Épicure n°3 novembre 2007
Épicure n°3 novembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de novembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 10,4 Mo

  • Dans ce numéro : vos conditions d'études à la loupe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Culture Petite histoire du mouvement gothique Issu du punk, le mouvement gothique est apparu il y a près de 30 ans au Royaume- Uni. Bien qu’aujourd’hui très dynamique, il a tellement évolué qu’on a du mal à distinguer ceux qui y puisent des racines de ceux qui n’en ont que la panoplie. Soyons honnête. Allez, si. Les corbeaux, vous les avez parfois moqués quand vous étiez lycéens. Mais à y regarder de près, aujourd’hui, avec plus de maturité, vous conviendrez que l’esthétique recherchée du « total black look » est souvent prétexte à une grande élégance. Et ce n’est pas un hasard. Parler d’esthétique gothique n’est pas exagéré, car outre des racines culturelles solides et indiscutables, celle-ci témoigne d’une vraie cohérence derrière les dentelles, les chemises amples, les chaînes et crucifix (toujours argentés jamais dorés, sinon c’est le bûcher pour hérésie), les ongles bleus ou noirs, le cuir, le vynil, les robes longues, les Doc Martens et enfin le maquillage fortement contrasté. Une contre-culture ? Mais bon, les nippes c’est une chose, mais le mouvement goth ne se résume pas seulement au look. Loin d'être un simple style musical et vestimentaire, le rock gothique et ses dérivés reposent sur une grande variété d'éléments culturels et artistiques, qui font de ce mouvement une véritable sous-culture (expression non péjorative !), voire une contre-culture. Côté rock d’abord, les racines puisent dans des groupes mythiques tels que Bahaus, Siouxsie & the Banshees, Joy Division puis The Sisters of Mercy ou encore The Cure et bien d’autres, fondateurs d’un courant qui s’inspire du punk en y rajoutant une culture sombre faite de noirceur, de théâtralité, de mélancolie et de romantisme fataliste. À tel point qu’après n’avoir été qu’un avatar du punk, le rock gothique a acquis son existence propre au milieu des années 80 : c’est à partir de là qu’une culture gothique s’est pleinement déployée au-delà de la musique, en revisitant d’autres 22 { EPICURE #3 — novembre 2007 racines culturelles et littéraires (voir encadré) mais aussi cinématographiques. Des amalgames avec le métal Le mouvement va connaître un déclin à la fin des années 80 et dans les années 90, et sa visibilité va aussi souffrir d’amalgames entre le rock métal et le rock gothique, bien que totalement opposés dans l’esprit malgré quelques passerelles (on pense à Killing Joke). La confusion demeure d’ailleurs, car un icône rock tel que Marylin Manson passe parfois pour gothique – il en a les tenues – alors qu’il appartient davantage à la scène métal, dans sa musique comme dans ses délires. Cette confusion est entretenue par l’adhésion de beaucoup de 15-20 ans au style goth, fortement typé, qui permet de se démarquer. Mais alors que le rock gothique se distingue par son rejet de la société de consommation et, à la différence du mouvement punk, prend de la distance avec une expression violente pour lui préférer la voie des arts, pas mal de goths d’aujourd’hui ont curieusement l’air de se plaire dans la société de consommation. Bref, vous l’avez compris, c’est dans Baudelaire que le goth authentique trouve une matière qui fait écho à sa sensibilité, alors que le goth de circonstance se vautre devant Charmedou Buffy et les vampires et colle Marylin Manson sur son backpack. Plus que jamais, l’habit ne fait pas le corbeau. Rions un peu avec les Goths http://jesuisgothique.free.fr ‰ F.C.
Un mouvement littéraire revisité par le rock Bien avant le mouvement rock, il existe un mouvement de littérature gothique. On doit le terme à un aristocrate anglais érudit du xviii e siècle, Horace Walpole, passionné par l’architecture gothique, et auteur d’un roman, « Le Château d’Otrante : Histoire gothique », qui constitue l’acte de naissance d’un genre conjuguant roman noir et fantastique. Tout au long du xviii e siècle et bien après, le mouvement sera animé par de grands auteurs de la littérature anglophone tels que Wordsworth, Walter Scott, Shelley (Frankenstein), Lovecraft ou encore Keats dans un premier temps, puis par les romantiques du xix e siècle comme A.E. Poe, voire, côté français, par les auteurs du courant Spleen (Baudelaire). Queens on the stone âge, Era Vulgaris (Interscope/Polydor) La bande à Josh a sorti son nouvel album il y a quelques grosses semaines (on est un peu à la bourre, sorry…) et les guitares nerveuses et accrocheuses sont toujours au rendez-vous. Les puristes trouvent cet album moins « stoner » que les précédents, voire plus pop, mais la marque des grands groupes n’est-elle pas aussi de savoir faire évoluer leur style tout en restant fidèles aux fondamentaux ? Même si l’on préfère le précédent, plus homogène, Era Vulgaris reste un bon cru. Six films gothiques cultes Ü The Rocky Horror Picture Show (Jim Sharman, 1975) Ü Nosferatu (Friedrich-Wilhelm Murnau, 1922, puis Werner Herzog,1979) Ü Frankenstein (Howard Koch, 1958 et Kenneth Branagh, 1995) Ü L’étrange Noël de M. Jack (Tim Burton, 1993) Ü Le cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene, 1922 et Roger Kay 1962) Ü The Crow (Alex Proyas, 1994) C’est pas du gothique, c’est de l’actu Les Savy fav, Let’s stay friends (Frenchkiss records) Les Savy fav enflamment la scène rock indé à New York (et en Europe en ce moment pour une tournée). Il se dit même de façon insistante qu’ils seraient l’un des parrains de la scène rock indépendante. Rien que ça… On a parfois l’impression que la moitié des groupes de la Terre sont les parrains d’une scène rock indé quelque part. En plus, soit dit en passant, la scène rock indé de NY c’est quand même pas celle de Vesoul (j’ai rien contre Vesoul, à part que Sonic Youth y a jamais joué). Et pourtant… tout ce qu’on dit est vrai. Après six ans sans produire un nouveau son (mais à remplir des caveaux et des salles de concerts où Obispo n’ira jamais), ce nouvel opus mérite un accueil chaleureux dans vos lecteurs. C’est de l’indé et du bon, qui pousse vers le punk, l’émo-rock, l’art-punk et tout ce que tu veux, en tout cas c’est sans concession et tu vas aimer. EPICURE #3 — novembre 2007 } 23



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