Entreprendre Aujourd'hui n°149 avril 2013
Entreprendre Aujourd'hui n°149 avril 2013
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°149 de avril 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : Rencontre avec François Ghigny, Green Europe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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utile & agréable Réagir en cas d’agression n’est pas simple Et si la meilleure défense, c’était… la prévention ! En Belgique, comme partout ailleurs, c’est un fait avéré, les agressions sont une réalité qui a, depuis belle lurette, quitté les centres urbains pour se répandre où quelque menu fretin peut attiser les convoitises. Les plus candides d’entre nous n’entrevoient pas nécessairement qu’ils suscitent de l’envie, mais toujours est-il que la réussite, voire un peu de lustre, stimule l’imagination d’individus aux intentions peu recommandables. Connaissez-vous les gestes qui sauvent, ou les attitudes à adopter dans les murs de votre entreprise, en descendant de votre véhicule ou vous rendant à un rendezvous ? Allez, jetez un œil sur les conseils de spécialistes. Pour réagir à bon escient et sans vous mettre (plus) en danger… Prévenir Gommez déjà, une bonne fois pour toutes, les a priori maintes fois ressassés de toutes parts. Non, il n’y a pas que les bijoutiers et les hommes d’affaires en grosses cylindrées luxueuses qui intéressent les malfrats ! Savez-vous ainsi que de nos jours beaucoup d’agressions touchent les livreurs, les commis ou autres « petits » patrons rarement aux aguets ? Et que le car-jacking concerne plus souvent des marques classiques de cylindrées banales, même si la belle sportive décapotable n’est pas sans attirer le regard, bien entendu. Alors oui, le cas du nanti séquestré et braqué existe. Nous en avons connu, y compris jusqu’au cœur de notre province soi-disant épargnée. 40 - Entreprendre Aujourd’hui N°149 - avril 2013 Ne dit-on pas, avec un brin de détachement, que chat échaudé craint l’eau froide ? Faut-il donc attendre d’avoir été agressé pour commencer à réfléchir sur la prévention des agressions, voire même sur le meilleur comportement à adopter pour éviter toute tentative ? La question nous a été posée, peut-être n’en fallait-il pas plus pour qu’un scénario farfelu nous hante… Mais le commercial et le chauffeur sont, croyez-nous, bien plus en danger qu’ils ne le pensent. Et vous, qui travaillez tard le soir, dans un bureau isolé, au sein d’un entrepôt lugubre ou dans un atelier éloigné, vous risquez peut-être plus que vous ne le pensez. Certes, il y a les alarmes, les fameuses mesures de sécurité réfléchies mais jamais mises en œuvre, les armes planquées dans un tiroir, les « en cas de problème, ma batte de base-ball n’est pas loin », mais le principal n’est pas là, pas là du tout. En fait, non seulement vous n’êtes jamais préparé à l’agression, mais pire vous interviendrez toujours avec un temps de retard. Donc autant prévenir… Intervenir n’est pas (toujours) la solution Un patron braqué dans son sommeil nous a un jour expliqué que les bonnes résolutions que l’on ne prend pas, ou mal, pour se défendre ne sont d’aucune utilité en cas d’agression ou de braquage. Ce qu’il faut, c’est éviter la situation. S’arranger pour ne pas être en état de fragilité. Prendre ses précautions. En toutes circonstances, même si cela peut être astreignant ! Si votre entreprise, votre boutique, ou l’agence bancaire où vous travaillez est pourvue d’un sas, c’est qu’une nécessité a été décelée. L’oublier, c’est déjà faire le lit de potentiels agresseurs. Qui ne se présenteront peut-être jamais, nous vous le souhaitons ! Mais si ce n’était pas le cas, comment réagiriezvous ? De la même manière, vous êtesvous déjà demandé ce que vous feriez si l’alarme de l’entreprise se mettait à rugir de manière inopinée ? Seriez-vous paniqué ou plutôt calme ? Iriez-vous franco à l’affrontement ou appelleriez-vous quelqu’un ? Et qui ? La police, un ami, votre supérieur ? Savez-vous que dans la plupart des cas, les services de secours, policiers ou gardes professionnels vous déconseillent d’intervenir, préférant éviter toute déconvenue. Vigilance Si n’importe quel salarié, cadre ou patron est aussi un individu à part entière qui a une vie en dehors de l’entreprise, notre intérêt en ces lignes touche d’abord et avant tout la sphère professionnelle. En l’occurrence, certaines entreprises n’hésitent pas à former leur personnel pour les aider à réagir au mieux si un incident venait à survenir. La philosophie de la démarche, notamment mise en place dans le cadre de cursus spécifiques, repose essentiellement sur la vigilance, c’est-à-dire la prévention par les attitudes. Au bureau, cela se traduira par exemple par la fermeture des stores en soirée pour éviter les tentations, ainsi que par le rangement des appareils coûteux, autant de petites habitudes peu astreignantes qui paient souvent plus que des grandes théories. On pensera à fermer les portières des camionnettes et autres véhicules, à ranger l’outillage et les pièces. On évitera d’amener du matériel sur chantier en grande quantité et
jamais le vendredi. On préfèrera le plein du matin ou du lundi, à celui du soir ou du vendredi. Si le parking de l’entreprise est vaste, il n’est parfois pas inutile de l’éclairer, voire de rapprocher votre véhicule si vous sortez tard et que les lieux sont déserts. Les systèmes d’alarme sont bien sûr dissuasifs, mais n’omettez pas comme beaucoup de les brancher quotidiennement. On l’a dit, l’essentiel de ce qui est utile touche à la vigilance. Pas de paranoïa Ouvrir une porte n’est jamais anodin. Que l’on soit à la maison, au bureau ou dans son entreprise, la façon d’ouvrir la porte en dit long sur votre approche du danger. Pareil si vous devez vous déplacer, ou si votre entreprise dispose d’une flotte de véhicules. En descendant d’un camion, ou en y montant, cette même vigilance est aussi de mise pour vous assurer une sécurité maximale. Sans jouer les persécutés et autres paranoïaques, il faut quand même être conscient que certains dangers vous guettent, ne fut-ce que parce que vous transportez des biens ou des denrées, peut-être de l’argent, et bien sûr parce que le véhicule que vous conduisez est - qui sait ? - convoité. Sur les parkings autoroutiers, combien de conducteurs de poids lourds ne se sont-ils pas fait agresser pour quelques menues monnaies, des papiers ou un ordinateur vétuste ? En ville, les cas d’agression au spray se multiplient. Tout comme les vols à la tire, en moto, via la portière ou la fenêtre passager. Là non plus, il vaut mieux ne pas jouer au héros. Et tant pis pour le matériel, si votre intégrité n’est pas mise à mal. Avoir des réflexes… Et si l’agression venait quand même à avoir lieu, sachez qu’il y a là aussi un certain nombre de réflexes à avoir pour s’en sortir au mieux, voire sans mal. Pensez déjà que votre comportement, dans la toute première minute, va être décisif quant à l’issue des choses. Ne tablez jamais sur la taille menue d’un agresseur ou sur le fait que ce soit une femme. Car si tout criminel use de la violence couramment, ce n’est pas votre cas. Evitez de toute façon la violence si vous en avez le choix. Sinon, essayez de maintenir l’agresseur à distance, en n’hésitant pas à vous poster, tel un boxeur, un pied devant l’autre, une épaule vers l’avant, les jambes légèrement écartées et le poids sur l’arrière, en gardant les mains à hauteur de poitrine. Parlez aussi à votre agresseur, en essayant de le calmer, sans le défier. Ne le regardez pas dans les yeux en essayant d’y déceler quoi que ce soit, l’individu est certainement coutumier de ce genre de faits, ses yeux n’auront rien à (vous) dire. Par contre, face à une arme ou si la possibilité vous est donnée de vous enfouir, n’hésitez pas un instant, en veillant évidemment à assurer vos arrières, et donc votre sécurité physique. Ni haine, ni pitié C’est bête à dire, mais la leçon de tout ceci est simple, claire et limpide. Pour ne rien risquer, il vaut mieux laisser courir. Ou à tout le moins prévenir les agressions ! à l’exception des cas où votre vie, ou celle de votre entourage, est en danger, il convient en effet de ne pas se prendre pour un Bruce Willis de pacotille. Ainsi, on déconseille aussi à tout novice d’être armé. Car la violence des scènes de vol ou d’agression est parfois telle que les exercices répétés au stand de tir ne vous aideront pas nécessairement. Par ailleurs, ce n’est pas une belle réussite sur une cible fixe qui vous dira comment (bien) réagir, et surtout de façon équilibrée, en n’allant pas au-delà de votre propre autodéfense, en circonstances de vol. Attention donc ! Ni haine, ni pitié, entend-on parfois sur le sujet, notamment parce que ces deux sentiments obscurcissent le jugement et vous font agir de manière inappropriée. Et bien, croyez-nous, c’est bien de cela qu’il s’agit… Garder ses sens en éveil… Il y a donc des tas de précautions à prendre au quotidien pour ne pas avoir à se défendre. On favorisera l’éveil et la conscientisation à la société dans laquelle nous vivons, qui n’est hélas pas peuplée que de braves gens. On pensera aussi à équiper ses lieux de vie et de travail, tout comme ses véhicules, des alarmes et autres systèmes qui existent sur le marché. Surtout, on veillera à adapter ses comportements pour qu’ils correspondent aux habitudes de leur temps. Prévenir, de toutes les manières et en tous temps, plutôt que solutionner, voilà le message. En tout cas, c’est ce que nous enseigne Benoît Grolet, expert en autodéfense et autoprotection, qui rappelle à l’attention de chacun qu’il n’est jamais superflu, en arrivant par exemple sur un parking désert ou peu fréquenté, d’analyser rapidement les lieux avant de s’arrêter et, surtout, de garder ses sens en éveil. Avec cette petite phrase, on touche peut-être à l’essentiel s’agissant de sécurité puisque la leçon principale est là. L’attention est une première forme d’autoprotection, pas la seule ni la plus aboutie, mais c’est déjà un premier pas vers l’évitement du conflit. Une formation utile chez Thiry, au garage Jaguar Et faites confiance aux forces de police qui sont là pour vous aider. Nul ne vous en voudra si vous ne vous êtes pas lancé à la poursuite de votre agresseur. Et votre honneur sera sauf, rassurez-vous. Appelez du secours, en veillant à reprendre votre calme, à respirer profondément, pour expliquer le plus sereinement possible la situation à votre interlocuteur, en n’omettant pas les détails utiles et en mentionnant votre situation. Respirez et allez à l’essentiel. Rappelez-vous en tout cas que des formations existent sur le sujet, elles s’adressent autant aux patrons qu’aux chauffeurs, elles touchent aussi aux techniques de self-défense. Nous en avons testé une au garage Jaguar Thiry, sur le parc des Coeuvins à Habay, en mars dernier, les résultats sont édifiants. Valentin Tinclère La formation que nous avons suivie était dispensée par Benoît Grolet, de l’école Grolet, avec lequel la Chambre de commerce organisera bientôt un cursus de terrain. Contact : Yannick Noiret, 061 29 30 55 ou Benoît Grolet, 0475 64 27 99 Entreprendre Aujourd’hui N°149 - avril 2013 - 41



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