Épicure n°4 décembre 2007
Épicure n°4 décembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de décembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : LRU et blocages des facs : sachez décrypter.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vie universitaire Faut-il augmenter les droits d’inscription ? Étudiants, profs, personnels, présidents… Tout le monde déplore l'insuffisance de moyens des universités. Mais personne ne s'accorde sur la mesure à adopter pour les gonfler. L'augmentation des droits d'inscription fait ainsi l'objet de longues querelles. À quand un vrai débat ? La France dépense peu pour ses étudiants. C’est la dernière des pays de l’ocde, alors qu’elle est en tête de peloton pour ses dépenses en faveur des lycéens. « Pas du tout dans l’ordre des grandeurs », s’insurge Alain Trannoy, économiste et directeur d’études à l’ehess *, qui indique qu’à elle seule Harvard monopolise un financement équivalent à celui du quart des universités françaises ** ! Comme une grande partie des présidents d’université, Alain Trannoy est partisan de l’augmentation des droits d’inscription, mais à condition qu’elle soit assortie d’une augmentation significative des bourses – qui ne prennent pas en compte aujourd’hui des augmentations courantes de type loyer – et d’un système de prêts bonifiés. Avec une préférence pour le système de prêt contingent, utilisé en Australie, au Canada, ou encore en Suède, et qui permet aux jeunes de ne rembourser que dans les bonnes années de revenus. « On le fait pour encourager à investir dans l’immobilier, pourquoi pas pour les étudiants puisqu’ils seront utiles ensuite pour la nation ? » 12 { EPICURE #4 — décembre 2007 Des prêts remboursables quand les revenus seront importants Des prêts et bourses plus importants auraient pour premier effet de diminuer les jobs étudiants préjudiciables aux études. Autre bénéfice, motiver davantage l’étudiant, parce qu’on réfléchit à deux fois avant de s’inscrire lorsqu’il faut débourser des sommes substantielles. « Aujourd’hui, les jeunes s’inscrivent sans avoir fait de véritable démarche pour savoir si la filière choisie correspond à une vraie inclinaison professionnelle et font donc peu d’efforts pour réussir », regrette Alain Trannoy. Ce serait une motivation utile quand on sait que la France est championne du monde en matière d’échec en 1 er cycle ! Même effet sur l’implication des étudiants dans l’établissement, selon Alain Trannoy, puisque s’ils payent davantage, ils n’hésiteront pas à manifester leur mécontentement et seront surtout davantage écoutés. D’où un possible cercle vertueux sur la qualité des formations… De son côté, l’unef s’oppose à toute forme d’augmentation de droits d’inscription. « L’université est un service public, la formation * École des hautes études en sciences sociales. ** La France compte 85 universités dont le budget total est de l’ordre de 10 milliards d’euros. doit donc être financée par l’État », estime Anna Melin, en charge de ce dossier à l’unef. En outre, ce système pourrait être « extrêmement pervers », puisque les établissements chercheraient à recruter auprès « des favorisés », d’où une « sélection par l’argent » qui serait un « vrai échec pour la démocratisation de l’enseignement supérieur, auquel tout le monde doit avoir accès ». Des droits complémentaires illégaux La solution pour certaines universités consiste à faire payer des droits complémentaires liés à certains services. L’unef, qui a recensé plus de 40 universités qui pratiquent ces frais illégaux, a d’ores et déjà poussé une quinzaine d’entre elles à les supprimer, ce qui inquiète certaines composantes de l’université, les services des sports entre autres. « L’État prône le développement de campus à l’américaine avec des terrains de sport, des équipements importants. Il peut donner 15 millions pour l’exonération fiscale aux riches, pourquoi pas aux universités ? » se demande le syndicat. Même interrogation d’Alain Trannoy : « Cette année, l’État a souscrit un emprunt de 42 milliards d’euros, à un taux
d’intérêt de 3,9%, contre des taux bancaires de l’ordre actuellement de 7 à 8%. 1 milliard de cet emprunt pourrait être consacré à des prêts étudiants. » M Camille Pons Aux partisans et non partisans de l’augmentation des droits, s’ajoutent ceux qui essaient tout simplement de maintenir leur activité. Depuis leur création dans les années 70, les Services universitaires d’activités physiques et sportives ne vivent quasiment que grâce à un droit perçu en sus des droits d’inscription. Ce qui représente 38% de leurs budgets, explique Gilles Durand, président du groupement national des directeurs de Siuaps, contre 37% de dotations ministérielles. Pour l’étudiant, l’investissement représente 15 euros en moyenne par an : « Peu de chose », selon lui, pour accéder à « des activités très variées et dans des plages horaires adaptées à leurs études ». Pour ceux qui pratiquent pour leur plaisir personnel, la À réfléchir La formation supérieure publique étant financée par l’État et donc tous les contribuables, on aboutit à cet effet que les parents dont les enfants ne font pas d’études participent à financer ceux qui en font. En augmentant le nombre des bourses – sachant que les boursiers ne paient pas de droits d’inscription – et en modifiant les plafonds afin d’en exonérer également les enfants issus des familles de classe « moyenne moins » (ce qui est déjà en partie le cas avec les bourses à taux zéro), on pourrait augmenter les droits acquittés par les enfants issus des classes « moyennes plus » et au-delà. Où serait l’injustice ? M F.C. Le financement du sport menacé ? même activité reviendrait, en outre, « quatre à cinq fois plus cher à l’extérieur ». Selon les Siuaps, la suppression des droits complémentaires sans compensation ferait chuter la fréquentation des cours de 19,2% à 7% de l’ensemble des inscrits, et mettrait au chômage de nombreux vacataires. Au final, ce pourrait être toute l’éducation sportive, dont la filière Staps, qui risquerait d'« être en danger », parce que cette filière profite d’installations menacées de fermeture. Une inquiétude qui pourrait bien être aujourd’hui levée puisque la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, vient juste d’annoncer qu’elle validait juridiquement les droits sportifs complémentaires. EPICURE #4 — décembre 2007 } 13



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