régional (PSAR), le groupe public-privé chargé de surveiller la qualité de l'eau dans la région des sables bitumineux. Le PSAR affirme que l'industrie des sables bitumineux n'est pas responsable de l'augmentation de la toxicité dans la rivière. David Schindler estime cependant qu'il n'est pas plausible que les centaines de kilos d'émissions toxiques relâchées dans l'atmosphère, que l'industrie elle-même reconnaît, ne se retrouvent pas fi nalement dans la rivière. « Ça ne fait tout simplement pas de sens d'affirmer que rien n'aboutit dans la rivière, tout en disant que beaucoup se retrouve dans l'atmosphère », explique-t-il. Il a donc mené une étude sur le sujet, dont le résultat est un article co-écrit avec des chercheurs de l'université de l'Alberta, de l'université Queen's et de l'ONG Oceana. L'article conclut que le développement des sables bitumineux contribue substantiellement à la pollution de la rivière Athabasca par l'entremise de l'air et de l'eau. L'article, publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences, indique que durant l'été les concentrations d'éléments toxiques sont plus élevées près des zones de développement qu'en amont du développement. Il est également mentionné que les découvertes de l'enquête confirment « les sérieuses défectuosités du PSAR » en raison de son incapacité à déceler ces spectres de pollution dans la rivière. « Un programme de surveillance robuste pour mesurer l'exposition et la santé des poissons, de la faune et des humains devrait être mis en place dans la région affectée par le développement des sables bitumineux », conclut l'article. L’article scientifi que a immédiatement suscité l'attention des gouvernements provincial et fédéral canadiens. Dernièrement, David Schindler a reçu la visite du ministre canadien de l'Environnement, Jim Prentice. Ce dernier lui a annoncé qu'un groupe d'experts serait mis sur pied pour réviser le programme de surveillance du PSAR. « Nous allons obtenir l’avis des meilleurs CANADA, Fort McMurray : Vue aérienne des installations d’extraction de sables bitumineux de Suncor sur les rives de l’Athabasca près de la ville de Fort McMurray, Alberta, le 23 octobre 2009. scientifi ques au Canada à propos de ce qui passe, et nous allons agir », a déclaré M. Prentice au Globe and Mail. David Schindler s'est dit satisfait du résultat de son entretien avec le ministre, soulevant que le programme de surveillance devrait être administré au niveau fédéral, car « il s'agit de la seule organisation qui ait la compétence pour le faire. » David Schindler, d'autres scientifi ques, des résidents locaux et des chefs des nations natives – les Indiens, ont signé une lettre envoyée au Premier ministre, Stephen Harper, demandant des fonds pour établir un programme de surveillance à long terme de la santé des poissons dans la rivière Athabasca, le delta de l'Athabasca et le lac Athabasca. La lettre a été envoyée le jour précis où des pêcheurs locaux ont exposé à Edmonton des poissons avec des déformations et des tumeurs qui ont été pêchés en aval des sables bitumineux. « Les pêcheurs ont remarqué que l'incidence et la fréquence de la présence de poissons malades dans leurs prises ont augmenté substantiellement avec le temps », indique la lettre. La chef de la nation native Cree Mikisew, Roxanne Marcel, une des cosignataires de la lettre, affirme que des membres de sa communauté sont préoccupés par ces poissons depuis longtemps. « Ils doivent faire quelque chose », implore-t-elle. « Je crois qu'il revient au gouvernement fédéral de s'assurer que quelque chose soit fait. Nous avons présenté ce problème au niveau provincial auparavant et rien n'a été fait. » Elle avance que la pollution résultant de l'exploitation des sables cause également des taux de cancer plus élevés dans Un poisson déformé dans le lac Athabasca. la région, un problème – parmi plusieurs autres – pour lequel un suivi est effectué auprès de différents ministères. Les poissons malades ne sont qu'un aspect de l'affaire, dit-elle. Le Premier ministre de l'Alberta, Ed Stelmach, a indiqué peu après la publication de l'étude de Schindler que les scientifi ques du gouvernement devraient rencontrer les auteurs du rapport afi n de déterminer pourquoi ils en arrivent à des conclusions différentes. « Nous surveillons [la qualité] de l'eau dans la rivière Athabasca depuis le début de l'extraction des sables bitumineux. Nous avons une bonne étude de référence et nous pouvons travailler à partir de ça », affirme M. Stelmach. « Dans ce cas particulier, nous allons John Ulan/EPIC Photography comparer les données et en arriver à une conclusion. Et si cela veut dire que nous devons faire quelque chose de plus, nous allons le faire. » Les remarques d'Ed Stelmach différent de celles du ministre albertain de l'Environnement, Rob Renner, qui s'était prononcé auparavant sur le sujet. Il avait insisté sur le fait que ses scientifi ques lui avaient dit que les toxines dans la rivière étaient le résultat d'un phénomène naturel et qu'elles ne posaient aucun risque. Un porte-parole du ministère de l'Environnement albertain a réitéré les commentaires du Premier ministre selon lesquels il est souhaité que les deux groupes de scientifi ques se rencontrent afi n de comparer leurs études. « Nous avons mis l'offre sur la table David Schindler estime qu’il n’est pas plausible que les centaines de kilos d’émissions toxiques relâchées dans l’atmosphère, que l’industrie ellemême reconnaît, ne se retrouvent pas fi nalement dans la rivière. et ils n'ont pas encore fi xé la date de la rencontre », indique le porte-parole Chris Bourdeau. Il fait remarquer le PSAR n'est pas le seul programme de surveillance en place. « Il y a différents types de surveillance multicouches en place. » Il cite le programme Long-TermRiver Network, qui effectue l'échantillonnage régulier des rivières importantes de la province depuis des décennies, et il mentionne que l'évaluation est également effectuée au niveau fédéral. « Nous avons confi ance dans nos activités de suivi et dans ce qu'elles nous rapportent. Nous effectuons la collecte depuis les 30 dernières années. » Quant à l'incursion de Jim Prentice, qui a annoncé une révision du PSAR, M. Bourdeau a dit : « Nous accueillons certainement [toutes initiatives] qui peuvent renforcer notre programme de surveillance. » Le ministre provincial de l'Environnement, Rob Renner, avait plus tôt affirmé que la province était capable d'améliorer le programme de contrôle par elle-même si besoin et qu'une intervention du gouvernement fédéral n'était pas nécessaire, ont rapporté des médias. David Schindler mentionne qu'il n'est pas intéressé de seulement rencontrer des responsables environnementaux de l'Alberta, puisqu'il les a déjà rencontrés à deux reprises au sujet du même ensemble de données. Il propose plutôt que la province mette sur pied un groupe d'experts afi n de superviser le programme de surveillance et qu'elle « révèle son ensemble de données magiques qui démontre que tout est normal. » « C'est essentiellement la même chose que j'ai recommandé au ministre fédéral de l'Environnement », dit-il, ajoutant qu'il a aussi suggéré de doter le groupe de supervision de quelques scientifi ques possédant une expertise en émissions atmosphériques et en bassins hydrologiques. OMID GHOREISHI Je m’intéresse au monde, je lis La Grande Époque Abonnez-vous dès aujourd'hui en remplissant le bulletin d'abonnement page 15 33 PAYS 17 LANGUES 1 JOURNAL La Grande Époque The Epoch Times
International La Grande Époque ● 1 – 15 OCTOBRE 2010 www.lagrandeepoque.com 3 Jorge Briceño, alias Mono Jojoy, abattu par l’armée Colombie : la mort du chef militaire des FARC favorise-t-elle une négociation ? BOGOTA – « Mono Jojoy est tombé dans une opération des forces armées. Il symbolisait la terreur et la violence et c'est pourquoi je crois qu'il s'agit du coup le plus sévère jamais infl igé aux FARC », affirmait jeudi à New York le président colombien Juan Manuel Santos. Au siège de l'ONU, il confirmait la mort du chef militaire de la principale guérilla colombienne. « C'est une nouvelle historique pour notre pays », insistait le président Santos. Víctor Julio Suarez Rojas, alias Jorge Briceño (son nom de guerre) ou encore Mono Jojoy (singe Jojoy) comme le surnommait l'armée colombienne, a été tué le 22 septembre dans son repaire fortifi é de la sierra de La Macarena (département central de La Meta), ainsi qu'une vingtaine d'autres guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie, guérilla marxiste fondée en 1964. Soixante-douze avions et hélicoptères et 400 militaires et policiers ont attaqué et anéanti ce que le ministre colombien de la Défense, Rodrigo Rivera, appelle « la tanière » du chef rebelle, responsable de centaines d'attaques et d'attentats, de milliers de morts et de milliers aussi d'enlèvements, dont celui d'Ingrid Betancourt en février 2002. Au cours de cette opération baptisée Sodoma (Sodome), en référence à la cité biblique du mal, une cinquantaine de bombes « intelligentes » ont arrosé en trois vagues successives le camp et le bunker bétonné de Mono Jojoy, « la mère de tous les camps » selon le ministre Rivera. Puis, du haut des hélicoptères, des centaines de soldats ont glissé au long de cordes pour prendre possession du terrain et réduire toute résistance. Le président Juan Manuel Santos, investi le 7 août dernier, ajoute ce succès militaire et politique à ceux qu'il avait obtenus comme ministre de la Défense du président Alvaro Uribe. On le crédite BANGKOK – L'enseignante Atcharaporn Thepsorn était enceinte de huit mois lorsqu'elle a été abattue par des insurgés musulmans dans l'extrême-sud de la Thaïlande le 2 juin 2009. Après leur journée de travail, Atcharaporn et cinq de ses collègues quittaient l'école dans une camionnette, mais ils ont vite été rattrapés par un groupe d'hommes armés circulant à motocyclettes. Vêtus d'habits militaires, deux des hommes armés se sont approchés et après que l'un d'eux a dit au chauffeur qu'une bombe avait été placée plus loin sur la route, le second a ouvert le feu sur les enseignants avec son fusil d'assaut. Atcharaporn est morte en route vers l'hôpital, tandis qu'une autre enseignante, Warunee Nawaga, a été tuée sur le coup. Deux autres enseignants dans le véhicule ont été blessés. Les deux enseignantes abattues étaient bouddhistes et de l'ethnie thaï ; des médias locaux ont rapporté que les quatre survivants, de confession musulmane, ont dit à la police qu'ils croyaient que les deux enseignantes tuées avaient été particulièrement ciblées par les meurtriers. Cibles faciles Un rapport publié fi n septembre par l’association humanitaire Human Rights Watch (HRW) indique que des insurgés séparatistes musulmans d'ethnie malaise sont soupçonnés d'avoir tué au moins 108 enseignants du public et 27 autres employés du domaine de l'éducation dans les provinces septentrionales frontalières de la Thaïlande depuis janvier 2004. Cette année seulement, 14 enseignants fonctionnaires ont été abattus et le plus récent cas est survenu le 4 septembre lorsque des insurgés ont assassiné un couple marié d'enseignants. Le rapport mentionne que la vaste majorité des enseignants et du personnel éducatif tués par les insurgés dans la région majoritairement musulmane étaient bouddhistes et de l'ethnie thaï. Les insurgés ont également ciblé les musulmans d'ethnie malaise qui travaillent dans les écoles publiques de même que les administrateurs des écoles islamiques qui refusent de transformer leurs salles notamment et surtout de la libération par l'armée d'Ingrid Betancourt, le 2 juillet 2008, et de la mort, quatre mois plus tôt dans un bombardement d'un camp des FARC au nord de l’Equateur, de Raul Reyes, à l'époque numéro deux de la guérilla et responsable de ses relations internationales. L'opération Sodoma est qualifiée par le président Santos de « plus importante que celle contre Reyes ». Jorge Briceño, alias Mono Jojoy, 57 ans, était considéré à son tour comme le numéro deux des FARC. Mais le numéro un, l'idéologue Alfonso Cano, n'a jamais possédé l'aura d'effi - cacité militaire, mêlée d'une cruauté peu commune, gagnée par Mono Jojoy dès l'âge de 22 ans. Pour la guérilla, le risque de découragement collectif et de désertions est désormais plus grand que jamais estiment les observateurs. L'armée a mis la main au cours de l'opération Sodoma sur 20 ordinateurs et 60 mémoires externes qui déstabiliseront les FARC en fournissant une foule d'informations sur leurs camps, leurs sources d'armes et de fi nancement, ainsi que leurs complicités nationales et internationales. On se rappellera à ce propos que l'analyse du contenu des ordinateurs saisis en 2008 dans le camp bombardé de Raul Reyes avait débouché sur l'accusation contestée de soutien politique et fi nancier aux FARC lancée par les autorités et les médias colombiens contre Hugo Chavez et son allié régional Rafael Correa, présidents respectifs du Venezuela et de l'Équateur, deux pays voisins de la Colombie. Les enseignants, une cible facile pour l’insurrection islamique en Thaïlande Pornchai Kittiwongsakul/Getty Images Un soldat vérifi e la sécurité dans une salle de classe dans le sud de la Thaïlande, où une insurrection a causé la mort de nombreux enseignants. de classe en lieux d'endoctrinement et de recrutement. « Occuper le métier d'enseignant dans le sud de la Thaïlande signifi e vraiment mettre sa vie en jeu », souligne Bede Sheppard, chercheur pour les droits des enfants avec HRW Asie. « En plus d'être ciblés et assassinés, les enseignants sont harcelés par la distribution de dépliants, les appels téléphoniques anonymes et dans certains cas, l'affi chage sur Internet d'une prime pour la tête d'un enseignant [donné] », a-t-il indiqué en conférence de presse à Bangkok. Les enseignants sont considérés comme des « cibles vulnérables » qui sont plus faciles à frapper que les forces de sécurité thaïlandaises. En plus des attaques contre les enseignants, M. Sheppard indique qu'il y a eu au moins 320 cas d'incendies criminels contre des écoles et des résidences pour enseignants durant les six dernières années. « Les écoles et les enseignants sont la cible des attaques des séparatistes musulmans insurgés parce qu'ils sont perçus par les insurgés comme un symbole de l'oppression des communautés musulmanes malaises locales par le gouvernement », explique Sheppard. Jorge Briceño, alias Mono Jojoy. Éventuelle négociation désormais facilitée ? Félicitations de la Maison blanche et de l'Organisation des États américains, éditions spéciales de la presse colombienne et joie manifeste d'anciens otages des FARC soulignent l'importance de la disparition de Mono Jojoy. Homme le plus recherché par l'armée colombienne, il était également poursuivi par la justice des États-Unis pour trafi c de cocaïne et l'enlèvement de trois otages américains délivrés en même temps qu'Ingrid Betancourt. « Nous pouvons dire deux choses : un, qu'il s'agit d'une victoire incroyable de l'armée colombienne et, deux, qu'elle renforce la position encline à la négociation du président Juan Manuel Santos, qui avait offert d'ouvrir le processus de paix avec les FARC », à condition que cette guérilla dépose les armes, estimait jeudi Ingrid Betancourt, à Washington sur la chaîne de radio publique NPR. L'ex-otage L'occupation des écoles En réponse à l'insurrection, le gouvernement a déployé 30.000 hommes de ses troupes régulières et paramilitaires dans la région à majorité musulmane. En conséquence, des écoles sont occupées par l'armée qui les transforme en « bases fortifiées », ce qui selon HRW perturbe grandement l'éducation des enfants. « Bien que la sécurité des écoles nécessite la présence des forces gouvernementales à proximité, il y a beaucoup de cas troublants où des troupes utilisent les écoles pour des activités de contre-insurrection de longue durée », ajoute Sheppard. Représailles HRW s'est également dite préoccupée dernièrement par l'utilisation illégale de la force par le gouvernement dans les régions en proie à l'insurrection et par le mauvais traitement des personnes en détention. Durant les six dernières années, aucune poursuite criminelle n'a connu de succès dans des cas d'attaques contre les musulmans, comme le meurtre d'enseignant religieux et d'étudiants dans des écoles islamiques. Certaines des attaques auraient été conduites en guise de représailles pour venger les actes de violence commis à l'égard des représentants du gouvernement et de la population bouddhiste thaï. La police thaïlandaise a récemment laissé tomber des accusations criminelles contre un milicien entraîné par l'armée qui a orchestré une attaque contre une mosquée l'année dernière, dans laquelle dix adeptes ont été tués et douze autres grièvement blessés. L'attaque avait été conduite pour venger le meurtre des deux enseignantes bouddhistes de la province de Narathiwat, Atcharaporn et Warunee. L'insurrection séparatiste a causé la mort de 4.100 personnes depuis janvier 2004. Les musulmans constituent environ 80% de la population des trois provinces les plus septentrionales de la Thaïlande, qui ont été historiquement marginalisées et négligées par Bangkok. JAMES BURKE FARC-EP franco-colombienne fait dans la capitale des États-Unis la promotion de la version anglaise de son livre Même le silence à une fi n qui retrace ses six ans et demi de séquestration. Selon Ingrid Betancourt, en l'absence désormais au sein des FARC du poids de Jorge Briceño/Mono Jojoy, « qui voulait la guerre à tout prix », le chef suprême de la guérilla, Alfonso Cano, « considéré davantage comme un commandant politique, serait peut-être plus disposé à ouvrir un processus de paix ». À Bogota, cette opinion est partagée par le politologue colombien Fernando Giraldo. « Briceño était un grand stratège... Même s'il est remplacé, ceux qui lui succéderont sont loin de pouvoir atteindre son niveau », explique-t-il, ajoutant que la disparition de ce « radical » et « orthodoxe » pourrait faciliter un dialogue, car le chef de la guérilla Alfonso Cano a la réputation d'être plus fl exible. D'autres analystes redoutent toutefois que les FARC privilégient désormais le terrorisme urbain, qu'on ne peut pas réduire par des bombardements aériens comme l'a été le repaire de Mono Jojoy. « Nous respecterons votre vie, votre dignité et nous vous traiterons humainement », a lancé jeudi le ministre Rodrigo Rivera en invitant Alfonso Cano et les guérilleros des FARC à déposer les armes, comme s'ils n'avaient plus que leur vie à négocier après avoir tenté pendant près d'un demi-siècle de prendre le pouvoir par les armes. Les FARC compteraient encore quelque 8.000 combattants selon le ministère de la Défense, contre 17.000 il y a dix ans. Depuis le début du mois de septembre, au moins 43 militaires et policiers ont été tués dans des affrontements avec la guérilla, 90 selon les FARC, qui ont revu leur stratégie depuis la mi-2009 pour faire face au renforcement de l'armée colombienne. LatinReporters.com La Syrie achète des missiles, Israël des avions Les indices d'une course aux armements au Moyen-Orient étaient bien clairs la semaine dernière, tandis que la Russie annonçait la vente de missiles à la Syrie et qu'Israël annonçait l'achat de nouveaux avions de chasse. Le ministre de la Défense russe, Anatoly Serdyukov, a confirmé que la Russie allait vendre des missiles de croisière P-800 Yakhont à la Syrie durant sa visite aux États- Unis dernièrement. Selon l’Institut National des Études de Sécurité (INSS) de l’Université de Tel Aviv, le Takhont est un missile supersonique antinavire de croisière qui peut voyager de 120 à 300 kilomètres. Il peut être lancé à partir de différentes platesformes : marine, sous-marine, terrestre et aérienne. Selon les chercheurs de l’INSS, la vente d'armes est un moyen pour la Russie de gagner en infl uence sur la scène internationale. Israël a également annoncé l'achat de nouveau matériel. Le Comité ministériel israélien en matière de Sécurité, dirigé par le premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Ehud Barak, a approuvé l’achat de 20 avions furtifs F-35. Durant la rencontre hebdomadaire de son Cabinet le 19 septembre, le premier ministre israélien a jugé que l’achat des avions était « un pas signifi catif dans le renforcement des capacités militaires d’Israël. » M. Netanyahu a déclaré : « Ceci est l’une de nos réponses à l'évolution des menaces autour de nous, afi n de maintenir nos capacités offensives, de pair avec d’autres actions pour améliorer nos capacités défensives et offensives dans les décennies à venir. » Il a ajouté : « Je crois que cette étape, l’acquisition de l’avion le plus sophistiqué au monde – plus sophistiqué que tout autre avion dans la région – est une étape importante et signifi cative pour la sécurité d’Israël. » Selon Lockheed Martin, qui fabrique les avions, la compagnie est dans une « phase de développement de système et de démonstration (DSD) de dix ans » depuis 2001. Cette phase implique le développement et l'expérimentation de l'entièreté du système de l’avion, incluant sa construction. Neuf pays sont en partenariat dans la phase DSD du F-35 : les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, la Turquie, le Canada, le Danemark, la Norvège et l’Australie. Le partenariat dans le DSD permet à ces pays d’acquérir les avions au meilleur prix, et de participer à leur développement. Israël et Singapour se sont joints au programme en tant que participants coopérant en matière de sécurité. GIDON BELMAKER



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