Epoch Times Paris n°184 16 sep 2010
Epoch Times Paris n°184 16 sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°184 de 16 sep 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : compétitivité mondiale... la Suisse reste au sommet.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 International www.lagrandeepoque.com 16 – 30 SEPTEMBRE 2010 ● La Grande Époque L’étau se resserre sur l’opposition ukrainienne La liberté d'action pour l'opposition en Ukraine se fait plutôt rare dernièrement. Ces derniers mois, les autorités ukrainiennes – sous les ordres du président Viktor Ianoukovich – ont procédé à des vagues d'arrestations et ont lancé des enquêtes visant les alliés de l'ancienne Première ministre, Ioulia Timochenko. Plusieurs y voient une charge concertée contre l'opposition. Ces pressions font suite à une décision, en juin, de l’Institut d’arbitrage de la Chambre de Stockholm – spécialisé en règlement de litiges commerciaux dans l'ancien bloc de l'Est – concernant la crise du gaz qui avait amputé l'économie ukrainienne et incité le gouvernement à trouver les responsables. L'Institut a conclu que sous la gouverne de Timochenko, l'entreprise publique Naftogaz a illégalement détourné 388 milliards de pieds cubes de gaz de la compagnie RosUkrEnergo et qu'elle doit maintenant retourner le gaz. RosUkrEnergo est une entreprise commune appartenant à l'Ukrainien Dmitry Firtash, un allié du président ukrainien prorusse, et Gasprom, le géant du gaz aux mains de l'État russe. RosUkrEnergo s'occupe d'acheminer le gaz de Russie et d'Asie vers l'Ukraine et d'autres pays d'Europe orientale et centrale. Les services de sécurité intérieure ont procédé en juillet à l'arrestation de nombreux hauts responsables du bureau des douanes, dont Anatoliy Makarenko, qui avait occupé le poste de directeur des douanes. Ils ont aussi appréhendé l'ancien vice-PDG de Naftogaz, Igor Didenko. Les arrestations d'autres ex-responsables du gouvernement Timochenko ont suivi au mois d'août. Son ministre de la Défense, Valeriy Ivashchenko, a été détenu et accusé Une vague de choléra au Tchad en Afrique Centrale a tué 41 personnes, selon des sources médicales. Un rapport médical offi ciel cité par la chaîne Al Jazeera dit que le Tchad a recensé plus 600 cas de choléra - nouvelle inquiétante pour un pays de 10 millions de personnes sans accès à la mer. Le choléra est une maladie très contagieuse, causant une déshydratation sévère et qui peut être fatale. La prévention passe principalement par l’accès à de l’eau propre et par une bonne hygiène. La question de la propreté de l’eau reste dans de nombreuses régions d’Afrique une question non résolue. Le Cameroun et le Nigéria, pays voisins, ont déjà enregistrés d'avoir coûté à l'État 17 millions de ghrivna (environ 2 millions de dollars) à travers la privatisation illégale d'une usine publique en Crimée. Entre-temps, l'ancien ministre de l'Économie – Bogdan Danilishin – a été placé sur la liste des personnes recherchées par Interpol. Il est accusé, entre autres, d'avoir acheté illégalement du carburant pour l'armée, une allégation qui aurait coûté 2 millions de dollars à l'État. Des médias locaux ont rapporté que Danilishin avait fui en Allemagne, mais les autorités allemandes n'ont pas confirmé l'information. Durant une entrevue téléphonique le 2 septembre avec l'hebdomadaire anglophone de l'Ukraine, le Kyiv Post, Danilishin Le Tchad se bat pour endiguer la vague de choléra Sergei Supinsky/AFP/Getty Images Ioulia Timochenko, chef de l’opposition ukrainienne, et son entourage font l’objet de pressions grandissantes exercées par le pouvoir. STR/AFP/Getty images Des Tchadiens attendent que des seaux et des jerricans soient remplis d’eau. des cas de maladie. Le ministre de la Santé nigérian a par exemple comptabilisé plus de 6.000 cas depuis le mois de juin. SONYA BRYSKINE a réfuté les accusations portées contre lui. Il a indiqué au journal qu'il subissait des traitements médicaux depuis juin, mais il a refusé de révéler où il se trouvait. Aussi, des informations circulent selon lesquelles le bureau du procureur général s'apprête à arrêter le bras droit de Timochenko, l'ancien vice-Premier ministre, Alexander Turchinov. Le journal ukrainien Delo a rapporté le 1er septembre qu'une source non identifiée lui a confi é que le bureau du procureur avait déjà entamé une poursuite contre Turchinov concernant des allégations de vente de gaz provenant des réserves de l'État à des prix dérisoires à certaines entreprises privées. Turchinov a nié les allégations, affirmant que la décision de vendre le gaz avait été prise par le gouvernement de Viktor Yanukovych (2005-2007), selon des informations affi chées sur le site web de Turchinov. « L'objectif de la décision était de vendre le gaz à des compagnies appartenant à des amis de Yanukovych », avance Turchinov sur son site. Si Turchinov était détenu, cela porterait un coup terrible à Timochenko, estiment les analystes. « L'arrestation de Turchinov pourrait être considérée comme une persécution politique », affirme Vladimir Fesenko, directeur du groupe de réfl exion Penta à Kiev. La question du gaz a provoqué de nombreux confl its à l'intérieur et à l'extérieur du pays depuis la crise du gaz entre Kiev et Moscou en 2009. Pendant deux semaines LONDRES – Il se pourrait que cette jeune femme aux lèvres serrées, poussant un enfant sur une balançoire dans un parc, travaille comme domestique, avec une description de poste qui n’a jamais été mise sur papier et un visa dans un passeport que ses employeurs lui ont confi squé. 15.000 travailleurs domestiques laissent chaque année leur famille aux Philippines, au Cambodge, en Haïti, au Nigéria et autres pays en voie de développement afi n d’obtenir un meilleur emploi en travaillant pour des familles au Royaume- Uni. Des associations caritatives affirment que non seulement ils sont mal traités mais vivent effectivement comme des esclaves. Ce sont principalement des femmes, travaillant pour beaucoup d’entre elles un nombre d’heures excessif, avec peu de temps de repos et peu de sommeil. Nombreuses parmi elles seraient battues pour avoir mal exécuté certaines tâches, physiquement et sexuellement agressées, et recevraient aussi peu de nourriture que d’argent, affirment les associations Kalayaan et Anti Slavery International. Aidan McQuade de la section britannique d’Anti Slavery International défi nit les esclaves comme des personnes qui « pour peu ou pas d’argent sont forcées d’accomplir des travaux qu’elles ne feraient autrement pas ». Il précise certains en hiver, le gaz provenant de la Russie et transigeant par l’Ukraine n’a pas pu être livré à certains pays européens. Des analystes jugent qu'il est peu probable que les autorités arrêtent vraiment Turchinov ou d'autres proches alliés de Timochenko, car cela pourrait entacher sérieusement la réputation du pays. Cependant, des observateurs, comme Fesenko, prédisent que le gouvernement de Ianoukovich va néanmoins utiliser d'autres tactiques pour discréditer Timochenko et son équipe avant les élections locales de cet automne. « Les accusations criminelles peuvent être utilisées pour les chasser de la politique. C'est juste que les conséquences peuvent être contradictoires », mentionne Fesenko, suggérant que cela pourrait donner des munitions au camp Timochenko afi n de mobiliser l'électorat qui est déjà critique du gouvernement. Selon un sondage réalisé le mois dernier par la Democratic Initiatives Foundation de Kiev, la moitié des répondants ont indiqué qu'ils n'étaient pas en accord avec la direction du gouvernement actuel. Cependant, la réelle validité de ce chiffre est incertaine puisqu'un sondage similaire effectué durant le gouvernement Timochenko avait accordé à son administration un taux d'insatisfaction d'environ 80%. Les autorités actuelles ont également tenté de rouvrir une vieille poursuite contre Timochenko qui avait débuté il y a six ans, mais qui avait été suspendue au printemps dernier faute de preuves. Cette poursuite concerne des accusations selon lesquelles elle aurait donné des pots-de-vin à des juges de la Cour suprême pour qu'ils arrêtent les procédures judiciaires contre un ancien collègue. Le prorusse Ioanoukovych a vaincu Timochenko aux élections de février dernier, mettant ainsi fi n aux gouvernements prooccidentaux de la Révolution orange. Timochenko était une proche alliée de l'ancien président Victor Ioutchenko, arrivé au pouvoir durant la Révolution orange de 2004. ANDREY VOLKOV Royaume-Uni : des travailleurs immigrés dans un marché d’esclaves des indicateurs de travaux forcés : rétention de passeports et de salaires, restriction de mouvement, isolement. Un documentaire de la chaîne Channel 4 intitulé « Les esclaves secrets de Grande-Bretagne » raconte l’histoire d’une femme nigérienne nommée Patience, travaillant pour un avocat spécialisé dans les emplois de haut niveau pour les œuvres de charité. Patience s’est enfuie après avoir été battue de façon répétée par cet avocat. Elle est allée voir la police, qui ne l’a pas crue. Finalement, elle a assigné son employeur devant un tribunal, avec l’aide de Kalayaan, Liberty et le centre légal de Kensington Nord - et a obtenu gain de cause. Cependant, la plupart des travailleurs ne sont pas aussi chanceux. Elisabeth Bondock, une ancienne fonctionnaire, est venue en aide à près de 80 de ces immigrants en fuite. Elle a tenté de récupérer de nombreux passeports retenus illégalement en approchant les employeurs. Avec peu de réussite. Les « évadés » sont habituellement trop effrayés pour retourner dans la maison où ils ont été enfermés mais ils doivent cependant être présents lorsque Mme Bondock les confronte avec leur « employeur ». Une diffi culté majeure pour briser le mur du silence de la bonne société londonienne. DAMIAN ROBIN Parce que je m’intéresse au monde, je lis La Grande Époque Abonnez-vous dès aujourd'hui en remplissant le bulletin d'abonnement page 15 33 PAYS 17 LANGUES 1 JOURNAL La Grande Époque The Epoch Times
International La Grande Époque ● 16 – 30 SEPTEMBRE 2010 www.lagrandeepoque.com 3 Le dirigeant militaire de la Birmanie, Than Shwe. Les pauvres, les plus touchés par les impôts de la junte birmane BANGKOK – Le système d'imposition corrompu avec lequel la junte militaire au pouvoir en Birmanie fi nance son immense force armée plonge davantage les habitants des régions rurales dans la pauvreté. Un rapport du Network for Human Rights Documentation – Burma (ND-Burma) démontre comment les ménages et les entreprises birmans sont tellement imposés par la dictature militaire que les gens peinent à survivre. Basé sur 342 entrevues conduites entre 2008 et 2010, le rapport révèle que le système d'imposition est conçu et appliqué sans égard pour ses conséquences sur les ménages, les entreprises et l'économie en général. « En fait, le système répond aux besoins de l'État militaire birman », indique le rapport. Près de la moitié du budget annuel de la Birmanie est consacrée à l'armée qui contrôle le pays d'une main de fer depuis 1962. Le régime est également accusé de gaspiller des sommes colossales dans des projets d'infrastructure dispendieux. Un peu plus de 1% du budget, seulement, est consacré à la santé et à l'éducation. Le système fi scal des forces armées birmanes est décrit comme étant arbitraire et corrompu, impliquant la collecte d'argent, de terres, de biens et de travail. Le livre le plus cher du monde en vente Une copie rare de l’ouvrage le plus cher du monde, Les oiseaux d’Amérique par John James Audubon, va être mis en vente par Sotheby’s. Il n’existe que 119 copies de ce livre, parmi lesquelles 119 dans des bibliothèques, universités ou musées. Une copie a une valeur estimée de 6,7 à 10 millions de dollars. Le livre du XIX e siècle, qui contient plus de 1.000 illustrations d’histoire naturelle, est considéré comme l’un des plus beaux ouvrages existant. Christophe Archambault/AFP/Getty Images Les pauvres les plus touchés Un des auteurs du rapport, Alison Vicary – économiste avec le projet Burma Economic Watch de l'université australienne Macquarie – mentionne que les couches les plus pauvres du pays sont les plus affectées. « Ce système d'imposition n'est pas équitable. La plupart des impôts ne sont pas prélevés selon le revenu ou le profit. Cela veut dire que la plupart des impôts sont prélevés comme un montant global, ce qui signifi e que les plus pauvres en Birmanie semblent être écrasés par les plus hauts taux d'imposition », explique Mme Vicary. « Ceci est particulièrement problématique dans une société agraire, pour ceux qui n'ont pas d'économies ni même de compte en banque », poursuit-elle. « Alors, lorsque les impôts sont prélevés, ils ne peuvent tout simplement pas payer. Donc, un des problèmes les plus graves de ce système d'imposition est que les gens sont forcés d'emprunter de l'argent à des taux extrêmement élevés ou bien de vendre leur actif de production et leur propriété ». Alison Vicary ajoute qu'un des problèmes principaux du système d'imposition birman est en fait que ceux qui perçoivent, sont souvent les forces armées ou des groupes armés respectant un cessez-le-feu avec l'État. « Il y a plusieurs problèmes associés à cela car la perception des impôts est associée à la violence et, dans bien des cas, à de graves violations des droits de la personne », précise Mme Vicary. Crainte de l'armée Cheery Zahau, du Human Rights Education Institute of Burma, en poste en Thaïlande, affirme que les trois principales violations des droits de l'homme associées au système d'imposition sont le travail forcé, le non accès à l'éducation et la confi s- cation des terres. « Les gens paient leurs impôts dans la peur. Ils sont privés du droit à l'information et les agences de perception des impôts utilisent les menaces pour collecter les impôts lorsqu'ils vont de porte en porte », explique-t-elle. Ceux qui ne paient par les impôts font face à des sanctions sévères, affirme-t-elle, et la crainte de l'armée parmi la population rurale est très enracinée. Un paysan a décrit aux auteurs du rapport le fardeau des impôts : « Nous ne savons pas quand le bataillon d'infanterie légère [BIL] vient percevoir les impôts dans notre plantation de thé et nous n'avons pas le droit de leur demander pourquoi. Nous gagnons peu annuellement avec notre plantation de thé et c'est juste assez pour nous soutenir. Nous ne pouvons pas économiser d'argent pour payer autre chose. Donc, si nous devons payer 20.000 kiyats [20 dollars] pour une acre, nous avons besoin de 140.000 kiyats [140 dollars] au total par an. C'est très diffi cile de rassembler cet argent pour payer. Ils nous menacent en disant que si nous ne payons pas, le BIL va saisir notre plantation. » Pour Alison Vicary, la taille énorme de l'État constitue le problème fondamental de l'imposition en Birmanie. « L'État a trop de pouvoir et de contrôle sur l'économie. Il accède à trop de ressources qui devraient être dans les mains du secteur privé. Une des raisons qui expliquent cela est le fait qu'il y a tout simplement trop de soldats dans le pays », déplore-t-elle. La chercheuse ne croit pas que les élections nationales devant avoir lieu en novembre apporteront des changements positifs au système fi scal du pays. Pour les détracteurs du régime, ces élections sont une parodie visant à asseoir davantage le pouvoir de la junte militaire et lui donner un semblant de légitimité. JAMES BURKE Pour constituer ce chef d’œuvre, John James Audubon a passé environ 12 ans a étudier les oiseaux et à en faire des peintures à l’eau. La dernière vente aux enchères des Oiseaux d’Amérique a eu lieu il y a une dizaine d’années. L’exemplaire alors vendu par Christie’s avait été adjugé à 8,8 millions d’euros, battant le record mondial de prix de vente pour un livre. Le livre contient d’immenses illustrations de 90 centimètres sur 60, car Audubon peignait les oiseaux en taille réelle. Irak : les traumatismes laissent des traces indélébiles BAGDAD – Le président des États- Unis, Barack Obama, a certes salué la fi n des opérations de combat en Irak, mais sept ans de guerre ont marqué de façon indélébile beaucoup de gens ordinaires qui ressentent encore le traumatisme des scènes horribles dont ils ont été témoins. Chaque fois qu’il voit une voiture lancée à toute vitesse, Ammar Khalil Sadiq se souvient de l’été 2006 quand l’auteur d’une attaque suicide est rentré de plein fouet dans une patrouille de police avec son véhicule chargé d’explosifs, à quelques mètres de son magasin de musique à Bagdad. Quelques secondes plus tard, M. Sadiq, 34 ans, s’est retrouvé sous les étagères du magasin, couvert d’éclats de verre, à moitié asphyxié par la fumée, la poussière et une forte odeur de dynamite. Ignorant ses propres blessures, il savait qu’il lui fallait absolument sortir de là pour vérifi er comment allait son frère qui était dans la rue juste avant l’explosion. « Je sens encore l’odeur de chair humaine brûlée et j’entends les hurlements des blessés », a dit M. Sadiq. « Je ne pourrai jamais oublier comment j’ai pu marcher sur des lambeaux de chair humaine, jusqu’au moment où j’ai reconnu le corps disloqué de mon frère, grâce à sa montre qui se trouvait encore à son poignet gauche ». Selon Sabah Karkoli, porte-parole du ministère irakien de la Santé, les autorités irakiennes ne se sont mises que récemment à s’occuper des problèmes de santé mentale et des séquelles psychologiques provoqués par trois décennies de guerre et de troubles économiques et sociaux. En 2009, le ministère de la Santé a commencé à mettre en place un programme de soins psychologiques et à former du personnel, afi n de répondre au besoin croissant de ce genre de soins dans le pays, a indiqué M. Karkoli. L’Irak a ouvert des services de santé mentale dans chacun des quelque 3.500 hôpitaux et centres de santé répartis dans le pays. Le pays a deux grands hôpitaux psychiatriques, Al- Rashad et Ibin Rushid à Bagdad, et six autres centres pour traumatisés, récemment inaugurés. « Nous avons commencé à ouvrir un service dans chacune de nos structures sanitaires et à encourager les médecins à se former en psychiatrie […] Nous voulons que les gens prennent conscience de ce qu’est la maladie mentale, et les pousser à venir se faire aider quand ils en ont besoin », a expliqué M. Karkoli. Enquête sur la santé mentale En mars 2009, l’Irak a publié sa première et unique étude nationale sur la santé mentale. Menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère de la Santé, l’étude peint une image assez terrible de la réalité. Parmi les 4.332 personnes de plus de 18 ans ayant répondu aux questionnaires, près de 17% avaient souffert d’un trouble mental durant leur vie, allant du stress post-traumatique à la dépression. Un taux plus élevé de dépressions graves et de phobies, telle que la peur de sortir de chez soi, a été observé chez les femmes. PUBLICITÉ FRANCE MohammedSawaf/AFP/Getty Images Une mère transporte sa fille blessée par l’explosion d’une voiture piégée le 25 août 2010 dans un quartier résidentiel de Karbala, au sud de Bagdad. Ce rapport de 102 pages a indiqué qu’une bonne partie des cas étudiés concernait la période – pendant et après – de l’invasion américaine de 2003, invasion qui a renversé Saddam Hussein. Selon le rapport, 70% des personnes souffrant d’un trouble mental ont affirmé avoir envisagé le suicide. On y apprend aussi qu’il n’y a que 437 travailleurs sociaux et travailleurs psychiatriques dans tout le pays pour une population de près de 30 millions. Histoire de réussite à Bassorah Après avoir suivi aux États-Unis une formation sur le diagnostic et le traitement des cas de traumatismes dans le cadre d’un programme de coopération avec le ministère de la Santé américain, le psychiatre Aqeel Al-Sabagh et trois de ses collègues ont ouvert un centre de santé mentale dans la province méridionale de Bassorah en décembre 2009. Au départ, a dit M. Al-Sabagh, la demande pour ce genre de service était très faible, car la maladie mentale fait l’objet d’une forte stigmatisation et les gens ont plutôt l’habitude de se tourner vers les religieux ou les charlatans quand ils ont besoin d’aide. « Nous avons alors lancé une campagne dans les médias locaux pour que les gens se rendent compte de ce qu’est le traumatisme et de ce que le Sarah Centre pouvait leur offrir. Nous avons aussi organisé des conférences dans les universités de la province et distribué des tracts avec l’aide des leaders communautaires », a-t-il dit à IRIN. Suite à cela, le nombre de personnes s’adressant au centre, le seul centre public de Bassorah, a augmenté. « Nous avons maintenant l’intention d’agrandir le centre et d’accroître le nombre d’employés pour répondre à l’augmentation du nombre des visiteurs. » Selon M. Al-Sabagh, la plupart des cas traités par le centre sont d’anciens prisonniers du régime de Saddam Hussein ou bien des déserteurs, dont certains ont eu les oreilles coupées en guise de châtiment, et aussi des personnes ayant survécu à la torture, aux enlèvements, aux viols et aux violences familiales. IRIN News architecte d’intérieur cfai



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