Epoch Times Paris n°181 1er jui 2010
Epoch Times Paris n°181 1er jui 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°181 de 1er jui 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : « Guerre » et censure contre les opposants de Hu Jintao.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 En images www.lagrandeepoque.com 1 – 15 JUILLET 2010 ● La Grande Époque ELMER MARTINEZ/AFP/Getty Images Des enfants au Nicaragua montrent leur ordinateur portable XO à l’école Miguel Larreynaga, dans la ville de Tipitapa, 27 kilomètres au nord de Managua, le 24 juin 2010. L’Organisation « One Laptop Per Child » (un laptop par enfant) en partenariat avec le ministère de l’Education du Nicaragua, distribue des ordinateurs à des écoles dans le cadre d’un programme qui concerne 17.000 enfants dans 150 écoles publiques et quartiers de banlieues dans tout le pays. Alexey SAZONOV/AFP/Getty Images STAN HONDA/AFP/Getty Images Anna Politkovskaya, qui avait reçu le prix du Courage dans le Journalisme décerné par International Women's Media Foundation en 2002 pour sa couverture du confl it tchétchène et ses critiques virulentes envers les autorités actuelles de la République caucasienne, a été assassinée en 2006. La célèbre journaliste est incarnée par Mireille Perrier, à la Maison des Métallos à Paris dans la pièce « Anna Politkovskaïa, non rééducable ». (Photo ci-dessus) Des policiers russes lors d'un rassemblement à Moscou le 19 janvier dernier pour marquer le premier anniversaire de l'assassinat à Moscou de l'avocat des droits de l'homme Stanislav Markelov et de la reporter d'un journal d'opposition, Anastasia Baburova. (Photo de gauche)
WWW.LAGRANDEEPOQUE.COM NOUVEAU REGARD CHRONIQUE D’UN OBSERVATEUR DU 7 e ART Instant terrestre www.instanterrestre.com Au Laos, une tradition populaire veut que l’on coiffe les jeunes enfants d’un bonnet coloré pour qu’ils s’apparentent à un champ de fl eurs. Ainsi trompés, les mauvais esprits vont hanter d’autres victimes. À l’image de cette main associant la force et la douceur pour envelopper le nourrisson dans un écrin de quiétude, c’est toute la fi erté d’un grand-père qui érige son petit-fils comme s’il était une incarnation du divin Bouddha. Ainsi paré, l’enfant roi peut tout espérer de la vie, réelle ou imaginaire. Texte et photo de Stéphane Cabaret La Grande Époque The Epoch Times Le mensonge au cinéma Rêve, propagande, trucage, falsifi cation L’enfant roi Le cinéma un art du discours Quel art, autre que le cinéma, a marqué nos sociétés de ses discours convaincants mais souvent proches du mensonge ? Il est vrai que la télévision a utilisé le savoirfaire des cinéastes pour réaliser ses desseins propagandistes et commerciaux, où la manipulation des individus conscients, ou inconscients, a toujours été présente. Dès le début du cinéma, les artistes cinéastes ont été utilisés pour faire circuler la propagande politique ou manipuler les consommateurs pour les amener à acheter tout ce qui était possible. Dans Naissance d’une nation de David Wark Griffi th (1915), le cinéaste montrait une vision effi cace, mais partiale des agissements du Ku Klux Klan (KKK ou le Klan), dans la construction d’un pays constitué d’individus et d’ethnies multiples. David Wark Griffi th fera circuler, dans son brillant fi lm, une idée de rédemption pour les monstres xénophobes qui ont fait souffrir les Noirs, les Chinois, les Japonais, les Hispaniques, les Juifs, les Chrétiens de l’église romane etc. Des assassinats sont froidement perpétrés avec l’aval des pouvoirs locaux. David W.Griffi th ne faisait que rapporter dans son fi lm l’atmosphère délétère. Il dut se justifi er dans le fi lm suivant, Intolérance (1916) tourné un an plus tard, devant l’hostilité des spectateurs et des journalistes. Le cinéaste sera considéré comme un extrémiste politique. Dès le développement des studios à Hollywood et l’organisation industrielle des fi lms, le cinéma transporte de fascinantes idées d’autant plus effi caces qu’elles s’imposaient d’elles-mêmes. Une image fabriquée de l’Amérique L’image de l’Amérique, fabriquée de toutes pièces, dépasse les frontières des États-Unis pour précéder les exportations de produits manufacturés vers les pays passionnés par son cinéma. Sans omettre l’idée que le cinéma est un art à part entière, nous pouvons constater qu’il utilise les talents des artistes pour vendre des produits dits commerciaux. Le cinéma, par défi nition, est un mensonge puisque ce que l’on voit n’existe pas, c’est une impression. La rétine reçoit une succession de 24 images qui constituent un mouvement : l’œil n’analyse pas les vides entre les clichés et le cerveau. La persistance rétinienne installe une illusion, c’est sur cette imperfection que naît le cinéma. Les studios hollywoodiens vont faire exploser les convictions de millions de spectateurs dans le monde, avant que fi nalement, ÉDITION 181 UN REGARD NOUVEAU SUR UN MONDE EN ÉVOLUTION 1 – 15 JUILLET 2010• BIMENSUEL la télévision réduise notablement l’infl uence de ce média surpuissant et reprenne ses prérogatives. Les frères Lumière inventent le cinématographe Dès l’invention du cinématographe par Auguste et Louis Lumière, après quantité d’inventions intermédiaires mais jamais parfaitement abouties comme celle des inventeurs du cinématographe, l’industrie de l’illusion va se développer et prendra son envol avec seulement 33 spectateurs privilégiés, les premiers du monde entier qui ont assisté, le 28 décembre 1895 au Grand Café à Lyon dans le salon indien, à une programmation de dix fi lms : c’était la Première mondiale de fi lms projetés devant un public. L’illusion du mouvement était totale. La sortie des usines Lumière à Lyon (1895), La pêche au poisson rouge (1895), La place des Cordeliers à Lyon (1895) avaient constitué une partie du programme. Il est faux d’affirmer que L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat avait été projeté au cours de cette projection exceptionnelle. Ce fameux fi lm a une histoire étrange mais compréhensible. Les spectateurs qui ont vu ce fi lm et qui n’avaient évidemment pas l’expérience du cinéma, cet art nouveau, se sont rués sous leur siège lorsque le train est entré sur l’écran en gare de La Ciotat. C’était l’équivalent du 3D d’aujourd’hui : l’espace cinématographique, l’illusion, le mensonge n’avaient pas été encore « domestiqués ». Grâce à la technique, le cinéma, cet art de l’illusion optique, va dès le début et pendant des décennies augmenter son pouvoir. L’économie américaine fera de cette invention une industrie à caractère mondial. Ses inventeurs, eux-mêmes, la considéraient comme une invention pour amuser les foules, une sorte de jouet sans importance. La suprématie de cette invention exceptionnelle échappera très rapidement à la France et aux artistes français, comme Georges Méliès, qui avait œuvré pour le septième art avec des fi lms comme Le voyage dans la lune (1902) où l’un des premiers cinéastes de fiction traduit l’illusion dans le langage cinématographique. Un peu plus tard, Georges Méliès prend conscience du pouvoir extraordinaire du cinéma et rapporte, dans L’Affaire Dreyfus (1899), un petit fi lm de dix minutes, les injustices qui habitent nos sociétés. Il montrera ainsi la capacité extraordinaire que possède ce nouveau mode d’expression qui peut révéler bien des secrets et les formuler. Le cinéma utilisera cette caractéristique exceptionnelle qu’il détient : faire parler l’inconscient qui cherche à révéler ses maux. Le cinéma est un art de synthèse où toutes les formes d’expressions cohabitent. Orson Welles, un génie du cinéma Beaucoup plus tard lorsque le cinéma aura trouvé un équilibre, il fera appel à des créateurs confirmés comme Orson Welles, un génie créatif, qui après avoir monté plusieurs pièces de théâtre de Shakespeare, se lance dans la radio où il va laisser une empreinte tragique : plusieurs Américains, des centaines, se suicideront. Orson Welles sera très affecté par ce drame : summum d’une modernité trop sérieuse et de la croyance. Le 30 octobre 1938, Orson Welles prend l’antenne de CBS pour présenter son émission, Mercury Theater on the Air, dans laquelle une adaptation du roman La Guerre des Mondes (1898) de G.H. Wells sera diffusée. Un faux présentateur de la chaîne de radio annonce l’arrivée belliqueuse des Martiens. Il s’en suivra une panique telle, que le pays entier sera en Citizen Kane réalisé par Orson Welles (1940). émoi, des centaines d’Américains se suicideront. Welles débutera sa carrière cinématographique par la radio et une véritable expédition de science-fiction. Orson Welles écrira le scénario de Citizen Kane (1940), cette recherche désespérée de l’enfance qui s’enfuit avec le temps, sans jamais plus envoyer de signe, sans laisser quelques attentions pour se sentir vivre. Rose Bud est ce traineau que cherchera Kane toute sa vie. Mais le prix sera infi ni et il disparaîtra dans le feu de l’enfer de l’oubli. Orson Welles s’inspire de la biographie de Randolph Hearst, un magnat de la presse. Dans Le Caméléon (2010) de Jean-Paul Salomé, un garçon de 16 ans dit s’appeler Mark Randall, être Américain et avoir été enlevé par une secte en 1996. Soupçonné d’être un imposteur récidiviste, il est reconnu par sa sœur. Les médias de Louisiane donnent une telle importance à cette affaire que le FBI est alerté et posera le problème de la mythomanie et de l’imposture. Avec A bout de souffle de Jean-Luc Godard (1960), sur un scénario de François Truffaut, c’est d’une contre-vérité lourde de conséquences pour une jeune femme, Jean Seberg, dont il est question. Jean-Paul Belmondo s’écroule abattu par une balle. II dit, presque sans connaissance : « C’est dégueulasse ». Sa petite amie américaine, Jean Seberg, n’a pas très bien entendu et un homme étranger à l’action, entendant vaguement les mots, transforme les propos de l’homme à terre et dit, voulant rendre service ou vivre pour lui : « Il a dit que vous étiez une dégueulasse ». La jeune femme répond : « C’est quoi une dégueulasse ? » Le mensonge peut se situer dans un court dialogue et dans un type de fi lm que le cinéma aime à sortir régulièrement. Le fi lm de guerre est un champ où l’on fait de la propagande, comme le faisait les nazis pendant la Seconde guerre mondiale, en montrant la magnifi cence de l’armée allemande, sa puissance, sa justice pour que les hommes trouvent un idéal dans la recherche de la pureté de la race : se débarrasser des Tziganes, des Juifs, ces détenteurs de l’argent de tous, des Gitans, ces voleurs de grand chemin. Toutes ces calomnies ont fait de la production allemande un cinéma de très bonne qualité avant la guerre, un déversoir de haine, avec Fritz Lang qui avait été sollicité par Goeble. Veit Harlan, avec Le Juif Süss (1940) d’après un roman détourné, fera un fi lm immonde appelant au crime, à l’assassinat. Heureusement la production américaine et des réalisateurs comme Frank Capra avec Pourquoi nous combattons (1943) donnera ses lettres de noblesse aux fi lms de propagande pas toujours mauvais au sens littéral du terme. Ce fi lm compare le monde occupé et le monde libre et est co-réalisé par Anatole Litvak. Dans Eyes of War (2009) de Danis Tanovic une coproduction de la France, la Belgique, l’Espagne et l’Irlande, est une vision de la guerre, car les deux personnages, embarqués dans un confl it sanglant, risquent leur vie au Kurdistan pour ramener des clichés pour les grands magazines internationaux. La photo dit ce que les photographes veulent : tout dépend du cadrage qui peut leur coûter la vie. Ce fi lm est une bonne représentation du métier. Par certains côtés cela fait penser à Blowup d’Antonioni (1966) mais en bien plus violent. Il y a un traumatisme bien ancré et compréhensible vu la violence avec laquelle l’un des protagonistes est livré à un monde dans lequel il ne peut rien révéler à ses proches. Cela le plonge dans un mensonge par omission si grave que sa vie est menacée d’éclatement s’il ne trouve pas une solution psychologique viable. Dans La déchirure (1984), Roland Joffé avait analysé une situation intenable en introduisant des personnages intermédiaires qui balisaient l’itinéraire de ces hommes fous d’aventure, fl irtant avec le danger à chaque cliché. Un journaliste du New York Times enquête au Cambodge où la dictature de Pol Pot détruit les familles et enferme tous les habitants dans des camps. Les Khmers rouges sèment la terreur et la famine dans le pays. Salvador d’Oliver Stone (1986) procède du même genre de fi lms. Blowup est un fi lm plus de l’ordre du spirituel et de la critique politique de la société. L’image que l’on voit n’est pas celle qu’il faudrait regarder car elle risquerait de tromper notre raison qu’il se doit de ciseler pour lui donner un sens viable et intelligible. Bébés de Thomas Balmès (2009) De tout temps lorsqu’on parle de bébés, la croyance populaire tente à faire croire que tous les bébés du monde ont les mêmes chances. Le documentaire français éloquent démontre que les conditions de vie participent aux inégalités de l’humanité et que le premier souffl e ou le sourire ne mènera pas sur les mêmes voies de la vie. De la naissance aux premiers pas, quoi de plus attachant qu’un tel document. Ponijao habite en Namibie, Bayarjargal en Mongolie, Mari au Japon, Hattie aux États-Unis. Ce sont quatre univers où intervient une éducation propre à chaque pays. Le niveau de vie de chacune des familles est très peu abordé, ce qui pourrait peutêtre fausser notre vision de ces mondes parallèles. Marga de Ludi Boeke (2009) est une sorte de conte de fées, pourtant réel. En 1943, tous les juifs sont arrêtés en Allemagne. Dans un petit village, la famille Aschoff recueille une jeune femme et sa fille et dissimule son mari : Menne Spiegel, un marchand de chevaux, vétéran de la première guerre mondiale. Le chef de famille appartient au parti nazi mais ne peut pas se résoudre à laisser une famille qu’il connaît sans défense. Son fils est soldat de la Wehrmacht. Il va accueillir tout ce petit monde chez lui. Car, pense-t-il, il est d’abord un homme qui respire la raison et l’humanité. Un fi lm qui a la particularité de démontrer, que dans le désespoir d’un passé il y a quelquefois des pépites de bonheur. En voici une qui est un joli mensonge : celui du signe d’un homme envers un autre. Le fi lm conclut que sur 60 millions de personnes, il y a eu au moins 476 habitants qui ont su dire non au crime légal des nazis. Ne devrait-on pas dire qu’il y a des mensonges que l’on souhaiterait pour l’éternité ? ALAIN PENSO apenso@hotmail.fr



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