Entreprendre Aujourd'hui n°143 septembre 2012
Entreprendre Aujourd'hui n°143 septembre 2012
  • Prix facial : 5 €

  • Parution : n°143 de septembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : Euro-Locks Bastogne : des millions de clés pour un succès sur la durée… Rencontre avec Daniel Ceron, Administrateur délégué, et Stephan Wilmotte, Directeur général.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ESPACE ENTREPRISES > RENCONTRE » > boissons, de boîtes aux lettres, de porte-vélos, de coffres de toit, de poignées de fenêtre... Nous sommes par exemple encore sous-traitant Caterpillar pour l’équipement en serrures de certains matériels, mais qui le sait ? Entreprendre : N’est-il pas frustrant de rester ainsi dans l’ombre alors que l’on maîtrise un savoir-faire reconnu et que l’on est identifié par de grands groupes ou de grandes enseignes pour le sérieux de son travail ? Daniel Ceron : Je ne le pense pas… Maintenant, tout le monde au sein de l’entreprise n’a peut-être pas un point de vue identique sur la question. Il faut cependant convenir que si un grand nombre de composants intervient généralement dans la réalisation de tout produit fini, tous ne peuvent avoir la même visibilité. Il en va ainsi de nos serrures - en fait un rotor et un stator en zamac (alliage de zinc et d’aluminium) injectés dans des moules - qui s’intègrent dans des biens à haute valeur ajoutée sans que les clients finaux ne les remarquent. Quant à nos clés, elles sont faites d’acier ou de laiton, comme la plupart de celles que l’on trouve sur le marché. Entreprendre : En quoi vous différenciez-vous donc alors ? Et comment innove-t-on dans un domaine comme le vôtre ? Daniel Ceron : C’est là que résident à la fois notre différence et notre plus-value. 8 - Entreprendre Aujourd’hui N°143 - septembre 2012 Nous étudions le projet avec le client, que ce soit pour le rendre plus sûr, plus efficace, plus intégré. Le croirez-vous si je vous dis que nous repensons parfois 80% du projet de la fermeture avec le client ! Ces dernières années, nous ne cessons de concevoir d’autres manières de réaliser les serrures pour répondre aux demandes de chacun. Le plus bel exemple d’innovation Euro-Locks, c’est la serrure à crantage interne développée il y a huit ans et pour laquelle nous avons obtenu plusieurs brevets. Entreprendre : Le nombre de combinaisons, la matière, l’intégration dans le produit… tout concourt quelque part pour que la concurrence soit toujours un développement en retard ? Daniel Ceron : On essaie en tout cas d’avoir toujours une longueur d’avance, mais c’est difficile… Le prototypage, la recherche, le travail essais-erreurs sont autant de manière d’entrevoir l’innovation pour une clientèle exigeante. Notre savoir-faire fait cependant l’objet d’un pillage intellectuel qui ne devrait pas exister mais que l’on tolère au nom de je ne sais quelle théorie de développement économique. Nous devons être meilleurs, plus forts et accepter de nous laisser voler notre R&D. Vous savez, le prix de nos produits comprend inévitablement nos efforts et investissements de recherche, il nous faut donc multiplier les partenariats avec nos clients et viser des produits plus sophistiqués que la concurrence pour nous imposer. Entreprendre : Le parfait exemple de cette complémentarité entre un fabricant et son sous-traitant, c’est la longue collaboration que vous entretenez avec des clients comme Thule ? Daniel Ceron : Oui, ces gens ont compris que notre complémentarité faisait de nous des partenaires. Nos carnets de commandes sont d’ailleurs le témoin de cette dynamique gagnant-gagnant entre des entreprises qui construisent une relation d’affaires basée sur le respect, la qualité et la durée davantage que sur le seul prix. Entreprendre : Quels sont les marchés d’une usine comme celle-ci ? La Belgique n’est probablement qu’un territoire parmi d’autres ? Daniel Ceron : Vous ne croyez pas si bien dire… La Belgique représente à peine 5% du chiffre d’affaires total de notre entreprise (dont à peine 0,5% pour la Wallonie,ndlr). Notre clientèle se loge pour l’essentiel aux Pays-Bas, dans les pays scandinaves, en Italie et en Grèce. Pour faire court, disons que le Groupe Lowe & Fletcher emploie environ 840 personnes de par le monde, avec quatre filiales en Grande-Bretagne (pour un peu plus de 500 salariés), le reste se répartissant entre les entités américaine (12 personnes), allemande (90), française (90) et polonaise (115). Bastogne, avec 220 salariés, est l’une des entités les plus complètes du groupe, elle rivalise d’ailleurs d’inventivité pour mettre au point des solutions toujours plus performantes pour une clientèle exigeante qui se maintient bon an mal an malgré la crise. Entreprendre : 2007 reste à ce sujet dans les annales comme l’année d’exception… Daniel Ceron : Oui, absolument. Avec
« Le service au client est la « clé » de notre succès... » 25 millions d’euros de chiffres d’affaires, c’est effectivement l’année de référence. Sauf que la crise est passée par là et que les exercices qui ont suivi se sont révélés moins porteurs. 2009 nous a d’ailleurs fait peur. Nous avons alors timidement dépassé le 17 millions d’euros, une situation difficile qui n’a malheureusement pas été sans effets sur l’emploi. Mais nous avons relevé la barre depuis et prévoyons même de franchir à nouveau les 22 millions en 2012, soit seulement 12% sous notre meilleur résultat qui reste un objectif avoué à moyen terme. Entreprendre : Quel regard jetez-vous sur les quatre décennies qu’a passées l’entreprise en plein cœur du Luxembourg belge ? Daniel Ceron : Le choix d’investir sur le continent avait été dicté en son temps par des coûts de production moins élevés que ceux de l’époque en Grande- Bretagne. Cette situation a vécu, mais le site belge a développé au fil des ans une série d’autres atouts qui en font une valeur sûre au sein du Groupe. En 2012, alors que la cinquième génération familiale a pris en main le devenir de Lowe & Fletcher, aucune remise en question du positionnement bastognard n’a jamais circulé. Le personnel local s’est à ce point approprié le produit que celui-ci est aujourd’hui très différent de celui que nos collègues réalisent ailleurs. Entreprendre : Ce qui est un avantage non négligeable à tous les niveaux… Daniel Ceron : Bien sûr, tant vis-à-vis de la concurrence qu’au sein du groupe. Notre volonté, la qualité de la production et la culture du respect de la clientèle sont d’autres facettes de notre caractère qui ne sont pas sans peser dans la balance. Non seulement nous mettons nos clients sur un piédestal, mais nous avons prouvé à maintes reprises que relever nos manches pour doper la compétitivité de l’outil faisait partie de nos gênes. Entreprendre : Le fait d’employer majoritairement du personnel féminin est-il un facteur de différenciation qui vous permet d’être plus forts ? Daniel Ceron : Allez savoir… En tout cas, je me félicite de la qualité du personnel en question qui symbolise à chaque échelon la pugnacité chère aux Ardennais. La culture d’entreprise est chez nous une réalité qui semble faire partie de chacun. Cela fait plaisir à voir, notamment parce que le client sent qu’il y a une osmose parfaite avec ses propres produits et donc ses demandes. ESPACE ENTREPRISES > RENCONTRE Entreprendre : A vous écouter, l’avenir d’une entreprise comme celle-ci peut être envisagé sereinement, non ? Daniel Ceron : Si l’on se limite à analyser la compétence de nos gens, l’innovation de nos ingénieurs, la qualité de nos process et la fiabilité du matériel, je réponds oui. Sans la moindre hésitation. La chose qui me chagrine est que nous vivons à 95% d’exportations et que les règles du commerce mondial ne sont pas équitables. Je m’insurge contre le protectionnisme à la chinoise parce qu’il n’est pas contrebalancé par des mesures identiques au sein de l’Union européenne. Savez-vous que nos clients chinois doivent s’acquitter de 15% de droits d’entrée pour importer nos produits, alors que des serrures chinoises importées en Europe ne sont impactées que d’une taxe de 2,7% ? Ça, c’est la raison de mes inquiétudes principales à l’heure où je clos ma trente-sixième année ici. Pour le reste, quel plaisir d’avoir eu la chance, pendant toutes ces années, de participer à la page d’histoire locale qu’Euro-Locks a écrite à Bastogne… Propos recueillis par Christophe Hay Photos Jean-Louis Brocart EURO-LOCKS SA Rue de la Fontaine, 8 B-6600 BASTOGNE Tél. : 061 2122 61 Fax : 061 21 22 65 www.euro-locks.be Entreprendre Aujourd’hui N°143 - septembre 2012 - 9



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