Entreprendre Aujourd'hui n°169 jui/aoû 2015
Entreprendre Aujourd'hui n°169 jui/aoû 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°169 de jui/aoû 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : Batifer est Lauréat économique 2015 Luxembourg belge.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ESPACE ENTREPRISES I RENCONTRE 8 - Entreprendre aujourd’hui N°169 - juillet/août 2015 Entreprendre  : Étonnante histoire que celle de Varodem ! Comme quoi, la vie réserve parfois de curieux itinéraires… Marc Valenne  : Je ne vous le fais pas dire… Allez un peu comprendre tout cela ! Sauf qu’au fond le hasard - ou la vie entrepreneuriale - a ses logiques qui échappent à toute logique. C’est peutêtre ça la leçon ! En cherchant dernièrement l’acte fondateur de l’entreprise, ici, à Saint-Léger, je suis tombé sur un procès-verbal d’une séance du conseil communal du 26 juillet 1965 où il est dit que les deux entrepreneurs qui ont fondé Varodem - contraction de VARice et d’OeDEMe - désiraient simplement un endroit idéal où implanter leur fabrique. Entreprendre  : Ce qui était le cas ? Marc Valenne  : On peut le supposer puisque deux options leur avaient été présentées par l’organe qui, à l’époque, jouait le rôle de l’Awex. Ces deux positionnements étaient Bruxelles et Saint- Léger. 4411e 1111.1110111 Entreprendre  : Et ils ont choisi de venir ici ! Marc Valenne  : Oui, ils estimaient être davantage au cœur de l’Europe ici, dans le sud du pays, ça ne s’invente pas… Mais vous savez, où que soient situées les entreprises en Europe, elles se disent souvent être au cœur de l’Europe ! Richard Pierret, de la Société luxembourgeoise d’Etudes et d’Expansion Economiques (qui deviendra plus tard IDELUX), leur a donc présenté le site de Conchibois, à Saint-Léger. Ils y ont trouvé ce qu’ils cherchaient pour lancer leur activité, à savoir ce qu’ils appelaient à l’époque une production de bas élastiques. Vous connaissez la suite… Entreprendre  : La suite, c’est l’étonnante aventure qui va émailler la vie de cette entreprise… Et dire que le document communal fait mention du besoin de s’informer quant aux possibilités techniques et financières des porteurs du projet ! Marc Valenne  : A posteriori, on se dit en effet qu’il n’y avait sans doute pas lieu de s’inquiéter mais, à ce moment-là, le pari est tout de même assez osé, me semble-t-il. D’ailleurs, la stratégie d’expansion qui avait été rêvée à l’époque n’a jamais marché. Entreprendre  : Retour donc, deux ans plus tard, sur le marché hollandais que nos deux patrons connaissent parfaitement. Et là, c’est le succès… Marc Valenne  : Exact, les ventes s’envolent. Il faut dire que le bas de contention, aux Pays-Bas, c’est une sorte d’institution. Ce dispositif médical est non seulement remboursé, mais le corps médical y est attaché. Très vite, les produits Varodem se positionnent alors dans le peloton de tête du secteur, l’entreprise faisant montre d’un savoir-faire certain et d’une qualité sans faille. J r r
Entreprendre  : Avec des retombées sur l’emploi, évidemment… Marc Valenne  : Oui, d’emblée. Il faut dire que le process exige alors la dextérité des tricoteuses qui réalisent chaque pièce sur mesure sur leur machine individuelle. On a compté jusqu’à 26 machines dans nos ateliers, et donc 26 tricoteuses qui s’affairaient à la réalisation de chaque commande encodée. Un bas nécessitait 20 minutes de travail, soit près de ¾ d’heure pour une paire. Entreprendre  : Ça donnait des délais terribles… Marc Valenne  : Deux à trois mois ! Des délais énormes et intenables aujourd’hui sur des marchés aussi concurrentiels qu’ils le sont mais, à l’époque, c’était la norme pour tout le monde… Entreprendre  : Parlez-nous des évolutions notoires de Varodem… Marc Valenne  : Sur cinquante ans, vous imaginez bien qu’il y en a eu beaucoup. Je retiendrai d’abord le déménagement de Conchibois, le site historique, vers l’implantation où nous nous trouvons toujours. C’était en 1980. 1995, aussi, lorsque les fondateurs historiques revendent Varodem au groupe allemand JUZO, une cession réussie qui a stabilisé notre PME au sein d’une grosse structure qui fait le même métier que nous et qui emploie 500 personnes en Bavière et plus de 800 dans le monde. 2002 encore, avec l’acquisition des premières machines automatiques de tricotage qui nous ont permis de réduire considérablement les délais sans sacrifier, jamais, à la qualité de nos produits et à l’emploi… Entreprendre  : Le rachat par JUZO, en 95-96, a fait planer des doutes quant à la survie de l’outil. C’était infondé… Marc Valenne  : Je le pense sincèrement… L’intégration de Varodem au sein de JUZO n’a jamais posé le moindre problème. Que du contraire, l’entreprise s’est consolidée. Et les investissements se sont poursuivis. Le groupe a en fait racheté notre savoir-faire - le tricotage de bas de compression avec du fil de gomme (fil de caoutchouc naturel) -, notre carnet d’adresses et notre nom. Mais nous sommes restés indépendants dans la gestion courante de notre business. Entreprendre  : Vos produits continuent à évoluer ? Marc Valenne  : Bien sûr ! Nous développons sans cesse le produit lui-même. Nous intégrons de nouvelles textures, de nouveaux design, de nouvelles technologies, notamment les bas à capteurs imaginés en collaboration avec une spin-off de l’ULB, la société NOHO. Ils intègrent capteurs de chaleur et/ou de compression. Toutes ces informations étant directement envoyées par Bluetooth vers le smartphone du patient. Entreprendre  : Au fond, les bas médicaux s’adressent à quel type de patientèle ? Marc Valenne  : D’une part aux personnes souffrant de pathologies d’origine circulatoire, qui peuvent être bénignes ou très lourdes, par exemple des problèmes de retour veineux et, d’autre part, à des personnes sujettes à des maladies handicapantes comme le lymphœdème, le lipoedème, ou tout autre trouble de circulation de la lymphe. Entreprendre  : La compression qu’exercent vos bas, contrôlée et adaptée au(x) membre(x) qui fonctionne(nt) mal, permet au sang de mieux circuler dans le système veineux… Marc Valenne  : En gros, c’est ça. Sans entrer dans une approche trop médicale, je dirais que le bas de compression est un dispositif médical qui permet d’aider les clapets déficients de nos veines à remonter le sang de nos membres inférieurs vers le cœur. ESPACE ENTREPRISES I RENCONTRE Entreprendre  : Et on vend beaucoup de ces fameux bas ? Marc Valenne  : Varodem en vend de l’ordre de 38.000 paires par an. Or, fautil le dire, nous ne sommes pas seuls sur ce marché. Oui, il se vend beaucoup de bas médicaux. Des études sérieuses estiment qu’un Européen sur deux souffre de problèmes aux membres inférieurs qui entravent sa mobilité jusqu’à le handicaper dans les affections les plus graves. Entreprendre  : Et ces troubles vasculaires se soignent avec de simples bas ? Marc Valenne  : N’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas dit. Les bas médicaux sont un adjuvant qui soulage les individus souffrant de troubles vasculaires. Mais, évidemment, ils ne soignent pas. Par contre, le port de bas de contention aide à mieux appréhender les conséquences des dérèglements de la circulation, qui se manifestent déjà dans les cas les plus légers par des chevilles enflées en fin de journée, premiers signes de rétention d’eau. Entreprendre  : C’est le fameux phénomène des jambes lourdes qui nous pousse à toujours moins bouger… Marc Valenne  : L’erreur fatale, bien sûr. D’où l’action de nos bas, sur mesure ou en confection, pour prendre le problème à bras-le-corps. En un mot comme en cent, la principale fonction du bas médical est l’exercice d’une pression correcte sur les vaisseaux sanguins et les tissus, avec ce que nous appelons la compression décroissante de bas en haut, favorisant une meilleure circulation du sang. Entreprendre  : Il y a quatre classes de compression… Marc Valenne  : Oui, la première étant tellement faible que nous ne la produisons pas. Nous sommes exclusivement Entreprendre aujourd’hui N°169 - juillet/août 2015 - 9



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