Épicure n°1 septembre 2007
Épicure n°1 septembre 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de septembre 2007

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8,3 Mo

  • Dans ce numéro : réformes des facs, ce qui va changer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Vie universitaire Réforme des facs : ce qui va changer Menée tambour battant, la réforme des universités a été adoptée par le Parlement et promulguée cet été, malgré les réserves d’une partie de la communauté universitaire. Mais concrètement, qu’est-ce qui va changer ? Difficile de répondre succinctement à cette interrogation, tant la question des moyens sera déterminante. La CPU et l’UNEF l’ont d’ailleurs indiqué dans leur réaction à l’adoption du texte par le Parlement, demandant une loi de programmation budgétaire afin que l’État fournisse un effort à la hauteur de l’enjeu de la réforme. Précisément, quel est cet enjeu ? Pour faire simple, il s’agit de donner plus d’autonomie aux universités afin qu’elles maîtrisent davantage la qualité de l’enseignement qu’elles délivrent, mais aussi de les mettre sous contrainte en matière d’insertion professionnelle. Un CA resserré… avec moins d’élus d’étudiants Un des objectifs est notamment de redorer l’image de l’Université française, alors que le recrutement d’étudiants étrangers devient aussi un enjeu et que la place de cette même université hexagonale dans les classements internationaux laisse plutôt à désirer. Pour ce faire, la loi marginalise deux des trois conseils (conseil des études et de la vie universitaire et conseil scientifique), élargit les pouvoirs des présidents d’université, notamment en matière de recrutement des enseignants, et réduit le nombre de sièges dans le conseil d’administration. 8 { EPICURE #1 septembre 2007 L’insertion professionnelle, désormais mission de service public Autre grande innovation de la loi, l’orientation et l’insertion professionnelle sont désormais clairement inscrites dans les missions de l’Université, un article précisant même qu’un bureau d’aide à cette insertion doit être créé dans chaque université – c’est déjà le cas avec les SCUIO-IP qui l’ont pris en charge (voir p.20 et 21). Le texte va même plus loin puisqu’il impose aux universités de publier des « statistiques comportant des indicateurs de réussite aux examens et aux diplômes, de poursuite d’études et d’insertion professionnelle ». De quoi dresser des classements entre les meilleures et les autres… C’est précisément là l’objet des critiques formulées par les syndicats, selon lesquels la loi mettra inévitablement les établissements en concurrence, avec le risque que les meilleurs, mieux dotés en moyens, se détachent des autres et creusent l’écart. Là où le bât blesse aussi, de l’avis des organisations étudiantes, c’est que le resserrement des conseils d’administration, destiné à renforcer le pouvoir des présidents, y réduit à la portion congrue la place des étudiants, dont la proportion passe de 20-25% à 15%, soit 3 à 5 élus sur 20 à 30 membres. Il y aurait encore beaucoup à dire, mais les prochains mois vont évidemment nous amener à revenir sur cette réforme. À bientôt donc ! Le site officiel de la réforme : www.nouvelleuniversite.gouv.fr mF.C.
Ce qu’ils en disent… Ö La CPU (Conférence des présidents d’université) se félicite de l’adoption d’une loi qui « va permettre à toutes les universités et aux grands établissements d’acquérir de nouvelles capacités d’action au profit des étudiants, de la recherche et en faveur du développement de notre pays », et rappelle que sa mise en œuvre « nécessitera une forte mobilisation de moyens sans laquelle l’évolution statutaire n’apparaîtrait que comme un exercice de style ». Ö La FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) estime que la « loi Pécresse » constitue un « recul pour les étudiants » : le texte adopté « ne répond pas à l’ensemble des attentes des étudiants », estime l’organisation, qui « déplore une fois de plus le fait qu’il remette en cause un des fondements du système français : la démocratie, et la participation de tous à la vie des établissements ». Ö L’UNEF (Union nationale des étudiants de France) déplore une loi « inquiétante » qui comporte un risque de « remise en cause du service public » : désengagement de l’État, concurrence accrue entre établissements, précarisation des personnels, dépendance des universités des financeurs privés. L’UNEF reconnaît toutefois que des dispositions votées par des parlementaires ont permis d’améliorer le texte, comme « la mise en place de quotas de personnels contractuels », ou la « clarification des conditions d’éligibilité à la présidence d’université ». Ö PDE (Promotion et défense des étudiants) regrette que « le projet actuel marque un recul en matière de citoyenneté » et critique un texte qui « tend à limiter significativement le rôle des étudiants dans la gouvernance » des établissements. PDE se félicite cependant que « l’évolution de l’article concernant les bureaux d’aide à l’insertion professionnelle renforce encore le suivi de l’accompagnement des stagiaires ». Ö Pour le SNESUP (principal syndicat enseignant du supérieur), la loi asservit les universités « à un pilotage plus économique que scientifique ». Il appelle les parlementaires de l’opposition à saisir le Conseil constitutionnel et annonce une rentrée « combative ». Les autres organisations syndicales n’ont pas pris position au moment où nous bouclons ce numéro. Adoptée le 1 er août par 165 voix pour et 46 contre, la loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités a été publiée au Journal officiel du samedi 11 août : www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTe xteDeJorf ? numjo=ESRX0757893L EPICURE #1 septembre 2007 } 9



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