Epoch Times Paris n°183 1er sep 2010
Epoch Times Paris n°183 1er sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°183 de 1er sep 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : l'Australie prépare le plus grand parc éolien de l'hémisphère sud.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Société www.lagrandeepoque.com Martin Hirsch, actuellement président de l’Agence du service civique. Le RSA et ses « secrets de fabrication » Le droit à l’expérimentation de Martin Hirsch Peu d’ouvrages racontent la façon dont se prennent les décisions politiques. Aussi, lorsqu’un homme de conviction et d’action comme Martin Hirsch, marqué à gauche mais ayant réussi à faire passer ses idées au sein d’un gouvernement de droite, nous expose les « secrets de fabrication (*) » qui ont présidé à la création du Revenu de Solidarité Active (RSA) puis à celle du Service Civique, on se laisse vite séduire et l’on n’est pas déçu. L’entrée de Martin Hirsch au gouvernement en mai 2007 ressemble à un conte de fée tant elle paraît n’être qu’une succession de hasards. Il refusera par deux fois avant d’accepter l’offre « d’ouverture à gauche » de Nicolas Sarkozy, et s’apercevra à cette occasion que le président peut accepter les conditions émises par son interlocuteur. C’est ainsi que pour la première fois dans l’histoire de la cinquième république, on créera pour lui un poste de Haut Commissaire. Cette originalité le placera suffi samment hors du Gouvernement pour y garder sa liberté de parole tout en lui permettant de se concentrer sur son objectif : la création du RSA, ce nouvel outil fi nancier destiné à faciliter la réinsertion des chômeurs dans la vie active. A l’inverse de trop d’hommes politiques, qui sitôt nommés au Gouvernement ne songent qu’à se maintenir ou rechercher une promotion, Martin Hirsch se focalise sur sa mission afi n de l’expérimenter au plus tôt. Il se constitue une petite équipe soudée, sollicite toutes les parties prenantes, se déplace sur le terrain, affi ne son projet en y intégrant les critiques justifiées, et incite à expérimenter localement les propositions retenues. Ainsi, les « secrets de fabrication » de Martin Hirsch peuvent se résumer à une force de conviction puisée dans l’expérience, alliée à une ténacité inébranlable et à une habileté• Le RSA a été créé par la loi du 1er décembre 2008, et est entré en vigueur au 1er juin 2009.• Il garantit un revenu minimum à ceux qui n’ont pas d’activité. Comme le RMI auquel il se substitue, le RSA complète les revenus des salariés modestes qui ont des charges de famille importantes en regard de leur salaire, et efface les pertes de revenus liées à la reprise d’activité.• Une personne seule perçoit 450 euros par mois au titre du RSA lorsqu’elle n’a pas d’activité, 250 euros politique peu commune. Le RSA a donc enfi n pu voir le jour après dix-huit mois d’un intense lobbying dans le bon sens du terme. Sa mission terminée, Matin Hirsch quitte le Gouvernement, non sans avoir pris soin de donner pour la première fois un statut aux compagnons d’Emmaüs. Il prend alors la direction de l’Agence de Service Civique, afi n de mettre en oeuvre une autre idée qui lui est chère : permettre d’ici à 2014 à 75.000 jeunes désoeuvrés d’effectuer un service civique rémunéré, afi n de redonner un sens à leur vie. L’homme fourmille d’idées nouvelles dans le domaine social, notamment pour réinsérer les sans-emploi et instaurer plus de justice sociale. Prenant acte du succès incertain des réformes, il plaide sans relâche pour le consensus social et un droit à l’expérimentation. Fustigeant les grosses rémunérations et remettant en cause les fausses bonnes raisons invoquées par leurs bénéfi ciaires, il dénonce l’abandon progressif de la solidarité. Plaidant pour un meilleur partage de la création de richesse, il propose une transparence des revenus, une limitation des hautes rémunérations à un pourcentage maximal de la masse salariale et leur indexation sur la réduction de la pauvreté. Il n’hésite pas à remettre en cause le mode de fi nancement de la Sécurité Sociale pour proposer l’instauration d’un « bouclier sanitaire » à destination des plus modestes. Fidèle au principe de l’expérimentation et puisant sur les réussites obtenues par le prix Nobel Muhammad Yunus en Inde, il fait l’éloge du social business. Ses expériences trop peu connues en France avec Danone pour mettre le lait maternisé au même prix que le lait de vache, ou avec Essilor pour fournir des lunettes à verres progressifs aux seniors nécessiteux prouvent que cette idée n’est pas réservée aux pays sous-développés. Pour Martin Hirsch, l’économie et le social sont indissolublement liés, mais il n’y a de cohésion sociale qu’à une condition : que la population ait le sentiment que les efforts, en particulier fi nanciers, sont équitablement partagés du haut en bas de l’échelle sociale. CHARLES CALLEWAERT Le RSA : Revenu de Solidarité Active Getty Images si elle travaille à mi-temps, et 60 euros lorsqu’elle est à plein temps au SMIC.• Actuellement, plus de 1.700.000 personnes bénéfi cient du RSA en France, pour un objectif initial de 3,5 millions.• Le coût total du RSA devrait avoisiner les 8,5 milliards d’euros.• Le RSA est fi nancé par un redéploiement des fonds précédemment consacrés aux minimums sociaux comme le RMI, et par une taxe de 1,1% sur les revenus du capital, qui représente près de 1,5 milliard d’euros. Renseignements : 02 33 45 76 68 – 06 73 13 62 94 1 – 15 SEPTEMBRE 2010 ● La Grande Époque architecte d’intérieur cfai



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