Entreprendre Aujourd'hui n°148 mars 2013
Entreprendre Aujourd'hui n°148 mars 2013
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°148 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 6,9 Mo

  • Dans ce numéro : Charlier, un Groupe qui a su évoluer dans un métier de plus en plus complexe.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 32 - 33  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
32 33
ESPACE ENTREPRISES I itinéraire « Touchèque, en 2013, c’est grosso modo 3 bâtiments plafonnés par jour. Au bout de l’année, en comptant bien, cela donne plus de 600 chantiers… » Entreprendre : L’arrivée de Grégory au sein de l’entreprise a-t-elle changé votre approche du devenir de l’outil… Dany Touchèque : Oui, forcément… Son envie de rejoindre l’entreprise nous a tout d’abord surpris. Ses diplômes (un graduat en construction et un autre en expertise-immobilière,ndlr) lui avaient en effet ouvert les portes d’une grande entreprise du bâtiment où l’avenir semblait prometteur. La chose semblait donc entendue. Maintenant, nous sommes heureux qu’il ait été sensible à la valeur de l’outil familial. Entreprendre : Un fils qui entre au sein d’une PME familiale, cela pose des problèmes ? Muriel Meunier : Tout dépend de la manière d’appréhender la situation… Grégory n’est pas arrivé en roulant des mécaniques. Il a simplement intégré l’équipe au moment où l’un de nos employés souhaitait voler vers d’autres projets. Il s’est donc immédiatement glissé dans le moule. Entreprendre : Sans pour autant être plafonneur… Dany Touchèque : Non, c’est vrai qu’il n’a pas suivi la lignée familiale. Mais, son bagage lui a permis d’être efficient quasi du jour au lendemain. Rien d’étonnant si l’on pense qu’il baigne dans le milieu du bâtiment depuis toujours. Entreprendre : Qu’est-ce que cette arrivée a changé dans votre chef ? Dany Touchèque : Beaucoup de choses… En 2008, quand il a poussé la porte, j’ai senti comme un vent de renouveau. J’avais alors cinquante ans, l’âge de certains tournants. J’ai compris que c’était une opportunité pour tout le monde et qu’on allait pouvoir mener une série de nouveaux projets que je mûrissais déjà sans trouver le temps nécessaire à leur mise en œuvre. 32 - Entreprendre Aujourd’hui N°148 - mars 2013 Entreprendre : Vous vouliez encore faire croître votre entreprise ? Muriel Meunier : Non, le but n’était pas de forcer la croissance. Avec une trentaine de salariés, des chantiers aux quatre coins de la province, sur Namur et au Grand-Duché de Luxembourg, nous n’avions pas besoin d’un regain d’activité. Entreprendre : Mais… Muriel Meunier : Mais l’envie d’autre chose le taraudait… Il faut savoir que mon mari est à ce point amoureux du bâtiment qu’il ne peut passer devant un terrain ou un immeuble à vendre sans imaginer comment s’attaquer au chantier, comment bâtir, comment transformer, comment apporter de la plus-value, du neuf, du beau. C’est viscéral… Entreprendre : D’où l’idée de la promotion immobilière… Grégory Touchèque : Exactement ! Il y a plusieurs années que mes parents en faisaient déjà un peu sans réellement avoir osé franchir le pas. Début des années nonante, ils ont commencé à acheter l’un ou l’autre bâtiment, mais c’était alors plutôt dans le but de les louer. Mon arrivée dans l’entreprise a sans doute été l’élément déclencheur d’une vraie dynamique en promotion immobilière qui a donné à mon père l’impulsion qu’il fallait pour se jeter à l’eau. TG Invest est née de là, quelques mois seulement après que j’ai rejoint l’entreprise. Entreprendre : Vous voyez cela comme une sorte de changement dans la continuité ou, plutôt, comme un virage complet susceptible de modifier à terme la stratégie de la PME dans son ensemble ? Dany Touchèque : Pour l’heure, le changement dans la continuité me semble être une lecture correcte de ce que nous vivons. Je pense que l’on peut même parler d’évolution nécessaire, ou au moins utile. Entreprendre : Qu’entendez-vous par là… Grégory Touchèque : Lorsque mon père s’est lancé, fin des années’70 (en 1978,ndlr), le métier était certainement plus dur physiquement qu’il ne l’est aujourd’hui, mais les conditions qui l’entouraient étaient moins difficiles, moins étouffantes. On faisait moins de devis, il y avait moins de paperasses, les ouvriers ne s’en allaient pas pour gagner x cents de plus à l’heure… Entreprendre : Qu’est-ce qui a fondamentalement changé en un quart de siècle ? Dany Touchèque : Tout, ou presque... La concurrence, les exigences de la clientèle, l’envie des jeunes de s’investir dans le métier… Oui, tout ! Tout sauf les prix qui, eux, stagnent depuis trente ans. Entreprendre : Cela ne vous a pas empêché de faire grandir votre entreprise… Muriel Meunier : Non, mais à quel prix. Mon mari n’a jamais ménagé sa peine, y laissant d’ailleurs une partie de sa santé. Il s’est toujours investi pour son entreprise, comme pour la transmission de son savoir, de sa maîtrise du métier. On a gagné notre vie, mais on a aussi créé de l’activité et joué un rôle économique et social. Si l’on devait compter le nombre de jeunes qui sont passés par l’entreprise en trente-cinq ans, vous seriez probablement surpris.
Entreprendre : Une partie de votre réussite se trouve sûrement là… Dany Touchèque : Je pense… Le travail est bien plus que des chiffres au bas d’un devis, d’une facture ou d’un bilan. Au soir d’une vie, je crois qu’il est aussi question de satisfaction du travail bien fait, de réussite de projets, de rôle social. Entreprendre est un tout qui valorise l’homme derrière le patron. Entreprendre : Et vous recherchiez pourtant encore d’autres défis… Dany Touchèque : Quand on est patron, il faut voir plus loin que le court ou le moyen terme. Dans cette optique, et me basant sur l’expérience que j’ai acquise au fil des ans, j’ai eu envie d’utiliser les ressources de l’entreprise pour mener davantage des projets plus globaux. Entreprendre : Cela veut-il dire que vous allez petit à petit laisser tomber le plafonnage, les façades, l’isolation et le cimentage au profit de la promotion ? Dany Touchèque : Non, bien sûr que non. Je n’ai pas mis une vie de labeur acharné pour faire volte-face ainsi, alors que la réputation Touchèque parle désormais suffisamment que pour remplir le carnet de commandes au quotidien. Mais, stratégiquement, ajouter une corde à son arc n’est pas la plus sotte des décisions, vous en conviendrez… Entreprendre : On peut donc dire que l’entreprise s’est spécialisée dans trois domaines… Grégory Touchèque : Oui, c’est cela. Il y a d’abord le plafonnage classique et les façades, c’est le cœur de l’activité depuis le début. Mais, depuis cinq ans, il y a aussi un ensemble de métiers connexes que nous regroupons au sein d’une nouvelle entité appelée TG Invest. Pour l’instant, les activités façades et plafonnage occupent le gros de notre main-d’œuvre, mais une dizaine de salariés compte déjà parmi les corps de métier au sein de l’aile promotion. Entreprendre : Avec des métiers justement très différents… Dany Touchèque : L’évolution de l’activité historique s’est notamment faite ces dernières années parce que la demande en isolation a décuplé. On a donc naturellement renforcé nos équipes par l’engagement d’ouvriers capables de mettre en œuvre les nouveaux procédés d’isolation. Pareil pour les aménagements intérieurs, comme réaliser des cloisons ou habiller les encadrements de fenêtres…, autant d’habitudes qui se sont imposées avec le temps. On a donc engagé des maçons, des ardoisiers, des menuisiers... Entreprendre : Vous réalisez aujourd’hui combien de logements dans le cadre de cette nouvelle activité ? Grégory Touchèque : En cinq ans, l’évolution est telle que les résultats 2008 n’ont plus rien à voir avec ce que l’on a fait ces deux dernières années. Je dirais que la promotion immobilière concerne aujourd’hui une quinzaine de logements (appartements/maisons) par an. Entreprendre : Il y a un vrai marché dans cette activité-là ? Muriel Meunier : Assurément… Les gens travaillent et n’ont plus le temps de prendre en charge toutes les formalités liées à leur construction, pas plus qu’ils n’ont généralement le temps ou l’envie de se mettre à bricoler, comme nous le faisions tous hier. Nous leur proposons donc de prendre tout en charge en leur assurant sérieux, efficacité et rapidité. Entreprendre : Vous êtes principalement actifs sur Arlon et Bastogne. Il y a des raisons ? Dany Touchèque : Etre présents sur Bastogne me semble évident puisque nous sommes d’ici. Quant à Arlon, je « Le métier est aujourd’hui moins lourd, chaque équipe disposant d’une camionnette bien équipée et le plâtre étant depuis plusieurs années livré en silo. Il n’empêche, cela ne dynamise pas les vocations pour autant, nous manquons cruellement de relève... » dirais que c’est tout aussi normal puisqu’il y a là-bas une vraie dynamique de développement, à mon avis principalement liée à la proximité du Grand-Duché. Entreprendre : Et vous avez beaucoup de projets dans vos cartons ? Grégory Touchèque : Oui, plusieurs maisons et une vingtaine d’appartements ici à Bastogne. Et puis, deux maisons à Arlon et près de cinquante appartements. Ça prend de l’ampleur… Entreprendre : Le fait de jouer ainsi dorénavant sur plusieurs tableaux vous garantit plus de sérénité pour l’avenir ? Dany Touchèque : Nous ne sommes pas à la recherche de sérénité puisque nous ne manquons pas jusqu’ici de travail. Par contre, c’est plus facile de gérer les chantiers et cela garantit une pérennisation de l’activité puisque l’aile immobilière de l’entreprise fait aussi tourner (au moins en partie) le reste du personnel. Entreprendre : La transmission de l’outil semble en bonne voie… Dany Touchèque : Ah, on est plus loin qu’il y a cinq ans, en tout cas… Grégory Touchèque : Le dynamisme de mon père et le plaisir qu’il a au quotidien à dénicher de nouvelles opportunités de chantiers ou de promotions m’apprennent beaucoup. De mon côté, je pense apporter un regard différent sur la manière dont l’entreprise fonctionne. Notre rencontre professionnelle a été génératrice d’un défi nouveau, je parlerai donc plutôt de complémentarité. Mais il est évident que la transmission du goût d’entreprendre est bien réelle. Propos recueillis par Christophe Hay Photos : Jean-Louis Brocart JEALIN:LCX.115 EIRCKA.11.1 : e Entreprises Touchèque SA TG Invest SA Zoning industriel 1 Rue du fortin, 3 B-6600 BASTOGNE Tél. : 061 21 46 80 www.toucheque.be Entreprendre Aujourd’hui N°148 - mars 2013 - 33



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 1Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 2-3Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 4-5Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 6-7Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 8-9Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 10-11Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 12-13Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 14-15Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 16-17Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 18-19Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 20-21Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 22-23Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 24-25Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 26-27Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 28-29Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 30-31Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 32-33Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 34-35Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 36-37Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 38-39Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 40-41Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 42-43Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 44-45Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 46-47Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 48-49Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 50-51Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 52-53Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 54-55Entreprendre Aujourd'hui numéro 148 mars 2013 Page 56