Épicure n°3 novembre 2007
Épicure n°3 novembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de novembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 10,4 Mo

  • Dans ce numéro : vos conditions d'études à la loupe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Histoire Qui était Che Guevara ? On a beaucoup entendu parler de « récupération politique » à propos de Guy Môquet. Il est plus rare que l’on s’intéresse à la récupération commerciale dont fait l’objet Che Guevara chez les 15-25 ans, si l’on en juge par sa prolifération sur tous les types de support imaginables, du sweat à la casquette en passant par… la couette. Mais qui était-il ? Né en Argentine en 1928 dans une famille bourgeoise, Ernesto Guevara a suivi des études de médecine avant de traverser l’Amérique latine en cherchant à rejoindre les États- Unis, dont il sera expulsé. C’est au Mexique qu’il rencontre Fidel Castro pour s'engager à ses côtés dans la lutte contre le dictateur cubain Batista, qu’ils renversent en 1959. La terrible prison de la Cabaña Nommé procureur du tribunal révolutionnaire par Castro, Che Guevara organise une purge sanglante, en particulier contre les policiers et les militaires. Les historiens conviennent que 200 à 550 ont été exécutés sommairement dans une parodie de justice, parmi lesquels des innocents, dans la terrible prison de la Cabaña, où Guevara acquiert le surnom de « petit boucher ». Il a d’ailleurs lui même reconnu la nécessité des exécutions à la tribune de l’ONU en 1964. Il crée dans le même temps des camps de travail et de rééducation, surnommés les « goulags tropicaux ». 18 { EPICURE #3 — novembre 2007 Che Guevara est également chargé de l’industrialisation du pays, domaine dans lequel il échoue avant d’être écarté par Castro en 1965. Il prend alors la tête d’un maquis révolutionnaire dans l’ex-Congo belge, sans succès, avant de tenter sa chance en Bolivie. Dépourvu de soutien parmi les Indiens, il est traqué, fait prisonnier et exécuté par l’armée bolivienne en 1967. Vers un « homme nouveau » La motivation et la dureté des combats de Che Guevara prennent racine dans ses profondes convictions marxistes et communistes, malgré ses origines bourgeoises. Admirateur de Staline, il estimait que « la solution des problèmes de ce monde est derrière ce qu’on l’on appelle le rideau de fer » et que la société communiste idéale n’était pas possible sans évolution vers un « homme nouveau » qui permettrait une société d’égaux sans gouvernement ni État. Un idéalisme qui pouvait aller assez loin : interrogé par le Daily Worker quelques semaines après la fin de la crise des missiles, jugeant le recul russe comme une trahison, il déclara qu’il n’aurait pas hésité à se servir des missiles s’il en avait eu le pouvoir. Aujourd’hui, sa popularité doit énormément à la célèbre photo d’Alberto Korda qui a figé son visage dans une expression à la fois pacifique, fiévreuse et christique qui ne cesse de faire le tour du monde. Mais soyons honnête : le Che aurait-il eu le même succès d’icône s’il avait ressemblé à votre voisin Maurice ? Fabien Cluzel ? Question (im)pertinente Qu’aurait pensé Che Guevara des innombrables fringues et gadgets aujourd’hui frappés à son effigie dans les sociétés capitalistes, le plus souvent au profit de fabricants sous-traitant de la main-d’œuvre sous-payée à l’autre bout du monde ? En savoir plus L’hagiographie : Che Guevara, Jean Cormier, Éditions du Rocher La contre-enquête : La face cachée du Che, Jacobo Machover, Buchet Chastel



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