Entreprendre n°280 mai 2014
Entreprendre n°280 mai 2014
  • Prix facial : 2,90 €

  • Parution : n°280 de mai 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 180

  • Taille du fichier PDF : 64,5 Mo

  • Dans ce numéro : le business du tourisme... la France a tous les atouts pour faire mieux !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Saga• un entrepreneur dans les médias Touche à tout ! Le patron de Libération veut relancer Bodyjet La curiosité et la liberté de l’homme d’affaires le poussent à aller toujours plus loin. « Investir dans d’autres secteurs est pour moi une approche intellectuelle. C’est une » Bruno Ledoux a participé au financement du premier long métrage de Maïwenn, « Pardonnez-moi », sorti en 2006. rue. Insatiable, Bruno Ledoux investit également dans une boucherie, située en bas du funiculaire, qu’il transforme en crêperie, L’Utrillo. « Toutes les crêpes avaient un nom de peintre : la crêpe Van Gogh, la crêpe Monet... et même la crêpe Ledoux, fourrée à l’oseille bien sûr, la préférée de mes amis du quartier », s’amuse-t-il. Des studios aux tours Mercuriales volonté de participer à des œuvres culturelles dont les codes sont différents. C’est ça qui m’intéresse », souligne-t-il. Bruno Ledoux participe ainsi à de nombreux projets. En 2006, il participe au financement du premier long métrage de Maïwenn, « Pardonnez-moi ». « J’ai aidé Maïwennpour son premier film car elle a une double qualité : elle ose et elle est tenace », souligne-til. Cette curiosité le pousse également vers des mondes peu explorés. En 1999, il part en immersion dans la jungle pendant 1 mois avec sa femme chez les Pygmées Aka, un peuple nomade en République centrafricaine. Suivent de nombreuses autres expéditions : en jungle de Nouvelle-Guinée chez les Papous où vivent les derniers cannibales de la planète ; dans la vallée » Un Bodyjet, jetpack à propulsion dessiné par le designer australien Marc Newson, trône dans le bureau de Bruno de l’Omo en Éthiopie ; sur le camp de base du toit du monde au Tibet... Son goût pour l’exploration le pousse même à prendre 50% de participation dans le bateau La Boudeuse de son ami l’aventurier Patrice Franceschi. Dans son bureau trône d’ailleurs un engin singulier pour lequel il a également investi, le Bodyjet, un jetpack à propulsion dessiné par le designer australien Marc Newson. De quoi lui donner des ailes pour de nouvelles aventures. Lorsque la crise immobilière des années 90 retentit, le prix des biens immobiliers s’effondre. Ni une ni deux, Bruno Ledoux se lance alors frénétiquement dans le rachat de petits immeubles parisiens. « Les taux d’intérêt sur le marché immobilier étaient très élevés et les rendements très bas. Lorsque le marché s’est ralenti, l’immobilier professionnel s’est effondré, tandis que celui des particuliers résistait. J’en ai donc profité pour acquérir des immeubles auprès des banques. Je rénovais les parties communes et revendais les appartements à rénover. J’ai été le premier à faire ça ». Parallèlement, ce touche-à-tout enfile une autre casquette, celle de professeur à Dauphine. « Après « Je veux mettre le futur de « Libération » sur les rails, convaincre les journalistes de l’intérêt du projet et instaurer un climat de confiance d’ici l’été ». avoir passé des années sur les bancs de la fac, je voulais voir ce que cela faisait d’être de l’autre côté du pupitre. J’ai donc sollicité un de mes anciens professeurs et lui ai proposé de donner des cours sur l’analyse financière et la création d’entreprise. Mes cours ne ressemblaient pas à grandchose, ce n’était pas vraiment mon truc, mais c’était un fantasme et je l’ai assouvi pendant 1 an ». Côté immobilier, l’homme poursuit ses opérations, se forgeant une certaine notoriété auprès des banques. À la fin des années 90, les fonds d’investissement anglosaxons pénètrent le marché français et conduisent à une financiarisation du système immobilier. Ils récupèrent les actifs des banques françaises en difficulté financière, une occasion pour Bruno Ledoux de poursuivre son ascension. « J’étais soutenu par les banques françaises. Pour elles, il était important d’appuyer certains clients pour prouver qu’elles avaient encore une activité. Je me suis rapproché des banques anglosaxonnes intéressées par ma double connaissance du terrain et de la technique financière ». Pour jouer dans la cours des grands, il crée la Foncière Colbert Orco en 2000 et bâti son premier partenariat avec les banques anglosaxonnes : l’acquisition du siège de la société Axa Global Risk. Il s’associe à Wouter Guis, un investisseur hollandais qui réalise de nombreuses opérations financières en Europe. Les deux hommes investissent à tour de bras, toujours avec l’appui des banques anglo-saxonnes, dont Lehman Brothers jusqu’en 2008. En 14 ans, la Foncière Colbert Orco explose son volume d’activités, avec des opérations en France mais aussi en Europe de plus en plus importantes et de plus en plus complexes. Dans l’éventail des participations les plus prestigieuses de l’entreprise en France, on peut citer la construction d’un complexe immobilier et d’un golf à Saint-Tropez, le rachat des tours Wirlpool à Suresnes et des tours Mercuriales à Bagnolet... « En 2001, je me suis associé à General Electric pour le rachat des tours Mercuriales. C’est à la suite de la crise financière de 2007-2008 que j’ai pu récupérer les participations de Lehman Brothers et de General Electric. Aujourd’hui, je réalise des 26 Entreprendre
Il va ouvrir le musée du Palais du roi de Rome ! Passionné d’histoire et fasciné par les grands personnages qui ont construit la France, Bruno Ledoux possède une des plus importantes collections privées de l’Hexagone et connaît tous les circuits pour dénicher les pièces les plus rares. C’est à 35 ans qu’il achète sa première pièce, un fragment de poème de Napoléon Bonaparte déniché à Drouot. En 15 ans, les trouvailles se sont accumulées. Chez lui trône une collection de 450 pièces emblématiques de la Révolution française, de l’Empire et des deux guerres mondiales. Parmi ses trophées, la chemise que portait Louis XVI avant de monter sur l’échafaud, la clé de la prison du Temple, un des trônes de Napoléon, l’un des deux exemplaires de la table des droits de l’homme... Sa dernière découverte, les documents originaux pris par le commandant Rose, dans le bunker de la chancellerie après le bombardement de Berlin, relatant le coup d’état tenté par Göring aux dernières heures du nazisme. Cette découverte atteste de la présence française au cœur même du centre de commandement. « L’histoire dans ma famille a toujours été importante », explique celui dont le grand-père, Albert Ledoux, était ambassadeur de France et représentant personnel du Général de Gaulle pour l’Amérique du Sud pendant la guerre. « Je m’intéresse aux périodes déstructurées » En 2011, Bruno Ledoux achète une aile du Palais du roi de Rome à Rambouillet pour y exposer son imposante collection. pendant lesquelles ont eu lieu des bouleversements idéologiques car c’est dans ces moments particuliers que la nature humaine prend le dessus. Je suis captivé par les personnages qui font l’histoire et plus particulièrement la Révolution française et l’Empire, très riches en documentation. Deux périodes pendant lesquelles la France a rayonné dans le monde entier, où le caractère français s’est affirmé. C’est le meilleur et le pire : une touche de génie et un côté autodestructeur ». En 2011, il achète une aile du Palais du roi de Rome à Rambouillet, construit par l’architecte Jacques-Jean Thévenin sur ordre de Louis XVI avant d’être pillé sous la Révolution puis reconstruit en 1810 par Napoléon pour son fils le roi de Rome, qui y fit un bref passage en 1815 lors de la fuite de Marie-Louise vers l’Autriche. Entre ces murs chargés d’histoire, il souhaite exposer son imposante collection et l’ouvrir au public. Le musée devrait voir le jour d’ici 2 ans. actifs pour avoir des liquidités et investir en Europe, notamment en Espagne et au Portugal », indique cet hyperactif, plus « libéré » que jamais. L’homme de presse Propriétaire du 11, rue Béranger via la Foncière Colbert Orco, Bruno Ledoux rentre dans le capital de la holding de tête du journal « Libération » en mars 2011, à hauteur de 26% du capital, à égalité avec Édouard de Rothschild. « Laurent Joffrin est un copain. Nous avons un ami commun, Patrick Franceschi, et une même passion : l’histoire. Un jour, il m’a demandé d’entrer dans le capital de « Libération »... et j’ai dit oui ». Le quotidien a grandement besoin d’être recapitalisé. Bruno Ledoux y injecte alors 7,5 M €. Seulement le quotidien, lancé en 1973 sous la direction de Jean-Paul Sartre, n’atteint pas les résultats espérés. Malgré trois années profitables, fin 2013, « Libération », en endettement de 6 M € et des ventes en chute de 15%, est au bord du dépôt de bilan. Une nouvelle recapitalisation s’impose, estimée à 18 M €. « « Libération » est à l’image de la France. Tout semble possible grâce au génie des journalistes mais, en même temps, ce génie est gâché par un conservatisme de blocages idéologiques. Le problème de « Libération » est qu’il n’y a pas de projet, pas de management, au sens où je l’entends, et pas de capacité financière. Il faut donc fixer un cap, ce que j’ai fait. Aujourd’hui, l’objectif est de trouver « Quand on est jeune, il ne faut pas avoir de plan de carrière, mais oser entreprendre et ne pas avoir peur des échecs ».comment nous pouvons ensemble aller dans la même direction et faire avancer les choses. Pour le moment, je m’occupe de la restructuration financière. François Moulias est impliqué dans la gestion. L’important est de distinguer l’entreprise du journal, faire en sorte de disposer d’une surface financière, et trouver un véritable management. Il faut en effet un responsable de l’entreprise, qui ait l’expérience entrepreneuriale, et un responsable du journal, qui fixe la ligne éditoriale. Ce sont deux métiers différents, trop souvent confondus dans le passé et dans la presse en général. À « Libé », cela crée toujours une grande confusion », explique Bruno Ledoux face à la levée de boucliers des journalistes du quotidien, en conflit avec le duo qu’ils n’estiment pas « crédible ». Pourtant, Bruno Ledoux a déjà apporté 4 M € sous forme de prêt, « de quoi redresser la barre jusque mi-juin et payer les échéances urgentes », notamment les salaires. Il est à ce jour le seul à avoir injecté du capital. Pour poursuivre la recapitalisation à hauteur de 14 M €, l’investisseur envisage de mettre dans la corbeille l’immeuble du 11, rue Béranger, estimé à 30 M €. Un investissement de poids. Autre solution : ouvrir le capital à d’autres, tels Patrick Drahi, le fondateur d’Altice. On ne prête qu’aux riches ! D. Renardet• Entreprendre 27



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