Épicure n°4 décembre 2007
Épicure n°4 décembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de décembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : LRU et blocages des facs : sachez décrypter.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vie universitaire Généralisation du vice-président étudiant C’est le CEVU qui élira en son sein, dans chaque université, un vice-président étudiant. Cette disposition vient harmoniser une pratique qui était jusqu’à présent très hétéroclite. Mais en réduisant son périmètre à celui du CEVU, il est hélas exclu des questions stratégiques. Le CA souverain sur les obligations de service Les obligations de service des enseignants seront désormais fixées par le conseil d’administration : cela resserre le lien de subordination entre le prof et l’établissement, puisqu’après tout le premier est au service du second et de ses usagers (vous !). Un pouvoir d’organisation institutionnelle Les universités peuvent créer des UFR sans passer par le CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), et un arrêté ministériel n’est plus nécessaire. Au-delà du symbole (dans les faits, le CNESER refusait rarement une demande de création), c’est quand même une remise en cause d’un certain cadre national et la possibilité de mixer ici ou là des facs sans possibilité d’arbitrage national si ça part en sucette. Pendant ce temps… L'Allemagne suit une nouvelle stratégie pour sa recherche académique et met l’accent sur les « superuniversités » et les centres d’excellence de niveau international. Le ministère de l'Enseignement et de la Recherche d’outre-Rhin vient de lancer avec les Länder un plan de 1,9 milliard d'euros en faveur des universités pour la période 2007 à 2011, destiné notamment à constituer une trentaine de pôles d'excellence construits « autour d'universités performantes, collaborant avec des entreprises ». 8 { EPICURE #4 — décembre 2007 Que disent les présidents d’université ? « Contrairement à certaines allégations, la loi LRU n’organise pas le démembrement du service public, elle ne met pas en cause la démocratie universitaire et ne soumet pas les établissements au joug des entreprises (…) La revendication de l’abandon de la loi paraît profondément grave et irresponsable. Un nouvel échec de la réforme universitaire sonnerait le glas de notre système national et ouvrirait de fait la véritable concurrence entre des établissements au détriment des secteurs les plus vulnérables (…) même si l’augmentation du budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche peut être jugée encore insuffisante, elle est bien réelle et marque une rupture incontestable avec les années précédentes. On ne peut donc pas soutenir l’idée qu’il y aurait un désengagement de l’État. » Conférence des présidents d’université, 15 novembre Des fondations à but lucratif Les universités peuvent désormais créer des fondations financièrement autonomes à but lucratif qui bénéficieront de mesures de défiscalisation favorables. C’est la possibilité de collaborer autrement avec les entreprises, de valoriser les avancées scientifiques des laboratoires universitaires, de dégager de nouvelles ressources au profit de l’établissement et de ses usagers, mais il faudra être vigilant aux rapports de ces fondations avec les entreprises. Cela étant, tout n’est pas nouveau : la loi sur l’innovation de 1999 (sous Allègre) avait déjà en partie réglementé ces questions, notamment l’intéressement des chercheurs aux éventuels produits financiers de leurs recherches. On est a priori assez loin des « menaces » de privatisation de l’université, régulièrement agitées depuis 40 ans mais rarement fondées. D’ailleurs, de telles fondations sont très répandues dans le monde anglo-saxon, où se trouvent toujours les universités les plus prestigieuses. Concurrence ou pas ? À moins de couper les têtes qui dépassent, il paraît difficile d’empêcher les labos qui le peuvent de passer des contrats avec les entreprises et de générer des
ressources qui reviennent à l’établissement et aux chercheurs, et donc d’avoir les moyens d’être plus attractifs auprès des étudiants. En revanche, tant que des universités restent sous-dotées en moyens humains selon les propres critères du ministère, il serait indécent que des universités « riches » accroissent leurs ressources auprès des entreprises tout en étant sur-dotées en moyens humains par l’État. Il existe une solution, c’est le redéploiement des postes entre surdotées et sous-dotées. L’insertion professionnelle, mission de l’Université L’insertion professionnelle devient officiellement une mission de l’Université. La loi impose la création dans chaque université d’un bureau d’aide à l’insertion professionnelle et de stages, et les universités devront désormais publier les statistiques de réussite aux examens et d’insertion de leur diplômés, ce qui permettra d’évaluer leurs performances et surtout de les connaître ! Jusqu’à présent, c’est souvent opaque… Vacations étudiantes : des conditions plus souples La loi assouplit les conditions d’emploi des vacataires étudiants dans l’université, en particulier en tutorat et dans les BU. Mais du coup, les syndicats de personnels craignent que ces vacataires ne remplacent des titulaires. C’est faire peu de cas des compétences requises par ces titulaires pour remplir leurs missions. Un recteur pas content « Je suis extrêmement étonné qu'un conseil d'administration composé de fonctionnaires de l'État puisse voter une motion dans laquelle on demande le retrait d'une loi », commentait le 14 novembre le recteur de l'académie de Lille, suite à un vote du CA de Lille 1 hostile à la LRU. « Si on conçoit, dans une démocratie moderne, qu'une fois les lois discutées et votées, il faut les remettre en cause, c'est un drôle de principe. Et c'est un peu curieux que ça arrive maintenant, quatre mois après que la loi a été votée ». Repères 1986, sans concertation, une véritable sélection est annoncée… En 1986, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur Alain Devaquet avait concocté un projet de loi prévoyant une véritable sélection à l’entrée à l’université. Le projet avait été élaboré sans aucune concertation avec les étudiants. Des manifestations importantes (il y avait eu un mort) avaient obligé le gouvernement à reculer. Aujourd’hui, aucune sélection n’est annoncée – ni même déguisée –, les étudiants ont été consultés en amont et les syndicats majoritaires ne demandent pas l’abrogation de la loi mais des aménagements. Sélection, pas sélection, qu’est-ce qui change ? Contrairement à ce qu’on entend dans certaines AG chauffées à blanc, rien ne change de ce côté. Le bac reste le premier grade universitaire (on l’ignore trop souvent), et ouvre donc de plein droit accès aux filières généralistes. Les dispositions relatives à l’orientation active à l’entrée en fac garantissent toujours la possibilité à « tout candidat » de « s’inscrire dans l’établissement de son choix », mais lui demandent d’avoir « sollicité une pré-inscription lui permettant de bénéficier du dispositif d’information et d’orientation dudit établissement, qui doit être établi en concertation avec les lycées ». Objectif : obliger les élèves de terminale à se rencarder sur leur avenir avant les résultats du bac pour ne pas laisser des légions de bacheliers aller échouer dans des formations qu’ils ont choisies sans trop savoir ce qu’il y avait derrière. Quant à la sélection entre le Master 1 et le Master 2 qui avait été envisagée dans l’avant-projet de loi, elle a rapidement été retirée sous la pression des syndicats étudiants. Sous réserve de la suite des événements, un bilan de mise en œuvre de la loi doit avoir lieu devant le Parlement dans 6 mois. D’ici là, RDV dans le prochain numéro pour un nouveau point. Le texte intégral en ligne www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTe xteDeJorf ? numjo=ESRX0757893L W Fabien Cluzel EPICURE #4 — décembre 2007 } 9



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