Entreprendre Aujourd'hui n°147 février 2013
Entreprendre Aujourd'hui n°147 février 2013
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°147 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : à la rencontre de Jean-Pascal Durré, patron inspiré de Délisalades.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ESPACE ENTREPRISES I itinéraire Entreprendre aujourd’hui : Cette trouvaille, la plaque européenne, vous la devez un peu à votre réseau de connaissances. Votre vie ne serait pas ponctuée de ce genre de rencontres qui vont décider de vos choix professionnels et de vie ? Ulrich Weber : Si, bien sûr, sinon comment expliquer qu’un Allemand, comme moi, se soit installé ici, à Bastogne, pour y faire son trou. à une époque, je disais que j’étais le dernier Allemand resté ici. Mais en fait non, c’est par amour que je me suis installé en Ardenne, parce que ma femme était une fille du coin. EA : Et le réseau dans tout ça ? Ulrich Weber : Ben, ça m’a servi, comme vous vous en doutez. De même que l’implantation d’ailleurs, pas loin de l’Allemagne et du Grand-Duché. Et comme il fallait travailler et que j’avais des connaissances en mécanique, je me suis lancé, en tant que concessionnaire. J’ai opté pour Ford, en’75. EA : Un bon choix ? Ulrich Weber : Je crois… Les ventes ont en tout cas très vite été bonnes. Je vendais essentiellement à l’export. Il y avait alors un va-et-vient incroyable qui en étonnait plus d’un, avec des dizaines de camions qui déposaient les voitures et autant de clients qui se bousculaient. EA : à ce point… Ulrich Weber : 180 véhicules la première année, le double la suivante, ça fait quand même des volumes. Puis mille véhicules par an par la suite ! Dans une petite ville comme Bastogne, c’est énorme. Mes chiffres ont même culminé à 1.600 véhicules l’an, avec des pics que je ne m’explique toujours pas. Notre record : 160 voitures vendues en un seul jour. Croix-Blanche employait alors seize collaborateurs. 32 - Entreprendre Aujourd’hui N°147 - février 2013 EA : Avec une renommée certaine en sports moteurs… Xaver Weber : Oui, il faut dire que l’époque était bénie pour cela. On découvrait le turbo, on se préoccupait peu de développement durable ou de CO2, et encore moins du coût de l’essence. Il fallait que les moteurs pètent. De la puissance, c’est ça que le gens voulaient ! EA : Et vous leur en avez donné… Ulrich Weber : Oui, Croix-Blanche s’est alors taillé une vraie réputation dans la préparation, notamment avec les modèles Capri, Fiesta 1600 turbo, Mustang et, plus tard, la fameuse Escort RS 2000. On était présents aux 1000 kilomètres de Spa, aux Boucles, aux 24 heures. Cette époque a culminé avec la 9 e place mondiale de Ford Motorsport Europe, à laquelle nous nous sommes largement associés. « Chez nous, la plaque minéralogique ne coûte pas plus cher qu’il y a vingt ans. Votre plaque, à six euros, c’est un produit de qualité livré dans la semaine… » EA : Cela a eu un impact sur le développement de vos activités commerciales ? Ulrich Weber : Probablement… Nous vendions beaucoup, je l’ai dit, nous transformions aussi de nombreux modèles, comme le Transit 4x4. La distribution de pièces et l’outillage (pour Mabeco,ndlr) avaient aussi beaucoup d’impact sur nos chiffres. En une quinzaine d’années, nous avons vendu - rendez-vous compte ! - plus de 20.000 véhicules au départ de notre « petit » garage. EA : Et puis, en 1991, c’est le coup d’arrêt consécutif à la nouvelle politique de Ford qui privilégie certains concessionnaires plutôt que d’autres. Ce que vous ne supportez pas ! Vous plantez tout là et vous vous lancez dans un nouveau projet. Sacré caractère ! Ulrich Weber : C’est tout moi, ça. Je leur ai dit ce que je pensais et j’ai claqué la porte. Et puis, je me suis dit que j’allais tenter l’aventure avec une autre marque, mais les résultats n’étaient pas à la hauteur de mes ambitions. Alors, je me suis lancé dans un autre business que je sentais presque mûr : les plaques minéralogiques européennes. EA : Un nouveau coup de maître… Ulrich Weber : Oui, aussi incroyable que ça puisse paraître, ça s’est vendu comme des petits pains. Au salon de l’auto, en 1991, c’était la ruée. Tout le monde en voulait. L’idée, je l’avais eue en 1989, en visitant l’usine Utsch, à Siegen, qui était alors le plus grand producteur mondial de plaques de voiture. C’était les débuts de l’Europe, j’ai pensé avant les autres à ajouter le sigle européen bien visible à côté de l’identification classique. D’autres identifications ont alors suivi, comme le drapeau belge, des sigles professionnels (pompiers…), des emblèmes… EA : L’activité qui vous différencie des autres est donc née il y a plus de vingt ans… Xaver Weber : Tout à fait. Un peu comme un coup de poker. Le produit a forcément évolué avec le temps, mais les prémices sont là. EA : De nombreuses péripéties ont à nouveau émaillé le parcours de Croix- Blanche dans ce créneau… Xaver Weber : On peut le dire… On a bien sûr largement bénéficié de notre positionnement sur ce marché, on a aussi longtemps été privilégiés parce que nous proposions nos produits à des prix corrects à deux pas des différents bureaux de la DIV. Aujourd’hui, hélas, les choses ont changé. Depuis quatre ans, les plaques sont envoyées par courrier, ce qui est forcément moins bon pour nos affaires. EA : Votre marché vers les garages et revendeurs n’a toutefois pas été touché. Cette décision fédérale vous a-t-elle mis en position difficile…
Xaver Weber : Non, encore bien, mais cette évolution nous a obligés à revoir notre stratégie commerciale. Aujourd’hui, nous vendons toujours nos produits en direct à nos partenaires garagistes, mais le manque de perspectives vers le particulier nous a contraints à innover. Nous sommes donc maintenant présents sur le net. Ce n’est pas évident de lutter contre les plaques premiers prix de piètre qualité, mais nous y arrivons grâce à un produit reconnu pour sa qualité et sa durabilité parce qu’il est embouti « à l’ancienne », le tout à un prix défiant toute concurrence : 6 euros + le port. EA : La lutte est âpre… Ulrich Weber : Oui, mais nous y arrivons. Nous restons par ailleurs fournisseurs agréés par l’Etat fédéral, la défense nationale faisant appel à nous pour ses véhicules. On travaille aussi avec le secteur du leasing. On fait feu de tout bois… EA : Vous avez en outre décidé d’explorer d’autres marchés avec ce produit que vous maîtrisez aujourd’hui plutôt bien. Il y a du potentiel ? Xaver Weber : Oui, je le pense. La plaque publicitaire est, selon moi, un produit qui a de l’avenir, y compris en sérigraphie, car le rendu est à la fois durable et réussi, tout en étant bien moins coûteux que la plaque émaillée traditionnelle et bien moins « cheap » que les affiches et autres cartons. Il y a aussi les plaques de rues, comme celles qui ornent plusieurs endroits de Bastogne, c’est un autre marché potentiel qui ne demande qu’à exploser… si les autorités perçoivent la plus-value de notre produit. EA : En marge de ces activités de production, vous êtes aussi très actifs sur d’autres marchés très particuliers. Toujours un peu en marge, vous êtes parmi les premiers à avoir cru aux trikes… Xaver Weber : à nouveau, vous avez raison. En 1996, peu de gens y croyaient. Nous, en tant qu’amoureux de la mécanique et de la moto, on s’y est intéressé. Et une fois encore, c’est le réseau de mon père qui a joué. Tout le monde pense que ces engins viennent d’Amérique. C’est faux, c’est allemand. Nous sommes donc devenus importateurs Rewaco, qui est « LE » trois roues par excellence. EA : Un marché idéal pour vous… Xaver Weber : Oui, nous sommes d’ailleurs n°1 du trike en Belgique. Le marché est confidentiel d’accord, mais il est stable. On dira ce qu’on veut, mais c’est important. Nous connaissons notre produit et savons qu’il se destine à un public de passionnés, des acheteurs entre quarante et soixante ans qui ont les moyens. EA : C’est un produit qui vaut cher ? Xaver Weber : Tout est relatif… Avec le temps les modèles ont évolué, s’éloignant des premiers du genre - sur châssis de Coccinelle - pour arriver aujourd’hui à de véritables bijoux qui se vendent entre 20 et 40.000 euros quand même. On en distribue de 50 à 80 par an. EA : Avec les pièces détachées, l’entretien et le matériel que l’on imagine, dont les fameuses remorques du plus bel effet qu’aucun biker américain ne renierait… Xaver Weber : Exactement… Les propriétaires de ces machines sont des passionnés, je l’ai dit, rien n’est donc trop beau pour doter leur engin des plus beaux atours, comme les peintures, chromes, cuirs et autres jantes en alliage. Quant aux remorques, voilà encore un autre marché peu connu que nous avons développé discrètement et qui semble prometteur. Nous avons là aussi choisi le top du top, en l’occurrence Excalibur, il s’agit de « LA » remorque d’exception et pas d’une simple caisse, foi d’importateur. C’est la perfection en mouvement ! Evidemment, ce caprice a aussi un prix, entre 8 et 10.000 euros ! EA : Plus récemment, vous avez succombé aux qualités d’un engin de débardage qui passe partout. Encore un marché de niche ? Xaver Weber : à n’en point douter… C’est une fois encore le premier de la classe dans son domaine. Petit, maniable, passe-partout, ce 8x8 d’Alstor cumule tous les superlatifs. Il est fonctionnel, flexible, puissant, il se faufile partout. Vraiment, à part son prix, il a toutes les qualités. Tous ceux qui l’ont eu en main en louent d’ailleurs toutes les vertus… Du coup, nous sommes à nouveau devenus importateurs. EA : Croix-Blanche aura quarante ans en 2015. A l’heure des bilans, l’époque « bénie » de la concession florissante et du renom exceptionnel dans les milieux de la course automobile ne laissera pas un goût de trop peu ? Ulrich Weber : Non, parce que cet âge d’or a définitivement disparu en même temps que naissaient les politiques stratégiques financières qui régissent tout. J’étais trop épris de liberté et d’indépendance pour me mouler là-dedans. Mon fils était encore jeune alors, mais je crois qu’il n’aurait pas pu s’épanouir sereinement dans un univers comme celui que les grands groupes imposent, couleur du tapis de sol et investissements à répétition compris. EA : Qu’en pensez-vous ? Xaver Weber : Comme mon père, quoique peut-être un peu moins quand même, c’est vrai que je suis atypique dans la vie… Du coup, je suis probablement mieux dans ma peau et dans mon boulot dans cet univers que nous avons nousmêmes construit. La visibilité est peut-être moindre, mais nos valeurs sont intactes et la relation avec nos clients vaut toutes les récompenses… EA : Ah, au fait, vous louez aussi, m’a-ton dit, des trikes à la journée… XaverWeber : Oui, voilà encore un autre petit business sympa qui nous permet de garder le contact avec tous les amoureux des belles mécaniques. Si vous passez un jour par Bastogne, n’hésitez pas… Vous verrez, c’est grisant et original, tout comme une discussion autour d’un café avec les Weber, père et fils, un tandem un peu « abnormal » mais vraiment attachant ! Propos recueillis par Christophe Hay Photos : Jean-Louis Brocart Croix-Blanche SA Chaussée d’Arlon, 59 B-6600 BASTOGNE Tél. 061 21 34 01 www.plaqueauto6euro.be www.croixblanche.be Entreprendre Aujourd’hui N°147 - février 2013 - 33



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