Épicure n°3 novembre 2007
Épicure n°3 novembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de novembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 10,4 Mo

  • Dans ce numéro : vos conditions d'études à la loupe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dossier - Rencontre Guillaume Houzel, président de l’OVE Dans la foulée de la publication de la grande enquête de l'OVE, épicure a rencontré son président pour connaître ses analyses et approfondir quelques résultats. « Des étudiants hésitent à faire certaines études s’ils doivent travailler à côté » Quelles sont les grandes tendances nouvelles que vous observez depuis la précédente enquête ? Il apparaît au fil des années que l’assiduité des étudiants progresse ! De plus en plus d’étudiants déclarent ne sécher aucun cours. Dans le même temps, on constate que, si la proportion d’étudiants qui travaillent à côté de leurs études est relativement stable, l’intensité de leurs activités rémunérées diminue. C’est sans doute lié à une concurrence accrue dans l’accès au travail. Mais il est également vraisemblable qu’ils savent mieux les risques du cumulentre emploi et études, et ils s’efforcent d’être plus assidus. Notre enquête montre aussi que les dépenses contraintes (loyer, alimentation et transports) sont celles qui ont le plus augmenté. Les tensions sur leur pouvoir d’achat sont confortées par un autre phénomène. Les étudiants s’équipent davantage. Non seulement d’un ordinateur portable, mais aussi d’un lecteur DVD, etc. À l’inverse, sans forcément sortir moins souvent, leur budget de loisir est plus serré qu’auparavant. L’activité rémunérée est-elle nuisible aux études ou au contraire un avantage en terme d’insertion ? 16 { EPICURE #3 — novembre 2007 C’est fonction de l’intensité du travail et de son articulation avec les études. À peu près la moitié des étudiants travaillent pendant l’année universitaire, mais il faut distinguer trois catégories : 1/5 e ont un travail intégré aux études. C’est la situation la plus avantageuse, car on est au contact de recruteurs, dans une situation relationnelle enrichissante, et elle n’est pas préjudiciable aux études puisqu’elle est intégrée. Ensuite, 2/5 e ont un petit boulot : cela ne déstabilise pas la condition étudiante. Ils gagnent de l’argent de poche, et on n’observe pas de risques supérieurs à l’échec académique moyen. Enfin, 2/5 e voient leur réussite studieuse gênée par leur travail rémunéré. Il s’agit majoritairement d’emplois au moins à mi-temps, au moins 6 mois par
an, mais ce peut être aussi des professions fatigantes, aux horaires difficiles, désorganisant la vie étudiante. Les concernant, le taux de réussite aux examens est inférieur de 40 points à ceux qui ne travaillent pas du tout. Ces étudiants sont souvent ceux à qui on a refusé une bourse alors qu’ils étaient justes au-dessus des critères d’attribution. On peut en conclure que des critères plus généreux d’aides sociales feraient reculer l’échec. J’ajoute qu’il y a des étudiants qui hésitent à faire certaines études s’ils doivent travailler, en raison de l’emploi du temps qu’elles impliquent. Un emploi du temps de licence universitaire sera certainement plus compatible avec une activité que celui d’un IUT. Ainsi, globalement, je dirais que travailler en étant au contact d’un employeur est un atout, mais on peut aussi être déstabilisé par une activité concurrente aux études. On découvre dans l’enquête que 9% des étudiants ne disposent d’aucune couverture santé complémentaire… C’est la moyenne de la population. Les étudiants forment dans l’ensemble un groupe en meilleure santé que la moyenne et même que les jeunes en général, mais on sait cependant que dans ces 9% beaucoup seraient prêts à mieux se couvrir, mais ils n’en ont pas les moyens. C’est parmi les étudiants issus de familles gagnant moins de 1000 euros mensuels que se concentrent le plus de jeunes dépourvus de mutuelle. C’est par ailleurs intéressant de constater la diversité des profils culturels selon les types d’études que l’on suit, d’autant plus que c’est dans l’air du temps de vouloir briser les déterminismes. Qu’est-ce que cela vous inspire ? On ne se fait pas tout seul, on se fait en interaction avec son environnement. Il y a des combinaisons d’influence : exogènes à l’université avec la famille, endogènes avec la discipline dominante des études. On aboutit à une combinaison intéressante entre ce à quoi prédisposent les goûts de la famille et comment, après, on s’acculture et on s’émancipe dans son milieu académique. « L’accès au logement est un problème majeur dans certaines villes » Globalement, les conditions d’études des étudiants vous semblent-elles plutôt meilleures ou moins bonnes que lors de la dernière enquête ? Malgré le problème majeur que constitue l’accès au logement dans certaines villes, elles sont assez satisfaisantes globalement. Notamment parce qu’il y a peu d’étudiants pauvres dans l’enseignement supérieur… Mais c’est parce que rares sont les pauvres qui y accèdent. La démocratisation de l’enseignement supérieur reste assez limitée. On a vu fleurir en 20 ans des solutions pour l’accompagner, mais ça ne fait pas une politique d’ensemble. Il me semble en particulier crucial d’engager, au-delà du LMD, une nouvelle ambition pédagogique, avec des pratiques et des services nouveaux. Quel regard portez-vous sur la réforme du système de financement des études présentée le mois dernier par Valérie Pécresse ? Je crois qu’il y a un consensus pour reconnaître un problème de financement de l’enseignement supérieur et particulièrement de l’aide sociale aux étudiants. Des mesures ont été annoncées, et sans être anodines, elles font débat. C’est ainsi très utile d’augmenter le montant des bourses, mais il reste en deçà de ce qui a été jugé nécessaire. La polémique est de plus nourrie par le jugement, selon certains acteurs, d’une politique fondée sur des préférences idéologiques discutables qu’incarne le crédit d’impôt pour la recherche ou le recours aux emprunts pour financer la vie étudiante. Il reste en tout cas du chemin par rapport aux objectifs plus ambitieux annoncés par le président de la République et Valérie Pécresse. propos recueillis par Fabien Cluzel EPICURE #3 — novembre 2007 } 17



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