Épicure n°2 octobre 2007
Épicure n°2 octobre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de octobre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : financement des études, attention chantier

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Vivre ensemble le chargé de développement de l’AFEV Marseille. Les étudiants doivent aussi travailler sur l’orientation et sur l’ouverture culturelle de leurs jeunes compagnons. Ce qui leur permet de « toucher du doigt » des réalités que les uns et les autres ne connaissent pas toujours. « Nous incitons l’étudiant à travailler au domicile du jeune pour mieux comprendre son environnement et dialoguer avec les parents », précise d’ailleurs Nicolas Brumauld. Les projets d’orientation sont alors prétexte à faire découvrir au jeune l’université où il pourra faire ses études, découvrir les amphis, la BU, lui faire rencontrer des étudiants, lui donner des pistes pour obtenir des bourses plus tard ou dénicher un petit boulot… Ainsi, se souvient un bénévole marseillais, « nous avons rencontré des chercheurs qui ont montré au jeune que je suivais et qui voulait devenir médecin que des études dans ce domaine ne mènent pas qu’au seul métier de médecin généraliste ». Ce travail sur l’orientation sert aussi les étudiants parfois « aussi paumés que les élèves », parce qu’« ils ne connaissent pas le monde de l’entreprise, confondent métiers et compétences et ont des représentations parfois fausses de 18 { EPICURE #2 — octobre 2007 Pourquoi et comment s’engager ? /Pourquoi ? Trop de jeunes pensent que l’enseignement supérieur n’est pas fait pour eux. Étudiant de troisième année de licence à l’université ou de première année de grande école, vous pouvez vous engager auprès d’un jeune, qui est volontaire et scolarisé en éducation prioritaire, afin d’aider les élèves à choisir leur orientation./Quel rôle ? • Une aide scolaire : soutien dans la préparation des devoirs, l’approfondissement des cours, l’acquisition des méthodes, voire une aide à la préparation à des concours.• Une aide à l’orientation : faire découvrir le monde de l’enseignement supérieur, les disciplines, les établissements…/Quel est le cadre et la durée de l’engagement ? L’engagement s’étale sur toute l’année universitaire, du mois d’octobre au mois de mai. Il s’inscrit dans le cadre d’une convention passée entre votre établissement ou votre association et l’établissement de l’élève concerné. certaines branches professionnelles ou enseignes », reconnaît Nicolas Delesque. Au-delà du « très utile », il y a aussi des activités plus ludiques. Ainsi, à Marseille on propose de véritables parcours culturels, dans les musées, les archives, le conservatoire de musique… Visites plurielles qui permettent, cerise sur le gâteau, d’assister à une représentation ou de visiter une exposition. Des engagements bonifiés ou validés dans certains cursus À la satisfaction personnelle de contribuer à réduire les inégalités, peut parfois s’ajouter celle de gratifier ses notes à la fac de points supplémentaires. Quelques universités valident ainsi des crédits en licence à des étudiants qui s’engagent, en proposant également des formations sur la psychologie de l’enfant, la politique de la ville… C’est le cas, par exemple, des universités Censier, Jussieu, Descartes, Cergy, Marne-La Vallée, Créteil. Celles de Marseille suivront dès cette année en proposant des bonifications à la moyenne allant jusqu’à 1,5 point supplémentaire. Mais plus que tous ces avantages, cet engagement, c’est surtout l’occasion, comme le souligne Nicolas Brumauld, « de passer vraiment du discours à l’action. » En savoir plus WC.P.. http://www.education.gouv.fr/cid4049/100-000-etudiantspour-100-000-eleves.html. http://www.afev.org/
Heureux qui, comme ces étudiants, ont été utiles Morgane Delgado, étudiante en psychologie à Aix-Marseille « Cette expérience m’a confirmé que j’étais faite pour travailler dans le social, puisque je veux devenir éducateur spécialisé. Mais le plus surprenant a été de constater que nous avions, le jeune et moi, beaucoup de points communs alors que nous n’avons pas du tout la même histoire culturelle. Nous partageons ainsi tous les deux un passé d’immigré. » Jesshuan Diné, étudiant à l’université de Luminy, Marseille « J’ai été utile à un enfant à qui j’ai pu donner des pistes pour suivre des études de médecine vers lesquelles il souhaite se diriger, et à qui j’ai aussi pu faire partager ma passion du théâtre. De mon côté, j’ai maintenant une autre vision de mon environnement. J’ai grandi à la campagne et cela n’a rien à voir avec la vie dans les quartiers Nord de Marseille ! » Julie Racoupeau, étudiante en droit à Toulouse « J’ai vraiment eu la sensation d’être utile en donnant peu de mon temps. Je veux être avocate et même si cette expérience n’a pas grand chose à voir avec ce métier, elle m’a permis de développer des qualités d’écoute et de compréhension qui pourront m’être utiles. Parce qu’un avocat a un peu la même démarche, vouloir aider les gens et rechercher les solutions qui vont permettre de se sortir d’un problème. Humainement, c’est aussi très riche parce qu’on voit autre chose, des gens qui galèrent…, ce que beaucoup d’étudiants ne connaissent pas. » L’AFEV, un état d’esprit Créée en 1991 dans le contexte de l’émergence de la politique de la ville, l’Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (www.afev.org) a été pensée comme une contribution citoyenne à cette politique publique, et repose sur une conviction : la jeunesse que l’on dit parfois repliée et individualiste est massivement prête à s’engager contre les inégalités. Pour ses trois initiateurs, étudiants à l’époque, l’AFEV traduisait aussi la volonté de créer un lien entre deux jeunesses qui ne se rencontraient pas. Elle a donc pour objet social la mobilisation d’étudiants bénévoles dans des actions de solidarité en direction des quartiers en difficulté, et implique à ce titre chaque année 7 000 étudiants bénévoles auprès de 10 000 enfants et jeunes dans 200 villes réparties dans toute la France 5 000 collégiens suivis en 2007 En 2007, 2 000 bénévoles ont suivi 5 000 élèves, principalement des collégiens à Aix, Marseille, Lille, Versailles, Créteil, Paris, Toulouse, Montpellier, Poitiers, sachant que des opérations ponctuelles ont aussi été montées à Nantes, Rennes et Lyon. L’AFEV souhaite porter cette année à 5 000 le nombre de ses bénévoles dédiés à cette opération et à 10 000 l’année d’après. Des partenariats permettent de financer des transports, des entrées aux musées, des formations de bénévoles, etc. Ainsi, l’ONISEP met à disposition ses documents et outils pour l’orientation ; le Département de Seine Saint-Denis a financé des clés USB pour les étudiants et des abonnements au Monde des ados aux collégiens ; La ville de Marseille offre la gratuité des transports et des musées ; le rectorat de Poitiers finance des formations de bénévoles. EPICURE #2 — octobre 2007 } 19



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