Entreprendre n°291 juin 2015
Entreprendre n°291 juin 2015
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°291 de juin 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 180

  • Taille du fichier PDF : 61,5 Mo

  • Dans ce numéro : les petits génies de la reprise.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Débat vers un nouveau contrat de travail Medef » Pierre Gattaz, président du Medef » Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ehtic CDI  : le vérou de l’emploi en France ? Même Manuel Valls le reconnaît, les PME ont peur d’embaucher. Beaucoup estiment qu’il faut remettre en cause le contrat de travail à durée indéterminée. En Suisse, on peut licencier dans les 24 mois, et sans difficultés ! Quels sont les principaux effets pervers du CDI sur l’emploi ? Sophie de Menthon  : Le CDI ne correspond plus à l’évolution aussi bien de la vie personnelle que professionnelle (travail à distance, nouvelles technologies, nouveaux métiers...). Le turnover sied à la fois à un besoin de l’entreprise et à un souhait de nombreux jeunes qui n’envisagent plus de rester à vie au même endroit, considérant au bout de 3-4 ans « qu’ils ont fait le tour ». Désormais, on ne fait plus carrière dans la même entreprise et, malgré tout, nous restons ancrés dans l’idée de l’emploi à vie. Pascal Salin  : L’un des effets pervers les plus importants du CDI, tel qu’il est défini légalement en France actuellement, tient au fait qu’en rendant le licenciement très difficile, il décourage les employeurs potentiels d’embaucher. On a alors un cercle vicieux  : plus le chômage augmente de ce fait, plus les gouvernements sont tentés de protéger ceux qui sont employés et plus on risque de voir le chômage augmenter. Mais il faut surtout reconnaître que le CDI est « pervers » par nature et c’est pourquoi il faut non seulement en finir avec le CDI, mais également avec une définition légale du contrat de travail. En effet, il est aberrant que des technocrates et des politiciens définissent une norme unique pour tout le monde, alors que tous les salariés, tous les employeurs, toutes les entreprises, toutes les activités sont différents et nécessiteraient des contrats diversifiés répondant précisément aux besoins des uns et des autres. Il est même immoral que l’on puisse ainsi porter atteinte au droit de contracter librement, et ce qui est immoral conduit forcément à des effets pervers. Ainsi, on n’obtient pas la meilleure adéquation entre les besoins des uns et des autres, on oblige un employeur à garder un salarié avec lequel il ne s’entend pas, ce qui réduit évidemment la qualité du travail... Je 64 Entreprendre
 » Peter Jarrett, chef de division à l’OCDE rêve pour ma part que tout le Code du travail soit remplacé par l’article de loi suivant  : « Le contrat de travail est librement déterminé par accord entre un salarié et un employeur ». Pierre Gattaz  : Le problème ce n’est pas le CDI en soi. Les chefs d’entreprise, quand ils recrutent, se placent dans une perspective de long terme. Mais ce qui est problématique, c’est la rigidité du CDI qui devient un frein à l’embauche. Les chefs d’entreprise, notamment ceux de TPE et PME, ont peur d’embaucher parce qu’ils craignent de ne pas pouvoir licencier en cas de retournement de conjoncture. Le licenciement en France représente un coût qui peut être fatal pour une « AU ROYAUME-UNI, OÙ LA FLEXIBILITÉ EST DE MISE, LE TAUX DE CHÔMAGE EST DE 6% SEULEMENT ». Thibault Lanxade, vice-président du Medef petite entreprise dont les marges sont très faibles. Et c’est très compliqué. Les entreprises ont besoin de souplesse pour s’adapter aux aléas du marché, licencier est parfois une question de survie de l’entreprise et donc des autres emplois. Entendons-nous bien, un chef d’entreprise n’embauche pas dans la perspective de licencier, le licenciement est un marqueur négatif, le signe que l’entreprise traverse des difficultés. Et » Pascal Salin, économiste à Paris-Dauphine dans une TPE, c’est toujours un échec. Ce n’est donc pas en assouplissant les conditions de rupture de contrat que l’on va provoquer des licenciements massifs. Comment expliquez-vous l’attachement viscéral des Français au CDI ? Sophie de Menthon  : Un État omniprésent, qui vend de plus en plus de protections factices, inquiète les citoyens et brandit l’idéologie du patron forcément exploiteur qui « s’en met plein les poches », « licencie par plaisir », « jette les salariés comme des Kleenex » et ne rêve que de ne pas recruter (ce qui va finir par être le cas). Un pays très fortement fonctionnarisé qui érige l’immobilisme professionnel en objectif rêvé. L’injustice de la différence de traitement entre le privé et le public finira par créer une guerre des « actifs » contre les « privilégiés ». Comment expliquer que certains rentrent à 20 ans dans l’emploi et que vous les paierez jusqu’à leur mort sans risque pour eux mais aussi sans promotion ni enthousiasme ni progression salariale réelle ? Pascal Salin  : L’attachement viscéral des Français au CDI est probablement lié au fait qu’il donne un sentiment de sécurité dans l’emploi, ce qui est particulièrement important dans un pays où le chômage est élevé depuis des décennies du fait des mauvaises politiques économiques. Cet attachement est sans doute dû davantage au fait que le CDI actuel contient des dispositions qui rendent le licenciement difficile qu’à la notion même de « contrat à durée indéterminée » qui signifie seulement qu’on ne décide pas dès le « L’INJUSTICE DE LA DIFFÉRENCE DE TRAITEMENT ENTRE LE PRIVÉ ET LE PUBLIC FINIRA PAR CRÉER UNE GUERRE DES « ACTIFS » CONTRE LES « PRIVILÉGIÉS » ». Sophie de Menthon, présidente du mouvement Ehtic départ de la date de fin de contrat. Il est faux de parler d’un attachement viscéral des Français. Sont attachés au CDI ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, mais certainement pas ceux qui sont empêchés d’en trouver un parce que la mobilité des salariés est freinée par l’existence du CDI, et certainement pas non plus les employeurs qui sont ainsi empêchés de pratiquer une politique de l’emploi rationnelle, et qui embauchent d’autant moins qu’ils craignent davantage de ne pas pouvoir licencier. Pierre Gattaz  : La rigidité de notre marché du travail explique cet attachement des Français au CDI. Les conditions de rupture longues, complexes et coûteuses constituent pour Entreprendre 65



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