Entreprendre Commerce n°4 déc/jan/fév 2009
Entreprendre Commerce n°4 déc/jan/fév 2009
  • Prix facial : 6,95 €

  • Parution : n°4 de déc/jan/fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 69,9 Mo

  • Dans ce numéro : ces magasins qui prospèrent avec la crise.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Argent CESSATION Si la liquidation est souhaitée, il faut également donner les éléments qui établissent que l'entreprise a cessé son activité ou que son redressement est impossible. Il faut ensuite dater, signer et certifier sincères et véritables les documents. Autant dire que le comptable est celui qui peut le mieux vous aider pour cette étape. Jugement d'ouverture et liquidation Dépôt de bilan signifie ensuite jugement d'ouverture quelques semaines après le dépôt de bilan. Ensuite peut être signifiée la liquidation qui signifie que la société disparaît avec l'intervention d'un mandataire liquidateur, soit un redressement judiciaire intervient et dans ce cas, l'entreprise sera mise en période d'observation pour 4 mois renouvelables une fois (pour les entreprises de mois de 50 salariés et dont le CA est de moins de 3 millions d'euros). Dans ce cas, l'entreprise continue évidemment à exister jusqu'à la fin de la période de l'observation et peut éventuellement repartir. Il est possible de se prémunir de ce risque, soit en souscrivant une assurance crédit via un contrat d'affacturage, soit une caution pour gérer le risque financier. Ces solutions sont valables si le dépôt de bilan provient bien d'un problème de créances impayées et non pas d'un problème structurel. Qu'en est il de l'après dépôt pour le dirigeant ? Tout dépend évidemment des circonstances du dépôt de bilan et de la responsabilité réelle et ressentie du dirigeant. On peut en tous les cas se féliciter du fait que cette mauvaise passe n'est plus considérée comme un sujet tabou. On voit d'ailleurs de nombreux créateurs d'entreprise ayant subi cette épreuve repartir dans l'entrepreneuriat. Une chose est certaine dans ce cas comme dans d'autres, les épreuves 56 sont formatrices et, normalement, le dirigeant intelligent est parfaitement capable d'analyser les raisons de son échec et de les éviter ensuite. Il ne faut cependant pas minimiser l'importance de la faillite, et ses conséquences financières et psychologiques. Surtout si l'entreprise dispose d'un personnel relativement important qu'il faut licencier. Dans ce cas, la rancune peut être tenace. Il arrive couramment que des lettres calomnieuses soient envoyées, mieux vaut donc avoir un bon mental et ne pas être trop entamé au niveau du moral. Sans vouloir être catastrophiste, des petits chefs d'entreprise en viennent à la dépression et parfois au suicide suite à cette épreuve mal acceptée et ressentie comme un drame. Or, entreprendre c'est prendre des risques, notamment le risque de subir un échec. Entreprendre, c'est prendre des risques Prenons donc un peu de graine des mentalités anglo-saxonnes sur ce point. Chez les Anglais et les Américains, un échec est considéré comme enrichissant, car la personne a prouvé qu'elle avait acquis de l'expérience, tout en réussissant à surmonter ce passage difficile. Ainsi, un manager aussi connu que Bill Le comptable est celui qui peut le mieux vous aider pour cette étape. Gates n'a pas hésité à embaucher des managers ayant subi des faillites en disant (Une entreprise a besoin de gens qui ont commis des erreurs et qui en ont tiré le maximum de leçons ». Les raisons d'une faillite sont nombreuses : dépendance exagérée sur un ou deux clients qui vous abandonnent, des marges en baisse et le refus de voir la réalité en face, une législation nouvelle qui vient perturber la donne, une trésorerie fragile qui ne supporte pas le moindre aléa... La plupart du temps, il y a un mélange entre circonstances totalement externes et responsabilité du dirigeant, qui ne peut jamais dire qu'il n'y est pour rien. Un cap difficile, mais à surmonter Après le dépôt de bilan et la fermeture de la société peuvent suivre des moments difficiles pour le dirigeant. > Analyser les causes Après une phase de deuil, pourraiton dire, et de difficultés à admettre l'échec, il faut procéder à une analyse à froid du problème. Savoir procéder à son autocritique fait partie du processus qui permet ensuite de repartir d'un meilleur pied sur une nouvelle phase professionnelle. Pour certains, il est évidemment essentiel d'être soutenu par sa famille pour ne pas se laisser aller à la dépression. Si cela est possible, il est important de pouvoir être mis en relation avec des personnes ayant subi les mêmes problèmes ou lire sur le sujet, pour être à même de relativiser. Après tout, qui ne risque rien n'a rien ! Et ne laissez pas ceux qui ne se sont jamais lancés venir vous donner des leçons ! Personne n'est plus à même que vous de critiquer de façon constructive. > Les problèmes de caution personnelle Pour le dirigeant, le plus gros souci est lorsqu'il s'est porté caution personnelle en garantie de crédits bancaires ou lorsque le tribunal l'a condamné lors du jugement en liquidation suite à des fautes de gestion. Ce sont alors ses biens propres qui sont mis en cause pour payer tout ou partie du passif. Le dirigeant peut alors se retrouver ruiné, et même son avenir peut être mis en cause, avec des remboursements à venir sur les revenus des années qui suivent. On peut avoir ainsi mis en péril des années d'épargne qui seront difficiles à reconstituer. > Quid de la cotation bancaire Cependant la difficulté vient de la cotation bancaire. De quoi s'agitil Il faut savoir que la Banque de
Ar• ent CESSATION Entreprendre c'est prendre des risques, notamment le risque de subir un échec. France donne des cotations aux chefs d'entreprise. Il existe quatre notes : La cotation 0 : pour une fois avoir un zéro pointé est une bonne nouvelle. Cela signifie qu'aucune mention défavorable n'est faite sur votre dossier. La cotation 4 : elle est donnée automatiquement à un dirigeant dont la société a subi une liquidation judiciaire. Elle est attribuée pour une durée de cinq ans. Le dépôt de bilan se soldant quasiment toujours par une liquidation, cette cotation est un véritable handicap La cotation 5 : cela signifie que Important à savoir ! Un point cependant, le fait d'avoir été condamné à rembourser des dettes n'empêche pas d'avoir le droit de recréer une entreprise. le dirigeant a soit été condamné à rembourser tout ou partie des dettes de la société, soit qu'il est en cause dans la liquidation de deux sociétés différentes. la durée en est également de cinq ans La cotation 6 : la plus mauvaise cotation concerne les personnes ayant fait l'objet à titre personnel de sanctions judiciaires (faillite personnel et/ou interdiction de gérer, ou qui ont été les responsables légaux de trois sociétés mises en liquidation. La durée dépend du jugement du tribunal. Cas d'école : Que faire si vous avez une cotation 4 ou 5 et ne souhaitez pas attendre les cinq années ? • Si la cotation est de 0, pas de souci pour recréer une société, par contre recréer avec une cotation 6 est impossible.• Lorsque l'on côté en 4 ou 5, il est possible en théorie de recréer une entreprise, par contre le problème viendra des banques. Avec une cotation de ce type, la banque peut refuser d'ouvrir un compte professionnel et refusera évidemment tout crédit. Dans ces caslà, l'entrepreneur doit forcément attendre que la mention soit levée, soit cinq ans minimum. Il s'agit évidemment d'une conséquence grave pour le dirigeant. Etant donné les mille précautions que prennent les banques au moindre problème et sans vraiment prendre en compte votre cas, mieux vaut être très vigilant. Difficile de s'attirer la confiance des banquiers. A priori, les risques sont acceptés dans leurs investissements en bourse, mais aucun n'est pris visà-vis des professionnels qui doivent se porter caution pour quasiment tout. Il est possible de se battre d'autant que la Banque de France n'étudie aucunement les dossiers. Il s'agit d'une mention apposée sans état d'âme. Ces cotations recouvrent donc des situations radicalement différentes entre des liquidations « propres » et dues en grande partie à des facteurs externes, et d'autres qui mettent plus en cause la capacité de gestion du dirigeant. Pas de sentiment donc à attendre de la banque de France, qui met tout le monde dans le même panier. Les chargés de comptes professionnels d'agences bancaires adoptent ensuite une attitude identique : mauvaise cotation = refus. Il est cependant possible de se battre. Comment ? Il peut arriver que votre ancien chargé d'affaires ait vraiment suivi ce qui vous arrivait et ait gardé confiance en vous. Dans ce cas, il peut exposer votre cas à la direction pour essayer de le convaincre de la possibilité de rouvrir un compte. Très rare évidemment, mais possible. Les banquiers sont des professionnels comme les autres, certains ont plus la fibre de l'entreprise que d'autres, et peuvent être ouverts à vos arguments et surtout aux docu- ments que vous pouvez soumettre concernant le dépôt de bilan. Il faut évidemment être très clairs sur les motifs qui ont rendu cette situation possible et être le plus précis possible. Certaines agences bancaires acceptent donc de revoir leur position et ouvrent le compte désiré. Vous serez particulièrement surveillé, évidemment, mais rien de plus. Repartir du bon pied On peut dire que le dépôt de bilan est source d'enseignements pour le dirigeant. Lorsque l'on repart sur une autre aventure, on est donc généralement plus expérimenté, plus prudent et plus à même de diriger correctement. Le fait d'avoir analysé les causes de la faillite permettent de faire une meilleure étude de marché, de mettre sur pied des tableaux de bord plus performants, des plans de trésorerie mettant en lumière les moments difficiles à venir et pouvoir les anticiper. C'est aussi la possibilité d'acquérir un meilleur sens des responsabilités. Les chiffres qui sont présents sur les comptes manquent parfois de réalisme et nous vivons dans un monde où le virtuel prend parfois le pas sur le réel. Mieux vaut retomber sur terre lorsque l'on est dirigeant de TPE ou PME. La réalité vous rattrape toujours. Un point positif à ce type d'échec du moins si l'on dispose de la force nécessaire à le supporter : on sait alors parfaitement sur qui l'on peut compter et certaines surprises sont parfois à la clé, en bien et en mal. Et surtout, lorsque l'on est en plein coeur de la crise, il ne faut pas oublier que l'on a l'impression que tout va s'arrêter, que c'est « fichu ». En fait pas du tout, vous pourrez repartir sur une nouvelle aventure quelques mois plus tard. « Ce qui ne vous abat pas vous rend plus fort », inscrivez-le en gros sur votre bureau ! ■ 57



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