Entreprendre n°130 février 1999
Entreprendre n°130 février 1999
  • Prix facial : 19,50 F

  • Parution : n°130 de février 1999

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (205 x 275) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 111 Mo

  • Dans ce numéro : le golden boy de l'informatique française, Yacoov Gorsd, patron de Cibox.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 48 - 49  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
48 49
U).. =• 5 oa = E 0 0 u UN ENTREPRENEUR À LA UNE Legolden de 1 informatique c r d CIB X• L 1 En quatre ans, Yaacov Gorsd a su imposer sa jeune entreprise Cibox LC/dans le monde de l'informatique. Étonnant, quand on sait qu'il n'a que 27 ans. Parcours d'un homme atypique dans le monde des entrepreneurs. Il Je suis un passionné d'affaires", clame Yaacov Gorsd. Le message est clair, ce sont les chiffres qui le font vibrer. Son entrée dans le monde de l'informatique, il la décrie presque comme un hasard, un heureux concours de circonstances. "J'ai eu une double chance : celle de démarrer au bon moment sur un bon marché, et celle d'avoir rencontré un homme qui m'a mis le pied à l'étrier". Le goût pour l'outil informatique est venu ensuite, avec le développement de l'affaire. Avec toujours une marque de reconnaissance pour ceux qui l'ont soutenu. "L'un des premiers à accepter d'investir dans notre entreprise fut Dominique Louis, président d'Entreprises en Croissance, à hauteur de 7 millions de francs". Entre temps donc, Yaacov Gorsd avait réfléchi à une véritable stratégie pour l'entreprise. Première étape, faire évoluer la structure : LCI, grossiste de pièces détachées, devient donc en 1995 Ci box, concepteur et distributeur de produits portant sa propre marque. "Nous n'avons pas voulu créer des produits à la marque de nos distributeurs, cela implique trop de risques, celui de voir un jour sa commande réduite si ce n'est arrêtée", ex- 48 plique Yaacov Gorsd. Deuxième étape, trouver le bon créneau de distribution. "Nous avons décidé dès le départ de proposer des produits grands publics, dès lors il fallait vendre chez ceux qui touchent directement cette cible, c'est-à-dire la grande distribution", continue-t-il. Et là aussi les rencontres prennent toutes leurs importances. Deux hommes feront en effet rapidement confiance à la jeune marque, Jean Khairallah et Bernard Layous de Auchan et Olivier Medam de Conforama. Suivront d'autres grandes enseignes telles que But, Continent, Surcouf mais aussi les filiales de PPR la Fnac et le BHV - Serge Weinberg a permis à notre homme de rencontrer en 19981a famille Pinault. Une fois le réseau de distribution construit, encore faut-il séduire le consommateur, l'objectif étant de créer une demande par rapport à notre produit. "Nous vendons des produits de JO à 20% moins chers que nos concurrents". Explication : "nous ne supportons pas les mêmes frais de structure et ne pratiquons pas les mêmes marges tant à notre niveau qu'à celui du distributeur - autour de 5% contre 15% chez les grandes marques - ". Et le tour est joué. Aujourd'hui Cibox-LCI détient plus de 15% des parts de marché en grande distribution et 5,5% sur le marché français. L'entreprise ne se veut pas pour autant franco-française. Forte de l'appui de ses distributeurs, elle part aujourd'hui à la conquête de l'international. "Certains marchés ne demandent qu'à être investis, c'est notamment le cas de l'Espagne", précise Yaacov Gorsd. Se sent-on pour autant marginal quand on est à la tête d'une entreprise enregistrant un chiffre d'affaires de 850 millions de francs pour un résultat de 22 millions, et qui figure à taille propm1ionnelle parmi les plus dynamqies en terme de politique d'embauche ? "Je'ne recherche aucunement l'originalité, nwn seul souhait est de faire toujours mieux". Et ses projets pour 1999 ? "Nous allons lancer un nouveau "provider", l'idée étant d'offrir un accès internet à chacun, donc simplifié au maximum. Une sorte de Clio d'internet ! ". On l'attend avec impatience... ENTREPRENDRE - FEVRI ER 1999
Jeune, quel était votre rêve ? • Je voulais être pilote de chasse. C'est un monde assez proche de celui del'entreprise ? • Dans une certaine mes ure. Il faut savoir piloter et chasser des affaires. Un bon pilote de chasse doit savoir aller vite, piquer pour mieux remonter, et éviter les missiles en cas d'attaque. Toutes ces qualités doivent se retrouver chez un bon entrepreneur. Vous voulez dire que votre entreprise est confrontée à ces différents cas de figure ? • Nous rencontrons actuellement les "pro Cibox" et les "anti Ci box". Certains sont admiratifs du développement de 1'entreprise, d'autres marquent une attitude plus négative à notre égard. Combien de fois s'entend-on dire que c'est un concours de circonstances, qu'un autre aurait pu faire aussi bien, qu'on est parti sur le bon marché au bon moment. Il faut arrêter de minimiser la réussite des autres. Votre type de parcours est mieux perçu aux Etats-Unis ? • La progression de notre chiffre d'affaires - près de 40% par an - s'explique d'abord par un marché à fo1te progression. Ce chiffre es t par aill eurs fondé sur des bases réelles, puisque nous travaillons avec des cli ents qui achètent "nos" produits. Au x Etats-Uni s des entrepri ses qui connai ssent ce genre de croissance sont plus fréquentes. A la différence près qu'on leur app01te plus de crédit et qu'elles sont plus valorisées. Vous raisonnez mondial ? • Nous raisonnons déjà européen. Avec l'informatique et l'essor d'Internet, il faut raisonner mondial. Aujourd'hui, toutes les nouvelles technologies arrivent des Etats-Unis, d'ailleurs à 90%, tout vient de ce pays. Vous pensiez vous développer aussi vite ? • Je suis surpris par la vitesse à laquelle nous sommes partis. En même temps, je suis un peu déçu par le manque de suivi. Les gens restent toujours sceptiques et perdent trop de temps à se demander si c'est possible. D'un côté, je n'aurais pas espéré une ENTREPRENDRE - FEVRIER 1999 telle réussite et d'un autre, je regrette que nous ne soyons pas valori sé à notre juste va leur. Conva incre ses partenaires financiers reste difficile, trouver des fond s aussi... Tout res te trop compliqué. Aux Etats- Uni s le souci des entrepreneurs n'est pas de trouver des capitaux mais de développer leur marché. Mon souci permanent et quotidien est celui du "petit entrepreneur français" qui reste rivé sur l'état de ses comptes en banque. Je ne devrais me préoccuper que de mon ex ­ pansion à l'étranger. Au regard de ce qui se passe aux Etats-Unis et dans le res te du monde, nous avons les capacités de nous développer davantage et d'aller plus vite. Donc paradoxalement, le plus difficile reste à faire... C'est dû au secteur ? • C'est un ensemble. La rapidité ma gne et 4% en An gleterre. C'est une ques tion de mentalité. Si la France ava it véritablement compris l'enjeu d'Internet, stratégiquement elle n'aurait pas laissé "fil er" une telle avancée technologique. Surtout quand on se dit la qu atri ème pui ssance du monde ! Toutes les nouv ell es technologies et la plupart des métiers créés dans les prochaines années proviendront d'Jnternet. Si la France ne réagit pas, elle va connaître la même situation que pour l'informatique, avec un marché dominé par les entreprises américaines. Quelles seraient les mesures à prendre ? • Les jeunes entreprises sont trop freinées. Si elles veulent gagner de l'argent, elles doivent être capitalisées ; mais si elles arrivent à gagner cet argent, l'Etat en prélève près de 50%. C'est un cercle 11 Pour réussir, les entreprises doivent se montrer hyperréactive." de la croissance fait peur à tout le monde. Mon âge - j'ai 27 ansétonne souvent. On m'interroge sur ma politique de management. Mais il faut bien comprendre que l'entreprise ne tient pas sur une seule personne. On ne peut pas tout faire en même temps, monter l'entreprise, recruter les bons éléments... Je place petit à petit des homm es à des points stratégiques. J'ai recruté l'année passée un directeur fin ancier, un directeur commercial. À écouter certains, il faudrait que Cibox se contente de 20% de croissance alors que des géants tels que Dell enregistrent 50%. Tout va trop vite ? • Paradoxalement la France accuse encore un léger retard pour l'Internet- avec l'Italie et l'Espagne. Depuis l'année dernière, les choses commencent à évoluer. Environ 2% des foyers français sont équipés, contre plus de 20% en Finlande, 8% en Allevicieux. Si la France veut être compétitive, elle va devoir revoir sa fi scalité, du moins pour les start-up. C'est le premier point. Seconde mesure, il faut valoriser l'embauche de personnes compétentes. Enfin, il dev rait exi ster des fonds prêts à investir massi­ vement dans la high-tech. Pour qu'une entrepri se dans ce domaine soit viable, elle doit avoir une capitalisation à la hauteur de ses ambitions. Combien de fonds avez-vous levé depuis votre introduction en bourse ? • 40 millions de francs, pour un chiffre d'affaires proche de 1 milliard de francs. C'est peu, et ce d'autant plus que cette somme correspond aux impôts que nous avons payés depuis notre création. Nous réfléchissons actuellement à notre transfert de l'OTC au marché réglementé. Ce qui nou s permettrait de lever des fond s à hauteur de 100 millions de francs. C'est nécessaire pour notre développement à l'étranger, et notamment pour l'Espagne qui ne connaît pas encore notre système de factoring. La bourse reste trop souvent considérée comme un ennemi qui va à l'encontre de l'emploi ? • Regardez les employés qui critiquent l'introduction en bourse de leur entreprise, je pense notamment à France Télécom, aujourd'hui il s s'en frottent les mains. On entend encore trop souvent dire que quand la bourse perd de l'argent, des millions "partent en fumée". Une idée fausse ! Les plus values montent, descendent, mai s t el a res te de l'ordre du th éo rique. Tant que vous n'avez pas vendu, vous n'avez ni gag né ni perdu. Tant que de tels messages seront véhiculés, la bourse ne pourra pas fonctionner. Or elle est créatrice de ri chesses pour un pays, et toute richesse est créatrice d'empl oi. La croissance d'un pays co mme les Etats-Unis est tirée par les plus-values boursières enregistrées par les particuliers. Ce raisonnement vaut aussi pour les stock-options, qui souffrent encore d'une mauvaise réputation. Il s constituent un formidable outil de moti vation pour les employés tout en permettant à une jeune entreprise qui n'a pas nécessairement les moyens de bien payer ses salariés, de garder ses bons éléments. Quand une entreprise démane, elle doit s'attirer le maximum de matière grise pour un minimum de sal aire, le seul moyen est donc de partager avec eux le fruit du capital. Les jeunes entreprises ne sont donc pas suffisamment aidées ? • Je le répète, il faut alléger la fiscalité et soutenir l'embauche. Heureusement le capital-risque commence à se développer en France. L'un des premiers fut Dominique Louis - président d'Entreprises en Croissance -, et c'est grâce à lui si nous sommes là aujourd'hui. Il a accepté d'investir dans notre entreprise à hauteur de 7 millions de francs. Pour revenir à votre parcours, comment êtes-vous devenu entrepreneur ? • Je ne le suis pas devenu. J'ai monté une affaire et elle a fonc tionné. C'est tout. Mais cette idée de vous lancer 49



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 1Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 2-3Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 4-5Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 6-7Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 8-9Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 10-11Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 12-13Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 14-15Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 16-17Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 18-19Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 20-21Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 22-23Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 24-25Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 26-27Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 28-29Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 30-31Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 32-33Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 34-35Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 36-37Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 38-39Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 40-41Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 42-43Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 44-45Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 46-47Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 48-49Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 50-51Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 52-53Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 54-55Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 56-57Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 58-59Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 60-61Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 62-63Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 64-65Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 66-67Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 68-69Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 70-71Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 72-73Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 74-75Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 76-77Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 78-79Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 80-81Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 82-83Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 84-85Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 86-87Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 88-89Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 90-91Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 92-93Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 94-95Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 96-97Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 98-99Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 100-101Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 102-103Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 104-105Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 106-107Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 108-109Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 110-111Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 112-113Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 114-115Entreprendre numéro 130 février 1999 Page 116