Entreprendre Aujourd'hui n°144 octobre 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°144 octobre 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°144 de octobre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 8,9 Mo

  • Dans ce numéro : Design Stone… bien plus que de la pierre! Rencontre avec les Cognaux, un quatuor qui sait où il va…

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UTILE & AGREABLE Foot et business… Le mariage impossible ? 52 - Entreprendre Aujourd’hui N°144 - octobre 2012 Le football n’est pas une entreprise comme les autres. C’est un sport, un spectacle, une passion, qui dévore ses fans dont les moins acharnés ne sont pas nécessairement les dirigeants. Un récent ouvrage décrypte ses mystères et aborde, sous l’angle économique, ses différents aspects. Un éclairage original susceptible d’intéresser l’entrepreneur. à condition toutefois de ne pas appliquer les recettes des clubs de foot pour son propre business ! Alors qu’il brasse des sommes folles - mais bien moindres que la finance ! - et intéresse depuis une bonne vingtaine d’années les investisseurs les plus divers, le football semble échapper aux règles les plus élémentaires de bonne gestion. Tel est le constat qui ressort à la lecture du livre écrit par le journaliste Simon Kuper et le spécialiste de l’économie du sport Stefan Szymanski, un ouvrage intitulé Les attaquants les plus chers ne sont pas ceux qui marquent le plus (Éditions De Boeck). Les deux auteurs se sont amusés à croiser statistiques et données financières et en ont tiré quelques enseignements étonnants concernant, entre autres, les erreurs idiotes sur le marché des transferts, le fait que les clubs ne disparaissent quasiment jamais ou encore les raisons qui font que l’équipe d’Angleterre perd toujours lors de chaque Coupe du Monde (à l’exception de 1966 où elle évoluait at home). Plus sérieusement, ils se sont également penchés sur la dimension économique des clubs de football, pointant le fait qu’« ils ne sont pas rentables et ne sont pas près de l’être ». Un chapitre d’autant plus instructif que pas mal de dirigeants de clubs peuvent se targuer dans le même temps d’être, hors du milieu footballistique, d’excellents chefs d’entreprise ! Conduire avec un tableau de bord C’est le b.a.-ba de tout chef d’entreprise : savoir où l’on va. En effet, comment diriger une entreprise si l’on ne sait pas quelle direction prendre. Et pour le savoir, il convient de disposer des bonnes informations afin de prendre les bonnes décisions. Dans le monde du football, il semble que cette règle élémentaire de bon sens n’ait jusque-là guère percolé. Encore que cela commence doucement à changer. Mais, comme le souligne Jean-Pierre Meersseman, le directeur belge du Milan Lab, le centre de haute technologie de recherche scientifique fondé par l’AC Milan en 2002, « il est possible de conduire une voiture sans tableau de bord, sans aucune information : c’est ce qui se passe dans le football. Il y a d’excellents conducteurs, d’excellentes voitures, mais les choses sont un peu plus simples avec un tableau de bord. Je me demande pourquoi les gens ne veulent pas avoir plus d’informations ». Les champions proposent les meilleurs salaires En étudiant les résultats du championnat d’Angleterre sur la période qui s’écoule de 1998 à 2010, Simon Kuper et Stefan Szymanski ont observé que les quatre clubs les mieux classés à l’issue de la saison étaient également ceux où la masse salariale était la plus importante. Pour info, il s’agit de Chelsea, Manchester United, Arsenal et Liverpool. Soit le Top Four de la Premier League. Gageons que le champion en titre, Manchester City, qui bénéficie des largesses du Sheikh Mansour ben Zayed Al Nahyan (Émirats arabes unis), va bientôt rejoindre ce qua-
tuor. Cette corrélation entre classement et salaires se vérifie sur une période de 15 à 20 ans… à 90% ! S’il semble logique que les équipes qui paient le mieux recrutent les meilleurs, on pourrait alors croire que les transferts sont empreints de la même logique et donc que les transferts les plus chers correspondent aux meilleurs footballeurs. CQFD ! Et bien… pas du tout ! Les clubs semblent être les champions du gaspillage avant d’être (ou de ne pas être) champions tout court. Acheter cher n’équivaut pas à acheter bien Grosso modo, lors d’une année moyenne, les clubs européens dépensent environ un milliard d’euros en indemnités de transfert (le record étant toujours détenu par le passage de Cristiano Ronaldo de Manchester United au Real de Madrid, en 2009, pour 94 millions d’euros). De prime abord, on pourrait imaginer qu’acheter cher équivaut à acheter bien. Réflexion faite, et bilan bouclé, il apparaît que c’est rarement la bonne solution à adopter. Et de citer l’exemple de Liverpool, qui, bien que vainqueur de la Ligue des Champions en 2005, court désespérément depuis 20 ans après un titre de champion (le dernier date de 1991). Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir largement ouvert les cordons de la bourse. Le Sunday Times a ainsi calculé que, durant les six années que Rafael Benitez a passées aux commandes du club de la Mersey (2004-2010), les Reds ont dépensé 160 millions d’euros en indemnités de transfert de plus que ce qu’ils ont engrangé durant cette période. « à titre de comparaison », précisent les auteurs, « les dépenses nettes en transferts d’Alex Ferguson à Manchester United n’ont été que de 35 millions d’euros sur la période. Pourtant, Manchester United a gagné trois titres de champion sur six possibles et Liverpool aucun. » Un petit business Contrairement à une idée reçue, le business du foot n’est pas un gros business, malgré l’argent que touchent certaines stars. Ainsi, le premier club du monde (le Real Madrid,ndlr) affichait lors de la saison 2009-2010 un chiffre d’affaires de 438,6 millions d’euros. Cela semble énorme mais, selon l’analyste financier Matias Möttölä, cité par les auteurs, le Real Madrid a le même chiffre d’affaires que la 132 e entreprise finlandaise. « Le football est un petit business », expliquent Simon Kuper et Stefan Szymanski. « Il y a ici une forme de contradiction. Nous savons tous que le footballa une place influente dans la société. Certains footballeurs font partie des personnes les plus célèbres du monde, et le record historique d’audimat à la télévision est généralement la dernière finale de la Coupe du Monde. Toutefois, les clubs de football sont des entreprises chétives. C’est en partie un problème que les économistes appellent l’« appropriabilité » : les clubs de football ne peuvent s’approprier qu’une infime partie de l’amour du public pour le football et gagner de l’argent avec. Aller voir un match au café ne coûte rien en comparaison du restaurant, du cinéma ou d’un séjour à l’hôtel. » Et un mauvais business Et ils enfoncent le clou en soulignant que « le monde des médias ou des équipementiers gagne plus d’argent du football que l’industrie du football ellemême ». Dans la foulée, ils multiplient les exemples de gestion qui privilégient la victoire au détriment du profit avec à l’arrivée un constat : à l’exception de quelques équipes comme Manchester United ou le Bayern de Munich, les clubs qui gagnent le plus de titres sont souvent aussi ceux qui accumulent le plus de dettes. Une illustration avec l’Espagne. À l’issue de la saison 2009-2010, le montant total des dettes des clubs de la Liga s’élevait à 3,4 milliards d’euros, dont 660 millions pour le Real Madrid (à comparer avec son chiffre d’affaires mentionné plus haut) et 549 millions pour son rival catalan, Barcelone. Cerise sur le ballon, certains clubs comme le Real Saragosse et Getafe ont versé durant la même saison des salaires qui dépassaient leurs revenus annuels ! Une entreprise « normale » qui aurait l’idée de pratiquer une politique salariale de ce type risquerait de faire long feu, à la différence des clubs de football qui ne disparaissent quasiment jamais. Le foot est éternel C’est là un des multiples paradoxes du foot, les clubs sont globalement mal gérés mais affichent une remarquable stabilité dans le temps. « En 1923 », rappellent les auteurs, « la Football League était composée de 88 équipes réparties en 4 divisions. Lors de la saison 2007-2008, 85 de ces clubs existaient toujours (97%) et 75 étaient encore dans les 4 meilleures divisions (85%). » En conclusion, le business du football n’est clairement pas un business comme les autres et si l’on peut en tirer quelques enseignements profitables à son entreprise, il est évident qu’il convient davantage de ne pas appliquer les recettes des clubs de foot que de s’inspirer de leur gestion. Et de garder en mémoire que « l’objectif d’un club de foot n’est pas d’avoir un bilan présentable, ni de bons résultats financiers, l’objectif d’un club de foot est de gagner des titres ». Et de faire rêver des millions de fans. Or, chacun le sait, le rêve n’a pas de prix… Valentin Tinclère Entreprendre Aujourd’hui N°144 - octobre 2012 - 53



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