Épicure n°4 décembre 2007
Épicure n°4 décembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de décembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : LRU et blocages des facs : sachez décrypter.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Culture Une bombe dans le sapin Radiohead vient de faire péter une bombe thermonucléaire dans l’industrie du disque en vendant directement son album aux internautes à prix libre. Brian Jonestown Massacre fait mieux avec un accès libre à son dernier album. L’actu, c’est aussi l’arrivée des fêtes, et comme on n’a toujours pas de pétrole on a encore des idées : Windmill et Band of Horses pour s’écouter au coin du feu en attendant pépère Noël, mais surtout 120 Days et Hushpuppies pour mettre le feu au réveillon. devait arriver, ça y est. Ça C’est Radiohead qui l’a fait : on peut s’acheter leur dernier album In Rainbows à prix libre, directement sur leur site. Fuck les maisons de disques. Sous ses airs endormis, Thom Yorke a pris son élan et le leur a mis comme il faut. Moi qui vous cause, j’ai acquitté 5 livres (ben oui, c’est des Anglais) + 45 cacahuètes de commission, et voilà, je l’ai gravé tranquille. Mais j’aurais pu aussi bien ne rien payer à part la com, et d’ailleurs beaucoup ne s’en privent pas. D’autant que le bazar est amorti, puisque plus d'un million d’internautes l’on déjà téléchargé contre une poignée d’euros. Et c’est pas fini. 22 { EPICURE #4 — décembre 2007 Newcombe monte son label Le cas Brian Jonestown Massacre est plus insolite. My Bloody Underground est carrément téléchargeable à l’œil sur www.brianjonestownmassacre.com (c’est présenté comme un preview, mais 13 titres intégraux sont dispos en différents formats). Le son est pourri, mais c’est une marque de fabrique. Comment le groupe s’y retrouve, d’autant qu’Anton Newcombe, son leader génial et déjanté, a monté son propre label, a records ? On en reparle bientôt, ainsi que de l’album… Radiohead fait de son côté un bénef’confortable, ses fans sont contents et le système montre qu’il fonctionne. Mais est-ce qu’un groupe moins connu aurait réussi le pari ? Pas sûr… À suivre donc. Quant à l’album proprement dit en quelques mots : c’est pas OK Computer, il n’y a pas l’énergie désespérée de The Bends. Pauvre en titres rythmés, on est plus dans l’album intimiste et soigné que dans le rock garage. Moi ça me lasse un peu, exception faite de la ballade Weird Fishes, un vrai bijou. 120 Days a présenté le krautrock à l’électro Puisque c’est bientôt Noël et que la route du père du même nom part de Scandinavie, tournons-nous vers la Norvège, une fois n’est pas coutume, d’où nous viennent les jeunes énervés de 120 Days avec un premier album sans nom mais non sans talent (sorti chez Smalltown Supersound). Formés sur les cendres de Beautiful People, ils ont présenté le krautrock à l’électro et ça a été le coup de foudre. Résultat, une alchimie de rock psyché et de noisy pop qui n’est pas sans rappe-
ler les meilleurs moments de Primal scream, qu’à mon avis ils ont pas mal écouté. Depuis le premier et dernier album de The Music en 2003, on n’avait pas entendu ça. D’ailleurs si quelqu’un a des nouvelles de The Music… Les Hushpuppies, ou le rock français anglophone en pleine forme La première fois que j’ai entendu les Hushpuppies (l’excellent premier album The Trap), je me suis dit, « voilà des Anglais qui ont bien digéré leur héritage ». Et j’ai pris une claque. Parce que ce sont des p’tits gars de chez nous (Perpignan et Bordeaux), installé à Paris depuis un moment. Comme quoi le rock c’est comme la bière : en aveugle, on te fait boire une brune et tu crois que c’est une blonde et verse la visse. Moi à l’oreille, je me fais régulièrement piéger, surtout avec les groupes japonais ou allemands qui font du punk US. Mais je m’égare, et pas que Montparnasse. Donc, voilà un deuxième album qu’il est bien (Silence is Golden, Diamond Traxx) avec des morceaux entiers de rock qui sentent bon ce que les 60’s et les 70’s ont donné de meilleur. Ou comment le rock français d’expression anglaise se porte à merveille, cf. Rhesus page à côté. À s’écouter aussi, mais plutôt au coin du feu, le superbe premier album de Windmill, Puddle City Racing Lights (Melancolic). Windmill c’est d’abord un seul homme, l’Anglais Matthew Thomas Dillon, et c’est un peu la rencontre de Mercury Rev et d’Arcade Fire. À l’arrivée, les avis sont partagés, parce qu’il faut bien reconnaître que si on a dans le nez dès le début la voix nasillarde (dans le nez, ha ha, c’est drôle) de Dillon, autant passer son tour. Moi ça m’a pas posé problème, mais c’est peut-être par solidarité parce que j’ai un gros tarin. Band of Horses : rien à foutre du grunge… Pour terminer, les amateurs de balades et de songwriting ne peuvent pas passer à côté de Band of Horses et son dernier opus Cease to begin (Sub-Pop). Ils viennent de Seattle mais apparemment ils n’ont rien à foutre du grunge. Dans ce 2 e album très « Amérique profonde », harmonies délicieuses et guitares rêveuses se conjuguent dans des balades pop très inspirées qui renouvellent le genre tout en restant sur les fondamentaux. Autant dire que c’est pas donné à tout le monde. Reste que Band of horses n’est pas sans rappeler My Morning jacket, avec qui ils sont d’ailleurs en procès pour plagiat !. Fab On l’a aussi dans le lecteur Rhesus, The Fortune teller said (Pias) Quand on vous dit que le rock français qui se chante en anglais a la patate (on pourrait aussi citer Welcome to Miami, Hey Hey My My…). Je le dis, je le soutiens, ce deuxième album du jeune trio grenoblois n’a rien à envier aux Artic Monkeys dont on nous fait tout un foin. Forcément, avec des influences noisy-pop US, power-pop et new wave, quand tu te rates pas tu réussis un truc. Au menu (entre autres) : des intros à la Interpol, une basse bien placée, des refrains prenants, une irrépressible envie de battre la mesure avec eux à chaque morceau. Que demander de plus ? Fields, Everything last winter (Pias) Quand des musicos islandais et anglais se rencontrent, ça donne ce genre d’album incontournable : ça alterne entre l’aérien (du planeur ou de la voltige, c’est selon), du folk, de la ballade, des atmosphères crépusculaires, des harmonies vocales, des accords pop rageurs, des mélodies rock bien sonnées. Un don parmi d’autres de Fields : nous tromper avec des intros laissant croire à la ballade gentillette, avant de mettre les watts dans un mélancoli-rock de toute beauté. Influence évidente : My Bloody Valentine. On aime. Le Loup, The throne of the third heaven of the nations millenium general assembly (Hardly Art) Voilà un OVNI musical comme on les aime. La musique de ce groupe indé-expérimental de Washington est à l’image de son nom : très insolite. Ça tangue, ça banjote, les mélodies sont étranges (mais assurément… mélodiques), pas de gros son au rendez-vous mais l’impression que le chef d’orchestre s’est barré et que les instruments jouent tout seuls. Rafraîchissant mais pour auditeur averti. EPICURE #4 — décembre 2007 } 23



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