Entreprendre n°291 juin 2015
Entreprendre n°291 juin 2015
  • Prix facial : 4,50 €

  • Parution : n°291 de juin 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 180

  • Taille du fichier PDF : 61,5 Mo

  • Dans ce numéro : les petits génies de la reprise.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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enquête le Maroc est-il un pays sûr pour investir ? DU PARADIS DES MILLE ET UNE NUITS À L’ENFER DE LA CORRUPTION ? Au Maroc, deux promoteurs français menacés de tout perdre ! Ils croyaient avoir trouvé au Maroc le pays idéal pour investir et entreprendre. Après des mois d’enfer, abandonnés par la diplomatie française, ils ont dû tout quitter pour revenir en France... sans un sou. L’aventure commençait bien ! Après avoir vendu leur petite affaire dans le Gers, Sacha Doligé et Pascal Gaillères décident d’ouvrir en 2006 le Doga, une maison d’hôtes de luxe, à Taroudant, une des perles du sud marocain, à une heure et demie d’Agadir. Pour répondre à la demande de clients qui souhaitent investir dans des biens sur place, le duo décide, en 2009, de créer une structure indépendante, capable de dénicher et rénover des riads. Le succès est immédiat, l’entreprise comptant alors plus d’une soixantaine d’ouvriers. Surtout, les deux Français participent activement au développement local, avec la construction d’écoles et de salles de sport. À Marrakech, le vendeur de Ryad n’était ni propriétaire, ni mandataire ! D’autres Français ont connu des désagréments encore plus graves, comme Alain Combe, qui a passé 21 mois en prison. Selon la version officielle marocaine, le Français a acheté un bien immobilier à Marrakech d’une valeur de 4 millions de dirhams (environ 400 K € ) en réglant avec un chèque sans provision, ce qui lui a valu une condamnation à 3 ans fermes. Selon le comité de soutien d’Alain Combe, le vendeur n’était ni le propriétaire ni même le mandataire pour la vente et le terrain, propriété d’État, n’était pas cessible. Il n’appartient pas de préjuger d’une décision de justice. En revanche, on peut se demander si, face à l’administration et la justice marocaines, les ressortissants français peuvent compter sur les chambres consulaires censées les représenter et les assister ? Il semble que, pour ne pas remettre en cause les relations diplomatiques, la réponse soit clairement non. Et, ce qui est peut-être encore plus grave, qu’il ne soit même pas possible de compter sur les institutions créées pour gérer les conflits entre les citoyens et les administrations. » En 2006, Sacha Doligé et Pascal Gaillères ouvrent leur maison d’hôtes au Maroc. Engrenage kafkaïen Lorsqu’un haut fonctionnaire de la police de Taroudant leur confie la restauration du riad de son fils, un chantier estimé à 70.000 € , tout dérape. « Si le client a payé 50% du devis à la commande, il a non seulement refusé de régler le solde, mais a surtout exigé que nous réalisions pour 150.000 € de travaux supplémentaires pour « continuer à travailler au Maroc ». Nous avons pensé qu’il s’agissait d’une tentative de racket ordinaire et avons simplement refusé », raconte Sacha Doligé. Hélas, les conséquences ne se font pas attendre  : menaces physiques, coups de feu sur les chantiers et, surtout, aucune réponse à des demandes d’autorisation de construction sur un terrain que les Français viennent d’acquérir. « Nous ne nous sommes pas réellement inquiétés, imaginant qu’il s’agissait à la fois de manœuvres d’intimidation et de retards dans le traitement du dossier ». Pourtant, la situation empire rapidement  : les clients portent plainte contre les deux entrepreneurs, qui sont alors accusés d’avoir commercialisé un 44 Entreprendre
 » Le paradis marocain peut-il se terrain non constructible. Condamné en première instance à 5 ans d’emprisonnement et plus de 300.000 € d’amendes, ils voient leur peine ramenée en appel à 2,5 mois de prison et 1.000 € d’amendes... 6 mois plus tard et après 11 reports ! Plus grave, leurs passeports sont confisqués. Grâce à un avocat marocain, ils finissent heureusement par les récupérer et rentrent très vite en France en août 2013, après avoir été obligés de fermer leurs entreprises, de licencier tous leurs ouvriers, en abandonnant tous leurs biens. Un assourdissant silence Dès le début des difficultés, Sacha Doligé s’est naturellement tourné vers le consulat général à Agadir, avec qui, pensait-il, il avait de bonnes relations. « J’étais chef d’îlot chargé de la sécurité des Français à Taroudant. Je devais même être nommé consul honoraire. Mais je n’ai jamais réussi à avoir la moindre assistance, ni même la moindre réponse quant à notre situation ». Le jeune entrepreneur fait alors appel à son père, Éric Doligé, sénateur du Loiret, qui, accompagné de l’ambassadeur de France au Maroc, rencontre le ministre de l’Intérieur marocain. Ce dernier lui affirme que le problème concernant le terrain est lié « à une erreur dans les numéros de dossier » et que le fonctionnaire de police fait l’objet d’une enquête interne. De bonnes nouvelles en apparence... mais qui n’aboutissent à rien ! De retour en France, le père et le fils portent l’affaire devant Laurent Fabius. « Le ministère des Affaires étrangères a été en dessous de tout et n’a rien fait pour assainir concrètement la situation. Il est soi-disant intervenu pour la vente du terrain... Celui-ci, estimé à 400.000 € , a été cédé à 140.000 € , et revendu quelques semaines plus tard... pour 400.000 €  ! Une véritable escroquerie », tonne, furieux le sénateur. Face aux dysfonctionnements de l’appareil d’État, au Maroc comme en France, Sacha Doligé se tourne alors vers le Défenseur des droits, dont la mission est de veiller « au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences. Il peut être « AU NOM DE LA DIPLOMATIE, LES AUTORITÉS FRANÇAISES NE FONT RIEN FACE À UN PROBLÈME ». Éric Doligé, sénateur du Loiret saisi, dans les conditions prévues par la loi organique, par toute personne s’estimant lésée par le fonctionnement d’un service public ou d’un organisme ». Après un accueil favorable de Dominique Baudis, décédé quelques jours plus tard, son successeur, Jacques Toubon, ne donne plus aucune nouvelle. Actuellement, l’affaire est dans l’impasse. Sacha Doligé et Pascal Gaillères ont porté plainte contre le gouvernement français et attendent du Défenseur des droits » Sacha Doligé et Pascal Gaillères ont été obligés de fermer leurs entreprises, de licencier tous leurs ouvriers, en abandonnant tous leurs biens. qu’il saisisse le juge des référés pour que des réponses soient enfin apportées. Des questions de fond Sacha Doligé et Pascal Gaillères ont vécu 21 mois d’enfer, craint le pire et perdu tous leurs biens (estimés à 4 M € ). Derrière leur incroyable histoire, deux questions méritent d’être posées. La première, c’est de savoir si le Maroc est un pays sûr pour investir, que ce soit à titre personnel dans l’immobilier, notamment pour la retraite, ou pour entreprendre. « Il y a des centaines de cas de Français au Maroc dans la difficulté, dont certains dans des situations encore plus dramatiques que celle de mon fils et de son associé », témoigne Éric Doligé. La seconde, c’est de savoir si nos ressortissants peuvent compter sur le soutien des autorités. Et, là encore, l’opinion du sénateur est sans appel  : « Il y a des amitiés historiques entre certains politiques français, de tous les partis, et les hauts responsables marocains. Et il y a également des enjeux diplomatiques secrets, comme récemment pour faciliter les opérations militaires françaises au Mali. Alors face à un problème, les autorités françaises ne font rien, au nom des bonnes relations avec le Maroc ». De quoi réfléchir avant de se lancer dans un projet, quels que puissent être les avantages que l’on vous fait miroiter. Pascal Rosier Entreprendre 45



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