Entreprendre Aujourd'hui n°161 septembre 2014
Entreprendre Aujourd'hui n°161 septembre 2014
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°161 de septembre 2014

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 8,9 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Pierre Gobron, brasseur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ESPACE ENTREPRISES I ITINÉRAIRE des marbriers pour s’assurer d’une philosophie commune quant au service. On a aussi décidé, à un moment donné, qu’en suppléant les services communaux, nous serions plus professionnels dans les tâches incombant jusque-là aux fossoyeurs… Petit à petit, on a donc pris en charge l’ensemble des démarches à faire lors d’un décès. Entreprendre  : Mais vous, début des années 2000, vous entendiez d’abord et avant tout développer la marbrerie… Philippe Dominicy  : Oui, c’était mon objectif… Comme je l’expliquais à l’instant, mes parents s’étaient associés à un marbrier, Cochinaire pour ne pas le citer, dans les années quatre-vingt, pour proposer un service parfait à nos clients. Le groupe en question, d’origine française, a souhaité passer la main fin des années nonante, je me suis positionné pour reprendre la succursale avec l’idée de booster d’autres marchés. Entreprendre  : Ce que vous avez fait dès 2001… Philippe Dominicy  : Je me suis d’abord attelé à développer l’activité funéraire de la marbrerie, sachant que j’étais alors aussi actif au sein de l’entreprise familiale… Entreprendre  : Et puis, un événement va à nouveau bousculer vos plans, c’est le décès de votre père. Philippe Dominicy  : Le décès de mon père, au-delà du caractère émotionnel strictement privé, va effectivement redistribuer certaines choses pour la famille. Maman ne souhaitant pas poursuivre seule, c’est moi qui vais reprendre l’entreprise, en 2005. Très pris par l’activité des pompes funèbres, je mets donc en veilleuse mes projets pour la marbrerie, à l’exception de la partie funéraire. 32 - Entreprendre aujourd’hui N°161 - septembre 2014 Entreprendre  : Vous vous investissez alors à temps plein, et c’est peu dire, dans le métier premier de la Maison Colles-Dominicy… Philippe Dominicy  : Oui, et je peux vous dire que ce n’est pas rien… Avec trois funérariums, les activités en amont et en aval des funérailles elles-mêmes et une boutique de fleurs en centre-ville, il y a de quoi passer des nuits sans sommeil. Et oui, car la politique de la maison ayant toujours été disponibilité et flexibilité, on m’appelle alors couramment de nuit… Entreprendre  : Et comme vous n’en avez jamais assez, pendant vos temps libres, vous réfléchissez à un nouveau projet… qui verra le jour quelques années plus tard, ici, rue de Diekirch. Un positionnement idéal, il faut le dire, à deux pas du cimetière d’Arlon ! Philippe Dominicy  : Plus d’un siècle d’expérience, même sur plusieurs générations, ça donne quand même une connaissance indéniable des choses… Le centre funéraire que nous avons décidé de construire n’est en l’espèce aucunement le fruit d’une quelconque utopie ou de la folie des grandeurs comme d’aucuns ont pu le croire. Il répond tout au contraire à un besoin de rassembler, en un seul lieu, l’ensemble de la prise en charge qu’attend notre clientèle. Entreprendre  : 2.400 m², vous avez pourtant vu grand… Philippe Dominicy  : Je l’ai cru à un moment aussi, mais le quotidien me prouve tous les jours que nous avons parfaitement dimensionné le projet pour répondre aux besoins des familles, que ce soit pendant ou après les funérailles, avec des salons ultramodernes bien sûr, des salles de traitement pour les corps, un espace multi-cultes, des salles de réception, un magasin… Entreprendre  : C’est ça le vrai professionnel, celui qui pense à tout ! Philippe Dominicy  : Le professionnel, c’est celui qui connaît suffisamment son job pour savoir quels investissements sont les plus judicieux. Je pense que sur le sujet nous ne nous sommes pas trompés. Nous sommes en outre, vous l’avez dit, bien placés, légèrement en dehors de la ville mais à deux pas quand même et, surtout, bien situés par rapport au cimetière. Le reste, croyez-moi, a été l’objet d’analyses, de visites, de recherches. Je voulais construire pour l’avenir… Entreprendre  : Et la marbrerie dans tout ça ? Philippe Dominicy  : La marbrerie n’a pas été, hélas, au centre de mes préoccupations pendant plusieurs années. Il faut faire des choix. On ne peut de toute façon être partout. On ne peut pas non plus courir tout le temps différents lièvres. Je me suis battu pour bâtir le centre funéraire… en même temps que je m’impliquais dans d’autres projets relevant de la stratégie partenariale dans le milieu des pompes funèbres aujourd’hui en proie à l’appétit de groupes étrangers qui ne nous font aucun cadeau. Entreprendre  : Vous avez aussi créé une société coopérative avec d’autres indépendants pour à la fois défendre vos intérêts et défendre votre approche du métier… Philippe Dominicy  : C’est tout à fait ça. Elle s’appelle Funeralys. Outre le fait de défendre nos intérêts, nous achetons aussi en groupe, nous nous formons ensemble, nous réfléchissons à plusieurs… C’est stratégique, en effet ! Entreprendre  : Parce que le secteur souffre… Philippe Dominicy  : Comme beaucoup d’autres, oui. C’est pour cela que nous multiplions les initiatives. Aujourd’hui, nous proposons nous aussi des services, comme la prévoyance décès, afin de soulager les familles, le moment venu, de l’impact financier non négligeable des funérailles. Entreprendre  : Bon, revenons-en à la marbrerie qui vient tout juste d’investir un nouveau hall sur le parc d’activités économiques de Weyler… Philippe Dominicy  : Notre discussion tombe à point nommé puisque l’inauguration de notre nouvel outil a eu lieu miseptembre. À nouveau, on s’est donné les moyens de nos ambitions. Avec dix ans de retard peut-être, mais au fond ce n’est pas plus mal puisque ça nous a permis
de structurer parfaitement les choses, y compris en termes d’objectifs, alors que la crise est entretemps passée par là. Entreprendre  : Entendons-nous bien  : l’investissement consenti vise non seulement à consolider le funéraire, mais également à développer d’autres marchés ? Philippe Dominicy  : C’est l’objectif, en effet, avec notamment le souhait d’être de plus en plus présents dans le secteur de la construction, avec les seuils, tablettes de fenêtres et autres plans de travail bien sûr, mais en visant aussi des chantiers plus spécifiques, et peut-être plus nobles encore, comme les escaliers, les cheminées, les margelles de piscine... Entreprendre  : Lors de votre inauguration, vous avez présenté un mobilier pierre et inox ultramoderne, développé en collaboration avec une PME voisine, Atelier Vachon-France. C’est une autre piste que vous souhaitez explorer ? Philippe Dominicy  : Cela fait en effet partie des possibilités qui existent pour mettre la pierre en valeur. Maintenant, ce qu’il faut surtout, c’est que les gens réapprennent la valeur de cette pierre. Qu’ils se réapproprient le matériau, jugé trop cher par les uns ou encore trop fragile, voire de piètre qualité par les autres. Je vous l’avais dit, j’ai dix idées le matin et dix le soir, souvent elles se contredisent mais quand c’est bon je fonce ! Entreprendre  : C’est ça votre défi… Philippe Dominicy  : C’est l’un de nos défis, je ne vous le cache pas. Nous disposons de vastes halls parfaitement agencés où travailler la pierre. Nous avons les machines qu’il faut pour mettre en œuvre la plupart des solutions. Nous avons surtout la compétence en maind’œuvre pour répondre aux demandes les plus variées et les plus originales, mais encore faut-il convaincre le client quant au produit lui-même. Entreprendre  : À vous entendre, la pierre n’est pas chère… Philippe Dominicy  : Chaque chose pour son prix, bien sûr, mais certains carrelages sont bien plus chers que la pierre naturelle. Or son rendu est unique, vous en conviendrez… Entreprendre  : Vous vendez aussi de la pierre asiatique ? Philippe Dominicy  : Oui, et sur le sujet, même si j’aime la pierre bleue du Hainaut ou celle des bords de l’Ourthe, voire la pierre de Bourgogne pour ne citer que les plus célèbres, qui sont hélas très chères, inutile de vous dire pourquoi, je pense qu’il y a aussi des pierres de qualité en Asie. Sauf que les revendeurs premiers prix ne distribuent, pour la plupart, que de la pierre asiatique de piètre qualité. Entreprendre  : Investir un million d’euros dans un tel projet, ce n’est pas une fois encore voir grand… trop grand ? Philippe Dominicy  : Pas le moins du monde… Pour l’heure, entre la marbrerie funéraire, la pose de colombarium et le creusement des fosses, les équipes de la marbrerie ne s’en sortent pas. Je pense qu’il fallait un outil pour oser (enfin) segmenter l’entreprise et envisager les nouveaux marchés. Entreprendre  : Vous venez encore d’engager deux personnes… Philippe Dominicy  : Oui, un tailleur de pierre et un marbrier. Je vous l’ai dit, il y a une demande… Et, par ailleurs, les recherches que je mène pour trouver de la pierre de qualité en Asie m’ont aussi permis d’identifier une autre niche, à savoir l’import-export. Nous vendons du coup de la pierre telle quelle ou travaillée. Entreprendre  : Vous n’arrêtez décidément jamais… Philippe Dominicy  : C’est ce que ma femme me dit souvent. Entre mes projets, mes investissements, mes charges professionnelles et le téléphone qui sonne jour et nuit, les journées se poursuivent souvent tard, très tard. Entreprendre  : L’exemple de vos parents n’y est probablement pas pour rien… Philippe Dominicy  : Non, c’est vrai… Mais qu’est-ce que c’est grisant d’entreprendre, d’avoir des idées, de concrétiser des projets… On évolue, on se développe. Comme vous me voyez là, je pense déjà à l’éventualité de construire un showroom révolutionnaire et original pour la marbrerie… Je vous l’avais dit, j’ai dix idées le matin et dix le soir, souvent elles se contredisent mais quand c’est bon je fonce ! MDA Stone SA Avenue de Diekirch, 187 Tél.  : 063 22 38 53 www.marbrerie.be Propos recueillis par Christophe Hay Photos jean-Louis Brocart Entreprendre aujourd’hui N°161 - septembre 2014 - 33



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