Epoch Times Paris n°181 1er jui 2010
Epoch Times Paris n°181 1er jui 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°181 de 1er jui 2010

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Epoch Times France

  • Format : (285 x 430) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : « Guerre » et censure contre les opposants de Hu Jintao.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 International www.lagrandeepoque.com COLOMBIE Santos élu président sur le score historique de 69% des voix Pourra-t-il réduire la tension avec le Venezuela ? BOGOTA - Jamais dans l'histoire de la Colombie un président n'avait été élu sur un score aussi considérable que celui obtenu le 20 juin au second tour par le conservateur Juan Manuel Santos, dauphin du président sortant Alvaro Uribe. Avec 69,05% des voix, il estompe même, en Amérique latine, les records personnels de 61% des suffrages établis lors d'une présidentielle tant par le président Hugo Chavez du Venezuela que par une autre icône de la gauche régionale, le Brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Exceptionnel aussi est l'écart de plus de 40 points entre Santos et son adversaire Antanas Mockus, ancien maire de Bogota et candidat du Parti Vert, qui n'a séduit que 27,52% des votants. Ces résultats, non contestés par les observateurs internationaux, reposent sur le dépouillement de 99,91% des bulletins de vote. La faible participation jette une ombre. À peine 44,48% des 30 millions d'électeurs (pour 46 millions d'habitants) se sont rendus aux urnes, contre 49,24% le 30 mai dernier au premier tour. L'absence d'émotion, la victoire de Santos étant jugée d'avance certaine, la pluie et la concurrence du Mondial de football (trois matchs télévisés dimanche) n'ont pas favorisé la participation. Elle s'inscrit toutefois dans la moyenne historique. À titre indicatif, la participation aux élections présidentielles colombiennes de 2006, 2002, 1998, 1994 et 1990 a été, respectivement, de 45,11%, 46,47%, 51,55%, 34,2% et 43,5%. Candidat du Parti social d'Unité nationale, dit Parti de l'U (droite), créé pour soutenir la réélection du président Uribe en 2006, Juan Manuel Santos a bénéfi cié au second tour, en promettant un gouvernement « d'unité nationale », du ralliement des deux autres composantes de la droite colombienne, le Parti Conservateur et le Parti Changement Radical, ainsi que de la majorité du Parti Libéral. Au Congrès de la République (Parlement), Santos bénéfi ciera théoriquement de l'appui de plus de 80% des 268 députés et sénateurs élus aux législatives du 14 mars dernier. Pareille base parlementaire est elle aussi historique. Sexagénaire l'an prochain, économiste formé notamment à Harvard, journaliste et Juan Manuel Santos à Bogota le 20 juin. sous-directeur du quotidien de référence, El Tiempo, à l'époque où ce grand journal colombien appartenait à sa famille, Juan Manuel Santos est surtout un grand commis de l'État. Ministre du Commerce extérieur sous un gouvernement libéral, puis ministre des Finances d'un président issu du Parti Conservateur, il rejoindra le président Uribe après l'élection de ce dernier en 2002 et créera avec lui l'espace politique qui marginalisera progressivement les deux grands partis historiques colombiens, le conservateur et le libéral, simples forces d'appoint aujourd'hui de « l'uribisme » dont Santos est désormais le chef. Au terme de deux mandats consécutifs, le président Uribe ne pouvait pas en briguer un troisième. Il remettra son écharpe présidentielle le 7 août à son dauphin. Ministre de la Défense de 2006 à 2009, Juan Manuel Santos a incarné la politique dite de sécurité démocratique qui a cimenté la popularité d'Alvaro Uribe. La guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), fi nancée par le narcotrafi c et soutenue par le Venezuela, a enfi n été acculée militairement. Santos a même fait bombarder un camp des FARC dans un pays voisin, l'Equateur. Il a été aussi l'instigateur de la spectaculaire opération Jaque, lors de laquelle l'armée colombienne a libéré le 2 juillet 2008 quinze otages des FARC, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. Elle annonçait la semaine dernière qu'elle voterait le 20 juin à Paris pour Santos, son « libérateur ». Avec le nouveau président élu, promoteur de l'accord militaire qui offre aux États-Unis l'usage d'au moins sept bases colombiennes, les FARC et leur allié Hugo Chavez ne peuvent plus raisonnablement miser sur le commerce politique d'otages pour infl uer sur la Colombie. Santos refuse tout dialogue avec la guérilla tant qu'elle n'aura pas libéré tous ses otages, que Bogota continuera à tenter de récupérer par la force, comme le général, les deux colonels et le sergent arrachés le 13 juin dernier des mains des rebelles. « Je serai le président de l'unité nationale » clamait Santos à ses partisans au soir Quelle présidence de l’Union pour la Belgique ? Suite de la première page Catherine Ashton, haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, aurait de son côté obtenu la garantie qu’elle aurait les moyens de poser les premières pierres d’un « ministère des Affaires étrangères » européen, le Service européen pour l’Action Extérieure (External Action Service). La crise grecque devrait aussi marquer l’entrée du mot « solidarité » dans le langage offi ciel européen : si l’aide apportée PUBLICITÉ FRANCE à la Grèce doit rester une exception pour inciter les membres à la vertu budgétaire, la présidence belge devrait d’après Europolitics entériner la « clause de solidarité » qui prévoit un secours par les pays membres à tout pays de l’Union victime d’une catastrophe majeure – de l’attaque terroriste au désastre naturel. Les valises politiques de M. Leterme étant déjà bouclées, se pose cependant la question du maintien de cet agenda par son successeur. Bart de Wever, le nationaliste fl amand grand vainqueur des architecte d’intérieur cfai législatives belges, a cependant assuré le 23 juin au président de la Commission européenne José Manuel Barroso que les négociations pour la constitution d’un nouveau gouvernement belge n’affecteraient pas la présidence belge : « Notre but est d’avoir un gouvernement en place en octobre, lorsque le travail réellement important de la présidence commencera » explique de Wever, cité par EurActiv. Dans une discussion focalisée sur les diffi cultés budgétaires des membres de l’Union et sur le besoin d’arriver JUAN BARRETO/AFP/Getty Images de sa victoire. Il a affirmé « recevoir avec humilité le vote le plus ample jamais obtenu par un candidat au cours de notre histoire ». Rendant hommage au président sortant, il a estimé que « ce triomphe est aussi celui du président Uribe. Les Colombiens n'ont que gratitude et reconnaissance pour son oeuvre magnifi que ». Coup de chapeau aussi de Juan Manuel Santos à son adversaire du second tour, Antanas Mockus. Ce dernier avait rapidement félicité Santos, qui lui a attribué le mérite d'avoir « fait réfl échir la Colombie à la valeur de la vie, la valeur de la transparence et de la légalité ». Et d'ajouter : « Vous et moi partageons ces drapeaux et je vous invite à les maintenir ensemble hissés haut ». Lutte contre le chômage et la pauvreté, priorité à l'éducation et lutte sans merci contre la guérilla sont de grands axes confi r- més dimanche soir par Santos. Quoique sur la défensive, les FARC et l'ELN (Armée de libération nationale) préoccupent toujours. La journée électorale a été meurtrière. Des affrontements ont fait au moins seize morts, 1 – 15 JUILLET 2010 ● La Grande Époque sept policiers, trois militaires et six guérilleros. Un autre défi important est l'amélioration de l'image internationale de la Colombie et de ses relations avec ses voisins. Invoquant de graves manquements aux droits de l'homme, le Congrès des États-Unis n'a toujours pas ratifi é un accord bilatéral de libre-échange signé en 2006. Le Parlement européen et les législateurs de pays de l'Union européenne pourraient compliquer pour les mêmes raisons l'entrée en vigueur d'un autre accord de libre-échange, celui conclu en mai dernier à Madrid entre la Colombie et l'UE. L'Equateur, voisin de la Colombie, n'a pas encore rétabli pleinement ses relations diplomatiques avec Bogota, rompues après le bombardement par l'armée colombienne, au prix de 26 morts le 1er mars 2008, d'un camp des FARC en territoire équatorien. Un autre voisin, le Venezuela de Hugo Chavez, gèle depuis un an les relations bilatérales tant diplomatiques que commerciales en réaction à l'accord militaire qui offre aux forces américaines l'usage de bases colombiennes. Hugo Chavez avait menacé de fermer totalement le Venezuela aux exportations colombiennes si Santos, qu'il qualifi ait de « danger pour la paix du continent », était élu président... À ces deux voisins de gauche alliés au sein de l'ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques), Santos a proposé dimanche soir de ranger le passé et « d'ouvrir des chemins de coopération ». Selon le président élu, « tous les pays du monde, surtout ceux de la région, peuvent être sûrs de trouver en notre gouvernement un allié » et « la diplomatie sera l'axe de nos relations internationales ». Un troisième voisin, plus puissant, le Brésil, a félicité Santos et s'est réjoui de la « maturité de la démocratie colombienne » dans un message envoyé par le président Luiz Inacio Lula da Silva. Lula en a profi té pour inviter Juan Manuel Santos « à renforcer l'Unasur », l'Union des nations sudaméricaines au sein de laquelle la Colombie s'estime parfois rudoyée par les gouvernements de gauche encore majoritaires en Amérique du Sud. Latin Reporters.com à un mode de gouvernance permettant de réguler la dette des États – probablement sur le modèle de gouvernance économique récemment proposé par l’Allemagne et la France, MM. Barroso et De Wever semblent avoir trouvé un langage commun : toujours dans EurActiv, M. Barroso a en effet décrit la rencontre comme ouverte et positive. « J’ai tout à fait confi ance dans le fait que la Belgique, qui a toujours été au centre de l’intégration européenne, le restera pendant et après sa présidence, et ma discussion avec M. De Wever a renforcé cette conviction ». Cet optimisme sera à mettre à l’épreuve des faits dès la rentrée, le déroulé de la présidence belge étant largement soumis à l’approbation des gouvernements régionaux belges et dans un contexte où ceux-ci pourraient se déclarer une guerre sans merci si les premières annonces du nouveau gouvernement belge devaient préparer l’éclatement physique du royaume. AURÉLIEN GIRARD
La Grande Époque ● 1 – 15 JUILLET 2010 www.lagrandeepoque.com 3 IRAN Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne, Ali Akbar Salehi. Deux inspecteurs de l’AIEA bannis DUBAÏ – Deux inspecteurs sur le nucléaire des Nations unies ne pourront plus mettre les pieds en Iran, alors que Téhéran allègue qu'ils ont rapporté de « fausses » informations au sujet de son programme nucléaire controversé. Ali Akbar Salehi, le chef de l’Organisation de l’énergie atomique iranienne, a signalé que les noms de deux inspecteurs avaient été remis à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). « Ces deux-là n’ont plus le droit d’entrer en Iran », a-t-il annoncé sur une chaîne de télévision d’État. « Ce qu’ils ont rapporté est faux. » Le conflit est survenu après la publication d'un rapport par les deux inspecteurs, affirmant que l’Iran a conduit des expérimentations visant à purifier de l’uranium au laboratoire Jaber Ibn Hayan de Téhéran. Ces expérimentations pourraient théoriquement être utilisées pour créer une ogive nucléaire. L’Iran a nié les allégations. Lorsque les inspecteurs ont visité le site à nouveau au mois de mai, l’équipement avait été retiré. Leurs inquiétudes avaient été dévoilées dans un rapport publié en mai. Cependant, Salehi a souligné que les inspecteurs avaient publié le rapport sans l’accord de l’AIEA. L’agence de l’ONU a émis une déclaration le 21 juin dans laquelle elle disait avoir pleine confiance en ses deux inspecteurs. « L’agence confirme que son rapport sur la mise en œuvre des garanties en Iran, publié le 31 mai, est entièrement exact », a affirmé le porte-parole Greg Webb dans une déclaration. « L’AIEA a pleinement confiance dans le professionnalisme et l’impartialité des inspecteurs concernés. » PUBLICITÉ SUISSE ATTA KENARE/AFP Le différend concerne également l'ampleur des inspections onusiennes en Iran. Le pays est signataire du Traité de non-prolifération, mais les responsables aiment rappeler que selon les termes du traité, les inspections sont limitées. Par exemple, Salehi a mentionné que les inspecteurs n’avaient pas le droit de visiter les sites nucléaires sans prévenir. « Les inspections [des Nations unies] devraient s'inscrire entièrement dans le cadre du Traité de non-prolifération », a-t-il affirmé le 21 juin. Il a ajouté que l’Iran n’était pas signataire d'un protocole additionnel qui permet des inspections illimitées. Le Conseil de sécurité de l’ONU a récemment adopté une quatrième ronde de sanctions contre l’Iran en raison de son programme nucléaire ambigu. La Russie, qui possède le droit de veto au Conseil de sécurité, a voté en faveur des sanctions proposées par les États-Unis – après qu'elles ont été diluées – bien qu’elle soit un partenaire économique important de l’Iran. Le 21 juin, l’Iran a tenté de creuser un fossé entre les deux puissances en prétendant que le bouclier antimissile américain en Europe n’était pas tant pour protéger les pays occidentaux d’une attaque possible de la République islamique, mais bien pour isoler la Russie. Le ministre iranien de la Défense, Ahmad Vahidi, a déclaré que le bouclier antimissile était une tentative des États-Unis d’« étendre sa domination en Europe et de trouver une excuse pour ne pas démanteler ses armes nucléaires positionnées dans la région, tout en faisant pression sur la Russie et l’entourant du même coup ». STEPHEN JONES QI GONG POUR HAÏTI La terre a tremblé un jour, la souffrance dure toujours. DaQini, spécialiste de la gestion du stress en entreprise par le biais de l'art énergétique chinois appelé Qi GONG, vous propose d’intervenir en entreprise. Le cours, adressé à tout public, d'une durée de 45 minutes, se déroulera dans vos locaux à l'horaire convenu, avec un minimum de 5 participants. 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Cependant, l'interprétation de celle-ci peut varier grandement entre les États. Eleanor Abdella Doumato, chercheuse en études de genre et en histoire dans la région du Golfe persique, explique que chaque pays possède son groupe de philosophes qui interprète l'Islam à sa manière. Le système légal est donc très particulier selon les régions. Dans des pays comme le Nigéria, l'État est laïque, mais des tribunaux de la charia pour musulmans sont mis sur pied pour rendre des décisions sur des sujets comme le mariage, le divorce, la garde des enfants et l'héritage. Dans le cas de l'Égypte, Mme Doumato mentionne que les tribunaux de la charia n'existent plus, mais le gouvernement affirme encore que la charia est la loi qui régit le pays. Les Afghans incorporent différentes pratiques tribales et coutumes locales dans leur charia qui ne sont pas stipulées par le Coran ou d'autres textes religieux, et la plupart sont discriminatoires envers les femmes, poursuit Mme Doumato. Application « arbitraire » de la charia L'aspect le plus controversé de la charia concerne les codes criminels qui prescrivent des châtiments sévères pour certaines infractions. Dans le cas de l'homme condamné pour avoir donné un baiser sur la place publique, l'Associated Press rapporte qu'il a été arrêté par la police de la moralité. Ensuite, un tribunal l'a condamné à quatre mois de prison et 90 coups de fouet, se basant sur l'interprétation saoudienne de la charia qui « proscrit la socialisation entre un homme et une femme n'ayant pas de lien de parenté ». Mme Doumato explique comment le système de tribunaux de la charia fonctionne en Arabie saoudite : « Il n'y a pas un système de jurisprudence où les juges se penchent sur des décisions précédentes et disent « ce genre de crime mérite ce genre de peine ». C'est un peu n'importe quoi. » Les peines peuvent être « assez arbitraires », mentionne Mme Doumato. « [La décision émane de] l'opinion du juge particulier qui s'adonne à être d'offi ce lorsqu'un cas est traité. » De plus, Mme Doumato affirme que ce sont les minorités ethniques ou les étrangers qui écopent des peines les plus sévères. Au mois de mars, un homme libanais qui s'était rendu en Arabie saoudite pour effectuer un pèlerinage a été condamné à mort pour avoir pratiqué la « sorcellerie ». L'individu était un présentateur d'une chaîne de télévision libanaise où il donnait en ondes des « conseils et des prédictions sur l'avenir », ce qui a entraîné son arrestation, rapporte Amnesty International. Cependant, Dr Ali A. Mazrui, directeur de l'Institute of Global Cultural Studies à Binghamton, New York, affirme que ces peines sévères sont rarement appliquées. « En réalité, la plupart des pays musulmans n'appliquent pas les châtiments islamiques classiques traditionnels », a-t-il indiqué dans une entrevue avec Voice of America. Il a toutefois fait remarquer que ces pays préfèrent ne pas mentionner cela ouvertement, car il s'agit d'un sujet politique sensible. « Ils ne font qu'éviter les situations où la peine la plus sévère pour le vol est de trancher la main, et celle pour l'adultère est la peine capitale. Ils ne les appliquent tout simplement pas », ajoute Dr Mazrui. En Indonésie, où la majorité de la population est musulmane, le gouvernement est laïque et autant la charia que le système légal légué par l'ancienne administration coloniale sont en vigueur devant les tribunaux. International La charia infl uence les codes de lois de la plupart des pays musulmans d’une façon ou d’une autre. Cependant, l’interprétation de celle-ci peut varier grandement entre les États. Romeo Gacad/AFP/Getty Images Des policiers interceptent une femme à moto parce qu’elle porte des vêtements trop serrés, le 2 décembre 2009 à Banda Aceh, Indonésie. Les libertés sociales en Indonésie sont plus respectées qu'en Arabie Saoudite. Par exemple, les femmes ne sont pas obligées de porter le voile. La capitale, Jakarta, est cosmopolite avec ses quartiers de divertissement et ses bars. Toutefois, cela pourrait éventuellement changer. Ces dernières années, les musulmans conservateurs et intégristes ont milité pour l'imposition de restrictions sur les libertés sociales. En 2008, une loi antipornographie est entrée en vigueur, avec une défi nition de la pornographie qui est assez large. Non seulement les livres et les fi lms pornos ont-ils été bannis, mais les baisers en public et les vêtements trop suggestifs aussi. La loi a été contestée mais, en mars dernier, un tribunal constitutionnel lui a donné son aval. En 2009, la province d'Aceh a adopté une charia stricte, imposant des peines sévères pour des activités comme la consommation d'alcool, le jeu, l'adultère et le port de pantalons serrés. En Arabie Saoudite, bien qu'il y ait eu certains mouvements de réforme, Mme Doumato estime que les vrais changements ont été minimes. « Il y a eu certains changements, ce qui rend la vie un peu plus facile aux femmes, [mais] vient ensuite la question : une fois que le système légal accepte le changement, voyons-nous vraiment un changement sur le terrain ? » Mme Doumato reconnaît que c'est diffi cile à dire. Les effets de la charia sur les nonmusulmans L'application de la charia dans un État islamique où tous les citoyens ne sont pas musulmans soulève certains problèmes. Au Soudan, où des peines sévères dérivées de la charia sont en vigueur pour les musulmans, elles s'appliquent aussi pour les non-musulmans. MohammedSalih, un professeur à l'Institute for Social Studies à La Haye, fait remarquer dans une entrevue avec Voice of America : « Comment distinguez-vous les musulmans et les non-musulmans au Soudan ? Lorsque quelqu'un est arrêté par la police et qu'il affirme qu'il n'est pas musulman, c'est très diffi cile à vérifi er [s'il dit la vérité]. » Selon M. Salih, lorsque l'ex-président soudanais Jaafar Nimeiri était au pouvoir (1969-1985), plus de 250 chrétiens du Sud-Soudan ont eu la main tranchée en guise de châtiment. Le professeur ajoute que l'incorporation de la charia au système judiciaire peut confi ner les non-musulmans au statut de citoyens de deuxième classe. Lorsque vous acceptez la charia en tant que code légal, cela affecte le concept de citoyenneté, poursuit-il. « Vous divisez la société en deux : les gens du [Coran] et les non-musulmans. Vous créez une hiérarchie entre les citoyens : les chrétiens, les juifs et les croyants traditionnels. Cette hiérarchie est appliquée au pouvoir, alors si vous êtes musulman, il y a plus de chance que vous ayez plus de droit sous la charia que les non-musulmans. Donc, les implications [de la charia] dépassent le code criminel. » ANNIE WU



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