Entreprendre n°291 juin 2015
Entreprendre n°291 juin 2015
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°291 de juin 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 180

  • Taille du fichier PDF : 61,5 Mo

  • Dans ce numéro : les petits génies de la reprise.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Débat le développement personnel comme credo LA RECETTE PLAISIR D’UN ENTREPRENEUR DÉFINITIVEMENT RELACHÉ PIERRE FASQUELLE  : « J’ai envoyé balader tout ce qui me polluait l’existence... » Cet entrepreneur/consultant, un jour, a décidé d’envoyer balader ce qui mettait un frein à son bonheur. Consultant, conférencier et chef d’entreprise dans le secteur de l’innovation, Pierre Fasquelle, diplômé en école de commerce et en sciences économiques, fort de son expérience professionnelle dans plusieurs entreprises nationales et multinationales, a longtemps subi le stress et la pression avant de découvrir le détachement « de tout et en tout », une véritable révélation qu’il partage aujourd’hui à travers son ouvrage Je n’en ai rien à faire, paru le 30 avril 2015 aux éditions Ovadia. « Nous sommes envahis d’informations qui nous montrent un monde instable, menaçant et À49 ans, Pierre Fasquelle est président de la startup Open Appbasée à Saint- Laurent-du-Var près de Nice. Spécialisée dans la création d’interrupteurs sans contact, l’entreprise a notamment constamment en crise. Est-ce vraiment la réalité ? N’y a-t-il pas un décalage quand nous analysons posément notre vie et ce qui se passe autour ? Et si notre bien-être ne dépendait uniquement que de notre interprétation et de la façon dont nous gérons ces informations ? », questionne l’auteur. Inspiré par une expérience singulière vécue, étoffé par des constats sur notre époque et une analyse de notre société avec ses comportements humains, il livre la possibilité de vivre autrement sa vie professionnelle et personnelle. « ÊTRE CHEF D’ENTREPRISE, C’EST COMME ÊTRE PARENT  : IL N’Y A PAS D’ÉCOLE ! ». Quel a été votre parcours avant de devenir Pierre Fasquelle, un Niçois qui ne fait que ce qui lui fait plaisir remporté l’année dernière la médaille du ministère de la Santé et des Affaires sociales dans le cadre du concours Lépine pour son système breveté qui a nécessité 3 ans de R&D. Parallèlement, l’entrepreneur donne des conférences et participe à des tables rondes sur les relations humaines dans le cadre de sa société de consulting en stratégie opérationnelle Honeos. consultant, conférencier et auteur ? Pierre Fasquelle  : J’ai eu principalement deux carrières, l’une dans l’industrie, l’autre dans l’assurance et la finance. Mais, bien avant cela, en étudiant la psychologie du management et des relations humaines, j’ai découvert Maslow. Les travaux de ce psychologue américain ont été une véritable révélation. C’est alors que j’ai entrepris, pendant 10 ans, une étude sur l’analyse du comportement humain, travaux compilés dans un premier ouvrage* et qui m’ont servi de tremplin pour devenir consultant. Vous êtes aussi chef d’entreprise. Avez-vous rencontré beaucoup d’épreuves au cours de votre carrière ? Que vous ont-elles apporté ? PF  : Être chef d’entreprise, c’est comme être parent  : il n’y a pas d’école ! On apprend sur le tas avec ses flots de joies, d’espérances, de doutes, d’écueils et de frustrations. Alors oui, j’ai rencontré beaucoup d’épreuves et ce n’est certainement pas fini. Car les épreuves font partie de l’existence humaine. Je vois la vie comme une suite d’expériences, autant d’opportunités pour s’améliorer. Face aux épreuves plus difficiles, voire éprouvantes, j’essaye simplement de les transformer en épisodes positifs tout en évitant de reproduire les mêmes erreurs. Quel a été l’événement, l’élément déclencheur d’une prise de conscience qui vous a amené à changer ? PF  : C’est précisément un soir, sur mon lieu de travail, mon entreprise connaissant alors de graves difficultés. Jour après jour, je me battais. Et plus je me battais, plus je m’épuisais. C’est alors 62 Entreprendre
qu’un processus inédit s’est enclenché. Je raconte en détail cet épisode dans mon dernier livre. Sans contrôle, pendant plusieurs minutes, mon esprit et mon corps ont pris le dessus. Comme une purge, cette sensation de reprogammation instantanée a été la clé d’un lâcher prise, un détachement absolu. Tout est devenu clair et évident  : comment agir, les décisions à prendre, les solutions… En reprenant le contrôle, j’ai envoyé balader tout ce qui me polluait l’existence et qui n’était pas essentiel. Tout le monde est-il capable de résilience ? PF  : Si vous me le permettez, je remplacerais le mot résilience qui, pour moi, agit dans des configurations et conditions particulières par un comportement de « renouvence », ce comportement naturel humain que j’ai constaté et analysé et dont je décris le principe dans l’ouvrage Le développement durable de l’être humain. La « renouvence » est cette faculté humaine qui permet à toute personne de pratiquer une introspection, d’analyser sa vie et son univers, de prendre conscience de son potentiel, d’en déduire des conclusions et d’agir dans la durée et l’équilibre pour soi et les autres. Donc, pour répondre à votre question, je dis oui, car c’est ce qui nous caractérise. Les entrepreneurs et managers sontils plus sujets à l’anxiété et à la dépression ? PF  : Selon moi, les causes premières de l’anxiété et de la dépression proviennent de l’environnement de travail. Les principaux facteurs responsables sont le manque de clarté des stratégies des entreprises, la profusion ou bien le manque d’informations et, enfin, l’absence de visibilité à court et moyen termes. Cet ensemble d’incertitudes entame l’essentiel, c’est-à-dire la confiance. Cela dit, il est évident que les entrepreneurs et les managers sont soumis à une pression et un stress constants. Il faut une sacrée dose de recul et de » Sa recette du bonheur ? Mettre de la distance, prendre du recul. détachement au quotidien pour ne pas se décourager et rester zen. Quel est le responsable de ce malêtre ? Les contraintes extérieures ? La pression que l’on s’inflige ? PF  : Rien n’oblige une personne à devenir entrepreneur ou manager. Cela relève d’un choix avec des bénéfices en retour... loin d’être financiers de prime abord. Quelle est la motivation ? Le besoin d’expériences ? L’autonomie ? L’ego ? Le pouvoir ? Le besoin de transmettre ? C’est ce qui anime le chef d’entreprise ou le manager qui impacte sur son état d’esprit et, par ricochet, son bien-être ou son mal-être. Les contraintes extérieures sont à peu près les mêmes pour tout le monde. Et pourtant, chacun les vit plus ou moins différemment. C’est donc l’intention et les raisons qui déterminent la suite et les conséquences. Dans votre dernier livre, vous laissez entendre que le bonheur est une question de recul face aux crises auxquelles nous sommes confrontés. Plus facile à dire qu’à faire... Comment mettre de la distance ? PF  : Les problèmes de crises proviennent des choix et leurs conséquences, d’actes et du degré d’influence que la personne a autour d’elle. En s’attachant trop aux choses, aux biens ou aux relations, l’individu se met en danger. En gardant une distance appropriée, physique, émotionnelle, il aborde les événements d’une manière différente et propre à être gérés sans difficultés. Mettre de la distance, cela ne se décrète pas. Cela se vit. Il existe une panoplie d’outils que je détaille dans mon livre. Dans votre question, vous abordez le bonheur. Ce qui est véritablement important et qui demande de l’investissement, c’est l’attachement aux personnes que nous aimons et qui nous aiment en retour. Cela peut paraître étonnant de parler, ici, d’amour, mais c’est ce qui compte vraiment. Dans le milieu professionnel, le stress et la pression permettent souvent de se dépasser, d’atteindre des objectifs ambitieux. Où se situe la limite du raisonnable ? PF  : Faire de son mieux est la seule exigence acceptable vis-à-vis de soi et des autres. Vouloir en faire plus, c’est devenir quelqu’un d’autre et c’est là que les problèmes commencent. Après, c’est comme le sport  : le plaisir et l’objectif sont indissociables. Tant que l’activité nous procure du plaisir, notre corps et notre esprit sont en harmonie. Bien sûr, comme tout effort et compétition, il y a des moments difficiles et des phases de doutes. Mais si on garde l’objectif en tête, le pourquoi de tout ce que nous faisons, alors, nous transformons le stress et la pression en motivation positive. Le danger est de dévier de notre objectif en voulant entrer absolument, par exemple, dans une compétition acharnée. L’ego prend alors le dessus, le corps se fatigue et, à la fin, on perd le contrôle. Peut-on apprendre à se détacher sans consulter un professionnel, psy ou coach ? PF  : Ce que je peux dire, c’est que seul, on n’y arrive pas, que l’entourage n’est pas souvent de bon conseil en raison d’une trop grande proximité, des enjeux et parfois d’une certaine jalousie. La consultation d’un professionnel, même si elle n’apporte pas tout et surtout pas la solution, reste un des outils importants de la compréhension de soi. Propos recueillis par Louise Roumieu *Le développement durable de l’être humain, La renouvence, aux éditions Bénévent, 2008 Entreprendre 63



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