Épicure n°2 octobre 2007
Épicure n°2 octobre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de octobre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : financement des études, attention chantier

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Culture Dans le sens de la piste Le rock, c’est comme le tango, disait ma grand-mère, qui a bien connu Carlos Gardel : quand t’avances pas tu recules ! Editors, Interpol ou encore The Go ! Team l’ont bien compris, ils nous mettent dans le sens de la piste sans oublier d’où ils viennent. Et là, plus rien à voir avec le tango. On on attendait de bien les mûrir : j’ai n’a pas eu le temps d’en causer le mois dernier alors qu’ils sont sortis il y a quelques grosses semaines, mais nommé les petits derniers d’Editors et d’Interpol, qui se livrent à leur manière LE duel d’un pur rock héritier de la new wave. L’héritage Joy Division À ma droite donc Editors, venu tout droit de Grande- Bretagne, et un deuxième album qui fait suite à l’excellent Back Room sorti en 2005. À ma gauche les New-Yorkais d’Interpol, avec un album d’avance, déjà auteurs d’Antics et du très réussi Turn on the bright lights (vraiment réussi, je vous jure). Premier point commun, un nouvel album : An end as a start côté Editors, Our love to admire chez Interpol, respectivement chez Pias et Capitol/EMI. Deuxième point commun : ils ont probablement beaucoup écouté le légendaire groupe Joy Division (antichambre de New Order). Troisième point commun : un rock indé mélancolique souvent sombre, une orchestration sans fioritures, des voix mélodiques (énorme Tom Smith 22 { EPICURE #2 — octobre 2007 côté Editors), un jeu de guitare techniquement simple mais efficace. Soyons francs, on préférait des deux côtés leur premier opus. Mais le plus important, c’est leur fidélité à un style, à la culture d’un rock romanesque loin de la désinvolture tendance d’un certain rock anglais. Et rien que pour ça, ces deux albums ont leur place dans le lecteur. T’en veux de la patate ? Dans un style qui n’a rien à voir (mais alors vraiment rien), comment passer à côté de ÇA : The Go ! Team.
C’est un vrai melting pot culturel et musical, ça vient de Brighton (à la limite on s’en fout), mais surtout c’est un rock festif qui réinvente la recette de la bouillabaisse sonore : hip-hop, boogy, noisy, génériques télé, soupe de cuivres façon motown (vous savez, genre Diana Ross), funk seventies… The Go ! Team c’est tout ça, et c’est servi avec une patate à faire péter la honte à une centrale thermonucléaire. Ce 2 e album mérite donc bien son nom : Proof of youth ! et je vous le recommande tout particulièrement pour les moments d’entre-deux, quand on oscille entre le plan moule-canap’et le coup de fil pour savoir où-on-se-retrouve-ce-soir. Kevin Drew en solo, c’est bon Kevin Drew s’émancipe de Broken Social Scene, et fait bien. Mais si, vous savez, Broken Social Scene, énorme collectif de Toronto (Canada), dont Kevin est le leader, et dont il s’est échappé le temps d’un p’tit solo… Enfin, échappé… Le cordon n’est pas complètement coupé puisque sur la jaquette de l’album on peut lire « Broken Social Scene presents… ». Ça aussi c’est l’esprit collectif, car on vient toujours de quelque part. Bref, il a eu raison le Kevin parce que Spirit If… est un bijou (serti chez City Slang/Cooperative Music). On y retrouve évidemment les ingrédients de BSS : orchestration rock-symphonique toujours à la limite du rouge, crescendo chaotiques, chœurs lyriques, cuivres péchus… Mais justement, en solo, Kevin Drew parvient à rationaliser les énergies et à resserrer son propos, si l’on peut dire. Ça donne des morceaux un poil plus « basiques » – un tout petit poil – mais plus digestes et non moins mélodiques, voire mélancoliques. À noter qu’outre des membres de BSS évidemment, le père Mascis (Dinosaur Jr) a filé la main sur cet album. À l’arrivée, le résultat est convaincant et on en redemande. Allez, bonne rentrée en musique. WF.C. À découvrir aussi The Autumns, Fake noise from a box of toys (Bella Union/V2) Dans les bacs le 25 octobre, le 2 e album de The Autumns aurait été avisé de sortir un mois plus tôt (ha ha). Ils nous viennent de Californie mais leur son n’est pourtant pas typique du coin. Au contraire, on sent l’inspiration du grand large dans ce rock qui se veut épique (et qui y réussit globalement). Matt Kelly au chant cherche parfois à être trop lyrique, mais l’intention n’est pas déplaisante tant qu’elle est contenue dans certaines limites souvent ignorées des rockeurs californiens. Blue States, First steps into (Memphis industries/Cooperative Music) Quand on a pour influence à la fois Vangelis, les Beach Boys, Aphrodite’s Child, Ride, The Stranglers ou encore Ennio Morricone, on ne peut pas faire une musique passe-partout. C’est donc condamné à être un ovni musical, qu’on pourrait étiqueter post-rock ou trip-hop tant c’est pratique, que Blue States poursuit son bonhomme de chemin (4 e album), mais avec cette fois-ci le multi-instrumentiste Andy Dragazis seul aux commandes, comme pour le premier album, si ça vous intéresse. Ça plane, ça part dans tous les sens sans être agressif, ça « violone » aussi pas mal. Pour être franc, la première écoute ne fait ni chaud ni froid, complexité oblige. Mais c’est cette même complexité qui nous fait passer les plages en boucle sans se lasser une fois qu’on est rentré dedans. D’ailleurs, là, je l’écoute. EPICURE #2 — octobre 2007 } 23



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